ROUTE 137] AVIOTH. — LONGUYON. - PIERREPONT
et Ton franchit la Chiers. A dr. se trouve Flabeuville, ham.de 204 hab., avec une chapelle de pèlerinage dédiée à saint Maurice. — On traverse ensuite un souterrain, à la sortie duquel on voit à g. Colmey, v. de 582 hab., situé près de la Chiers.
Véglise date du xvin* s. — Sur un plateau nu qui s'étend au N. de Colmey, se trouve le château de Mardigny, converti en ferme. Au point culminant du plateau (340 met. d'altit.), on découvre, du chemin de fer, un tilleul remarquable par ses vastes dimensions. La circonférence de cet arbre est de 6 mèt. 70.
Le chemin de fer se développe dans une région boisée où la Chiers circule en traçant de nombreux méandres entre les hautenrs. Après avoir franchi deux fois cette rivière, on passe dans un tunnel long d'environ 300 mèt. , puis on traverse ensuite Longuyon même,- à son extrémité N. Un beau viaduc croise la Chiers et la route de terre de Longuyon à Longwy, en deçà de la gare.
86 kil. Longuyon (omnibus à tous les trains : 30 c. par place; 10 c. par colis), ch.-l. de c, v. de 1840 hab., est bâti dans une charmante situation, au fond d'un vallon boisé, au confluent de la Crusne et de la Chiers.
— Son origine ne semble pas remonter au delà du xui" s. Toutefois, bien avant cette époque, et dès le IXe s., il existait, dans ce lieu agreste, une collégiale fondée par un comte de Chiny et qui a subsisté jusqu'en 1790. Les Templiers y ont possédé un oratoire qui, après leur suppression, fut transformé en une chapelle détruite vers le milieu duxvme s.
Longuyon renferme, outre des brasseries et des fabriques de coutellerie, de belles forges, établies sur la rive g. de la Crusne, et consistant en un haut fourneau, et cinq feux daffinerie et de chaufferie.
L'église paroissiale, que l'on voit à g. du chemin de fer avant d'entrer en gare, se compose d'une nef et
de deux collatéraux , avec une tour formant clocher. — Le pont de Longuyon, au confluent de la Chiers et de la Crusne, a été reconstruit en 1862.
[A3 kil. au S. de Longuyon, est situé Noers, ham. de 200 hab., près de la rive g. de la Chiers. Au N. du village, sur un rocher escarpé s'élevant à l'extrémité d'une presqu'île formée par la Chiers, on remarque quelques débris du château fort de Mussy, l'un des boulevards de la Lorraine, lors de sa lutte contre la France , au xvii* s. Selon une tradition, le château de Mussy, livré par trahison aux Français qui l'assiégeaient, aurait été détruit par la propre fille du gouverneur de la forteresse, Jeanne de Remencourt.
Voyant les ennemis maîtres du château, elle l'aurait fait sauter en mettant le feu au magasin à poudre.J
De Longuyon à Arlon, R. 139.
Tandis que la Chiers remonte au N. E. vers Longwy, la voie ferrée se porte au S. E., par la vallée de la Crusne; elle traverse un petit tunnel et franchit immédiatement et à deux reprises la Crusne dont elle suit la rive g. On laisse à dr. Lojrigneux, ham. de 80 hab., à la limite des départ, de la Meuse et de la Moselle.
95 kil. Pierrepont, v. de 833 hab., bâti dans un site très-pittoresque, sur la Crusne. La partie la plus considérable nlu village et Véglise paroissiale (xviii* s.) occupent, à g. de la voie, le bas d'un coteau boisé (315 mèt.
d'altit.) ; à dr., au fond de la vallée, se trouvent une importante manufacture de draps pour l'armée, quelques jolies habitations et une élégante chapelle moderne, du style ogival.
