‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 89 sur 489 · ROUTE 1] NEUWILLER. — DABO · texte numérisé non relu

ROUTE 1] NEUWILLER. — DABO

est tracé entre des prairies d'une admirable verdure que bordent à dr. et à g. des montagnes garnies de magnifiques forêts. Après 45 min. de marche, depuis la traversée du chemin de fer, on atteint, près d'un petit allîuent de la Zorn, Spariibrod, simple écart, composé d'une métairie, d'une scierie et d'une petite auberge, tenue par Mme Bourdonnais, la veuve d'un garde forestier que les contrebandiers assassinèrent il y a quelques années.

On peut déjeuner ou dîner à l'auberge.

4 kil. environ séparent Spartzbrod de Uaselbourg , v. de 529 hab. appartenant au département de la Meurthe, dans lequel on est rentré à Lulzelbcurg. Ce village, situé sur une hauteur (426 mèl. d'allit.) qui domine la rive dr. de la Zorn et dont on longe la base, conserve les ruines d'une ancienne église. — A la sortie de Hazelbourg, le chemin, s'éloignant de la Zorn, se dirige à g. vers (1 kil. de Hazelbourg.) Schœflerhof, hameau renfermant une scierie. Là, il devient plus accidenté; il présente des pentes assez roides, fait des circuits assez nombreux entre deux lignes de hauteurs et dans une région moins riante que celle que l'on vient de parcourir.

De Schaeflferhof, on compte une heure de marche (4 à 5 kil.) jusqu'à Dabo (hôt. du Cheval-Noir), V. de2516hab., située dans un haut vallon, sur le versant et au N. 0. de la montagne du même nom.

Un bourg, délruit dans les guerres du xviie s., se trouvait autrefois sur la pente de la montagne, un peu au-dessus du village actuel. Ce bourg était le chef-lieu d'un important comté d'empire, dont la juridiction s'étendait jusqu'à la vallée de la Bruche. La famille des comtes de Dabo ou de Dagsbourg était à la fois Tune des plus illustres et des plus anciennes de l'Alsace. Le premier comte de Dagsbourg est mentionné dès la fin du x* s. (983). La maison de Dagsbourg a donné à l'Église un pape, Léon IX ,

né en 1002 et que ses vertus font révérer comme un saint. C'est à lui qu'est consacrée la chapelle élevée sur le rocher de Saint -Léon ou Leonsberg. La ligne masculine des Dagsbourg s'éteignit en 1225, et le comté passa alors, par mariage, au comte de Linange, le chef de la branche des Linange- Dabo qui resta en possession du comté jusqu'à l'époque du traité de Nimègue, d'après lequel le domaine passa définitivement à la France. Les Français s'étaient emparés, dès 1677, du château ou plutôt des châteaux de Dagsbourg, car il en existait deux : l'un établi sur le grand rocher qu'occupe actuellement la chapelle Saint-Léon; l'autre, sur un escarpement qui dominait l'ancien bourg : l'un et l'autre furent détruits par les Français.

Il faut environ 45 min. pour aller de Dabo à la chapelle Saint-Léon, bâtie au sommet de la montagne de Dabo. Cette montagne (651 mèt.) présente, pour ainsi dire, deux étages distincts dont le dernier est couronné par un vaste plateau rocheux, formant autour de la cime une sorte de renflement ou de bourrelet. Ën gravissant la montagne, on traverse d'abord une région de terres cultivées jusqu'à moitié de la hauteur.

Là se présente une énorme butte de l kil. de circonférence à la base, et revêtue d'une herbe fine. Sur le flanc de ce mamelon, se développe un chemin étroit qui, après plusieurs circuits, aboutit à la roche supéiieure située au milieu d'un plateau de 500 à 600 mèt. carrés. Un sentier, qui monte jusqu'à la chapelle, a été taillé dans le roc. Il est prudent, en suivant ce sentier, d'en éviter le bord extérieur et de se serrer contre le rccher, car, à certains tournants, le vent a parfois assez de violence pour renverser la personne qu'il surprendrait à l'improviste. On atteint ainsi une plate-forme de 300 mèt. de tour environ, sur laquelle se trouve, à 611 mèt. d'altit., la chapelle dédiée

à saint Léon. Cette chapelle, construite par les soins de M. de Forbin- Janson, alors évêque de Nancy, fut inaugurée par lui en 1825, avec une grande solennité. Mais le principal intérêt de ce site, c'est la vue magnifique que Ton y découvre sur les pittoresques vallées environnantes, sur des cimes couvertes de forêts dont les nuances varient à l'infini, et sur les plaines et les étangs de la Lorraine.

