ROUTE 13] SAINT- VICTOR
avoir croisé le chemin de fer de Rouen à Dieppe et Franchi la Scie, s’élève sur les coteaux qui ferment la vallée à l’O. et atteint 165 mèt.
5 kil. Tôtes , ch.-l. de cant. de 811 hah., desservi aussi par la route de poste de Rouen à Dieppe, possède un beau château moderne agréablement situé. — On laisse à dr. Saint-Vaastdu-Val (595 hab.) et Bellevillc-en- Vaux (442 hab.).
13 kil. Anglesqueville , v. de 451 hab., situé dans la vallée de la Saâne. Une route, qui descend la vallée de la Saâne, relie Anglesqueville à (7 kil.
env.) Saâne-Sainl-Just, et (11 kil.) Saint-Laurent-en-Caux (R. 11).
De Saint-Victor à Neufchâtel par le che- .min de fer, R. 33, et par Saint-Satins, R. 34.
Tout près de la station de Saint- Victor, les regards sont attirés à g.
par le petit clocher de l’église de Saint- Marlou de Folleville (685 hab.).
Cette église, assise sur le penchant d’une colline, renferme quelques bons tableaux, une chaire élégante et un joli banc seigneurial, souvenirs des do Giffart de la Pierre, dont on aperçoit le vieux manoir de brique rouge sur la colline opposée. La Scie, qui prend sa source à 200 mèt. de l’église, donne son nom à la charmante vallée que descend le chemin de fer jusqu’à Dieppe, La voie ferrée, après avoir traversé la rivière de la Scie, côtoie à g. Vassonville, v. de 360 hab., dont l’église (xvie s.) renferme le tombeau de l’abbé Fontaine, ancien curé de la paroisse , moM en 1775, membre de l’Académie de Rouen, et spirituel traducteur des Odes d'Horace. On laisse ensuite à g.
le moulin d’Arbalète, et, tout près d’Auffay, à Saint-Denis (521 hab.), le château moderne de M. de Quatrebarbes. .
175 kil. AufFay, v. de 1371 hab., sur la Scie, possède des tanneries et des filatures renommées ; une raffinerie de sucre y a été construite
TÔTES. — AUFFAY.
en 1853. L'église , ancienne collégiale, située à dr. au delà de la station , offre des spécimens de tous les styles du xi* au xvm* s. Le clocher, qui surmonte les transsepts, bâti en pierres tuffeuses, est couronné par une flèche hardie et gracieuse qui attire de loin les regards. La nef (fin du xin* s.), voûtée en 1858 et 1859, est remarquable par son élévation. Dans la chapelle de la Vierge (xiv* siècle) , se voit une fenêtre à cinq compartiments surmontés de cinq belles roses. On signale aussi : les panneaux qui tapissent les murs de la chapelle de Notre-Dame-de-Pitié (xvi0 s.) ; les belles fenêtres du chœur ; les boiseries de l’autel et quelques vitraux anciens représentant des scènes de la Passion. L’horloge (xvu* s.), restaurée en 1701, est accompagnée de deux statuettes représentant deux paysans qui fument leur pipe et frappent alternativement sur la cloche des heures. Ces deux personnages, très-populaires dans le pays, sont appelés Auzou-Bénard et l'aquet-Sivière. Cette église a été, dans ces dernières années, l’objet d’importantes restaurations.
On a découvert en juillet 1861, en pratiquant des travaux de déblais et de terrassements au N. de l’église, pour la construction d’une sacristie, les restes d'une construction du xme s., qui fut probablementle cloître d’une abbaye. On a recueilli : une série de carreaux émaillés; des débris de sépultures chrétiennes de toutes les époques ; une belle dalle recouverte d’ornements gravés en creux et représentant deux bourgeois d'Auffay (xive s.) avec inscriptioh (elle a été encastrée dansl'église d’Auffay). Une autre découverte remarquable, faite en 1863, est celle d’un sceau de cuivre du xiii* s., sur lequel est représentée une femme tenartt une palme dans sa main.
Un élégant pavillon a été récemment construit sur l’emplacement du donjon de l’ancien château d'Auffay.
DE PARIS A DIEPPE
dont il ne subsiste plus que les fossés à demi comblés.
la voie ferrée laisse à dr., au milieu de belles avenues de tilleuls , le château de M. des Guerrots, auteur de fables gracieuses; puis à g. le village d’Heugleville (808 hab.) et le château de M. de Saint-Victor, à demi caché par une belle plantation de sapins.