On croise de nouveau la Crusne sur un beau viaduc, et l'on passe dans un tunnel long de 800 mèt. environ, avant de laisser à g. Boismont, v. de 380 hab., situé sur une hauteur dominant la rive dr. de la rivière; et à dr. Mainbottely ham. bAti entre le chemin de fer et la Crusne (essais
686 DE MÉZIÊRES-CHÀRLEVILLE A METZ. [HOUTE 137]
de pisciculture ; — papeterie considérable produisant des papiers de toutes dimensions et qualités et des papiers de tentures. Elle a pour annexes une féculcrie, un four à chaux et une foulonnerie). Mainbottel dépend de Mercy-le-Bas,y. de 740 hab., sur un petit affluent de la Crusne, à 1500 met. environ à dr. de la voie ferrée (fabrique de draps et tissage, succursale delà manufacture de Pierrepont; fabrique de flanelles et molletons; brasseries; carrières de pierres de taille et de grès bigarrés). La construction de l'église paroissiale remonte, dit-on, au xi° s. — On laisse encore à g. Bazailles, v. de 341 hab.
A l'extrémité N. 0. d'un plateau qui domine la rive g. de la Crusne, en face de Bazailles, on remarque, à dr., les ruines du château fort des comtes de Mercy, dont les débris, en partie recouverts de broussailles, occupent une vaste étendue de terrain. Ce château fut détruit en 1681 par le maréchal de Créquy.
103 kil. Joppécourt,?. de 355 hab., à dr. de la voie ferrée et à 1 kil. environ au S. 0. de la station (église moderne, bâtie en 1842). — Dans une ancienne chapelle démolie à la même époque, ont été trouvés, dans deux boîtes de plomb en forme de cœur, deux cœurs embaumés, restes, à ce que l'on suppose, de deux membres de la maison de Mercy.
On abandonne la vallée de la Crusne, pour suivre un plateau coupé de plusieurs tranchées, dans un terrain boisé; on passe ensuite dans un tunnel, puis dans une nouvelle et forte tranchée taillée dans le roc.
110 kil. Axidun-le-Roman, ch.-l. de c, v. de 446 hab., près des bois d'Audun, sur un plateau qui s'étend entre les vallées de la Crusne et de la Fensch, à. g. du chemin de fer.
D Audun-le-Roman à Briey, R. i4o.
A 1500 mèt. au N. E. d'Audun-le- Roman se trouve Beuvillers, v. de 280 hab. (390 mèt. d'altit.), qui de-
vrait, dit-on, son nom (Bovis villa) à une ancienne' idole qui, à ce que Ton suppose, provient du culte des Druides;mais, selon une opinion plus vraisemblable, cette figure remonterait à l'introduction du paganisme dans les Gaules, et se rattacherait, sans doute, au culte de Cybèle. Elle a été encastrée dans l'angle S. E. de la face extérieure du mur du cimetière. C'est une pierre sculptée représentant un bœuf de grandeur naturelle. La partie postérieure n'existe plus ; il ne reste que la tète et le poitrail d une exécution grossière. — Beuvillers possède une église du xur s., remaniée au xvi* s. On y remarque des traces de créneaux à la partie supérieure des murs de la nef et un mouebaraby à la tour du clocher.
119 kil. Fontoy, v. de 1091 hab., situé à g. du chemin de fer (305 mèt. d'altit.), dans une gorge agreste, sur la source principale de la Fensch (trois moulins montés à l'anglaise ; tanneries renommées, brasserie, tuilerie, fabrique de plâtre pour l'agriculture). Fontoy, qui appartint d'abord aux comtes de Luxembourg, forma ensuite une seigneurie distincte, avec titre de baronnic ; elle fut l'origine de la maison de Fontoy dont le dernier rejeton mourut à la bataille de Crécy. On remarque à Fontoy les restes de l'ancien chdleau féodal assis lui-môme sur les fondements d une forteresse romaine. Ce château , dont les ruines annoncent des dimensions considérables, semble avoir formé un parallélogramme flanqué de hautes et solides tours. Il fut détruit au commencement du xvii" s., à l'époque de l'invasion de la Lorraine par les Suédois. La source abondante de la Fensch naît au milieu même des ruines. Fontoy fut réuni quelques années plus tard à la France. On a découvert des médailles romaines sur le territoire de la commune.
