‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 81 sur 489 · ROUTE 1] RÉGHICOURT. — HÉMING. — SARREBOURG · texte numérisé non relu

ROUTE 1] RÉGHICOURT. — HÉMING. — SARREBOURG

poque gallo-romaine : fragments de sculptures, de mosaïques ; traces d'anciennes constructions , massifs remarquables de murailles ; poteries et tuiles romaines; médailles, armes, casques, verroteries; sépultures antiques et squelettes, etc. Une partie de ces objets a été déposée au musée lorrain , à Nancy. On peut donc regarder comme bien fondée l'opinion d'un savant archéologue qui, dans un Mémoire adressé à la Société des Antiquaires de France (1836, t. II, nouvelle série), disait : « Toutes les collines qui s'étendent depuis Hattigny jusqu'à Sarrebourg, dans la direction de Fraquelfing, Hermelange, Immeling, étaient habitées du temps des Romains, qui y avaient probablement élevé une seconde ligne de retranchements dont la grande muraille vosgienne (mur des payent) formait la première. »

Parmi les communes où les fouilles ont donné les résultats les plus remarquables, nous citerons : Lorquin (5 kil. au S. de Héming), ch.-l. de c. de 1060 hab., qui conserve encastré dans le mur intérieur du cimetière un bas-relief du xiv* s., représentant le Père éternel, et où Ton remarque quelques maifons du xvi« s. à fenêtres avec meneaux en pierre, tourelles et escaliers à vis ; — Fraquelfing (9 kil. au S. de Héming), v. de 243 hab., dont Yéglise renferme une belle chaire, en chêne, sculptée par Labroise; — Hattigny (11 kil. au S. 0. de Héming), v. de 471 hab., possédant une église ancienne, remaniée aux xvi- et xvine s. La nef est appuyée à une tour quadrangulaire, que l'on croit avoir fait partie d'une maison de Templiers et qui aurait été reliée postérieurement à l'église. Cette tour, accusant le xn" ou le xm*s., repose sur une voûte en plein cintre dont les nervures vont se perdre dans quatre colonnes engagées dans la maçonnerie, à chaque angle de la tour. A sa face occidentale est accolé un charmant petit portail du

style de la Renaissance. Entre Lorquin et Hattigny ont été reconnus les vestiges d'une voie romaine de 4 mèt. 50 cent, de largeur, pavée en pierres du pays; — Messe, v. de 660 hab., sur le canal de la Marne au Rhin. L'église paroissiale, dépendant d'une ancienne abbaye de Bénédictines fondée au xi* s., conserve encore, malgré de nombreux remaniements, une partie de sa construction primitive, et offre d'intéressants détails d'architecture. Le transsept,au centre duquel s'élève une tour carrée, renferme deux chapelles absidales dont Tune, celle du S., transformée en sacristie, est masquée par un trèsbel autel du xvii" s., en chêne sculpté. On remarque, sous une arcade, dans le transsept, le tombeau de sainte Serbergef monument précieux du il* s., décrit par M. le docteur Marchai (de Lorquin), l'un des archéologues les plus zélés et les plus érudits de la Lorraine (F., pour plus de détails sur les antiquités du canton de Lorquin, les Bulletins de la société d'archéologie lorraine, t. I, et, dans le t. SU, le Répertoire archéologique de V arrondissement de Sarrebourg, par M. Louis Benoit).

A 2 kil. de la station de Héming, on laisse à dr. (1 kil. environ) louaxange, v. de 254 hab., où se trouvent les restes d'un château très-ancien; puis Imling, v. de (582 hab., situé sur la rive dr. de la Sarre, et près duquel on aperçoit, sur une hauteur, une habitation pittoresque qui semble avoir fait partie d'un ancien château.

432 kil. Sarrebourg (buffet à la gare; hôt. : du Sauvage, du Télégraphe), ch.-l. d'arrond. du dép. de la Meurthe, V. de 3073 hab., sur la Sarre et à dr. du chemin de fer.

Sarrebourg doit *on nom à sa position sur la Sarre. L'Itinéraire d'Antonin l'appelle Pont Saravi (Pont de la Sarre). Des débris de l'époque gallo-romaine, notamment un bas -relief d'Apollon, de-

posé an Musée historique lorrain, une petite statue équestre, des médailles en or et en argent, de Faustirie, de Pertinax, de Commode, etc., découverts à Sarrebourg, attestent l'ancienneté de son origine.

