PROMENADES
de jolies maisons particulières, formant un charmant village. Plus au N. se trouve l'agréable village de Robertsau. — Cette délicieuse promenade, considérablement embellie sous l'administration municipale de M. Schutzenberger (1838-1848), renferme une collection d'arbres et de plantes indigènes et exotiques.
Après avoir parcouru l'Orangerie, on peut gagner la digue du canal de l'ill au Hhin, que l'on traverse sur un pont tournant, et suivre le canal jusqu'à la grande écluse du petit Rhin, au moins jusqu'au grand Rhin.
Là se trouve une cabane de douaniers, avec des bancs rusliques, d'où l'on jouit d'une vue magnifique sur le fleuve et sur la Forêt-Noire.
Les environs de Strasbourg offrent encore d'autres promenades agréables, bien que moins intéressantes que celles que nous venons de décrire. Nous indiquerons comme buts d'excursions, outre le pont de Kehl ( V. ci-dessous) , — la chaussée conduisant (par la porte de Pierre) à Schiltigheim (3770 hab.), à Bischneim (3400 hab.), et à Hœnheim (1389 hab.), trois jolis villages qui se touchent. Sur la route on aperçoit une ferme isolée, où Voltaire, dégoûté de Berlin et de Frédéric de Prusse, se retira de 1753 à 1754, pour écrire les Annales de Vempire;
— Vhippodromey que l'on rencontre à g. sur la route de Strasbourg à Kehl;
— le polygone (par la porte d'Austerlitz) d'où l'on peut poursuivre jusqu'au Nmhof et à la Gantzau , villages dépendant de la banlieue de Strasbourg, dansie voisinage de belles forêts qui s'étendent jusqu'au Rhin; —et enfin, en sortant par la porte Nationale , la Montagne Verte et, plus loin (5 kil. de Strasbourg), la colonie agricole d'Ostwald (300 jeunes détenus) située dans un village de 930 hab.
Exoursion * Kehl.
Bien que le trajet de Strasbourg à Kehl appartienne en réalité à la route de Stras-
[Route 1]
bourg à Bade , Kehl étant un but de promenade habitoellement fréquenté par les Strasbourgeois et par les touristes, nous en donnerons ici la description, à titre d'excursion.
On se rend à Kehl, soit par la route de terre, soit par le chemin de fer, que Ton peut prendre à la gare principale ou à la station de la porte d'Austerlitz, à 700 ou 800 mèt. à dr. au delà des fortifications. Par la route de terre, le trajet est de 5 kil. environ ; il est aussi de 5 kil. par le chemin de fer, à partir de la gare d'Austerlitz, et de 12 kil. à partir de la gare principale, en raison du détour considérable que fait la voie ferrée en contournant Strasbourg de 10. à TE. par le S.
Par la route de terre. — Sortant de Strasbourg par la porte d'Austerlitz, on rencontre bientôt et on laisse à dr. un chemin qui se rattache à la route de Bâle par Neufbrisach et au chemin du Polygone et du Neuhof.
Après 1/2 h. de marche environ, immédiatement au delà d'un pont qui franchit le Petit Rhin et par lequel on pénètre dans l'Ile des Épis, on rencontre à dr.,au milieu d'un bouquet d'arbres, le Monument consacré à la mémoire du général Desaix. C'est un mausolée de forme carrée, portant l'inscription suivante gravée sur une table de marbre noir, qui en orne la base : Au général Desaix l'armée du Rhin, 1801.
Ce monument, exécuté par Ohmacht, porte sur la face principale le busle du général et deux figures emblématiques. Les trois autres faces représentent, en bas-relief: le Passage du Rhin, la Défaite de Mourad-Bey en Egypte, et la Mort de Desaix à Mareogo. Quand on a traversé l'Ile des Épis (20 min. de marche) on atteint la rive g. du Rhin et l'ancien pont de bateaux conduisant à Kehl, qui est situé sur la rive dr.
Par le chemin de fer. — Le chemin de fer de Strasbourg à Kehl a été inauguré le 6 avril 1861. 11 décrit une courbe immense autour de la ville , car il emprunte la ligne de Paris sur 911 mèt., puis il se rac-
corde par un embranchement de 778 mèt. à celle de Bâle qu'il suit pendant 2011 mèt. jusqu'à Kaenigshofen. Au delà de ce village, il s'en détache, traverse successivement l'iU et le canal du Rhône au Rhin, et se rapproche des murs de la ville. On passe devant le cimetière de Saint- Urbain après s'être arrêté (7 kil.) à la station de la porte d'Austerlitz.
Après avoir franchi ensuite le petit Rhin, en amont de la route de terre, on aperçoit à dr., dans l'île des Épis, le monument du général Desaix (F.
ci-dessus).
A peine a-t-on dépassé ce monument, que l'on aperçoit le pont fixe du Rhin. Ce pont, destiné à relier le chemin de fer français à celui du grand-duché de Bade, a été commencé en 1858 et terminé le 6 avril 1861. Sa longueur, entre culées, est de 245 mèt. Il a deux voies et porte de chaque côté des passerelles, pour les gens de service, de 1 mèt. 50 de largeur. Il se compose d'une partie fixe et de deux travées mobiles aux extrémités. La partie fixe est un pont à treillis en fer, qui porte trois travées égales, de 56 mèt. chacune. La largeur des passes navigables entre les piles est de 26 mèt. Les travées mobiles, formées de poutres en tôle pleine, sont des ponts tournants, dont le pivot repose sur des culées en maçonnerie , et qui permettent d'interrompre, quand on le veut, la circulation sur le pont. C'est la prudence cauteleuse des diplomates allemands qui a exigé cette disposition.
La méthode qui a été employée pour construire ce pont, est le perfectionnement du système de M. Hughes, d'après lequel ont été contruits, en 1851, le pont de Rochester ; et en France, celui du Rhône, sur le chemin de Lyon, et celui de Moulins, sur l'Allier.
En traversant le Rhin, on laisse à dr. l'ancien pont de bateaux qui relie Strasbourg à Kehl.
Sur la rive dr. ou badoise du Rhin,