De Dabo, on peut se rendre à la tour et à la cascade de Nideck (F.

R. 82), par Windsburg (auberge du Canonnier), hameau forestier, composé de trois ou quatre maisons éparses, et dépendant de la commune d'Engenthal. Du Nideck, on descendrait alors à Ober-Haslach, pour gagner de là, soit Mutzig (R. 82), par Nieder-Haslach et Urmatt, soit Wasselonne(R.81), par Cosswiller, où conduit un chemin de forêt. Cette course, qui ne demande pas moins de 7 à 8 h. de marche, se fait presque constamment sous bois, par des chemins difficiles; un guide est nécessaire.

Pour revenir de Dabo à Saverne, on peut, comme nous l'avons dit, au lieu de reprendre la vallée de la Zorn, suivre le chemin qui passe à Haberacker. Par cette route, il y a 20 à 22 kil. de Dabo à Saverne, et l'on fera bien de se faire accompagner par un guide jusqu'à Haberacker ou Schaefferplatz. On suit d'abord, pendant 2 kil., le chemin de Dabo à Obersteigen ' et à Romanswiller, qui passe au N.

de la montagne de Saint-Léon; puis, le laissant à dr.1, on gagne (4 kil.) le hameau de la Hoube, dont les mai-

1. Le chemin du hameau d'Obersteigen et du village de (18 à 20 kil. de Dabo) Romans w Hier (1067 hab.), qui traverse presque constamment des bois, est facile et bien tracé; Romanswiller n'est éloigné que de 3 ou 4 kil. de Wasselonne, et, de Wasselonne à Saverne, il y a un service de voitures de correspondance. On peut donc, si Ton veut, retourner de Dabo à Saverne par Romanswiller; mais la route par Haberacker oflre plus d'intérêt.

sons sont disséminées dans la montagne. A 5 kil. plus loin, on rencontre Haberacker, à 10 min. au N. duquel se trouvent les ruines du château d'Ochtenstein. Les ruines du château, aujourd'hui réduites à quelques débris de tours et de murailles, sont situées sur trois rochers gigantesques; le plus considérable est tourné vers l'O. Les trois rochers étaient d'ailleurs si bien reliés entre eux par une série de galeries, de voûtes, d'arcs-boutants, qu'ils semblent ne faire qu'un tout. — Le rocher occidental offre une belle vue (590 met.).

Un chemin tracé dans la montagne mène à la maison forestière de Schœfferplatz (3 à 4 kil. ou 1 h. de marche depuis Haberacker). Mais il est préférable de gagner immédiatement (45 min. à 1 h. de marche) le chemin vicinal de Reinhardsmunster à Saverne.

Reinhardmunster, v. de 633 hab.

situé sur le revers oriental d'un chaînon des Vosges, doit son nom au comte Reinhard de Hanau, qui le bâtit sur l'emplacement d'un ancien village détruit durant les guerres du xvrs., et dont l'église seule a été conservée. Elle se trouve à l'E. et un peu à l'écart de Reinhardsmunster, dont elle est l'église paroissiale. Selon M. Klein, la célèbre légende de Frtdolin, racontée par Schiller, tirerait son origine d'une tradition locale qui placerait l'aventure dans une forge située près de Reinhardsmunster.

