‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 487 sur 489 · DE THION VILLE A SIERCK. [ROUTE · texte numérisé non relu

DE THION VILLE A SIERCK. [ROUTE

à rentrée; deux autres tours, dont Tune assez bien conservée, et l'autre à demi ruinée; plusieurs pans de murailles, les restes d'un donjon approprié-en habitation, etc. Le château de Mensberg, qui paraît avoir appartenu très-anciennement aux archevêques de Trêves, devint ensuite la propriété de la maison de Sierck. Il est aujourd'hui connu généralement sous le nom de château de Marlborough, en souvenir du séjour que le général anglais y fit en 1705, dans sa campagne contre Villars. — La visite du château de Mensberg, qui peut être le but d'une course agréable, exige une bonne demi-journée.

Excursion à Mondorf (10 kil.). — Mondorf est situé au N. 0. de Sierck, d'où l'on s'y rend, en traversant la Moselle dans un bac, soit près de Sierck en face de Basse-Kontz, v. de 591 hab. ; *oit dans le voisinage de Rettel, à la hauteur de Haute-Kontz. Dans le premier cas, on suit la rive g. de la Moselle jusqu'à Haute-Kontz, que l'on aborde plus directement par le bac de Rettel. — De Haute-Kontz, v. de 560 hab. (2 kil. de Sierck), on remonte un vallon pittoresque jusqu'à (1 kil. 1/2) Ganderen, v. de 312 hab.

À l'extrémité N. de Ganderen, on trouve à g. un chemin menant à (2 kil.) Beyren, v. de 300 hab., sur la route de Thionville à Mondorf.

Beyren possède une vieille église, qui a pour clocher une tour percée d'une fenêtre en plein cintre du style roman. Au bas s'ouvre une porte ornée de trois écussons sculptés, remontant au xiv* s. A l'intérieur de l'église, on remarque des ogives portant à la clef de voûte des armoiries parmi lesquelles se trouvent celles de Sierck, et une inscription paraissant indiquer que cette église appartenait à l'abbaye de Saint-Mathias de Trêves.

Au delà de# Beyren , on traverse une haute plaine assez triste, terminée par des coteaux peu élevés et mal boisés, avant d'atteindre (10 kil. de Sierck; 4 kil. 1/2 de Beyren)

Mondorf (hôt. : de V Établissement des bains, de l'Europe, du Nord, de France et des Bains. — Ces trois derniers se trouvent à Mondorf; les deux premiers à l'établissement même des eaux), v. de 160 hab., sur la frontière de la France et du grand-duché de Luxembourg, agréablement situé à 1 kil. environ d'une source thermale, au bord d'une prairie ombragée de bouquets d'arbres.

Un chemin bien entretenu, ou plutôt une véritable avenue, conduit du village à l'établissement des bains, près duquel se trouve la source, abritée par un petit édifice en pierre. La maison des bains, entourée d'un joli jardin d'une certaine étendue, renferme, outre les logements, le restaurant avec table d'hôte, le salon de conversation, le cabinet de lecture et la salle de consultation, vingt cabinets à baignoires, dont quelques-uns avec douches de différents calibres, et un vaste bassin entouré de cabinets pour les bains en grande eau.

La source thermale de Mondorf a été découverte à la suite de forages entrepris primitivement pour rechercher un banc de sel gemme que l'on espérait trouver sur. ce point. Le forage descendit jusqu'à 730 mèt. de profondeur, sans donner le résultat que l'on poursuivait ; mais il fit jaillir une source dont on ne tarda pas à reconnaître les qualités thérapeutiques, et qui est exploitée depuis 15 à 18 ans.

