‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 486 sur 489 · DE THIONVILLE A SIERCK. [ROUTE · texte numérisé non relu

DE THIONVILLE A SIERCK. [ROUTE

Couronne, on sort de Thionville par la porte de Sierck , et, laissant à dr. la route de Sarrelouis, on prend à g. celle de Sierck qui longe à peu de distance (400 à 500 mèt.) le cours de la Moselle.

3 kil. Yutz-Basse, v. de 1375 hab.

(faïencerie, poterie et tuilerie), situé à g. entre la route et la rive dr. de la Moselle. On attribue à ce village une origine très-reculée et que certains archéologues font remonter jusqu'à l'époque gallo-romaine. Yutz-Basse possédait une trèsancienne église où , dit-on , il se tint un concile au ix* s. Elle a été détruite en 1815 et remplacée par une église bâtie en 1822. — En face de Yutz-Basse se trouve, sur la rive g.

de la Moselle, Manom, v. de 893 hab., dont Yéglise ogivale, maladroitement réparée , est un but de pèlerinage le jour de l'Assomption. Manom possède aussi un château moderne.

Au delà de Yutz-Basse, on découvre, àl kil. à g., au fond d'une presqu'île formée par la Moselle, Haute-liant, v. de 300 hab., et peu après on traverse Basse-Ham, v. de 500 hab., situé sur un petit affluent de la Moselle (moulin à plâtre fournissant annuellement 4000 hcctol. de plâtre).

La vallée de la Moselle se resserre et prend un aspect de plus en plus pittoresque.

10 kil. Kœnigsmacker ', v. de 1506 hab., situé près de la Canner, à 500 mèt. au-dessus de son embouchure dans la Moselle. — La Canner ou Kaner, qui a sa source à 16 kil. environ au N. E. de Metz, sur le territoire de la commune de Vry, arrose, sur un parcours de 26 kil., une vallée intéressante par ses sites et ses wllages.

Kœnigsmacker était primitivement un fief du nom de Mackeren (de Marck, frontière), appartenant aux seigneurs de DislrofT, et qui passa, au xiue s., en la possession des comtes de Luxembourg. Jean, roi de Hongrie et duc de Luxembourg, fit fortifier cette localité et ajouta & son nom celui de

Kœnig [roi). Sous la Révolution, le mot Komig fut remplacé par celui de Frey (libre) ; mais le village ne tarda pas à reprendre sa désignation primitive. IS église, du xvm* s., renferme une chapelle bâtie en 1625, et une rosace en verres de couleur.

— Sur l'autre rive de la Moselle, à 1 kil. environ de la rivière, se trouve Cattenom, v. de 1163 hab., qui fut autrefois une petite ville enceinte d'une muraille flanquée de tours, dont il reste quelques vestiges. LVglise a une tour dont on attribue la construction aux Templiers ; son style accuse, du reste, l'époque romane.

— En face de l'église, se voit une porte du xv" s. dont le tympan est décoré d'un écusson. — Le château est du xviic s.

12 kil. Metrich, v. de 310 hab., situé à 1 kil. de la rive dr. de la Moselle, dépend de la commune de Kœnigsmacker (château du xvm* s. affecté à une exploitation agricole; on y remarque encore quelques cheminées ornées de sculptures).

14 kil. Hunting, v. de 380 hab., * dr. de la route qui le sépare de U Moselle. — A 2 kil. de Hunting on laisse à 1 kil. à g. Rettel, v. de 730 hab., sur la rive dr. de la Moselle. Ce village avait une abbaye considérable, sous l'invocation de saint Sixte, fondée, dit -on, so"s Charlemagnc, et qui a subsisté jusqu'à la Révolution. Le baldaquin qui surmontait le maître-autel a été transporté ainsi que les orgues dans le glise de Thionville. Des débris gaN°* romains, des monnaies, des haches, des fibules, des fers de lance, etc., ont été trouvés en un lieu appelé Rt~ dig, voisin de Rettel.

