‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 55 sur 489 · MEAUX · texte numérisé non relu

MEAUX

ferme encore la cathédrale de M eaux, sous citerons : — la charmante petite porte du xv* s., connue sous le nom de porte Maugarni, qui s'ouvrait sur le cloître des chanoines, à g. delà partie du bas côté N. correspondant au chœur; — eu face même de celte porte , et adossée au chœur, la sta tue en marbre blanc de Philippe de Caslille, fils de Philippe de Castille, seigneur de Chenoise, et de Catherine de Ligny, mort à Briare en 1627 (il est revêtu de son armure et agenouillé); — les vitraux coloriés de la fenêtre du transsept méridional; ceux de la fenêtre du fond du sanctuaire, et enfin la chaire, très-simple d'ailleurs, mais refaite avec les panneaux de celle où s'était fait entendre la voix éloquente de Bossuet.

Le grand évéque, on le sait, a été inhumé dans la cathédrale de Meaux : de plus, un monument commémoratif y a été élevé à sa mémoire dans le côté latéral de dr., entre les autels de la Vierge et de Sainte- Geneviève. Ce monument se compose d'une statue de l'illustre prélat, posée sur un grand socle en marbre de couleur; Bossuet est représenté assis, revêtu des habits pontificaux, et la main droite étendue vers le chœur, comme par un mouvement oratoire. Ce monument, érigé en 1822, est dû au sculpteur Rutxiel. La tombe du grand orateur chrétien est indiquée par une plaque de marbre noir, sur laquelle une inscription latine en lettres d'or rappelle les hautes dignités et l'éloquence de l'évêque de Meaux. Elle est encadrée entre les dalles du chœur, à g. du trône épiscopal, à l'entrée même du sanctuaire.

Bossuet avait été inhumé en 1704 ; mais, au moment où les travaux de restauration, dont la cathédrale est l'objet, allaient commencer, en 1854, Mgr A Hou, évéque de Meaux, voulut profiter de cette circonstance pour rechercher le cercueil de Bossuet. Après quelques fouilles opérées dans la sanctuaire et dans le chœur, on reconnut aux armes du prélat et à une inscription tracées sur une plaque de cuivre, le

cercueil en plomb, long de 1 met. 78 cent, renfermant le» précieux restes. Mgr Allou voulait s'arrêter là ; mais, cédant aux instances qui lui étaient adressées, et peutêtre à son propre désir, bien naturel d'ailleurs, il fit découvrir la té te. « Le couvercle enlevé, dit un des spectateurs de cette étrange cérémonie, n'offrit d'abord qu'un amas confus de plâtre et de son qu'on enleva avec des précautions infinies. Bientôt, sous une quadruple enveloppe de toile épaisse et forte, on voit se dessiner vaguement les formes du visage!... Enfin, l'opération est terminée. .. Voici Bossuet tel que la mort l'a fait après un siècle et demi ! La fermeture hermétique du cercueil , l'embaumement dont il a été l'objet, ont préservé ce visage des ravages ordinaires: il n'a rien de repoussant. La vie est bien loin sans doute, mais ce n'est pas toute la mort. » Le cercueil, dont le couvercle en plomb avait été remplacé momentanément par une glace, resta pendant deux jours exposé aux hommages empressés des fidèles. Le 16 novembre 1854, il fut replacé dans le caveau qu'il occupait depuis 150 ans, et au-dessus fut alors scellée l'ancienne plaque de marbre noir, déplacée en 1724.

Une porte , s'ouvrant dans le bas côté septentrional, met l'église en communication par un passage conduisant au palais épiscopal, avec la sacristie et la salle capitulaire où a lieu la réception des chanoines. Ces constructions accessoires qui ne présentent, du reste, rien de bien curieux , ont le grave inconvénient , comme nous l'avons dit, de cacher en grande partie l'extrémité du transsept au N.

Le Palais épiscopal (mon. hist.), abrité, en quelque sorte, par la cathédrale qui le domine de son aile septentrionale, a son entrée, par une grille fort simple, sur la place de la Cathédrale, au côté g. de la façade.