Toutefois, on n'a que des données incertaines sur son étendue et sa position exacte dans ces temps reculés. Au moyen âge, cette ville appartint aux évéques de Metz, contre lesquels elle fut souvent en lutte. Cédée aux ducs de Lorraine, elle fut enfin réunie, en 1661, k la France par Louis XIV, qui la flt rebâtir en partie.

Au xni* s., les Lombards avaient établi à Sarrebourg un comptoir, qui devint l'un des entrepôts du commerce de la France avec l'Allemagne, et la ville dut à cette circonstance le surnom de Kaufffhann- Sarrebourg (Sarrebourg la Marchande). De nos jours, Sarrebourg, par sa position sur le chemin de fer de Paris à Strasbourg, entre l'Alsace et la Lorraine, voit se développer de jour en jour les éléments de sa prospérité. Outre de grands magasins d'approvisionnement de vivres pour l'armée, cette ville possède une fonderie de cloches, une huilerie, une brasserie, une tannerie, et des fabriques de produits chimiques, de quincaillerie, de faïencerie, de chamoiserieet de broderies.

Le sculpteur Labroise, le conventionnel Levasseur, qui présenta à l'Assemblée législative le décret sur l'organisation judiciaire, les généraux de Custines et Houchard sont nés à Sarrebourg.

On ne peut guère signaler à Sarrebourg que quelques restes de fortifications que l'on aperçoit à dr. en sortant de la gare ; — la porte du château,, dont il subsiste encore une arcade et une tour à demi ruinée avec meurtrières ; — enfin, Yéglise paroissiale, dans laquelle on remarque des stalles du style ogival flamboyant, ornées de figures grimaçantes : moines, singes, etc., et une belle chaire en chêne, à double escalier, sculptée par Labroise. Des deux tours qui flanquaient autrefois l'église, il n'en reste plus qu'une, de forme carrée, à quatre étages, ornées d'arcades, d'arcatures et de billettes. — Nous mentionnerons encore l'ancienne église des Cordeliers convertie en caserne , et plusieurs maisons de diverses époques, dont les pignons en encorbellement et les esca-

liers à vis donnent une curieuse physionomie à quelques rues.

De Sarrebourg à Sarreguemines, R. 126.

Le canton de Sarrebourg touche à la région des Vosges, que Ton va bientôt traverser, et appartient, ainsi qu'un grand nombre d'autres communes (environ soixante), à la Lorraine allemande; aussi l'idiome germanique se mêle-t-il. déjà , dans les noms de lieu et dans le langage usuel, à la langue française.

Le chemin de fer, franchissant la Sarre, croise la route de Sarrebourg à Fénétrange et celle de Paris à Strasbourg, qui se dirige à TE. vers Phalsbourg. On atteint un vaste plateau à l'extrémité duquel, à dr., se dressent les cimes bleuâtres des Vosges. On ne tarde pas à aborder le faîte de la chaîne, par une longue et profonde tranchée, enfermée d'abord entre des bois, et qui, s'enfonçant de plus en plus dans la montagne, aboutit, entre deux murailles de grès rouge, au souterrain de Hommarting ou d'Arschviller, désigné indifféremment par le nom de l'un ou l'autre des deux villages entre lesquels il est situé ; Hommarting (617 hab.), à 2 kil. à g. de la voie ; Arschviller (565 hab.), à 1 kil. à dr.

Le souterrain de Hommarting, l'ouvrage d'art le plus important de la ligne de Paris à Strasbourg, et même de tout le réseau de l'Est, a 2678 mèt. de longueur. Il traverse la chaîne des Vosges avec une pente I de 5 millim. par mètre; en y entrant, on a à dr. le canal de la Marne au Rhin, qui, à la sortie, se trouve à g", de la voie. Ce canal, en effet, franchit également la montagne dans un souterrain particulier que croise la voie ferrée en passant au-dessus. Au delà du tunnel de Hommarting, le chemin de fer débouche dans la vallée de la Zorn, petite rivière qui, née près des sources de la Sarre, dans le départ, de la Meurtbe, au pied du Gross- Mann, et à 600 mèt. d'altitude, va se

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