Le chemin de fer suit la vallée de la Fensch, traverse un tunnel et effleure Knutange, v. de 893 hab., dans
[R. 137] AUDÙN -LE-ROMAN. — FONTOY. — HAYANGE. 687
un site agréable, entre la Fensch et la belle forêt des Tillots (brasseries dont les produits sont très-estimes ; tuilerie).— On s'engage dans plusieurs tranchées ouvertes à travers des terrains où se montre en abondance le minerai de fer, et l'on passe du versant dr. de la Fensch sur le versant g., en traversant un magnifique viaduc du haut duquel on embrasse du regard (à dr.) la vallée de la Fensch, Hayange et ses vastes usines. On longe quelque temps ce village , à mi-côte de la hauteur qui le domine, avant d'atteindre la station.
127 kil. Hayange, v. de 3896 hab., situé à dr. du chemin de fer, au fond d'un vallon, sur les deux rives de la Fensch, est le centre d'une des plus vastes exploitations métallurgiques de France; l'établissement principal de Hayange a lui-même pour annexes les forges du premier ordre de Styring-Wendcl (R. 105) et de Moyeuvre ( R. 107).— Les forges de Hayange, dont l'exploitation est très-ancienne, avaient perdu une grande partie de leur activité, lorsque, vers le commencement de ce siècle, elles furent reprises par M. de Wendel , qui leur rendit leur prospérité. M. de Wendel mourut en 1825, laissant deux fils qui ont, depuis, donné de nouveaux développements à cette grande entreprise industrielle à laquelle les besoins créés par l'établissement des chemins de fer ont apporté de nouveaux éléments de succès.
Hayange a fourni à la plupart des chemins de fer français, et spécialement aux chemins de fer de l'Est, une partie de leur matériel fixe, et notamment une énorme quantité de rails, ainsi qu'une partie de leur matériel roulant, tel qu'essieux, roues, bandages, etc.
C'est alors qu'a été fondée l'usine de Styring-Wendel, près de Forbach,en même temps que les établissements de Hayange et de Moyeuvre ne cessaient de grandir. Il existe à Hayange quatre usines avec hauts fourneaux de la plus grande dimension, feux de
forge ou affinerie, fours à chauffer, fours à affiner, fonderies, machines à vapeur, marchant à la flamme perdue des fourneaux et des fours, vastes ateliers de forge, de moulage de fontes, de ferblanterie, etc. Hayange produit annuellement, en moyenne, 29 000 à 30000 tonnes de fonte et plus de 10 000 tonnes de fer. Outre ses importantes fournitures aux chemins de fer, l'usine est depuis longtemps en possession de la fabrication d'une partie des projectiles de l'artillerie française et produit, en outre, une grande quantité de fontes courantes de toutes sortes pour les besoins de l'industrie.
Enfin, des usines, dépendances immédiates de Ha) ange, sont installées à Schrémange, v. de 400 hab., sur la Fensch, à 2 kil. à l'E. de Hayange, et à Suzange, hameau dépendant de Schrémange. Elles se composent de laminoirs, fours à chauffer, à décaper ; de fourneaux à réverbère, etc.
Hayange possède une église du xvui* s., richement ornée aux frais de Mme de Wendel la mère ; des écoles, une salle d'asile, des habitations ouvrières, toutes les installations, enfin, de nature à améliorer la situation des travailleurs, et un beau château avec parc, résidence des propriétaires et directeurs de ces superbes établissements métallurgiques.
Le maréchal Molitor, mort en 1840, est né à Hayange, en 1770.
Le chemin de fer, en s'éioignant de Hayange, passe près de l'usine de Suzange et laisse à dr. Florangey v. de 1136 hab., sur la Fensch. Ce village, qui a pour origine une ferme royale des Mérovingiens, aété le chef.-l. d'une seigneurie importante ; il avait un château qui fut complètement détruit en 1521 par le prince de Nassau, sur l'ordre de Charles-Quint, afin de punir Robert de la Marck d'avoir abandonné la cause de l'Empereur pour celle du roi de France. — On remarque à Florange l'ancien moulin banal de la seigneurie et une croix en pierre duxV s., dont le