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en passant par la période du style gothique flamboyant dont la riche ornementation domine dans tout le monument, qui a malheureusement perdu une partie de ses sculptures extérieures. La façade offre trois portails à voussures profondes ♦ terminées par une pyramide délicatement découpée, et s'élevant jusqu'à la hauteur du premier étage. Les voussures sont décorées, ainsi que les tympans, de sculptures, très-endommagées du reste ; les statues qui occupaient autrefois les niches des portails ont disparu. Chaque porte, divisée par un pilier auquel s'appuyait originairement une statue, présente une double entrée. Une rose à compartiments flamboyants, inscrite dans une grande ogive, remplit, au-dessus du portail du milieu , la partie centrale de la façade, bien caractérisée par les deux légers contre-forts qui s'élèvent àdr. et à g. jusqu'à la naissance du pignon. Il est à regretter que le bas de cette rose soit grossièrement empâté de plâtre dans les vides des compartiments que devraient remplir de riches vitraux entre les fines arêtes de la pierre. L'ogive contenant la rose est couronnée par une balustrade audessus de laquelle s'élève le pignon triangulaire de la nef. Dans ce pignon a été placée une horloge, dont le cadran produit un effet très-disgracieux. Le portail de g., dont la pyramide est moins élevée que les deux autres, forme, pour ainsi dire, le soubassement d'une tour à plusieurs étages, haute de 76 mèt. Les premiers étages offrent, jusqu'à la naissance du pignon, une décoration uniforme très-riche; les deux éiages supérieurs sont percés, le premier de deux fenêtres ogivales trilobées, et le second de deux autres ouvertures en ogives fermées par des auvents. De la plateforme de cette tour (310 marches), on aperçoit , à 45 kil. de distance, lorsque le temps est clair, les hauteurs de Montmartre et du Mont-Valérien.
Le portail de droite devait être égale-
ment surmonté d'une tour; mais cette tour, qui n'a jamais été construite, se trouve remplacée par une sorte de clocher carré peu élevé, avec toiture en ardoises et désigné sous le nom de tour noire.
En redescendant la Grande rue, on a sur la g. l'aile méridionale de la cathédrale, la seule que l'on puisse voir danssonensemble, — l'aile du N.,non moins remarquable, étant en grande partie cachée par des constructions parasites. L'aile méridionale, dont la grande fenêtre du transsept forme la principale décoration, offre toute la splendeur du gothique flamboyant.
Cette immense verrière du transsept, qu'il faut surtout voir de l'intérieur, est magnifique. Elle se termine, au sommet de l'ogive, par une petite rose que dessinent des losanges enlacés avec un goût charmant. La porte latérale à voussures très-marquées, comme celles de la façade, a conservé ses statues et les basreliefs du tympan : mais tous les personnages en ont été décapités pendant la Révolution.
La restauration de la cathédrale de Meaux a été commencée en 1854. Les fenêtres des latéraux, celles du chœur et des chapelles du sanctuaire, sont déjà entièrement reconstruites, et les fondations, qui n'avaient pas une profondeur suffisante, ont été fortifiées.
A l'intérieur, l'édifice (84 mèt. 35 c. de longueur, 41 mèt. de largeur et 31 mèt. 50 c. de hauteur sous voûte) présente l'ensemble le plus harmonieux. — Il se compose d'une nef principale, de deux bas côtés d'une grande élévation, d'un beàu transsept et, enfin, du chœur et du sanctuaire.
La nef, formée de cinq travées, est séparée des bas côtés par des colonnes accouplées s'élevant jusqu'à la voûte, où elles se prolongent en nervures. Les arcades sont surmontées d'un triforium de différents styles, qui s'étend également autour du transsept. Le chœur, la partie la plus
remarquable de l'église, comprend trois travées indiquées de chaque côté, comme dans la nef dont elles continuent ainsi le système d'architecture, par des colonnes élancées montant jusqu'à la voûte; entre chaque travée, et formant la clôture du chœur, sur les bas côtés, se trouve un double étage d'arcades ogivales, simples au premier rang, géminées au second rang, et supportées de chaque côté par quatre piliers trapus cantonnés de colonnes engagées. Ce système de séparation du chœur et des bas côtés prolongés est d'un très-beau caractère.
Là encore, malheureusement, des aménagements fâcheux cachent presque complètement cette belle combinaison architecturale; à l'intérieur du chœur, les boiseries, auxquelles sont adossés les bancs des chanoines, en dérobent presque entièrement la vue, et, dans le côté latéral de dr., toute la clôture est enfouie dans une épaisse muraille de plâtre ; on ne peut en apprécier l'effet que dans le côté latéral de g. , où elle est restée complètement dégagée. Le sanctuaire, autour duquel rayonnent sept chapelles, est éclairé par autant de hautes fenêtres ogivales.
La cathédrale de Meaux compte un grand nombre de chapelles, placées dans les bas côtés , depuis l'entrée jusqu'à la hauteur du chœur. La plupart d'entre elles datent du xviir s., dont elles reproduisent le style maniéré, si discordant avec le caractère général du monument. Parmi celles (soit de ce temps, soit d'une époque antérieure) qui méritent une attention particulière, nous citerons : — dans le bas côté de dr., à la hauteur du chœur, la chapelle de la Vierge, décorée de colonnes cannelées que surmonte un fronton coupé, d'une lourdeur extrême, et la chapelle de Sainte-Geneviève; — un peu plus bas, parallèlement à la nef, la chapelle fondée par Jean Boseau xxv* s.; elle renferme sa tombe et celle de sa femme tous deux sont représentés par un
I relief, légèrement indique au trait sur un des côtés de la chapelle ; les vêtements sont en marbre noir, et la tête, les mains et les pieds, ainsi que deux anges groupés aux angles de la pierre sépulcrale, en marbre blanc); — la chapelle de Saint-Martin , ornée de panneaux peints sur bois par Senelle, et représentant différentes scènes de la vie du saint; il serait à souhaiter qu on enlevât le confessionnal qui couvre à g. le plus important de ces panneaux, ou du moins qu'on en diminuât la hauteur; dans la chapelle de Saint -Martin se trouve la tombe de Jean Phelipeaux , grand vicaire de Bossuet; — dans le bas côté de g., la chapelle des fonts baptismaux (statues de la Vierge et de sainte Elisabeth) ; — puis, en remontant vers le chœur, une chapelle renfermant la tombe du chantre Jean de Marcilly, son fondateur, et une Annonciation du xviiie s.; — et enfin, à la hauteur même du chœur, ur.e chapelle du xvm* s., d'une disposition assez élégante; elle est dédiée à saint Éloi, et offre pour principale décoration un tableau représentant la mort de ce saint.
De chaque côté du chœur, s'élève un autel en boiserie et carton -pierre, auquel vient se rattacher une première et belle grille, à hauteur d'appui, qui ferme le chœur à la limite du transsept; une seconde grille, d'une très-riche exécution, en fer doré et bronzé, placée au commencementde ce siècle, sur la ligne des dernières stalles canonicales, forme une deuxième clôture.
Le buffet Morgues, construit en 1627, repose sur une magnifique arcade, décorée de compartiments cintrés trilobés, avec frise de feuillage et balustrade à compartiments flamboyants; hardiment jetée d'un côté de la nef à l'autre, elle forme ainsi à l'entrée de l'église une sorte de vestibule intérieur.
Parmi les autres détails secondaires, mais très-intéressants, que ren-