ROUTE 1J LE RAINCY. — VILLEMONBLE. — CHELLES
Paul de Rock, qui a pris une de ses laitières pour héroïne. Montfermeil possède de belles maisons de campagne, et les bois qui l'avoisinent offrent de charmantes promenades. Son château, qu'entoure un vaste parc, appartient à M. le marquis de Nicolaï.
Une belle route, presque toujours ombragée, descend de Montfernjeil à (3 kil.) Chelles.
Corresp. pour : — (5 kil.) Montfermeil; (6 kil.) Clichy-en-VAunoy , v.de 247 hab., situé sur une éminence, dans la forêt de Bcndy (château avec parc et eaux vives; pèlerinage à Notre-Dame des Anges, le 8 et le 18 septembre) ; — (7 kil.) Coubron, v. de 365 hab., bâti au milieu des bois; — (8 kil.) Courtry, v. de 345 hab., sur la limite E. de la forêt de Bondy; — (10 kil.) le Pin, v. de 453 hab. , dans un vallon (église du xvn* s.; tombe du xiv*, dans une chapelle).]
On passe, du département de Seineet-Oise dans celui de Seine-et-Marne, en traversant une tranchée perreyée à laquelle succède un remblai élevé, d'où l'on domine de vastes prairies bordées de peupliers.
19 kil. Chelles, v. de 1914 hab., est situé près de la Marne , à g. du chemin de fer. On trouve dans ses environs d'agréables promenades. Chelles était, au vi* s., une villa regalis à laquelle les crimes de Frédégonde donnèrent une triste célébrité. De nos jours encore, dans une prairie voisine du chemin de fer, on voit une grosse pierre (mon. hist.). dite dabord pierre de Chilpéric, et depuis Croix de Sainte- Sauteur. Ce fut là, d'après la tradition, que Landry, poussé par Frédégonde dont il était l'amant, tua Chilpéric 1er (584). Le palaisde Chelles, tour à tour habité et délaissé par les rois de la première et de la seconde race, tomba en ruines sous les Capétiens.
Dans le voisinage de la demeure royale, s'élevait une abbaye fondée par sainte Clotilde , au commen-
cement du vi* s. , et rebâtie au vir par la reine sainte Bathilde, qui y mourut religieuse, en 680. L'abbaye de Chelles, dont il ne reste plus que des ruines, eut souvent pourabbesses des femmes du plus haut rang, entre autres Hégilwige, mère de l'impératrice Judith de Bavière, et Gizèle, sœur de Charlemagne, qui y fut inhumée. Après avoir subi une foule de vicissitudes, elle fut prise et ravagée par les Anglais en 1358, détruite en partie par la foudre au commencement du xv* s. , pillée de nouveau par les Anglais en 1429, presque entièrement renversée, en 1559, par un horrible ouragan, et encore une fois restaurée et dirigée, comme à son origine, par des princesses et même par une fille de roi, Marie-Henriette de Bourbon, fille naturelle d'Henri IV.
Elle eut enfin pour abbesse, en 1719, une fille du Bégent, Louise-Adélaïde de Chartres, âgée de quatorze ans, laquelle, au dire de sa grand'mère, Elisabeth -Charlotte, avait de vrais goûts de garçon.
L'église de Chélles, dont le chœur, du xiii* s., a été réparé en 1772, possède : un maître-autel sculpté; un beau christ en bois; quelques bancs provenant de l'abbaye; cinq châsses en bois doré et argenté, magnifiquement travaillées, où sont renfermés, entre autres reliques, les corps de sainte Bathilde, de sainte Bertille, de sainte Radégonde, de saint Genès, archevêque de Lyon, et le chef de saint Éloi, évêque de Noyon. Beux chaussures de sainte Bathilde sont aussi conservées dans le trésor de l'église.
De nombreux sarcophages et d'autres antiquités ont été découverts dans les environs de Chelles, au lieu dit le Camp des Sarrasins.