Les eaux de Mondorf, qui émergent avec une température constante de 24° 75 centig. , s'emploient en bains et en boisson. L'analyse y a fait reconnaître en quantités dominantes : le chlorure de sodium, le chlorure de calcium, l'acide carbonique libre et l'azote; et, en quantités plus faibles, des chlorures de potassium et de magnésium , le bromure et l iodure de magnésium, des carbonates de chaux, de magnésie, do protoxyde de fer, la silice et les acides arsenieux et a n timon ieux à doses très-minimes; enfin,

[ROUTE 141] BEYREN. — MONDORF. — RODEMACK. 695

on y a constaté des traces, en quantités indéterminées, de manganèse, de cuivre et d'étain. Ces eaux sont en usage pour les affections rhumatismales chroniques, les paralysies des extrémités par suite d'atteintes de la moelle épinière, et en général pour les maladies nerveuses; elles sont également recommandées pour certaines maladies de la vessie (dysurie, rétentions et gravelle) , les maladies de foie, les affaiblissements organiques, les engorgements glandulaires, la chlorose, l'hypocondrie, etc.

Les buts de promenade aux environs de Mondorf sont peu nombreux et peu remarquables. On visitera cependant avec intérêt Preisch, v. situé à 4 kil. à TO. de Mondorf, sur la frontière. Preisch possède un beau château du xviii* s., avec une chapelle moderne, dans le style de la Renaissance, ornée de vitraux de M. Maréchal (de Metz). Les jardins et le parc, où subsistent des vestiges d'une voie romaine, sont magnifiques. Preisch formait une seigneurie, dont les titulaires sont mentionnés dès le xn* s. ; le château, reconstruit ou du moins restauré et modifié depuis cette époque, était cité, au milieu du xvn*s., comme important par sa force et sa situation.

Nous signalerons encore : Uodemack, v. de 918 hab., à 4 kil. au S. 0. de Mondorf. C'est une localité ancienne qui a joué un certain rôle au moyen âge dans l'histoire de Metz. Elle fut cédée à la France par le traité de Nimègue. A l'époque de la Révolution, la seigneurie appartenait aux comtes de Custine. Rodemack avait un château fort et une enceinte défensive. — Le château a été démoli en 1821; on en voit cependant encore quelques pans de murailles, sur un des versants de la gorge où est situé le village. — Il subsiste quelques traces des anciennes fortifications , notamment une porte par laquelle, diton, le roi Henri II fit son entrée à Rodemack. Ce village , souvent as-

siégé depuis le moyen âge jusqu'à nos jours, s'est vaillamment défendu en 1792 et en 1815 contre les Prussiens. A cette dernière époque, 150 Français, réfugiés dans le château déjà démantelé, le défendirent contre 6000 Prussiens qu'ils obligèrent à se retirer sur Luxembourg, après leur avoir tué ou blessé plus de 600 hommes; — Dalheim, v. du grand-duché de Luxembourg (4 kil. de Mondorf), occupe à peu près l'emplacement d'un camp romain dont il subsiste encore quelques traces. On y a trouvé une mosaïque de 13 mèt. de longueur, un grand nombre de médailles et des fragments de vases antiques dont les reliefs présentaient des scènes mythologiques; — Nennig, v. de la Prusse rhénane , est situé à 8 ou 9 kil. de Mondorf. Il y a été découvert une magnifique mosaïque romaine {V. les Bords du Rhin illustrés, par Ad. Joanne; Paris, Hachette et Cie), acquise par la Société archéologique de Trêves et abritée sous un bâtiment construit dans le style galloromain.

Des fouilles récentes ont fait reconnaître à Nennig des restes curieux de bains romains. On a notamment découvert, en recherchant les traces d'un aqueduc, les débris d'une salle ronde dont le mur est orné de peintures sur ses faces extérieure et intérieure; un long couloir et un pan de mur également revêtus l'un et l'autre de peintures. On pense que ces restes de construction faisaient partie d'une villa gallo-romaine.— On peut se rendre directement (10 kil.) de Sierck à Nennig.

Le chemin direct des eaux de Mondorf part de ThionviUe (20 kil.) et passe par Cattenom et Beyren (K. cidessus). — On sort de ThionviUe par la route de terre de Luxembourg, et, à 1500 met. environ de ThionviUe, on rencontre à dr. le chemin d'embranchement conduisant à Mondorf.l

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