ROUTE 13] FONTAINE-LE-BOURG. — CAILLY
de sa mère. « Les proportions sont loin d’offrir une exactitude rigoureuse, dit M. Léon de Duranville {Revue de la Normandie) ; car le Sauveur est bien plus grand que celle qui le tient. Ce petit monument, qui peut avoir environ deux mètres de hauteur , est fort endommagé ; les festons qui entouraient la niche ont disparu; si l’exécution en était fort grossière, il s'était trouvé dans sa composition une pensée tout à la fois pieuse et poétique; l’eau qui servait aux besoins des habitants sortait avec abondance du flanc entr’ouvert du Sauveur : il y avait là certainement un enseignement que l’on devait saisir avec ardeur, dans un siècle où la foi était plus vive qu’elle ne l’est de nos jours. Cette fontaine, dont on ne saurait demander la restauration, mais que toutefois on devrait mettre à l’abri des insultes et du mauvais vouloir, était alimentée par un ruisseau qui porte encore le nom de Fontaine-Nourrice. » Quand on entre dans Fontaine-le-Bourg, par la route de Monville, on aperçoit, tout près de la route, le bâtiment où la justice était jadis rendue par un sénéchal,au nom, des moines de Fécamp; flanqué de tourelles , il offre des ouvertures étroites, entourées de chaînes de pierre. On remarque aussi à Fontaine-le-Bourg un autre bâtiment qui, dans l’opinion des gens du pays, servait autrefois de prison et dont l’étage supérieur renfermait une chapelle (les restes d’un écusson se voient au-dessus de la porte par laquelle on accède à cet étage supérieur).
On quitte, à 500 mèt. de Fontainele-Bourg, la route de Saint-Victor l’Abbave par Bosc-le-Hard et l’on remonte la rive dr. de la rivière.
11 kil. GouviUe,v. de 108 hab., dépendant de la commune de Claville- Motteville.
la kil. Cailly, v. de 397 hab. , situé dans la vallée du Cailly, à peu de distance de la source de la rivière de ce nom , existait déjà dès les premiers siècles de notre ère. à en juger
par les nombreuses découvertes d’antiquités gallo-romaines qui ont été faites dans ses environs (fondations de murailles dont l’une mesurait 200 mèt. de longueur , tombeaux, mosaïques, médailles, etc.). Des ruines pittoresques, assises sur une motte, élevée, se voyaient encore à Cailly vers la fin du siècle dernier. Des arbres ont été plantés sur l’emplacement de cet antique château fort. Les seigneurs de Cailly jouèrent presque tous un rôle important dans les guerres du moyen âge ; Robert Wace en signale un qui se distingua d’une manière toute particulière à la bataille d’Hastings. « La seigneurie de Cailly, dit M. Léon de Duranville, fut érigée en marquisat par lettres du mois de septembre 1 661 , en faveur de Jacques Le Fèvre de Caumartin , conseiller d’Etat, ambassadeur en Suisse. Un Caumartin fit naître dans l’esprit de Voltaire l’idée de la Henriade, à force de lui parler du Béarnais, et l’œuvre aurait été , dit-on , commencée dans son château. » La terre de Cailly appartenait, à la Révolution, à Mme là marquise de Joyeuse qui y entretenait une garde de quarante hommes, vêtus de ses couleurs, et, en tout temps , deux factionnaires à dr. et à g. de la grille de son château. On peut voir encore quelques vestiges des anciennes fortifications de Cailly, notamment un pan de muraille qui ressemble à une gigantesque pierre druidique. — La Cave du Diable, souterrain auquel se rattachent plusieurs légendes, est aujourd’hui murée. — L’église de Cailly, « dont la tour présente des ogives encadrées dans du plein cintre et une statue mutilée, »
n’offre aucun intérêt architectural.
Le village de Saint-André (549 hab.), situé à 4 kil. de Cailly, vers le S., remonte aussi à une haute antiquité ; on y a découvert, en effet, un amphithéâtre romain, de nombreuses médailles à l’effigie de Marc-Aurèle,d’Antonin, de Faustine, de Trajan , etc-, des vestiges d’anciennes const ructions.