Elle franchit ensuite plusieurs fois la Scie, qui fait de nombreux détours ; au milieu des belles futaies qui tapissent les versants de la vallée, on entrevoit à dr. le clocher de Notre- Dame-du-Parc (161 hab.). On traverse — au delà du château de Montigny, qu'onne voit pas àdr., sur leplateau, — Saint-Crespin (194 hab.) où ont été découvertes, il y a quelques années, plusieurs sépultures anciennes, et dont l’humble chapelle est entourée de verdure. De ce point, on aperçoit très-bien les ruines imposantes du château de Longueville.
184 kil. Longueville (hôtel de l'Écu de France, propre), v. de 742 hab., qui avait déjà le titre de comté sous Guillaume le Conquérant. La rivière de la Scie, sur laquelle il est situé, forme, en cet endroit, une vallée étroite. Le bourg, ainsi resserré entre deux collines très-rapprochées, ne pouvait s’étendre que du midi au nord, le long de la rivière, et c’est, sans doute , ce qui lui a fait donner son nom de Longueville.
Vers le commencement du xtv' s., Longueville formait un comté qui fut donné (1364) par Charles V à Duguesclin, en récompense de ses services.
Ce domaine appartint ensuite aux Montmorency-Laval, puis à Jean, bâtard d’Orléans, comte de Dunois.
Sous le règne de Louis XII, le comté de Longueville fut uni à la baronnie d’Auffay pour former un duché qui fit retour à la couronne en 1694, après avoir été habité pendant quelques années par la duchesse de Longueville, sœur du grand Condé. L’héroïne de la Fronde, Mme de Longueville, quand ses frères et son mari eurent
été emprisonnés, se retira du monde, habitant tantôt Port - Royal - des - Champs et tantôt le couvent des Carmélites, du faubourg Saint-Jacques, où elle mourut en 1679.
« Il n’y a pas vingt ans, écrivait M. Vitet, en 1832, le château de Longueville pouvait passer pour le rival du château d’Arques : son enceinte, il est vrai , était encore plus dégradée ; mais je me souviens du bel effet que produisait une énorme tour déchirée par de profondes crevasses, debout au milieu des débris écroulés autour d’elle, et dominant avec majesté, du haut de ses grands fossés, toute l’étendue du vallon. Moins heureuses que celles du château d’Arues, ces ruines sont tombées dans es mains profanes qui les ont rasées, jusqu’au sol; la belle tour a été transportée, pièce à pièce, dans la vallée et convertie en granges et en moulins.
a La fondation de cc château, digne d’un meilleur sort, remontait, comme celle du château d’Arques, au xx* s., et il était construit à peu près dans le même système de maçonnerie et d’architecture. Son fondateur fut un des compagnons de Guillaume le Conquérant, Gautier Giflard, lequel reçut pour sa part du butin le comté de Buckingham, et devint ainsi, dans les deux pays, le premier du nom des deux illustres maisons. »
Les statues de Dunois et de Duguesclin sont, pendant longtemps, restées debout à l’entrée du château de Longueville, dont il ne subsiste plus aujourd’hui qu’une enceinte de murailles. « Çà et là, dit M. l’abbé Cochet, on remarque des parties en tuf du xie s. , mais la majeure partie de l’appareil est en grès du xxv* s., en briques du xv* et en silex de tous les temps » Un an avant sa mort (1847), Chateaubriand visitait les ruines du château de Longueville.
L'église appartient auxi* et auxvi*s.
Les deux transsepts ont conservé tous les caractères de l’époque romane. Le pignbn, du côté S. , offre un aspect
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[route 13] longueville. -
tout particulier. A l’intérieur, on reconnaît encore les cintres du xi* s., dans le côté N. de la nef. Le pavage de cette église est très-remarquable.
Les pavés faïencés du chœur, du sanctuaire et de la sacristie (xvie s.), représentent alternativement une tête d’homme nue et une tête de femme couverte d’une des coiffures à la mode au xvi' s. Le chœur et la nef offrent plusieurs pierres tombale sprovenant de l’ancienne église prieurale.
Le prieuré de Sainte-Foy, fondé à Longueville, vers la fin du xie s., a été complètement détruit ; la station du chemin de fer occupe une partie de son emplacement. Les débris de l’église, pillée pendant la Révolution, et des bâtiments conventuels, ont servi à construire la plupart des maisons du bourg. « Naguère, dit M. l’abbé Cochet, celui qui eût pris la peine de visiter les maisons de Longueville et d’interroger le seuil des portes, eût trouvé, devant les cafés et les boutiques, des pierres tombales entières ou sciées par morceaux. Devant une pharmacie, j’ai lu ces mots :