A Reinhardsmunster (10 kil. de Saverne) un guide devient inutile. On laisse à dr., vers l'extrémité N. du village, un chemin qui passe près de l'église, et l'on suit directement celui qui forme le prolongement de la rue principale. Ce chemin conduit au hameau de Saint- G ail, dépendant de Thaï, v. de 748 hab. A la sortie de Saint-Gall (côté du N.), il faut laisser à dr. le chemin de Thaï et prendre à g. une route passant à quelque distance de la maison de garde dite Schœfferplatx. Cette route longe la hauteur

[ROUTE 1] DABO. — STEINBOURG. — MOMMENHEIM. 89

à mi-côte, en laissant voir la plaine à dr. et conduit directement à Hœgen, v. de 642 hab., situé sur le versant E. de la montagne, à 5 kil . de Saverne. Au N. de Hœgen se présente un excellent chemin vicinal qui conduit, sans détours ni erreurs possibles, à Saverne, en passant entre la plaine et la crête boisée où sont situés les Geroldseck et le Haut-Barr. — On trouve également à PO. du village (à g. en allant à Saverne) un bon sentier de montagne qui, remontant au Grand-Geroldseck, passe près des ruines du Haut- Barr, et sort de la forêt à 15 min.

environ de Saverne ( V, ci-dessus l'excursion au Haut-Barr). A l'issue de ce sentier, il faut tourner à g. pour suivre un chemin qui aboutit à une belle route par laquelle on rentre à Saverne, en longeant le canal à g.

[Correspond, pour (6 kil.) Marmoutiers (R. 75)]. — Service de voitures pour Wasselonne (14 kil.).]

De Saverne à Wasselonne, R. 75; — à Sarreguemines, par Saar- Union, R. 127.

En quittant Saverne, le chemin de fer, qui a complètement franchi la chaîne des Vosges, pénètre dans la vaste plaine de l'Alsace, où Ton ne tarde pas à voir poindre, au loin, la flèche de la cathédrale de Strasbourg.

La voie ferrée se dirige en ligne droite vers le N-E. entre la Zorn (à g.), qu'elle a franchie à la sortie de la station, et le canal (à dr.) Puis elle décrit une grande courbe dont le sommet se trouve à :

463 kil. Sieinbourg , v. de 1 126 hab., situé sur la Zorn, à 500 ou 600 mèt.

à g. de la voie ferrée et du canal de la Marne au Rhin. Véglise renferme deux tableaux de Gabriel Guérin.

[Corresp. pour (7 kil.) Neuwiller [V. ci-dessus, p. 82 et $4).]

467 kil. VeUwiller^. de 1850 hab., près du canal de la Marne au Rhin.

Véglise renferme les tombeaux du général comte de Rosen et de sa

femme.— Franchissant de nouveau la Zorn, on traverse une campagne riante coupée de prairies, de houblonnières et de lignes de peupliers.

475 kil. hochfelden (hôt. de la Croixd'Or), ch.-l. de c. de 2530 hab.; il est situé à g. du chemin de fer, sur la Zorn et à 1 kil. environ du canal de la Marne au Rhin. L'industrie très-active d'Hochfelden compte plusieurs usines, et entre autres une fabrique de chaux hydraulique très -estimée, une brasserie, une tannerie et des sècheries de garance.

f Corresp. pour: — (36 kil.) Gœtzenbruck, par (13 kil.) Bouxwiller et (18 kil.) Ingwiller (R. 127); — (13 kil.). Pfaffenhoflen, V. de 1432 hab., située au confluent du ruisseau de Rothbach et de la Moder, sur la route départementale de Bitche à Haguenau. Le bourg, qui était autrefois entouré de murs, fut choisi pour quartier général par les paysans révoltée, au nombre de 20 000, en 1525.

Plus tard, il eut beaucoup à souffrir pendant les combats livrés entre les Suédois et les Lorrains, à l'époque de la guerre de Trente ans, et il fut alors incendié par ces derniers. Enfin, en 1793, il fut menacé par les Prussiens qui avaient pénétré en Alsace.

A l'approche des ennemis , un citoyen de Pfaflenhoffen, simple juge de paix à Bouxwiller , rassembla, au son du tocsin, 3000 gardes nationaux pour s'opposer à l'invasion. Sa conduite patriotique lui valut le grade d'adjudant général dans l'armée de Hoche, sous les ordres de qui il contribua énergîquement à la reprise des lignes de Wissembourg.]

De Hochfelden à Sarreguemines, par Bouxwiller, R. 128.

On longe, à dr., le cours assez tourmenté de la Zorn, et on laisse, à g., Schwindrattheim, y. de 1173 hab.

