ROUTE 10] SAINT- VALERY
rection de la mer, on trouve bientôt un petit chemin frayé par les douaniers et montant sur la falaise où se voient les ruines de l’ancienne chapelle Saint-Léger, dont il ne subsiste plus guère que le clocher carré, en grès. Les quatre piliers et les ogives de ce clocher supportent une flèche d’ardoises, entretenue par l’Etat, parce qu’elle sert d’amer aux pêcheurs. « On y porte, dit M. l’abbé Cochet, les enfants tardifs à marcher ; on leur fait faire cinq fois le tour des ruines, afin qu’ils aient le pas léger. »
D’un côté, on domine la mer, de l’autre, on aperçoit le petit hameau de Saint-Léger, à demi caché par un bouquet d’arbres, et formant aujourd’hui un faubourg de Saint-Valéry.
On descend à Saint-Léger par un petit sentier tracé à travers champs ou par un chemin carrossable qui passe au pied des ruines.
Bois d’Étennemare. — Cette promenade, que l’on peut faire en 1 h. 1/2, est très-fréquentée par les baigneurs.
Quand on a atteint, dans le Vieux Saint-Valéry, le carrefour de la Croix, il faut prendre la route de dr. Après l’avoir suivie pendant 5 minutes environ, on prend à g. un petit sentier qui serpente à travers les herbages et l’on découvre bientôt un délicieux point de vue. Le bois d’Étennemare, dont le propriétaire abandonne gracieusement la jouissance aux baigneurs, est la promenade favorite des enfants et des personnes délicates qui vont y respirer l’air fortifiant des sapins. Au N. du bois est une ferme où l’on trouve d’excellent lait.
Manneville-ès-Plains (4 kil. de Saint-Valéry, 20 min., soit par la Retenue, soit par la route de Dieppe).
— Derrière la vieille église s’ouvre un pet#t chemin pittoresque conduisant à Manneville, v. de 559 hab., bâti sur l’étroit plateau qui sépare le ruisseau de Veules du vallon do Saint-Valéry. L’église, toute moderne, a été ornée presque entièrement par Napoléon III; on remarque à l’inté-
— EXCURSIONS
rieur un tableau représentant saint Valéry, et un joli chemin de croix, Le nom de Napoléon III est gravé en lettres d’or au bas de l’horloge et de chaque tableau du chemin de croit.
A côté de l’église, se volt Uh joli petit château du xvi* s. , d’un aspect original, avec ses murs crénelés êt ses tourelles presque microscopiques.
Les murs sont littéralement couverts d’inscriptions bizarres. On lit, sut* l’un des côtés, la chronologie deS ducs de Normandie. Le jardin dü château possède une cascade en miniature et une belle collection de fleurs. — Pour revenir à Saint-Valéry, on peut prendre un petit chemin ombragé qui mène sur la falaise, d’où l’oh descend au port par un petit sentier.
Calvaire d'Ingouville. — Pour aller aU calvaire d’Ingouville (5 kil.
de Saint-Valéry), il faut suivre la route du Havre jusqu’à la hauteur de Saint-Sylvain, Là, on trouve, à g., une route qui conduit au calvaire môme. Ce calvaire, récemment élevé, est isolé dans les champs et ombrage par un bouquet d’arbres. On y découvre une très-belle vue.
Enfin, de Saint-Valéry on peut aller visiter Veules (R. 11), Vculettes (R. 10) , Caùy et Valmont (R. 8), Fécamp (R. 6), Yport (R. 7), Etretat (R. 4) et Dieppe (R. 12 et 13).
DE PARIS A VEULETTES.
309 kil. — Chemin de fer de Paris à Yvetot
il 78 kil.). — Route de voitures d’Yvetot Veulettes (31 kil.), — Voit, de corresp. ; 1 départ par jour, prix unique, 2 fr. 50 c,
178 kil. de Paris à Yvetot (R. 1 et 2). La route parcourt une vaste plaine couverte de hameaux entourés de bouquets d’arbres.