19 kil. Sierck (hôt. duLion-iïOr)* ch.-l. de c, V. de 2390 hab., est située dans une position pittoresque, sur la rive dr. de la Moselle, où elle s'élève en -amphithéâtre dans un vallon étroit formé par trois côtes escarpées : le Stromberg, l'Altewberg et la côte de Kirsch. — La base à demi

[ROUTE 141] YUTZ-EASSE. —

circulaire du Stromberg dominant la rive g. de la Moselle oblige cette rivière à décrire une courbe, qui creuse, sur la rive dr., une espèce d'anse au fond de laquelle se trouve Sierck. Un beau quai, construit en 1784, s'étend sur le bord de la Moselle. Au bas de ce quai , a été établi un port trèsfréquente et dont le mouvement donne beaucoup d'animation à cette petite ville. — Au delà des maisons modernes qui bordent le quai , s'étage sur l'Altemberg la partie la plus ancienne de Sierck. Elle est elle-même dominée par les restes d'un château fort, au-dessus duquel s'élève le sommet de la montagne. Construite au point culminant de la ville et commandant le cours de la Moselle, cette forteresse eut au moyen âge une grande importance, qu'elle a perdue depuis l'invention de la poudre qui permettait de la battre aisément en brèche de tous les points élevés de la montagne,

Sierck, qui parait remonter, au moins, à l'époque gallo-romaine et qui lui est sans doute antérieure, fit partie du royaume d'Austrasie après la chute de l'empire romain. Elle appartint ensuite aux archevêques de Trêves, aux évéques de Metz, et a donné son nom à une maison puissante, éteinte depuis longtemps. Vers la fin du xiii* s., cette ville passa aux ducs de Lorraine; plusieurs d'entre eux résidèrent dans son château et y firent battre monnaie. Entourée de fortes murailles qui s'appuyaient à des tours et dont il reste encore quelques parties, Sierck fut assiégée à diverses reprises, notamment en 1633, par Louis XIII, qui s'en empara après huit jours d'attaques, et en 1643, par le duo d'Enghien, qui l'occupa après cinq jours de tranchée ouverte. Enfin, au commencement du xvui* s., le maréchal de Villars, supposant à la marche de Marlborough, campa quelque temps entre Rettel et Sierck, qui avait été cédée à la France en 1661.

Véglise paroissiale, autrefois la chapelle ducale, a été, dit-on, élevée au xui* s. par Mathieu II, duc de Lorraine; mais, dans son état actuel, elle ne rappelle pas l'époque

SIERCK. — MENSBERG. 693

reculée que l'on fixe à sa'construction. L'intérieur est remarquable par la hardiesse de la voûte. Cette église, qu'une galerie reliait au château, renfermait plusieurs tombeaux détruits à l'époque de la Révolution.

On voit à Sierck une maison qui, suivant la tradition, remonterait à la fin du xiv* s. ; mais elle appartient évidemment à une date plus récente, vraisemblablement au commencement du xvi* s., à en juger par un joli balcon dans* le goût de 1$ Renaissance, que supportent des espèces de cariatides. — Sierck renferme, en outre, une caserne construite au xviii* s.; un collège ecclésiastique et un pensionnat dirigé par des sœurs de Sainte-Chrétienne.

L'industrie de Sierck consiste en brasseries, fabrique de pipes de terre, féculerie, fabrique de colle forte, huileries, distilleries, tanneries de cuirs forts dont les produits ont une grande réputation ; carrières de pierre quartzeuse, rouge et très-dure pour pavés.

Les vignobles de Sierck donnent des vins blancs estimés.

La route de Thionville à Sierck se prolonge vers le N., en continuant à suivre la vallée de la Moselle. A Apach (3 kil. de Sierck), v. de 455 hab., sur la rive dr. de la Moselle (moulins à farine et à tan ; fabriques de pipes de terre, tanneries ) , elle franchit la frontière et entre dans la Prusse rhénane pour se diriger sur Trêves, à travers un magnifique paysage {V. les Bords du Rhin illustrés, par Ad. Joannb ; Hachette et Cie).

[Excursion à Mensberg (8 kil.). — Mensberg est un ancien château, situé sur une hauteur, et dépendant de Manderen, v. de 703 hab., que l'on trouve dans un profond vallon , à 6 kil. au N. E. de Sierck. De Manderen, il y a environ 2 à 3 kil. jusqu'au haut de la colline que couronnent les restes du château de Mensberg, actuellement occupés par une ferme. On voit encore une tour crénelée très-élégante

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