ROUTE 6] FÉCAMP. — ABBAYE. — BIBLIOTHÈQUE
verrière* et revêtue de boiseries qui servaient jadis de clôture au chœur; ces boiseries consistent en panneaux de chêne habilement fouillés, et sur l’un desquels est sculpté un Christvoilé qui ne mérite pas entièrement sa renommée. La crypte, qui règne sous cette chapelle, ancien chartrier, sert de vestiaire aux chantres. La porte est ornée de débris du jubé.
A la suite de ces chapelles viennent celles : de Saint-Pierre (xi* s. ; balustrade de la Renaissance) ; — de Saint-Nicolas (xc s. ; piscines du xnr et du xvii* s. ; pierre tombale sculptée); — de Saint-Michel (xn* s.); — de Sainte-Marie-Madeleine (xn* s.), et celle qui sert de vestiaire aux enfants de chœur.
La chapelle du calvaire qui occupe le transsept N. (xn* s.) possédait autrefois un beau groupe « remplacé, dit M. l’abbé Cochet, par une montagne factice, sur laquelle est un crucifix et au-dessous le tombeau du Sauveur. » On voit dans ce transsept une horloge assez grossière, construite en 1667, indiquant l’heure, les phases de la lune, l’heure des marées, etc. Le tes côté droit renferme quelques tombeaux dont les sculptures ont beaucoup soufTert. Signalons aussi, outre l’orgue (1585) provenant de Montivilliers et considérablement augmenté en 1802, une sonnerie, belle encore quoiqu’elle ne soit plus qu’un débris de celle qui existait avant la Révolution.
« La musique de l’abbaye de Fécamp était célèbre, a dit M. Joachim Michel que nous sommes toujours heureux de pouvoir citer. Elle n’a pas fait école, car les échos de la vallée ne répètent plus que les notes aigres du cornet à piston. La paroisse est fort orgueilleuse de ses cloches qui pour un rien se mettent en branle. Fécamp est certainement l’île la plus sonnante qui existe en terre ferme, depuis le Havre jusqu'à Dieppe. Si frère Jean des Enlommeures , qui disait ses heures « à
l’usage de Fécan, à trois pseaulmes et trois leçons, ou rien du tout qui ne veut, » revenait au moude,il trouverait l’office bien long. »
L’église Saint-Étienne, construite au xvte s. et restée inachevée, ne peut guère offrir aux visiteurs qu’un portail latéral assez élégant, mais dont le tympam est malheureusement mutilé. La façade principale vient d’être reconstruite sans goût et sans style.
Les restes de l’abbaye, achetés par la ville et restaurés par ses soins, contiennent les bureaux de la mairie, les bureaux du télégraphe, le prétoire de la justice de paix, une école de garçons, une salle d’asile et la bibliothèque qui possède près de 10000 volumes et des collections curieuses. Les étrangers sont admis à visiter la bibliothèque tous les jours de la semaine, mais les habitants, à en croire le bibliothécaire, n’en usent qu’avec une extrême discrétion. Je dois les renseignements suivants à la complaisance de M. Joachim Michel, bibliothécaire. Fécamp possédait quelques livres obtenus par l’entremise de M. Vitet, député de la circonscription, lorsque en 1847. un anonyme offrit, par l’intermédiaire de M. Sil— vestre, un assez grand nombre d’ouvrages que l’on s’empressa d’accepter. D’autres personnes imitèrent son exemple; le gouvernement apporta son contingent et la ville fit quelques acquisitions. On installa le tout, en 1862, dans une vaste salle de l'hôtel de ville dont la boiserie en sapin du nord est exécutée d’une façon remarquable et on paraît disposé à décorer une autre vaste pièce dont l’usage n’est pas bien déterminé, à placer des tables de lecture qui manquent encore, etc.