[Corresp. pour : (10 kil.) Torcy, v. de 796 hab., sur un coteau de la rive g. de la Marne ^église du xv* s. ou du commencement du xvi*; clocher de 1618; château); — (5 kil.) Champs, v. de 580 hab., sur un. coteau de la.
rive g. de la Marne (magnifique château, bâti au xvra- s., sur les dessins de Chamblin) (2 kil.) Gournaysur- Marne. v. de 113 hab. ; — (5 kil.) Brou, v. de 125 hab., sur la rivedr.
de la Marne (ancienne maison [xm* s.] de Trinitaires, servant de ferme) ; — (6 kil ) Vôtres, v. de 262 hab. , sur la Marne (l'église renferme des épitaphes du xme s.; château du xvi" s.);— (8 kil.) Bois de Pomponne; — (9 kil.) Villeraudéj v. de 692 hab., sur la rive dr. de la Marne (très-beaux points de vue, surtout de la tour Montjay,seul reste d'un antique manoir) ; — ( 1 1 kil.) Montgélatour.]
Le clocher de Prou se montre, à g., au-dessusd es arbres ; puis on traverse une longue tranchée au sortir de laquelle on longe la rivedr. de la Marne, et on laisse à g. le v. de Pomponne (396 hab. ; église du xme s. , en ruine) .
28 kil. Lagny, ch.-l. de c. de 3458 hab., agréablement situé sur la rive g. de la Marne. Un pont d'aspect pittoresque, interdit aux voitures, et un pont de pierre le relient à la rive dr.
Lagny est entouré de charmantes maisons de campagne; les coteaux boisés des deux rives de la Marne y offrent d'agréables promenades. — La façade de Y église, seul édifice curieux de Lagny, est moderne (1847) et plus que vulgaire; mais l'intérieur mérite d'être visité : il est formé du chœur, vaste construction commencée dans le xive s. par le gouverneur de la ville, pierre de la Crique, et demeurée inachevée; il présente une double rangée de bas côtés ; le sanctuaire est entouré de cinq chapelles.
Près de cette église et de la mairie, on voit encore des débris d'une abbaye de Bénédictins, fondée au xn* s.
par un gentilhomme écossais.
Lagny, dont les Normands avaient pillé et détruit le raonastrère rétabli depuis, fut fortifié dans le cours du xin* s. Il tomba, en 1358, sous le règne de Charles V, au pouvoir des Anglais, qui le pillèrent et le brûlèrent ; plus heureux sous Charles VII, il soutint bravement deux sièges en 1431 1
et en 1432, et força chaque fois les Anglais à la retraite. Une querelle, survenue entre les moines et l'abbé nommé Jacques Brouillard, attira au bourg un nouveau siège pendant lequel les habitants firent des prodiges de valeur.
Lagny fait un commerce considérable de grains, de farines, de fromages de Brie, de plâtre, de bois, de chanvre, de bestiaux, de volailles. Ses établissements industriels se composent de moulins construits selon le système anglais, d'une fabrique d'orge perlé, d'une manufacture d'albâtre, d'une imprimerie dont les cinq presses mécaniques sont mues par l'eau.
Les promenades publiques de Lagny occupent l'emplacement d'anciens fossés près desquels subsistent des vestiges de fortifications.
[Excursion à (10 kil.) Ferrières.
On prend, au S. de Lagny, un chemin tracé sur les hauteurs qui dominent la rive g. de la Marne. Après avoir traversé un petit plateau, on redescend dans un vallon où on laisse à g. Gouvernes, v. de 374 hab., et, à dr., le château Deuil. — À mi-côte du versant opposé de ce vallon se trouve Guermantes, (3 kil.) v. de 166 hab.
Au S. 0. s'élève un beau château (très-belle vue) , de la fin du xvir8 s. Le parc en a été, dit-on, dessiné par le Nôtre. — En face du château de Guermantes, s'élève à l'O., sur une hauteur, le château deRentilly, édifice du xvii* s., restauré récemment et entouré d'un beau parc. On longe le parc du château de Guermantes, au delà duquel on aperçoit, à dr. (5 kil.) Bussy-Saint-Georges, v. de 553 hab. qui a conservé une tour en pierres et en briques, reste d'un ancien château. Après avoir croisé successivement les routes de Croissy à Jossigny et à Ferrières, le chemin redescend à l'entrée de Ferrières, près de l'église. (F. R. 3. — Station d'Ozouer-les- Ferrières).
[Corresp. pour . — (9 kil.) Coupvray, v. de 499 hab., entre la Marne et le Grand-Morin (beau château précédé de superbes avenues ; tourelles
/'trt.v. Jmp.MontH*ctf,3, r. Stujcr.