DE PARIS A DIEPPE
un hypocauste, des colonnes , des chapiteaux, etc.
Au N. O. de Cailly (3 kil.) se trouve le village d'Esteville (304 hab.) où l’on remarque un château féodal, et sur le chemin duquel se voit un calvaire, portant le nom de l’abbé Masqueray qui fut frappé de mort subite sur la place même où s’élève aujourd’hui ce signe de la Rédemption.
Cailly est à 5 kil. env. du chemin île fer d’Amiens à Rouen (R, 31).
A la station de Monville succède une courte tranchée au sortir de laquelle on domine à dr. la jolie vallée de la Clères, plus petite que celle du Cailly. On laisse à gauche, mais sans les voir, les villages d 'Anceaumeville (415 hab.) et de Mont-Cauvaire (416 hab.). A droite, l’attention est attirée, au sortir d’une tranchée de plus de 280 m. de long, par le vieux château de Clères jadis abandonné, mais que son propriétaire actuel, M. le comte de Béarn a fait restaurer. On montrait autrefois, dans une des chambres de ce château, un lit où Henri IV coucha, dit-on, quelques jours après la bataille d’Arques. Une salle était pavée en, émaux du xvi' s.
161 kil. Clères, chef-lieu de canton de 739 hab., situé à la source du ruisseau de ce nom, au milieu d’une contrée fertile. Dans l’église, rebâtie en 1853, une chapelle du xvi' s., autrefois l’oratoire des châtelains, renferme une collection de vieilles statues; on pourrait, dit M. l’abbé Cochet, faire dans cette chapelle un cours d’iconographie religieuse.
Voit, de corresp. pour (25 kil.) Bosc-le-Hard (R., 33, B).
La voie ferrée traverse la vallée de la Clères sur un remblai de 160 792 mèt. cubes, qui présente une hauteur de 21 mèt. Des aqueducs elliptiques donnent passage aux torrents formés par la pluie ou la fonte des neiges.
Vers le milieu de ce remblai commence une rampe de 10 millimèt.
par mèt. et de 3531 mèt. de longueur, qui se continue jusqu’au plateau de Frichemesnil (285 hab.). La tranchée de Frichemesnil, laplusconsidérable de toute la ligne, mesure 2400 mèt. de longueur et 19 mèt. de profondeur. Au point culminant de la tranchée est une voie dé garage de 400 mèt. de longueur ; le niveau des rails, à ce point, est de 148 mèt.
55 cent, au-dessus du niveau de la mer. Deux ponts mettent en communication les deux versants de cette tranchée , au sortir de laquelle la voie ferrée, laissant à dr.
Etaimpuis (552 hab.j, dont la chapelle fut donnée par les Mortemart à l’abbaye de St-Victor, entre dans là vallée de Cache-Fétu. C’est près d’Êtaimpuis qu’a lieu le raccordement des lignes de Rouen à Amiens et de Rouen à Dieppe (R. 33). Une courte tranchée précède la station de
170 kil. Saint-Victor-1’ Abbaye, v. de 260 hab., situé à dr. (1 kil. environ), sur une hauteur. De l’abbaye de Saint-Victor, fondée par les Mortemart, visitée par Guillaume le Conquérant qui s’y rendit en pèlerinage, illustrée, dit M. l’abbé Cochet, par les abbés Terrisse et Circassis, « les deux plus grandes notabilités de cet humble monastère; » il ne reste plus qu’une jolie salle capitulaire servant de bûcher. Cette salle (xiiic s.) offre de gracieuses colonnes cylindriques, d’une seule pièce, couronnées de jolis chapiteaux et supportant une voûte élégante ; des peintures rouges et bleues formant damier; deux fenêtres en anse de panier remarquables par leur décoration, etc. On voit encore dans une niche, au chevet extérieur de l’église, une statue (xiir ou xivc s.), en pierre coloriée, de Guillaume le Conquérant.
[Voit, de corresp. pour ; (13 kil., 1 fr.) Anglesqueville, par (5 kil.) Tûtes (K. ci-dessous); — (29 kil.) Neufcbûtel (R. 34); — (14kil.)Saint-Saëns (R.34J.1
La route d’Anglesqueville, après