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ASPECT GÉNÉRAL

traverse ce dernier canton vers sa limite N. avant d'aboutir à Strasbourg.

En résumé, Strasbourg est une ville d'un aspect très-pittoresque ; pleine de mouvement, d'animation; remplie, dans les grands quartiers, de magasins nombreux et brillants, qui attestent l'activité de son commerce.

Elle offre la physionomie d'une grande cité, et, bien qu'elle n'ait guère de monuments de premier ordre, sauf son admirable cathédrale dont la magnificence efface tout ce qui l'entoure, on ne se lasse pas de la parcourir avec intérêt. Aussi nous ne saurions trop engager les touristes à en prendre pour ainsi dire une vue d'ensemble avant de l'étudier en détail, en en visitant les différents édi* fices. On pourra suivre, à cet effet, l'itinéraire ci-joint en prenant la gare comme point de départ.

Direction.

En sortant de la gare, on traverse Tan des deux ponts jetés sur le canal, en face même de l'embarcadère, et l'on tourne à dr. pour suivre la ligne des quais Lezay- Marnésia, Détail ti Turckhetm. Entre les deux derniers s'ouvre à g. la Grande-Bue, de l'entrée de laquelle on aperçoit, à quelques pas, la tourelle élégante de Saint» ■ Pierre-le-Vieux. Reprenant ensuite le quai Turckheim, on jouit, à son extrémité, d'une belle vue sur l'IU et sur la grande écluse établie par Vauban, et qui vient d'être reconstruite. On arrive ainsi aux anciens ponts couverts, au point de bifurcation du canal et du bras principal de 1*111. C'est là que s'élèvent tes grandes tours carrées, restes de l'ancienne enceinte fortifiée de Strasbourg, dont nous avons parlé plus haut. D'un aspect sévère, sombre même, elles ont toutefois, comme spécimen de l'architecture militaire du moyen âge, un certain caractère de force qui contribue à donner à ce vieux quartier une physionomie originale. Après avoir traversé les ponts, puis dépassé la prison militaire et le magasin aux tabacs, on remonte la rue et la p /ace FinckwilUr, dont l'aspect est assez curieux. Parvenu au quai Finckwiller, on trouve à g. le pont Saint-Thomas, par lequel on arrive à la jolie place et au temple Saint-Thoma*.

A l'angle N. 0. de la place, s'ouvre la rue des Serruriers, qui conduit directement à la place Gutenberg, ancienne place du Marché-aux-Herbes, où s'élève la statue de Gutenherg On y remarque aussi une belle maison de la Renaissance qu'occupait autrefois l'hôtel de ville. Du côté opposé se présente la rue Èierrière, qui fait face à l'entrée principale de la cathédrale. Après quelques instants consacrés à admirer ce magnifique édiûce et les curieuses maisons sculptées qui l'entourent, on tourne à dr. vers la place du Château impérial (côté S. de la cathédrale), sur laquelle se trouvent le lycée, la maison de l'œuvre Notre-Dame (en allemand Frauenhaus), charmante construction de la Renaissance et l'école de médecine militaire; puis, redescendant à dr. la rue qui longe l'un des côtés du château, on arrivera sur le bras principal de l'Ul, où s'élèvent la terrasse et la façade du château impérial. De là, revenant sur ses pas devant la cathédrale, on remonte, du côté du N. de l'église, la pl'ice du Dôme, et l'on prend à g , à peu près vis-à-vis du portail latéral du N , la rue du Dôme, qui aboutit à la place du Broglie. Avant d'arriver à cette place on remarque, dans une rue latérale à g., le Temple Neuf, qui renferme une église du culte protestant, le gymnase protestant, la bibliothèque de la ville et un musée d'antiquités romaines. Au lieu de suivre la rue du Dôme jusqu'à la place du Broglie, on peut entrer <en face de la rue qui tonduii au temple Neuf)i dans la rue Hrûlée. Bientôt s'y montre, à g., le bel édiûce de l'hôtel de ville, avec ?a vaste cour d'honneur. Plus loin, on rencontre encore, à g., une rue latérale aboutissant à la place du Broglie; mais il vaut mieux suivre dans toute son étendue, en passant devant l'hôtel de la Préfecture, la rue Brûlée jusqu'au canal de l'Ill, que dominent les remparts. Contournant alors, à g.

sur le quai, le jardin de la Préfecture, on dépasse la statue élevée à M. Lezay Marnésia, et l'on gagne, au delà du théâtre, la plact du Ihéùlrt et la ilave du Broglie. On descendra vers l'extrémité opposée à la salle de spectacle pour entrer, en appuyant à dr., dans la rue de la Mésange, vers le milieu de laquelle une petite rue mène, â g., en longeant le marché couvert, â la place Kléber. Il faut traverser cette place pour se rendre par son extrémité opposée, mais du même côté que celui par lequel on y est entré, dans la rue du Marchéaux- Vit*, où l'on trouve, â dr. plusieurs ]

rues aboutissant au quai Lezay-Marnésia, d'où l'on est parti.

Cette excursion, outre l'avantage de montrer la ville tous ses divers aspects, aura celui d'en faire tout d'abord connaître les principales directions et de rendre ainsi plus facile la visite des monuments.

On peut suivre l'itinéraire que nous venons de tracer, pour visiter les divers monuments de Strasbourg; mais, si l'on préfère commencer cette visite par la partie de la ville la plus importante, il faut prendre l'itinéraire en sens inverse. On gagnera d'abord la place Klébert pour se rendre delà au Bro-jUe; on verra, en passant, la préfecture et l'hôtel de ville. Puis, suivant la rue du Dôme jusqu'à la cathédrale, on visitera cette église ainsi que le château impérial. Traversant alors la place Gutenberg et prenant la rue des Serruriers, on arrivera à la place Saint- Thomas, etc.

La visite de la citadelle et du curieux quartier qui la précède, ainsi que celle de la Robertsau et du Contades, devront faire ensuite l'objet d'une course distincte.

Histoire.

L'histoire de Strasbourg est très-intéressante, soit au point de vue des luttes féodales, et du gouvernement épiscopal, soit sous le rapport de l'organisation communale de la cite, soit entin par la place que Strasbourg tient dans les guerres nationales dont l'Alsace fut le théâtre à diverses époques. Mais il faudrait un volume pour traiter un pareil t>ujet, avec toute l'importance qu'il mérite, et nous ne pouvons qu'en e>quisser en quelques lignes les traits essentiels.

La date de l'origine de Strasbourg est inconnue. Cette ville, au l*r s. de l'ère chrétienne, était occupée par les Triboques, peuple germanique; elle faisait partie du district des Médiomatriciens, et s'appelait Argentorat, d'un mot celtique qui signifie : fort à l'endroit où passe l'eau. Ce nom lui venait sans doute de sa position sur 1*111 et du voisinage du Rhin. Conquise par César, elle fut fortifiée par Drusus et devint une place importante.

Pillée par les Allemands, elle fut délivrée en 357 par Julien qui battit la tribu germanique et fit prisonnier son roi Chrodomaire. En 4o7, elle fut ravagée par les Aiains et les Francs, qui s'y établirent et y apportèrent leurs lois et leurs

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