Parmi les curiosités de la bibliothèque (10000 volumes environ) nous signalerons une belle collection de journaux et de pièces publiés pendant la période révolutionnaire (M. Joachim Michel s’occupe de rédiger, pour
DE PARIS A FÉGAMP.
le faire imprimer, le catalogue de cette partie curieuse de sa bibliothèque) , et plusieurs ouvrages intéressants des xvi*, xvu' et xvm* siècles.
A dr. du chemin de fer, dans une rue qui traverse l’extrémité N. E. de la ville, la Fontaine dite du Précieux sang, jaillità l’endroit même où l’on suppose que les flots de la mer déposèrent le tronc de figuier qui contenait la divine relique (v. p. 126), « Comme à Saint- Denis-d’Héricourt , comme à Rolleville, on plonge dans l’eau glacée de cette source de malheureux enfants rachitiques ou affligés de l’une de ces éruptions si fréquentes pendant les premières années de la vie. Quoique ce vestige des superstitions druidiques entraîne de graves accidents, il reste, malgré tout, enraciné dans l’esprit d’un grand nombre de personnes.»
L’hospice, fondé au xx* s., est desservi depuis 1 723 par des religieuses bénédictines. Les bâtiments actuels, modernes, ont donné lieu à des plaintes sérieuses.
Les jardins de MM. Louvel et Grout méritent d’être signalés aux amateurs.
De nombreuses antiquités romaines, telles que : monnaies, médailles, incinérations des trois premiers siècles de notre ère, ont été trouvéesdans les environs de Fécamp.
On a découvert aussi, en 1852, un cimetière gallo-romain, situé à l’extrémité de la Queue-du- Renard, sur la pente du vallon sauvage qui longe la route du Havre à Dieppe Dans un étroit espace de 30 mèt- de longueur sur 12 de largeur, on a compté jusqu’à 97 sépultures qui ont fourni 267 vases en terre et en verre (u* et ni* siècles). — En 1861, une triple couche de cercueils en moellon a été également découverte près de la ville.
Le* balai de mer.
L’établissement des bains de mer, situé à l’extrémité d’une interminable rue, à 1 kil. environ du centre de la ville, s’élève, dans de
grandes proportions, sur une belle plage de cailloux roulés; il se compose de deux groupes de bâtiments affectés au logement des baigneurs et au Casino où se trouvent réunis des salles de bal , de spectacle et de concert, des salons de lecture, de jeux, de conversation, un salon pour les dames, etc. Les vastes pièces du Casino sont reliées entre elles par une galerie couverte d’où la vue s’étend au loin. A l’établissement est attenant un vaste hôtel avec deux entrées, Tune au N. et l’autre au S.
Sur le versant de la falaise, au pied de laquelle sont assises toutes ces constructions, ont été bâtis 7 ou 8 jolis chalets d’où la vue domine au loin la mer et auxquels il ne manque qu’un peu d’ombrage. Ces chalets appartiennent à l’établissement qui les loue aux baigneurs. De la terrasse, qui règne devant le Casino, on descend à la plage où s’élèvent les cabines.
Trois places sont désignées aux baigneurs : celle du côté S. est réservée aux dames; celle du côté N.
aux hommes ; et celle du milieu aux dames et aux hommes qui désirent se baigner ensemble.
Des concerts ont lieu au Casino le jour et le soir. Il s’y donne aussi des représentations dramatiques composées d’opéras -comiques, d’opérettes, de comédies, de vaudevilles, etc. Le jeudi à 2 h., bal d'enfants -, le samedi, grand bal. Concert tous les jours de 3 à 5 h. par l’orchestre du Casino.
Entrée du Casino et des ardins pour les personnes non abonnées :
par personne dans la journée
et le soir » fr. 25 c.
par personne les dimanches
et fêtes » 50
par personne aux soirées dansantes, bals d’enfants et
concerts du soir, 1 »
prix d’entrée au grand bal du
samedi 3 »
L’entrée est gratuite pour les enfants au-dessous de huit ans, accompagnés de leurs parents.
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