480 kil. Mommenheim , v. de 1272 hab. , à g. de la voie , sur un petit affluent et à quelque distance de la Zorn. — On commence à voir,

DE PARIS A

surtout le dimanche, les Alsaciennes et les Alsaciens se montrer dans leur costume local : les femmes, avec le corsage d'étoffe noire, la jupe verte ou rouge, selon qu'elleaappartiennent au culte protestant ou au culte catholique, le bonnet g-irni de dentelles et de passementeries dorées ou argentées; les hommes avec le chapeau rond à larges bords, l'habit à grandes basques carrées, la chemise blanche et bien plissée que laisse voir un gilet évasé. Malheureusement , ce costume original tend chaque jour à disparaître pour faire place à l'habillement demi-citadin.

485 kil. Brumath, ch.-l. de c. de 4803 hab., à g. du chemin de fer, sur la rive g. de la Zorn, dans une plaine couverte de pâturages et bornée au N. par des collines, au S. par des forêts. Brumath est une ville d'origine très-ancienne; Schœpflin en attribue la fondation aux Mediomatrices qui habitaient une partie de l'Alsace, et l'on trouve la mention de cette ville (Brocomagus) dans V Itinéraire d'Antonin et dans les Tables théodosiennes.

Sous la domination romaine, ce fut une ville importante, comme l'attestent les antiquités découvertes dans les environs, et les traces d'une voie romaine reconnue au N. de la Zorn.

Au ixe s. Brumath n'était plus qu'une ferme royale; mais, au xne s., un village se forma sur cet emplacement et fut à son tour élevé, en 1336, au rang de ville par l'empereur Louis de Bavière. Après être passé en différentes mains et avoir subi toutes les misères des luttes féodales et des guerres modernes dont l'Alsace a été le théâtre, le bailliage de Brumath fut enfin réuni à la France. La princesse Christine de Saxe, tante de Louis XVI, y mourut en 1781, et le château où elle résidait fut vendu comme propriété nationale en 1794.

Depuis, le bâtiment principal de ce château, racheté par la fabrique du culte réformé, a été transformé en un beau temple protestant.

A moins de 1 kil. au S. de Brumath, se trouve Y asile départemental d'aliénés de Stephansfeld , l'un des plus remarquables établissements de ce genre. Dès le xiti* s., Stephansfeld était une maison hospitalière, consacrée aux vieillards indigents et aux enfants abandonnés. Depuis celte époque, elle n'a pas cessé d'avoir, sous différentes formes, cette affectation charitable jusqu'au moment où l'asile départemental d'aliénés y a été installé (1835).

Le chemin de fer forme une courbe très-accentuée pour prendre la direction du S. jusqu'à Strasbourg. Il longe Stephansfeld à g., passe entre les deux forêts de Brumath, côtoie à g. la route de Strasbourg à Wissembourg, et laisse du même côté l'embranchement de Wissembourg, qui se détache de la voie principale à 6 kil. de Brumath. Enfin, à 2 kil. plus loin et avant d'atteindre la station de Vendenheim, on franchit une dernière fois le canal de la Marne au Rhin. Ce canal forme avec le chemin de fer un angle aigu, pour aller aboutir à l'E. dans le petit Rhin, vers l'extrémité de l'île des Épis, en aval de la citadelle de Strasbourg.

493 kil. Vendenheim, v. de 1331 hab., à dr. de la voie et près du canal de la Marne au Rhin. Une défense d'éléphant antédiluvien, longue de 1 mèt. 59 cent., y a été découverte en 1797. Non loin de la station, on remarque les débris d'un obélisque en marbre élevé par le préfet Lezay- Marnésia, brisé par les Alliés lors de la seconde invasion, et rétabli plus tard, avec une partie des fragments mutilés.

C'est à Vendenheim que les trains de la ligne principale prennent ou laissent les voyageurs arrivant de Wissembourg ou y allant.

De Vendenheim à Wissembourg, R. 76,

De Vendenheim à Strasbourg, on aperçoit à dr. et à g., à une certaine distance, un grand nombre de villages, entre autres (à dr.), Mundolsheim

ROUTE 1] BRUMATH. —

413 hab.), dont la colline désignée aussi sous le nom de Haulenberg, offre un des points de vue les plus pittoresques des environs immédiats de Strasbourg. De cette hauteur, on découvre : à PO., tout le Kochersberg (20 kil. 0. de Strasbourg), montagne (302 met. d'alt.) autrefois occupée par un château fortifié, et la chaîne des Vosges; à TE., la Forêt-Noire, depuis Bade jusqu'à Lahr (V. les Bords du Rhin illustrés, par Ad. Joanne); enfin, immédiatement au-dessous de soi, on aperçoit la plaine de l'Alsace et de Strasbourg. — Le 28 juin 1815, le général Rapp livra aux Alliés, près de Mundolsheim, un combat qui fut l'un des derniers événements militaires de la courte campagne de 1815.