Cet édifice, placé entre une cour d'honneur, du côté de la cathédrale, et un beau jardin donnant sur l'un des principaux boulevards de Meaux, présente sur la cour une façade d'un style sévère, un peu nu, et coupée au milieu par une sorte de grand pavillon en saillie où s'ouvre la porte principale.

IÔ

Il est composé de parties de dates différentes, et dont quelques-unes, très-intéressantes, ont vraisemblablement servi autrefois d'habitations aux chanoines. Les appartements de l'évêque • situés au premier étage, sur le jardin, ont, ainsi que l'aile g. du même côté , la physionomie régulière et un peu froide que présentent les grands hôtels du commencement du xvi r s. ; mais ils reposent sur des constructions d'une origine bien antérieure. Ce sont d'abord d'anciennes salles basses à voûtes en ogives dont les arêtes vont retomber sur un pilier central isolé. Aujourd'hui ces salles sont occupées par les cuisines, les resserres et une orangerie. Ces salles, soit qu'elles aient fait partie d'un vaste cloître donnant sur le jardin, soit qu'elles aient formé des pièces consacrées aux réunions capitulaires ou aux réfectoires, ont un caractère remarquable. Si l'on passe de là dans le jardin, on voit se dessiner sur une portion de la façade , au rezde-chaussée, une suite d'arcades ogivales dont les retombées viennent s'appuyer sur d'élégantes colonnes à chapiteaux finement sculptés. Ces arcades, évidemment ouvertes autrelois, devaient se prolonger *sur toute l'étendue du bâtiment et éclairer par leurs larges baies un cloître ou une galerie. Quelle qu'ait été leur destination, elles sont encore d'un charmant effet, et il serait à souhaiter qu'on pût leur rendre toute leur valeur en les dégageant de la bâtisse qui remplit leur cadre. Le jardin faisant suite à là demeure épiscopale et dessiné, dit-on, par le Nôtre, se termine au N. par une vaste et belle terrasse, plantée d'arbres et de fleurs, qui est établie sur une portion des anciens remparts, d'où elle domine le boulevard Jean-Rose. On y découvre une jolie vue : à g., sur les coteaux qui s'élèventau N. 0. de Meaux et sur le le chemin de fer; en face de soi, sur le boulevard et sur de jolies maisons de plaisance; en se retournant, on

embrasse du regard, dans tout son développement, l'aile septentrionale de la cathédrale. A l'extrémité de cette terrasse, au S. E., sur le terreplein d'un ancien bastion, s'élève un petit pavillon que Bossuet avait fait construire et dont la salle principale formait son cabinet de travail. « Une tradition, dit M. A. Carro, rapporte du moins qu'il allait, avec un valet de chambre, se confiner là pour huit jours, quinze jours même, comme dans une retraite inviolable. »Le salon, oû venait ainsi se recueillir l'évéque de Meaux, est revêtu de boiseries brunes et garni de deux ou trois fauteuils, dont le style, il faut bien l'avouer, rappelle plutôt le xvnr* s. que le xvu*. A la suite de ce bâtiment, qui n'a, du reste, aucun caractère architectural, s'étend une étroite allée d'ifs où Bossuet aimait, dit^on, à se promener, et qu'il aurait parcourue avec le grand Condé, ajoute la tradition, dans une visite que lui fit ce prince. Nous mentionnerons encore, dans le palais épiscopal, l'élégante chapelle particulière de l'évéque, au premier étage, et nous terminerons en signalant, au moins à titre d'innovation singulière, le plan incliné en briques qui remplace l'escalier et monte jusqu'aux étages supérieurs de l'édifice. Il est à présumer que ce moyen d'accès bizarre a été établi pour épargner, autant que possible, la fatigue de monter aux jambes affaiblies de quelque prélat, peut-être de Bossuet lui-même, dans ses dernières années.

Le bâtiment dit de la Maîtrise (mon.

hist.), édifice déforme massive, situé au côté N. du chevet de la cathédrale , rue Notre-Dame , s'appuye à de hauts contre-forts, et porte une tourelle à chacun de ses quatre angles. Celles du N. E. et du N. 0.

sont seules à peu près conservées; il ne reste plus que la partie inréieure des tourelles du S. La façade occidentale présente un grand arc surbaissé d'un dessin très-élégant,

[Route 1]

MKAUX.

sous lequel s'ouvre une porte donnant accès dans une salle basse. Il supportait autrefois un bel escalier conduisant au premier étage, aujourd'hui remplacé par un escalier à simple balustreen bois. Le bâtiment de la Maîtrise, à la construction duquel on a assigné diverses dates et dont on a voulu faire remonter certaines parties au xie et au xii* s.t présente, selon M. de Caumont, qui en a fait un examen spécial, tous les principes de construction usités au xme s.

