ROUTE 129] REIMS. — BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE
Bourgery et Jacob, en format in-folio raax. atlantique ; les ordonnances des rois de France, les répertoires de jurisprudence, la collection des Fœdera de Rymer, la Paléographie universelle de M. Silvestre, les peintures de manuscrits de M. de Bas tard, le produit le plus splendide de l'art moderne, etc., etc.;
Une notable quantité d'incunables;
Une multitude d'éditions des Aides, des Gryphe, des Estienne, des Vascosan, des Elzevirs, des Blaen, des Froben, des Jean de Tournes, des Plantin, des Didot, des Crapelet, etc., etc.;
Des reliures de Groslier, Padeloup, Mayolet, Courte val, Simier, Derome et Payne, etc.; un grand nombre de volumes revêtus d'une riche enveloppe, estampillés aux armes de leurs premiers propriétaires, dont plusieurs furent de hauts et puissants personnages.
Parmi les livres d'une valeur tout à fait hors ligne par les souvenirs historiques qui s'y rattachent, par leur splendide exécution, ou par leur insigne rareté, nous citerons : Hipp. Salviani aquatilium animait um historia. /totna?, 1554, in-folio, enrichi d'une reliure à mosaïque, compartiments, fleurons et fers froids; un JVovum Testamentum, de R. Estienne, 1550; deux magnifiques ouvrages provenant du cardinal Charles de Lorraine, dont ils portent, sur les plats, les armes, l'emblème et la devise; un superbe Denys d'Halicarnasse, de R. Estienne, 1548; le Volage et pèlerinage de la cité saincte de Jérusalem (par Breydenbach), orné d'une reliure exquise; un Livre d'heures, pieuse et inestimable relique donnée par Marie Stuart, lors de son passage à Reims, à madame sa tante, Renée de Lorraine, abbesse de Saint-Pierre-les-Danes, volume qui porte sur les plats, d'un côté, les armes de France et d'Écosse, de l'autre, l'emblème et la devise de François II; un Homère de 1488, à toutes «marges -, un - Annaeus Florus de 1470 ; un Salluste de la même date; un Boèce de 1485; un des vingt- quatre exemplaires authentiqués par ordre de Pie IV, de la première édition du Concile de Trente ; une Léjende dorée de 1483; un Pline de 1496; un Nie. de Lyra, S vol. sur peau vélin avec vignettes et encadrements coloriés, rehaussés d'or; la Mer des histoires, 1488 ; un Sabellicus de 1489, superbement relié et qui a appartenu au célèbre Groslier, dont il porte la signature; un Pastoral de saint Grégoire, datant des premières années de l'imprimerie; un Ovide de 1732, avec les gravures
de Picart; un Vita Christi, très -rare volume, imprimé en gros caractères gothiques, avec gravures sur bois dans le texte; les Fêtes à l'occasion du mariage du Dauphin, exemplaire relié avec un luxe vraiment royal.
Dans une montre établie au milieu.de la grande salle, sont exposées toutes les curiosités bibliographiques, les rarissimes plaquettes, les petits volumes introuvables, les facéties renommées, les compendienx traités pour ou contre les femmes, les Cazins, les histoires pantagruéliques ou les mystérieux anas, en un mot, toutes les friandises littéraires de haut goût, inconnues aux vulgaires lettrés et qui allèchent si fort la convoitise des bibliophiles.
Les manuscrits sont au nombre d'environ 1500. Nous signalerons, parmi les textes les plus précieux : YExjtositio in jtsalmos, manuscrit du vne s., donné par Adalbéron à l'église de Reims; une Vosmographie de Pomponius Mêla et d*Éthicus, écrite à Constance et provenant du cardinal Guil. Fillasire, qui en écrivit de sa main la préface vers 1410, manuscrit qui fut l'objet de plusieurs savantes dissertations; les Sancta IV Evangelia, do ixa s., sur vélin purpurin à lettres d'argent et à initiales d'or, manuscrit qui, si l'on en croit la tradition, a apparteau à Charles le Chauve; un Évangile enrichi de vignettes et de canons dans le style byzantin, et provenant d'Hincmar; la Somme du roi Philippe le Hardi, avec riches vignettes et encadrements du xiv* s.; un livre d'hewes à encadrements rehaussés d'or, provenant du duc d'Alençon ; une traduction de Quinte-Curce, ornée de miniatures des plus curieuses; une Bible du xiii" s., écrite en caractères minuscules et qui porte la signature de l'archevêque Guy de Roye; le fameux Évangéliaire slavon , connu sous le nom de Texte du sacre, sur lequel les rois prêtaient serment, manuscrit d'une renommée européenne, et dont l'origine a si fort exercé l'érudition des savants contemporains ; plusieurs missels somptueusement enluminés ; un manuscrit grec du xvi* s., contenant un traité inédit d'Anastase, écrit de la main du fameux calligraphe Constantin Paléocappas, et qui provient du cardinal de Lorraine ; la belle Bible d'Hincmar, 2 vol. in-folio; un Flodoard du xm* s.; un Psalterium tripartilum du x« s., écrit sur trois colonnes; enfin le rival du fameux manuscrit de Rouen, le monumental Graduel de saint
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Nicaise, d'une célébrité populaire à Reims et dont les étrangers ne manquent jamais de solliciter l'exhibition.
