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RÈGLEMENT DES BAINS DE MER

L’établissement est ouvert tous les jours, de 6 h. du matin à 7 h. du soir.

On ne peut prendre des bains à la lame que lorsque le pavillon, avec le mot Casino, est hissé au haut du grand mât, situé à l’entrée des bains.

Quand le vent ou l’agitation de la mer donnent des craintes pour les baigneurs, le pavillon est amené, et les baigneurs qui se trouvent dans l’eau doivent en sortir immédiatement, ou bien ils ne sont plus sous la surveillance des guides-baigneurs.

L’établissement possède, en outre, des bains chauds, des douches, une salle de respiration à l’eau de mer pulvérisée, un gymnase, un tir au pistolet et à la carabine.

L’établissement des bains Morillon, situé un peu au N. du grand établissement et non loin de la Porte du Pèrrey , appartient à un maître baigneur très-expérimenté, et reste ouvert aussi longtemps que le grand établissement.

Un établissement de bains chauds, d’eau douce ou d’eau salée, dit bains Yauchel, est situé dans la rue du Petit-Moulin et reste ouvert toute l'année.

Promenades et excursions.

La chapelle de Notre-Dame du Salut, but de pèlerinage très-fréquenté, fut construite au xji's., au N. O. de la ville et au sommet d’une falaise qui a plus de 100 mèt. d’altitude.

On y monte par un sentier escarpé, difficile, que les pèlerins gravissent quelquefois en se traînant sur les genoux. Souvent remaniée, elle a servi pendant longtemps d’amer aux marins. Elle est encore aujourd’hui visitée par un grand nombre de pèlerins, surtout le 25 mars et le mardi, qui suit la fête de la Trinité.

A l’O. de la chapelle se voit un beau phare à feu fixe et de premier ordre, inauguré en 1836. Il a 130 mèt. au-dessus du niveau de la mer (sommet de la lanterne) ; il correspond avec les phares d’Ailly et de la Hève; et, lorsque le temps est parfaitement clair, on aperçoit sa lumière à une distance de 18 milles.

Un sémaphore a été bâti à peu de distance du phare.

C’est sur cette hauteur que Villars fit construire, en 1589, le fort de Notre-Dame-de-Bourg-Baudouin, dont Bois-Rosé s’empara par un coup de main d’une audace inouïe. « Une nuit, dit M. Charles Richard ( Villes de France), profitant des courts instants où les flots s’éloignent de la falaise, Bois-Rosé fit gravir, par cinquante braves dévoués, une échelle de corde que deux soldats de la garnison, qu’il avait gagnés, avaient suspendue sur l’abîme. Les assaillants montent, et lui-même marche derrière eux afin de leur ôter tout espoir de retraite. Cependant le sergent qui est à la tète, hésite et s’arrête, saisi de vertige. Bois-Rosé s’élance, escalade les cinquante hommes qui sont devant lui, arrive au sergent, et, le poignard sur la gorge, l’oblige

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FR. NORMANDIE

DE PARIS A FÉCAMP

à continuer sa périlleuse ascension.

Enfin ils arrivent et surprennent la garnison (1592). »

Cette falaise est très-curieuse, mais d’un accès difficile. On ne peut la visiter qu’aux heures où la mer se retire assez pour que l’on franchisse à peu près à pied sec le passage situé à la base de la partie saillante du heurt de Fécamp. Les vagues l’ont creusée en certaines parties et y ont formé des grottes ou des excavations ornées des sculptures les plus fantastiques. Presque tous les étrangers vont visiter le Trou-au-Chien, espèce de caverne creusée par les flots et dont la lourde voûte repose sur des piliers courts et massifs. On remarque aussi, le long 'des falaises, deux autres curiosités naturelles connues sous le nom de Porte-au-Roi et de Porle-àla-Reine; la première forme une espèce de nef et la seconde une arcade élevée. Entre ces portes l’isolement est complet ; il ne faut pas s’y laisser surprendre par la marée. Si l’on avait le temps, on pourrait aller romonter sur la falaise par la va lieuse de Scnneville, moins curieuse que les valleuses d’Étretat (1 h. env. de la jetée du N.).

Entre Yport et Fécamp (2 kil. de Fécamp, 3 kil. d’Yport) jaillissent les belles sources de Grainval. On peut aller les visiter, soit d’Yport, soit de Fécamp, en suivant le bord de la mer. Ces sources, s’échappant du sein de rochers tapissés de plantes marines et que les flots couvrent deux fois par jour, « creusent le roc de cent manières, dit M. Joachim Michel, se précipitent en petites cascades , forment de longs chapelets de gouttelettes s’irisant au soleil et se teignant des couleurs de l’arc-en-ciel, glissent et babillent sur le roc, sur le galet, sur- des mousses et des lichens aux couleurs sombres. C’est un spectacle vraiment féerique, que rendent plus gracieux encore les masses imposantes qui le dominent.

>• Dans les hivers rigoureux, les

eaux, se congelant, étalent sur le flanc des roches d’immenses miroirs de glace, sculptent les ornements les plus bizarres, ou bâtissent de gracieuses colonnades qu’un souffle de la brise du sud abat en un instant.

« Les eaux des fontaines de Grainval sont chargées de principes calcaires; mais elles ne possèdent pas au môme degré des propriétés incrustantes : la première, lorsque l’on quitte Yport, est la plus remarquable à ce titre. L’eau, se divisant en minces filets, s’évapore promptement et dépose sur les mousses ténues un sédiment qui les recouvre en entier tout en laissant voir les plus délicates ramifications de ces plantes finement dentelées.

« La spéculation s’est d’abord emparée de l’une de ces sources, qui coule dans un canal, sous un tunnel percé dans la craie marneuse, et vient alimenter les fontaines do Fécamp. Deux autres fontaines .vont bientôt cesser de jaillir sur les galets et prennent docilement la même route : il faut se hâter si on veut les voir avant qu’elles aient abandonné complètement le cours qu’elles se sont frayé depuis des siècles. »

On peut, en remontant le vallon do Grainval, aller rejoindre sur le plateau, à 3 kil. de Fécamp, la route d’Étretat à Fécamp (R. 5).

La vallée de Ganzeville, dominée à g. par une sorte de promontoire qui porte le nom de Canada et sur lequel il y eut autrefois , dit-on, un camp romain, dont il reste encore une levée assez haute du côté de l’E., offre une agréable promenade jusqu’au village de Ganzeville (466 hab.), situé sur la rivière du môme nom. « Le château de Ganzeville a été reconstruit au xvii* s.; les débris d’une tour sont tout ce qui reste des anciennes constructions. »

La rivière de Ganzeville, qui prenait autrefois sa source à Daübeuf , jaillit aujourd’hui, à 4 kil. en deçà, au-dessous des fondations de l’église

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