«Je me suis livré, dit cet éminent archéologue (Bulletin monumental, t. XVII), à quelques conjectures sur la destination de cet édifice. Après avoir constaté qu'il appartenait au chapitre, je me suis demandé s'il renfermait les salles de l'officialité, la bibliothèque, les archives, etc., ou si c'était tout simplement un de ces magasins destinés à contenir le produit des dîmes en blé, en vin, en laines, etc., que le chapitre percevait annuellement.

« Ces grands magasins, qui existent encore près de quelques-unes de nos abbayes, autorisaient cette supposition, et pourtant les quatre tours qui flanquent les angles du bâtiment et son plan parfaitement régulier lui donnent un caractère de noblesse qui me font croire que c'étaient les bâtiments de l'officialité....

« Quatre étages occupent la hauteur de l'édifice. Le premier étage, en contre-bas, se compose d'une magnifique salle fort élévée dont les voûtes en ogive la divisent sur la longueur en cinq travées partagées par quatre colonnes cylindriques qui reçoivent au centre les arceaux des voûtes et divisent l'espace en deux nefs ou galeries. Cette salle souterraine recevait le jour par des ouvertures carrées que l'on distingue à un mèt.

environ au-dessus du sol de la rue ; même ordonnance se répète au rezde-chaussée... ; le second étage n'est pas voûté ; un plancher droit en bois de chêne vient reposer sur des colon-

nes mono-cylindriques au nombre de quatre, comme dans les deux étages inférieurs.... le dernier étage sous les combles, moins élevé que les autres, avait beaucoup moins d'importance. »»

Le bâtiment est percé de fenêtres de caractère différent ouvertes entre les contre-forts; les plus grandes et les mieux conservées sont celles du premier et du second étages, ou plus exactement du rez-de-chaussée et du premier étage, l'étage souterrain ne pouvant être considéré comme un rezde-chaussée. C'est à la façade de l'E.

que l'on se rend le mieux compte de l'ensemble de la disposition décorative extérieure du bâtiment de la Maîtrise qui est, après la cathédrale et l'évêché, le monument le plus curieux de Meaux.

Nous indiquerons encore spécialement : — 1° les substructions que Ton remarque à la base même de la vieille muraille qui soutient la terrasse du jardin épiscopal. Ces parties inférieures de construction, où se distingue un chaînage en briques, remontent, selon M. de Caumont, à l'époque gallo-romaine; — 2° Une ancienne porte donnant sur la Marne et d'où l'on a une vue pittoresque sur les deux grands établissements de meunerie qui s'avancent à dr. et à g. jusqu'au milieu de la rivière. Cette porte, qui est évidemment un reste des fortifications du moyen âge, se trouve à l'une des extrémités de la rue de la Juiverie , aboutissant par son autre extrémité à la Grande rue, en face de la cathédrale; — 3° le terre-plein en terrasse sur lequel s'élève aujourd'hui le palais de justice et ses dépendances que l'on aperçoit à dr.

quand on entre dans la ville en venant du chemin de fer. Cette lourde terrasse, maintenue par une épaisse muraille, indique l'emplacement du château fort de Meaux.

Parmi les édifices modernes, nous mentionnerons : — Y hôtel de ville , construit vers 1840 et renfermant la bibliothèque de la ville. Sur le perron

DE PARIS A

qui règne au devant de l'édifice, a été placé un mortier en fer, à demi rongé par le temps, et pris sur les Anglais au xve s. lorsqu'ils vinrent assiéger Meaux ; — le séminaire, vaste bâtiment du xvii* s. , dont le chemin de fer effleure l'angle à la sortie de la gare; — et enfin, au N. E.de la ville, YHôtel-Dieu, grande construction toute moderne, qui se recommande par son excellente distribution.

