‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 82 sur 489 · R. 1] SARREBOURG. — LUTZELBOURG. — PHALSBOURG · texte numérisé non relu

R. 1] SARREBOURG. — LUTZELBOURG. — PHALSBOURG

jeter dans la Moder, après un cours de 95 kil.de ro. à TE.

A cet endroit, on se trouve au milieu d'une des plus belles régions des Vosges. Les sites les plus pittoresques se succèdent* à dr. et à g. : ce sont des montagnes couvertes de magnifiques forêts de chênes, de hêtres et de sapins, au milieu desquelles se dressent d'immenses et curieuses masses de grès rouge, coupées à vif, çà et là, pour le passage de la voie. A dr. on découvre la vallée de la Zorn. Cette petite rivière, côtoyant le canal, suit constamment le chemin de fer, qui la croise à diverses reprises. On traverse encore cinq tunnels, beaucoup moins considérables que celui de Hommarting, avant d'avoir franchi définitivement la chaîne des Vosges.

448 kil. lutzelbourg (hôt. du Chemin-de-Fer) , v. de 652 hab., est bâti dans une situation charmante, au milieu des forêts, à g. de la voie, sur la rive dr. de la Zorn et sur le canal de la Marne au Rhin. Autrefois le chef-lieu d'une seigneurie importante, il a été cédé à la France en 1661.

Au sommet d'un petit plateau trèsescarpe (322 mèt. d'altit.) qui, se détachant des Vosges, s'avance en éperon sur la vallée de la Zorn, se trouvent les ruines assez considérables du château de Lutzelbourg, savoir : deux tours, dont Tune est complètement ouverte sur l'un de ses côtés, une porte à arcade et les restes d'une enceinte polygonale. On aperçoit distinctement les tours à g. de la voie, et presque de face en arrivant de la station de Lutzelbourg. Ce château, dont la construction semble remonter au commencement du xn«s., et dans lequel fut retenu prisonnier, en 1159, le comte de Saarrwerden, a été démantelé, en 1523, par les troupes deFrantz de Sickingen. On y monte (2 h. environ aller et retour) par un chemin assez escarpé que Ton trouve sur la dr. en sortant de la station, et qui s'embranche sur la

route de Lutzelbourg à Phalsbourg, tout auprès de l'entrée du tunnel de Lutzelbourg. Le plateau, d'où l'on découvre une très-belle vue. se rattache en arrière, vers l'E., par une pente douce, à une crête boisée qui se prolonge jusque vers Saverne (10 à 12 kil.)

[Corresp. pour (5 kil.) Phalsbourg (F. ci-dessous).]

Excursion A Phalsbourg.

On remonte le versant N. escarpé de la vallée de la Zorn. Après avoir dépassé Dannelbourg, v. de 384 hab.

(à g.), on atteint un immense plateau qui forme l'extrême limite des vastes plaines de la Lorraine, sur les escarpements des Vosges. Il faut traverser pendant 2 kil. environ cette plaine un peu nue, avant de contourner la partie S.-O. des fortifications de Phalsbourg.

5 kil. Phalsbourg (hôt. de Bâie), ch.-l. de c, place forte de 3* classe, V. de 3685 hab., n'était, avant le xvi° s., qu'un village défendu par une forteresse. Entourée d'une enceinte par les princes palatins du Rhin, qui y élevèrent un château, cette petite ville fut cédée à la France au xvn* s., et Vauban remplaça alors les anciens ouvrages de défense par les fortifications actuelles. Bloquée deux fois par les Alliés, en 1814 et en 1815, elle leur opposa une énergique résistance.

Phalsbourg, que traverse la route de Paris à 'Strasbourg, n'a que deux portes : la porte de France, à l'O., et la porte d'Allemagne, au S.-E.; toutes deux sont des spécimens de l'architecture militaire du xvu* s. — On remarque vers la porte d'Allemagne, à l'une des extrémités de la place Lobau, ou de l'église, une maison seigneuriale du xvr» s., avec une tour polygonale près de laquelle se voit une porte murée surmontée d'inscriptions allemandes et de blasons mutilés. Cette construction est aujourd'hui affectée au service de la manutention. — Sur le côté opposé de la place, à l'O., se présente la

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façade de Yéglise (xviir* s.), surmontée d'une tour au sommet de laquelle est placée une statue de la Vierge. — Enfin, au centre de la place, vaste, et plantée d'arbres sur un de ses côtés, un piédestal en marbre blanc porte la statue en bronze du maréchal Lobau, né à Phalsbourg.

Nous mentionnerons encore : — le collège communal, ancien couvent des Capucins; — Vhôtel de ville; — de belles halles; — les deux casernes. — C'est à Phalsbourg et dans les environs que les remarquables écrivains qui prennent le pseudonyme d'Erckmann-Chatrian ont placé les principaux personnages de leur intéressant roman le Conscrit de 1813.

Nous ne devons pas oublier de mentionner, à propos de Phalsbourg, la fabrication qui s'y fait d'une eau de noyaux, à laquelle sa qualité supérieure a valu une renommée européenne.

