V. de 2998 hab., située à 393 mèt
d'altit., sur le plateau qui domine à ro. la vallée de la Meuse.
Roorol, d'abord simple ferme nommée Croix- de- flan, puis Bau-Croix et enfin Rocroi, n'apparaît comme ville que vers le xvi* s. A peine fortifiée, elle eut à soutenir un siège contre les Impériaux, en 1555. Durant les guerres de religion, elle fut souvent prise et reprise par les deux partis qui divisaient la France. Assiégée, en 1643, par les Espagnols, elle fut secourue par le jeune duc d'Enghien, depuis le grand Condé, qui y remporta une de ses plus brillantes victoires et porta à l'Espagne un coup dont elle ne se releva pas. Cette puissance y vit détruire ses « vieilles bandes, » si célèbres, et l'infanterie française y conquit une renommée qu'elle a depuis toujours conservée. En 1658, Rocroi fut prise par ce même duc d'Enghien, devenu prince de Condé, et passe dans les rangs des Espagnols. La place ne fut rendue à la France qu'en 1659, par le traité des Pyrénées.
Sous la République, le nom de Rocroi fut transformé momentanément en celui de Roc -Libre. Rocroi a soutenu, en 1815, un siège d'un mois contre l'armée d'invasion.
Les fortifications, élevées par Vauban, sont percées de deux portes. — La ville se compose d'une grande place d'où rayonnent quelques rues latérales et sur laquelle se trouvent l'église et les principaux édifices civils et militaires , qui ne présentent, du reste, rien de remarquable.]
Le chemin de fer s'engage dans un nouveau tunnel afin d'éviter un détour de la Meuse. Là encore, une fois en plein air, le chemin est creusé dans le roc, au pied de hauteurs escarpées et rocheuses.
304 kil. Haybes (halte), v. de 1704 hab. , situé à dr. du chemin de fer au delà de la Meuse (ardoisières importantes produisant par an 10 millions d'ardoises).
Dans Vile de Moraix, se voient les ruines d'un château détruit au xvr s.
par les Français.
Les hauteurs des deux rives s'abaissent, et la vallée, en s'élargis-
sant, perd un peu de son caractère pittoresque et sauvage. On laisse à dr., entre la voie ferrée et la Meuse, Fepin, v. de 457 hab. (carrières de moellons et de pavés; extraction de terre à briques) et Montigny-sur- Meuse, v. de 205 hab. (carrières de grès bleu pour pavés). On croise ensuite la route de terre de Mézières à Givet, que l'on côtoie tantôt à dr.
tantôt à g. depuis Fumay.
313 kil. Vireux-Molhain , v. de 812 hab., sur la rive g. de la Meuse. Ce village , ou plutôt le hameau de Molhain, qui en dépend, possédait autrefois un chapitre de chanoines établi en 752, et qui a subsisté jusqu'à la fin du xvme s. L'ancienne église collégiale, près de laquelle passe le chemin de fer, en quittant la station , renferme plusieurs pierres tombales assez bien conservées et dont quelques-unes remontent au xii* s. L'église paroissiale de Vireux-Molhain se signale par une belle tour carrée surmontée d'un clocher en ardoises, flanqué aux angles d'élégants clochetons.
À 1 kil. environ au delà de Vireux- Molhain, se trouve, à g., le point d'embranchement du chemin de fer belge, dit d'Entre-Sambre-et-Meuse , qui se dirige sur Charleroi par Walcourt. A dr., en face de la bifurcation, on découvre, au milieu de prairies, sur la rive dr. de la Meuse, VireuX'Wàllerand , v. de 1095 hab.
(château moderne; tannerie considérable) . On passe entre Aubrive (à dr.). v. de 308 hab., et Hier g es (à g.), v. de 259 hab. (carrières de grès); ce dernier est situé dans une gorge assez profonde. Celui des versants du ravin qui domine la Meuse porte les ruines du château de Hierges; elles consistent en deux grands pans de murailles et deux tours percées de fenêtres à meneaux. Ce château , incendié en 1 793, en avait remplacé un autre détruit au xvi* s. par le duc de Ne vers. Enfin, après avoir encore dépassé le Ham, v. de 285 bab. (à dr. du cbemin de fer, sur la rive dr. de U