Après être passé entre les vastes ateliers de réparation et les belles rotondes de remisage annexés par la Compagnie des chemins de fer de l'Est à la gare de Strasbourg, on franchit la ligne des fortifications et et l'on entre dans la gare.

502 kil. Strasbourg.

Renseignements généraux.

Buffet à la gare.

Omnibus : — de la gare aux hôtels ou à domicile, 25 c. par voyageur sans bagages; 15 c. par colis.

Hôtels : — de la Ville-de- Paris, rue de la Mésange, 13 (le plus fréquenté mais aussi le plus cher de Strasbourg); d'Angleterre et de Metz, rue du Vieux- Marché -aux -Vins, 31, et quai Lezay- Marnésia; de la Maison- Rouge, place Kléber (situation extrêmement agréable, sur la place la plus animée de Strasbourg) ; de la Pomme-dVr, rue d'Or, 5 ; de la Vignette, rue des Tanneurs, 40; de Vienne, en face de la sortie de I* gare ; de l'Esprit, en face de l'entrée de la gare.

Restaurants : — Hogard, place du Broglie ; de la Pomme-de-Pin, place Kléber. — N. B. Dans les grands cafés, on donne à déjeuner et à souper; dans près* que tous les autres, et dans les brasseries, on sert a manger à toute heure.

Cafés : — du Broglie, place du Broglie ; P. Codé, id.; de l'Europe, rue des Petites- Boucheries; Jh. Cadé , place Kléber; Hauswald, rue du Noyer; de VUnivers,

place de l'Homme-de-Fer ; Westermann, en face rentrée de la gare ; Café concert Sainte-Cécile, pont du Corbeau.

Brasseries. — Ces établissements, très-fréquentés, sont en grand nombre.

Nous citerons notamment les brasseries : du Dauphin, place du Dôme, en face de la cathédrale; Pilon, près de la rue des Grandes- Arcades; du Griffon, rue du Vieux-Marchéaux-Vins; Os>ermann, rue du Fossé-des-Tanneurs ; des l'éch? ur.«, rue du Jeu des Enfants; de la Vi le-de-Parië, r. des Frères; des Trois-Rois, rue d'Austerlitz, etc. — Nous signalerons, en outre, le Jardin Lips et le Jardin Kammerer, au Contades, au delà de la porte des Juifs. Ce sont de véritables restaurants ou guinguettes, dans lesquels on sert à manger, et qui forment des lieux de plaisir fréquentés volontiers par les Slrasbourgeois.

Voitures à 2 et 4 places ; la course, 75 c. le jour; 1 fr. la nuit; — 1/4 d'heure, 80 c ; 1/2 h., l fr. 20 c; l'heure, 2 fr.; chaque quart d'heure suivant, 40 c. — De Strasbourg à Kebl, le prix de la course est de 1 fr. 25 c.

Marchands de pâtés de foies gras :

— Henry, rue de la Mésange; Doyen, rue du Dôme ; Hummel, Grande-Rue.

Poste aux lettres : — rue du Vieux- Marché aux- Vins, hôtel de Neuwiller — Il y a en outre 13 boites supplémentaires dans les différents quartiers de la ville.

Télégraphe électrique : — rue des Juifs, 15.

Journaux. — Strasbourg compte plusieurs journaux et diverses publications périodiques relatives aux sciences, à la philosophie, etc. Nous nous bornerons 4 mentionner le Courrier du Bas Rhin et le Monittur du Box-Rhin, feuilles politiques paraissant tous les jours, excepté le lundi; les Affiches de Strasbourg (le mercredi et le samedi ) et le Bibliographe alsacien (mensuel).

Imprimeurs : — Vve B'rger-Levrault et fils, G. Silberman, Christophe, Huder, Simon, Heitz.