Il forme un parallélogramme entourant une cour intérieure, et environné lui-même par un jardin. L'ancien Hôtel-Dieu, qui s'élevait à dr.

de la Grande rue, en face de la cathédrale, a été remplacé par des maisons particulières , et il n'en reste plus guères qu'une salle actuellement transformée en magasin de spiritueux.

Véglise paroissiale Saint» Nicolas , les anciens bâtiments de Véglise des Cordeliers, du couvent des Bénédictines, affectés à des services militaires, ne méritent pas une visite; mais on parcourra certainement avec plaisir la riante promenade et les beaux boulevards qui enveloppent Meaux dans leurs lignes de verdure.

Le sol du chemin de fer étant plus élevé que celui de la ville, on a, à dr. en entrant dans la gare et en la quittant, une vue assez complète de Meaux, notamment des moulins sur la Marne , des promenades, du séminaire et de la cathédrale dont la courbe décrite par la voie, permet de voir très-distinctement la façade et l'aile septentrionale.

Il se tient à Meaux, le samedi de chaque semaine, un marché considérable de grains. De nombreux moulins à blé, mus par la Marne, y fabriquent annuellement 140 000 quintaux métriques de farine pour l'approvisionnement de Paris. Il s'y vend, chaque année, en moyenne-, 3 200 000 kilog. de fromage de Brie. Une féculerie, dont le produit annuel est de 200000 kilog., une fonderie de cuivre, une filature de coton (8500 bro-

ches, 120 ouvriers, 20 chevaux- vapeur), des scieries, des tanneries, et divers autres établissements complètent le mouvement industriel et commercial de cette ville.

Le Canal de l'Oorcq,qui, en deçà de sa prise d'eau à Mareuit, vient longer au N. la ville de Meaux, a été ouvert en vertu d'un arrêté du 13 août 1802. Son développement total est de 109 kil. 063, ainsi divisés : l« rivière d'Ourcq canalisée du Port-aux-Percbes à Mareuil, H 1*27 mèt.; 2° canal de l'Ourcq depuis Mareuil jusques et y compris le bassin de la Villette, 96 736 met.; 3* dérivation navigable du Clignon, iwo met. — La pente totale, depuis le Port-aux-Perches jusqu'au bassin de la Villette, est de 15 mèt. 50 cent., dont 6 mèt. 62 cent, sur la partie canalisée et 8 mèt. 88 cent, sur le canal proprement dit. La pente, de 6 mèt. 62 cent., est rachetée par 5 écluses de 5 mèt. de largeur et de 63 mèt. de longueur; celle de 8 mèt. 88 cent, par 5 écluses de 3 mèt. 20 cent, sur 58 mèt. 80 cent. — Le tirant d'eau normal est de l mèt. 20 cent.; mais on ne navigue guère qu'à l'enfoncement de 90 cent. La charge ordinaire des bateaux est de 50 tonnes; celle des bateaux accélérés de 30 à 40 tonnes. Pour les bateaux ordinaires, la traction a lieu à bras d'hommes, ou au fil de l'eau à la descente, et par chevaux à la remonte. Les bateaux accélérés sont haies à la descente comme à la remonte. La durée du trajet du Portaux-Perches à la Villette est de trois jours à la descente et de cinq à la remonte.

Deux autres canaux, celui de Cornillon et celui de Chalifert, sont plus spécialement utilisés par la ville de Meaux. — Le canal de Cornillon, dont la longueur est de 425 mèt., abrège de près de 800 mèt. la navigation sur la Marne. Son utilité est singulièrement atténuée depuis l'ouverture du canal de Chalifert. Cependant, les trains de bois lui donnent encore la préférence pour épargner les frais de halage. On évalue à plus de 40 000 tonnes le bois qu'il transporte annuellement. — Le canal de Chalifert a été entrepris en vertu de la loi du 19 juillet 1837. De Meaux, son point de départ, à Chalifert, où il rejoint la Marne, il abrège de 16 y 62 mèt. la distance à parcourir par les bateaux.

[Corresp. pour : — (17 kil.) Lizysur-Ourcq, ch.-l. de c. de 1333 hab., entre le canal et la rivière de l'Ourcq ;

[route l] meaux. — la ferté-sous-jouarre.