Un service de voitures publiques (trajet en 1 h. 1/2 ; prix, 1 fr.) est établi entre Phalsbourg et (10 kil.) Saverne, par la belle route de Paris A Strasbourg, dont le tracé remonte au règne de Louis XIV. — On dépasse (2 kil. de Phalsbourg) flanne-etles-Quatre-Vents , v. de 696 hab., situé sur un des points les plus élevés du plateau, ce qui explique assez son surnom. Près de ce village se trouvent les vestiges d'un château bâti vers 1347, et la chapelle de 'la Bonne- Fontaine, but de pèlerinage. On atteint ensuite la limite des départ, de la Meurthe et du Bas-Rhin, indiquée par une petite colonne en grès rouge, qui s'élève à g. (404 mèt. d'alt.).

«—A 5 kil. environ de Phalsbourg, avant d'arriver à un obélisque en marbre blanc, à g., indiquant l'entrée de l'Alsace, au point où la route fait un détour au S. pour descendre vers Saverne, on découvre, sur les Vosges et sur toute la plaine de l'Alsace jusqu'à Strasbourg, une vue étendue.

La route redescend, par un circuit savamment tracé, à travers une belle i

forêt, jusqu'au fond de la vallée de la Zorn, où elle franchit à niveau le chemin de fer pour entrer dans Saverne (F. ci-dessous, même page).

Au delà de la station de Lutzelbourg, la voie ferrée passe, sous la hauteur qu'occupent les ruines du château, dans un tunnel de 432 mèt.

de longueur, à la sortie duquel on quitte le départ, de la Meurthe pour entrer dans celui du Bas-Rhin. Après avoir traversé trois autres souterrains et un viaduc oblique de six arches en plein cintre, sous lequel passent à la fois le canal, la route de terre et la Zorn, on aperçoit à dr. le vaste château de Saverne.

458 kil. Saverne (bôt. : du Soleild'Or; du Bœuf-Noir; du Cerf; dei'Agneau-d'Or. — Voitures particulières aux hôtels du Bœuf-Noir, du Soleild'Or et chez Laurent Rihl; prix approximatif pour la journée : voitures à un cheval, 10 à 12 fr.; voitures à deux chevaux, 15 à 18 fr.), V. de 5331 hab., est située sur la Zorn et sur le canal de la Marne au Rhin, à dr. du chemin de fer, à 206 mèt.

d'altitude.

Saverne occupe une position charmante au débouché de la Zorn dans la grande plaine de l'Alsace, et au pied d'un contre-fort des Vosges qui l'encadre dans un admirable fond de hautes forêts. Irrégulièrement bâtie et n'ayant guère qu'une rue principale, sur laquelle s'ouvre la place du château, cette petite ville, bien que d'un aspect animé et agréable, n'a rien en elle-même de très-intéres? ant.

Mais ses environs se recommandent par des paysages pittoresques, par les grandes ruines de plusieurs châteaux féodaux et par quelques églises d'une belle architecture, qui offrent des buts d'excursion nombreux et toujours variés.

Saverne (Très Tabentx des Romains, Zabêrn en allemand) est une ville trèsancienne, comme le prouvent la mention

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qu'en font les documents géographiques les plus anciens : Yltinérair* des provinces d'Ammien Marcellin, l'Itinéraire d'Antonin, la Table théodosienne, et les nombreux restes d'antiquités romaines trouvés dans la ville et aux environs.

Toutefois, l'histoire de Saverne, d'un intérêt sérieux, mais plus local que général, peut se résumer en quelques lignes. D'abord station romaine, établie pour défendre le passage des Vosges, souvent détruite et rebâtie, elle fut possédée dans les derniers temps de la dynastie carlovingienne par les évêques de Metz. Elle fit ensuite partie, pendant plusieurs siècles, du domaine des ducs de Souabe et d'Alsace; enfin, elle passa au xni« s. entre les mains des évéques de Strasbourg, qui la conservèrent jusque vers la fin du xvn* s., époque à laquelle elle fut réunie à la F rH ne 6

Saverne fut souvent assiégée ; principalement lors de la guerre de Trente ans ; elle fut alors occupée et réoccupée successivement par les Impériaux et les Français , puis à la fin du xvn« s., en 1675, par Montecuculli, en 1676 par le prince Charles de Lorraine, qui tentèrent de la reprendre à la France.

Nous rappellerons, enfin, en terminant cette rapide esquisse, la répression cruelle et perfide qui frappa à Saverne, au commencement du xvi« s. (1525), la célèbre rébellion des paysans. Les révoltés, s'étant emparés de Saverne, y furent assiégés par le duc Antoine de Lorraine. Après quelque résistance, ils avaient consenti à se rendre, moyennant la vie sauve; mais à peine quittaient-ils Saverne, sans armes, au nombre de 20 ooo, que les lansquenets les attaquèrent, au mépris de la convention faite. Les malheureux essayèrent de chercher un refuge dans la ville ; mais ils y furent poursuivis, traqués et livrés impitoyablement à la mort, malgré les efforts du duc de Lorraine pour arrêter les violences de ses soldats. 16 ooo paysans, diton, ainsi massacrés, encombrèrent de leurs cadavres les rues, les places, les maisons de Saverne et les campagnes environnantes. — Ceux de nos lecteurs qui désireraient avoir une connaissance plus détaillée de l'histoire de Saverne. pourront consulter utilement l'ouvrage de M. Klein, intitulé : Saverne et ses environs, illustré par MM. Eug. Laville et Moestlé.

Saverne ne compte guère que deux édifices dignes de quelque attention :

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