PAR SEDAN , MONTMÉDY ET THIONVILLE
161 kil. — Chemin de fer. — Trajet en 5 h. et en 5 h. 44 min. — lrc cl. 15 fr. 55 C.; 2" cl. il fr. 70 c; 3« cl. 8 fr. 55 C.
En quittant la gare de Charlcville, on suit la ligne de Reims à Mézières (K. R. 131) jusqu'à Mohon, où l'embranchement de Mézières à Metz se présente à g. — A peine s'y est-on engagé que l'on pénètre dans la fran-
chée de Villers (800 met. de longueur), l'une des plus considérables de la ligne des Ardenncs. Elle a exigé de difficiles travaux de déblais dans les marnes du terrain jurassique inférieur, dont les argiles fluants sont sujets à des éboulements. Cette tranchée, qui atteint 18 mèt. en profondeur maximum, est croisée par un pont en maçonnerie de 20 mèt.
d'ouverture, pour le passage du chemin vicinal de Villers à Lûmes.
— Dans cette traversée, on laisse à dr. Villers-devant- Mézières, v. de 709 hab., dont l'ancien château sert de dépôt de remonte. A la sortie de la tranchée, on franchit la Meuse sur un pont-viaduc composé de 4 arches biaises en maçonnerie et de trois arches formées de treillis et de poutres métalliques. On aperçoit à g.
Lûmes, v. de 328 hab., sur la rivedr.
de la Meuse. La voie ferrée effleure, à g., les ruines d'un château fort qui appartenait au commencement du xvi* s. à la maison d'Aspremont.
François d'Aspremont qui en était alors seigneur (1534), ayant voulu se soustraire à la souveraineté du roi de France, François I", celui-ci vint assiéger le château de Lûmes, et s'en empara. D'Aspremont se révolta de nouveau sous le règne d'Henri II, et appela à son aide Charles-Quint et les Espagnols; mais le château de Lûmes fut assiégé, pris une seconde fois et démantelé. Il n'en reste que quelques pans de murailles.
A partir de Lûmes, la vallée de la Meuse s'élargit; de vastes prairies s'étendent sur Tes deux rives du fleuve; le paysage, d'un aspect agréable, s'il n'offre pas la physionomie accidentée de la région comprise entre Charleville et Givet (R. 131), n'a rien, non plus, de la triste uniformité des plaines de la Champagne. On longe, à dr., la Meuse, au delà de laquelle on découvre Flise, ch.-l. de c. de 301 hab.
(exploitation de marnes noires schisteuses et sulfureuses ; usine métal- | lurgique ; fabrique de chicorée) , sur
la rive g. de la Meuse. On remarque à Flize un château du xvn« s., dont les jardins avaient été plantés par Le Nôtre, et qui appartenait à M. de Clermont-Tonnerre. Une manufacture de draps y a précédé une ferronnerie ; puis les propriétaires l'ont habité , et il reste actuellement à l'état d'abandon.
6 kil. Nouvion, v. de 376 hab., situé sur la rive dr. de la Meuse, dont
11 est séparé par le chemin de fer, possède une église du xve s., à créneaux et mâchicoulis. On voit dans le bas côté de g. remplacement d'une petite porte, aujourd'hui condamnée ; l'ornementation appartient à l'ogive flamboyante. La chapelle des fonts baptismaux renferme des panneaux sculptés, sur lesquels , malgré leur état de dégradation, on reconnaît des épisodes de la vie de Jésus-Christ d'une exécution intéressante.
On découvre, à dr., sur la rive g.
de la Meuse, Dom-le-Mesnil, v. de 754 hab. (filature de laine, fabrique de noir animal, magnifiques carrières de pierres de taille que l'on exporte au loin par le canal des Ardennes.)
Le canal des Ardennes a son origine sur la Meuse, à 1500 met. au N. E. de Dom-le-Mesnil. Cette belle voie navigable qui traverse le département des Ardennes du N. E. au S. O., met en communication la vallée de la Meuse et celle de l'Aisne. Il a une longueur totale de 105 107 met. dans le départ, des Ardennes, en y comprenant un embranchement de
12 113 met. partant de Semuy^ v. de 402 hab., situé à 5 kil. environ au N. E. d'Attigny (V. R. 131) pour aboutir à Vouziers. La lre section, formant canal de jonction entre la Meuse et l'Aisne, a 38 469 met., de Dom-le-Mesnil à Semuy; la 2° section forme le canal latéral à l'Aisne et se prolonge dans le départ, de l'Aisne jusqu'à Condé-sur-A isne, v. de 384 hab.
On laisse à g. Yrigne-Meuse , v. de 193 hab., et on traverse la Vrigne audessus de son embouchure dans la Meuse.
12 kil. Doncliery, v. de 1147 hab.,
à dr. du chemin de fer, sur la rive dr. de la Meuse (usines métallurgiques, fabriques d'enclumes, filatures, manufactures de draps et de tapis, brasseries et tannerie; carrières de moellons)., doit son origine à une villa des rois de la deuxième race. Longtemps possédé par l'abbaye de Saint- Médard de Soissons, ce village fut plus tard réuni au domaine des comtes de Rethel. Henri IV séjourna à Doncliery, en 1606, lorsqu'il vint assiéger Sedan, et après la prise de cette ville, il écrivit à la princesse d'Orange une lettre où l'on remarque le passage suivant : « Ma cousine, je dirai comme fit César, veni, vidi. vici, ou comme dit la chanson :
Trois jours durèrent mes amours Et se finirent en trois jours, Tant j'étais amoureux....
de Sedan. » Donchery a été fortifié et sa muraille d'enceinte subsiste encore. L'église, du commencement du xvie s., conserve, malgré de nombreuses mutilations, des parties intéressantes, entre autres plusieurs belles fenêtres.
On passe sur deux viaducs, puis on franchit la Meuse, et on traverse une tranchée longue de 450 mèt.
15 kil. Sedan (omnibus à tous les trains : 30 c. le jour; 50 c. la nuit; 20 c par colis; — hôt. : de V Europe, de la Croix-d'Or; — café de la Comédie; — bureau de poste, place du Barbeau; — télégraphe électrique, rue de Benne ; — libraires, Sarasin- Leroux, Mme A. Vasselle Hennuy, Tellier), ch.-l. d'arr. du départ, des Ardennes, place de guerre de 2* cl., V. de 15 057 hab., est située à g. de la voie ferrée, sur les deux rives de la Meuse, mais principalement sur la rive dr., au pied de hauteurs qui dominent la ville et la rivière et que couronnent les constructions de la citadelle.
On compte à peine 500 ou 600 mèt.
de la gare à l'entrée de Sedan, par la porte de Torcy; mais il faut