‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 463 sur 489 · ROUTE 131] MONTHERMÉ · texte numérisé non relu

ROUTE 131] MONTHERMÉ

Meuse, à l'entrée d'une presqu'île, à g. du chemin de fer. Un beau pont suspendu la relie à la station. Revin est entourée de collines dont quelquesunes ont plus de 450 mèt. d'altitude (le mont Tranet , dans les bois, à 6 kil. environ à l'E. de Revin, a 454 mèt.). — Percée de rues propres et régulières, dont les constructions ont, en général, un certain air d'élégance, Revin présente tout à la fois une physionomie riante et très-pittoresque.

Au xviie s., le prince de Chimay y fonda un couvent de Dominicains pour l'enseignement de la jeunesse. Ce couvent fut supprimé en 1789; mais les bâtiments conventuels subsistent encore en partie, ainsi que V église, qui se signale par la richesse de sa décoration intérieure.

On franchit la Meuse, que Ton côtoie à g., au sortir de Revin; puis, au delà d'une tranchée, on découvre, à dr., un coteau élevé s'appuyant à une masse immense de rochers qu'effleure la voie ferrée. On traverse de belles prairies, et Ton croise une dernière fois la Meuse que l'on côtoie dès lors à dr. jusqu'à Givet.

300 kil. Fumay, ch.-l. de c, V.de 4099 hab., située <a dr. et à 700 ou 800 mèt. du chemin de fer, sur la rive g. de la Meuse> dans une presqu'île formée par le cours du fleuve.

Cette ville, dont l'origine est complètement ignorée, apparaît dans l'histoire vers le milieu du xiu* s.

comme une dépendance de l'abbaye de Prum. A cette époque, l'abbé de Prum céda une portion de ses droits sur Fumay à Godefroi de Wintin, à condition qu'il se constituerait le défenseur temporel du domaine abbatial. A la fin du xmes., les successeurs de Godefroi de Wintin exerçaient sur Fumay une sorte de souveraineté, et enfin l'un d'eux céda cette ville, comme une propriété personnelle, au comte de Hainaut. Ce domaine passa ensuite en un grand nombre de mains, et fut définitivement acquis à laFrance vers la fin du xvn- s.

— REVIN. — FUMAY. 665

Fumay avait autrefois des fortifications et un château féodal, qui ont été entièrement détruits. Aujourd'hui, cette ville est surtout connue par ses vastes exploitations d'ardoisières (600 ouvriers environ) , découvertes au xu* s. par des moines.

« Les ardoisières les plus importantes de Fumay, dit M. J. Hubert dans son Dictionnaire historique des Ardennest sont celles de Moulin-Sainte-Anne, de Saint-Gilbert, de Folem prise, des Peureux, de Bourache. Celle de Moulin- Sainte- Anne est de beaucoup la plus importante; vient ensuite celle de Saint- Gilbert, ouverte depuis environ 25 ans.

L'une des plus anciennes carrières, située sous le bourg même de Fumay, et de l'exploitation de laquelle on ne connaît pas la date primitive, est celle des Trépassés, dont les travaux ont été repris il y a quelques années. On fabrique à Fumay et aux environs trois modèles principaux d'ardoises : le Saint-Louis, la Flamande et la Commune ; on fait aussi, mais en petite quantité, un grand échantillon dit d'Angers. Il y a deux classes d'ouvriers ardoisière : les mineurs et les ouvriers de baraque. Les mineure gagnent 16, 17 et 18 fr. par semaine. Les ouvriers de baraque reçoivent de l'entrepreneur les 2/5 de ce que celui-ci touche par chaque mille fabriqué. Les travaux souterrains étant parvenus à une grande profondeur, on a établi dans les principales carrières des machines pour remonter la pierre.

Les travaux de la carrière de Moulin- Sainte-Anne s'étendent sur une longueur de plus de 500 mèt. Cette carrière produit annuellement, environ, 35 millions d'ardoises; celle de Saint-Gilbert ne produit guère que le tiers de cette quantité. »

Fumay possède, en outre, une fonderie et des carrières de grès jaunâtre pour moellons.

Les environs de Fumay offrent quelques promenades agréables. Nous citerons, entre autres, la montagne nommée la Haute-Manise (469 mèt.

d'altit.), dans les bois des Manises, au S. de la ville et sur la rive dr. de la Meuse.

[Corresp. pour (17 kil.) Rocroi, ch.-l. d'arrondissement du département des Ardennes, place de guerre,

DE PARIS

Page 1