— (18 kil.) May (église gothique remarquable, des xu#, xiii* et xvi# s. ; ruines d'un château) ; — (14 kil.) Puisieux, v. de 421 hab. ; — (19 kil.) Acy (maison du xiv«s.; église classée parmi les mon. hist. ; ancien Hôtel- Dieu du xme s.); — (23 kil.) Crouysur-Ourcq, v. de 1 1 86 hab. (église inachevée du xvps., avec tour romane et vitraux coloriés : ancienne tour du château, belle halle); — (26 kil.) Mareuilrsur-Ourcq, v. de 628 hab.

(découverte d'armes romaines et de tombes du moyen âge ; vastes souterrains, seuls vestiges d'un ancien château ; église du style ogival primitif, avec un portail moderne.]

De Meaux à Coulommiers, R. 7 ; — à Melun, R. 8 ; — à Villers-Cotterets,R. 132.

Le chemin de fer, en quittant la gare, décrit une courbe au N. 0. de la ville, passe entre de vastes et beaux jardins maraîchers, atteint le canal de l'Ourcq qu'il traverse, s'engage dans une tranchée profonde, et franchit une seconde fois le canal, puis .a Marne sur un pont de 70 met. Le pont que l'on voit à dr., et sur lequel passe la route de terre de Paris à Metz, est formé de 3 arches dont l'arc élégant est fortement surbaissé.

51 kil. Trilport, autrefois Trie-le- Port, v. de 1012 hab., situé sur la route d'Allemagne, au bas d'un coteau qui borde la rive g. de la Marne, possède une église duxiv» s., réparée en 1819, et quelques jolies maisons de campagne. A 5 kil. environ de Trilport, et à dr. de la route de Paris à Metz, se trouve le v. de Montceaux, où Catherine de Médicis fit bâtir, en 1547, unchâteau presque entièrement détruit actuellement. On y voit cependant encore la voûte du grand escalier sur laquelle sontentrelacës les chifres d'Henri IV et deGabrielled'Estrées, quelques colonnades et un pavillon.

[Corresp. pour : (10 kil.) Lùy-sur- Ourcq (V. ci-dessus).]

Au delà du bois de Meaux, on passe

dans le tunnel d?Armentière$y dont la longueur est de 672 mèt., puis on franchit de nouveau la Marne sur un pont de 70 mèt.

58 kil. Changis, v. de 240 hab., bâti à mi-côte sur la rive dr. de la Marne, vis-à-vis de la forêt dite bois de Meaux. — On aperçoit à dr.

le v. d'Ussy (671 hab.) à peu près à moitié chemin de Changis à la Fertésous-Jouarre.

66 kil. La Ferté-sous-Jouarre (hôt. : du Porc-Épic % de Paris), ch.-l. de c, V. de 4482 hab., située dans une position charmante, au débouché de la vallée du Petit-Morin dans celle de la Marne, est traversée par la Marne qui la divise en deux parties. La plus importante, formant l'ancienne ville, s'étend sur la rive dr. Autrefois, entre ces deux quartiers principaux,- se trouvait une île occupée par des maisons et par des prairies, et qui partageait le cours de la rivière en deux bras. Le moins considérable des deux bras a été récemment comblé, et l'ancienne île a disparu pour se confondre entièrement avec les quartiers de la rive dr.

Kn même temps que ces travaux étaient exécutés on démolissait un joli pavillon en briques avec encadrement en pierres, construit jadis, pour un prince de Condé, à l'extrémité orientale de l'île, sur l'emplacement de l'ancien château de la Ferté. Déjà le chemin de fer de l'Est avait traversé et pour ainsi dire coupé en deux l'ancien château de la Barre, situé sur la rive dr. de la Marne, à 2 kil. à PO. de la Ferté. Ce château présentait une belle façade ornée de tourelles, et son parc remontait sur le coteau où il enfermait dans ses murs une portion du boisdela Barre.