Libraires : — Treuttel et Wurtz; Vve Berger- Levrault et fils, Salomon: Piton; Derivnux; Noiriel; Schmidt ; Freisleben.

Marchands d'estampes : E, Fietla, rue de la Mésange; Fû tta aîné, rue du Dôme ; Buchel, place du Broglie ; Lambert, rue du Vieux-Marché-aux-Poissons.

Situation. — Aspect général.

Strasbourg est une ville de 84167 hab., située, à 144 met. d'altit., par

5° 24' 54" E. de longitude et 23» 34' 57* de latitude, sur la rivière 1*111, dans la vallée que ferment à TE.

les Vosges, à 1*0. la Forêt-Noire, et que traverse le Rhin éloigné d'environ 4 kil. La température y est sujette, comme dans toute l'Alsace, à de brusques variations. La fonte des neiges accumulées sur les montagnes n'ayant habituellement lieu qu'en juin et juillet, les hivers y sont longs et rudes; les printemps sont courts; l'été est très-chaud; et l'automne, la saison ordinairement la plus agréable, se prolonge quelquefois jusqu'au mois de novembre.

Les pluies y sont assez fréquentes, et les neiges abondantes. Les vents dominants soufflent du S. et du N. E.

On a ressenti, à diverses époques, des tremblements de terre à Strasbourg, mais ils n'ont point donné lieu à des accidents graves.

La population strasbourgeoise , comme en général toute la population de l'Alsace, est laborieuse, brave, intelligente, de relations faciles et cordiales. On parle également le français et l'allemand à Strasbourg; mais le français tend de plus en plus à se substituer à l'allemand dans les rapports les plus usuels. 11 en est autrement dans les campagnes; et, bien que la langue nationale y fasse chaque jour des progrès sensibles, les paysans se servent encore habituellement de l'ancien patois allemand ; aussi, quand on ignore entièrement cette langue, trouve- 1- on souvent quelque difficulté à se renseigner.

En Alsace, et à Strasbourg en particulier, les goûts, les mœurs sont encore, en partie , allemands comme le langage, « Les 180 années de domination française , dit un touriste allemand, M. Bœdeker, n'ont étouffé dans la bourgeoisie ni les mœurs , ni la langue germaniques. » Il faut ajouter une observation qui a son importance : c'est que nulle part, en France, on ne trouverait une population dont le cœur et les sentiments

fussent plus énergiquement français ; et, s'il était nécessaire de donner une preuve de ce patriotisme, nous rappellerions avec quelle courageuse ardeur l'Alsace a combattu, en 1814 et en 1815, les armées alliées envahissant notre territoire. C'est dans les départements du Haut et du Bas-Rhin que les derniers coups de canon ont été tirés contre elles, alors que déjà le désastre de Waterloo nous avait enlevé toute espèce de résistance contre la seconde invasion.

Le goût des arts est développé à Strasbourg, où l'on compte dans tous les genres des artistes distingués, dont quelques-uns même tiennent le premier rang. La danse et la musique y sont souvent les divertissements préférés.

On peut dire de la ville de Strasbourg qu'elle est à son époque de transition : ce n'est pas encore une ville moderne; ce n'est déjà plus tout à fait une ville de moyen âge; mais sa transformation s'opère lentement et ne sera pas de longtemps complète.

Au reste, ce n'est pas sans intérêt que l'on parcourt ses rues étroites, où l'on rencontre quelques beaux bâtiments de la Renaissance, de jolies maisons en bois, élégamment sculptées, et même de ces étranges habitations à étages saillants, qui se touchent presque par le sommet ; en même temps on trouve à Strasbourg des rues toutes modernes , largement aérées , bien éclairées, bordées de beaux trottoirs.

Les ponts, à l'exception de quelques-uns qui sont en fonte et d'une seule arche, n'ont de remarquable que leur nombre; ils sont jetés sur les deux bras de 1*111, qui, après avoir reçu les eaux de la Bruche, à quelque distance en amont de Strasbourg , traverse la ville en se divisant, et la partage ainsi en trois grandes sections, dont la principale forme une île. À l'entrée de la rivière, une écluse, construite par Vauban, réunit les deux I rives, et a pourdestination de remplir,

Ihih'm au<- <!«• In France pur Ail. JOANNE.

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