182 kil. Autretot, v. de 884 hab., où l’église et le temple protestant se
touchent pour ainsi dire. On aperçoit ensuite à g. Roquefort, v. de 651 hab., dans les environs duquel se trouvent une motte fortifiée, sur le haut d’une colline, et un tumulus, dans un petit vallon. Le cimetière de l’église paroissiale contient une chapelle funéraire dans le style du xv' s.; sous l’arcade est une Mater dolorosa sculptée en grand relief. La table de pierre, qui sert d’autel, est revêtue de panneaux décorés dans le style du xve s. Le château de Roquefort, qui date des premières années du règne de Louis XV , est entouré d’arbres admirables et de magnifiques jardins.
M. le marquis Lever y a ajouté une galerie dans laquelle il a créé une fort belle bibliothèque. Sur la dr., se montre Hautot-Saint-Sulpice (1308 hab.), v. dont la flèche pointue se dresse au milieu d’un épais massif de verdure. On entrevoit plus loin le château de Beaucol ou Bocs-Caule, à demi caché par d’épaisses futaies. A l’extrémité de l’une des avenues de ce château, près de la route, s’élève la chapelle rustique de Saint-Gilles, rebâtie en 1766. Ce saint, dont le patronage est en grand crédit pour les maux de nerfs, est placé sur l’autel avec sa biche. Les murs de la chapelle sont couverts d’herbe. A peu de distance se voit un vieux puits. La tradition prétend que cette chapelle occupe l’emplacement de l’ancienne maladrerie d’Héricourt.
Au delà de la chapelle de Saint- Gilles, la route descend, en pente douce, dans la vallée de la Durdent.
Au bas de la côte, on franchit, sur un petit pont, la rivière de la Durdent, qui prend naissance au pied des collines voisines, et que forment les eaux réunies de plusieurs sources.
188 kil. Saint-Denis-d’Héricourt (hôt. Saint-Denis, tenu par Grenet), v. de 1075 hab., très-agréablement situé et formant, depuis sa réunion à Saint-Riquier, un petit bourg dont les maisons, assez propres du reste, sont dominées par l'église récemment
VEULETTES. [ROUTE 10]
construite (1858) dans le style roman, sur un plateau élevé. Cette église, dont la façade pourrait offrir un aspect plus satisfaisant, comprend à l’intérieur : une nef, deux bas-côtés , deux transsepts, un joli chœur avec abside et deux chapelles ; on y a conservé la contre-table où reposent les châsses des saints Denis et Mellon, et, dans la nef, un vieux baptistère en pierre du xvc s. Derrière l’église se voit un monument gothique élevé à la mémoire d’un membre de la famille de Beauvoir qui habite actuellement le château de Beaucol.— Mentionnons aussi une cave ogivale découverte, il y a douze ans, dans une des vieilles maisons d'Héricourt.
Sur le territoire de l’ancienne commune de Saint-Riquier, dont l’église possède une crypte ogivale taillée dans le roc, se trouvent les ruines du manoir de Grêaume, et une motte circulaire assez intéressante. Ce territoire, du reste, offre des vestiges de toutes les époques, tels que débris de murailles, médailles, poteries, tuiles, meules à broyer, sépultures franques, fibules de bronze, agrafes de cuivre étamé, etc. Deux petits cours d’eau, qui prennent naissance à peu de distance, se réunissent pour former la Durdent, à la sortie de Saint-Denisd’IIéricourt. Près de la route, au milieu des peupliers, est une fontaine entourée de débris de maçonnerie ; on y fait, tous les ans, une procession le lundi de Pâques; car, selon la tradition, ce fut le premier baptistère dont se servit saint Mellon pour ses nouveaux néophytes. Aussi, des parents y plongent-ils, dans l’eau glacée, leurs enfants atteints de maladies cutanées; cette immersion imprudente, condamnée par Mgr de Bonnechose, aggrave toujours leur maladie.
De bonnes routes conduisent de Saint- Denis-d’Héricourt à (10 kil. 300 mèt.)Fauville (R. 41) et à (6 kil.) Doudeville(R.U).
La route, au delà de Saint-Denisd’Héricourl, longe le versant oriental
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