Aujourd'hui il n'en reste plus que quelques traces insignifiantes qu' s'effacent même devant «les constructions nouvelles. Aussi la Ferté-sous-Juuarre n'a plus aucun monument curieux à montrer au voyageur; mais il lin reste des environs agréables, ofrant

des buts de promenade nombreux et variés : ce sont de belles prairies sur les bords de la Marne, des coteaux d'un accès facile, boisés à leur sommet et ornés sur leur versant inférieur de jolies maisons de campagne, de jardins, de vergers, et présentant de tous côtés des vues étendues sur les vallées de la Marne et du Petit-Morin. La route de Paris à Metz et à Francfort, par Châlons, traverse la ville du S.-O. au N.-E.; elle y pénètre par la rive g. de la Marne, pour s'élever ensuite sur les hauteurs de la rive dr. ; deux autres routes, se détachant, vers l'extrémité du faubourg de la rive g., de la route de Paris, conduisent également à Châlons, Tune par le fond de la vallée, en longeant la Marne, l'autre en passant à Montmi rail, par le plateau situé entre la Marne et le Petit-Morin.

Le nom primitif de la Ferté parait avoir été Condé ou Condet, de Condatum, mot signifiant le confluent de deux rivières. Plus tard, une forteresse, qui a joué un rôle important dans les guerres du moyen âge, ayant été élevée auprès de la ville de Condé, celle-ci joignit à son premier nom celui de la Ferté, qui finit vraisemblablement par absorber l'autre. Alors et par suite de sa position, au pied de l'éminence où était l'ancienne abbaye de Jouarre, la Ferté, pour se distinguer de ses homonymes, prit sa seconde dénomination :

Sous Jouarre.

Prise et reprise plusieurs fois par les Ligueurs et par les royalistes, la Ferté eut beaucoup â souffrir des guerres de la Ligue; elle se soumit, en 1590, à Henri IV. — Le 9 février 1814, le maréchal Macdonald, attaqué par l'avant -garde russe, au débouché de la ville, se retira derrière la Marne et gagna Meaux, après avoir fait sauter les ponts de la Ferté et de Trilport. Le 2 mars de la même année, Napoléon passait à la Ferté-sous- Jouarre.

Plusieurs personnages célèbres naquirent dans cette ville : Antoine de Bourbon, roi de Navarre, père d'Henri IV ; Charles de Bourbon, duc de Vendôme, cardinalarchevêque de Rouen, un instant roi, pendant la Ligue, sous le nom de Charles X ; Henri de Bourbon, prince de Condé, duc d'Enghien, aïeul du grand Condé; le ministre protestant Lesueur; Jeanne- Antoi-

nette Poisson, devenue plus tard marquise de Pompadour.

Les principales rues de la Ferté , propres et généralement régulières, ont pour centre commun une belle et large place, dont l'hôtel de ville occupe un des côtés. — Véglise paroissiale, dédiée à saint Denis, et située en contre-bas des rues environnantes , a été construite probablement dans la seconde moitié du xvr s. , et n'offre rien de remarquable. — L'hôtel de vtlie, appuyé à une tour carrée massive et sans caractère, présente une façade ornée des tables de la loi qu'entourent deux branches de feuillage.

— Quand nous aurons mentionné le nouveau pont, construit en pierres et enfer, sur la Marne, pourmetlre en communication les deux parties de la ville, il.nenous restera guère à indiquer, moins pour sa valeur architecturale que pour les souvenirs qui s'y rattachent, qu'une maison connue sous le nom de Château de Vile, et qui se trouve dans la partie occidentale de l'ancienne lie (à dr. en allant au pont établi sur la Marne et au faubourg de la rive g.). Bien que l'on fasse remonter la construction de cette maison au xvi* s. , elle ne présente rien à l'extérieur qui en caractérise le style, et elle semblerait plutôt dater du xvue s. A l'intérieur, sa décoration est complètement dans le goût du xvnr s., avec de grands panneaux en boiserie et des dessus de porte et des trumeaux peints dans la manière de Lancret. Les salons, assez ordinaires d'ailleurs, offrent un certain intérêt à ceux qui savent que Louis XVI, Marie-Antoinette et le jeune Dauphin s'y arrêtèrent plusieurs heures, lorsque, après la fuite de Varennes, ils furent ramenés à Paris. On montre encore le balcon donnant sur la Marne, où le jeune prince qui devait mourir si misérablement au Temple s'amusait à pêcher tandis que ses parents se reposaient dans la pièce voisine. C'est un

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