Dans un cabinet attenant à la salle d'histoire, sont classés tous les ouvrages, imprimés et manuscrits, ayant trait à la monographiede Reims. On y peut étudier l'histoire locale dans les travaux de Marlot, Lacourt, Cequault, l'annaliste du chapitre ; Rogier, l'historien de la bourgeoisie et des institutions civiles ; Bidet, René Bourgeois, Dallier, Pussot, dom Chastelain, etc., etc.
On trouve dans le chartrier une collection de titres de la ville depuis le xme s., un nombre considérable de chartes et de diplômes des archevêques de Reims , des comtes de Champagne, de Grandpré, de Rethel et de Roucy; une série de lettres des rois Charles VI, Charles VII, Louis XI, Louis XII, Henri IV, Henri VI d'Angleterre, de Jean de Bourgogne, du duc de Bedford, de Colbert, du marquis de la Vieuville, du grand Condé, du savant Bergier; des bulles de divers papes ; des diplômes de Hugues Capet, de Philippe le Bel , d'Henri III d'Allemagne ;* un ensemble presque complet des sceaux des archevêques de Reims.
C'est au cabinet des Jésuites que le médaillier doit son premier fonds; on y remarque une série de médail- 1 les consulaires et impériales, la collection des rois de France et diverses suites de médailles anciennes et modernes et de monnaies du moyen âge.
Nous ne ferons que mentionner le musée de l'école de médecine , établi à l'hôtel-Dieu et ouvert au public le dimanche, de 2 h. à 4 h.
Parmi les monuments de Reims qui remontent au temps des Romains, le plus remarquable est la porte de Mars. Cet arc triomphal fut élevé, suivant l'opinion la plus accréditée, par les Rémois en l'honneur de César et d'Auguste, lorsque Agrippa, gouververneur des Gaules, fit faire les grands
chemins qui traversaient leur ville.
On lui donna le nom de Mars, à cause d'un temple situé dans son voisinage et dédié à ce dieu. En 1544, une nouvelle porte ayant été ouverte, il fut enfoui dans 'les remparts ; plusieurs fois il disparut sous les décombres ; une partie en fut déblayée en 1812.
L'administration locale a reçu, il y a quelques années, du ministre d'État une subvention qu'elle a employée à consolider le monument, à l'isoler et à dégager le côté engagé dans les remparts. La façade se compose de trois arcades et de huit colonnes d'ordre corinthien. Sous l'arcade centrale, qui est plus grande que les deux autres, étaient représentés, dans autant de cadres, les douze mois de l'année; cinq de ces cadres ont été détruits. A la voûte de l'une des petites arcades, appelée arcade de Rémus, se voient Rémus et Romulus sous une louve ; à leurs côtés sont debout Faustulus et Acca Laurentia. Des rosaces, entourées de trophées d'armes, environnent le cadre où est représentée cette scène. Trois personnages composent le sujet de la troisième arcade: Léda, Jupiter métamorphosé en cygne et l'Amour descendant du ciel.
Une mosaïque très-remarquable, partagée en 35 médaillons ou tableaux représentant des animaux et des gladiateurs, a été découverte sur les promenades (V. ci-dessous) en 1860.
Elle ail mèt. de longueur sur 8 mèt.
de largeur.
On appelait mont d'Arène une assez vaste enceinte, située à g., sur le bord delà grande route de Reims à Laon , à 700 ou 800 pas de l are de triomphe que nous venons de décrire. Cette enceinte, de forme ovale, mesurait 190 pas de longueur sur 100 de largeur environ. L'opinion générale est que cette arène, affectée aux courses, à la lutte, au pugilat, aux combats d'animaux, etc., fut construite lorsque César vint à Reims, et que des jeux y furent célébrés en