ROUTE 13J DIEPPE. — RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
des voyageurs d'outre -Manche, il faut montrer du doigt l'hôtel du Nord et Victoria. Et vous faut-il un café pendant que nous y sommes? Vous désignerai-je le Café de Rouen dont la place serait marquée au boulevard des Italiens? C’est le Tortoni de Dieppe, comme l’a appelé Charles Coligny : un beau baptême, s’il en fut, et qui a déjà valu à l’heureux filleul fiien des louis d’or.
« Choisissez donc selon vos goûts, ajoutait Éliacim Jourdain, selon votre esprit, selon vos amitiés. Chacun à cet égard vous présente des conditions différentes. Mais U est un point où tous se ressemblent. C’est le bon gite, le bon accueil et l'aménité. »
Appartements meublés. — On trouve des logements à louer dans la plus grande partie des maisons de Dieppe. Les prix varient, est-il besoin de le constater, selon la situation, l’exposition, l’ameublement du logement, iepoque de la saison et l’affluence des baigneurs.
Bains chauds. — Grand établissement, rue de l’Hôtel-de-Ville ; — bains Petit, Grande-Rue, 17.
Poste aux lettres. — Direction, rue Lemoyne, 9 et 11. Lo bureau est ouvert de 7 h. du matin à 7 h. du soir. Les articles d’argent sont reçus et payés de g h. du matin à 6 h. du soir. Les dimanches et jours fériés le bureau est fermé à 3 h. Les étrangers, qui désirent recevoir leur correspondance à domicile, doivent en faire la demande, par lettre, au directeur des postes.
Télégraphie électrique. — Bureaux, rue de l’Écosse, 1, à la gare (ouverts de 7 h. du matin à minuit), et à l’établissement des bains (de 7 h. du matin à 9 h. du soir).
Journaux. — La Vigie de Dieppe, feuille politique et commerciale, paraissant le mardi et le vendredi ; — le Journal des Raigneurs, paraissant le dimanche et le jeudi, pendant la saison des bains seulement; — la Gazette des Bains, paraissant tous les jours pendant la saison des bains; — l'Écho des Campagnes, paraissant tous les dimanches.
Libraires. — A. Marais , Grande- Rue, 41 et43; — Quesncl, Grandc-Rue,76; — Mme Raine illé, Grande-Rue, 52.
Loueurs de voitures. — Boiianfray, rue de l’Épée, 58; — Dupuis, rue Vauquelin, 4; — Giffard, rue de Rouen; — Ütnrion, rue Desmarcts; — Mercier, rue du Chéne-Pcrcé, 9; — Marie, Grande-Rue du Pollet, 15o ; — Richard, rue Des-
marets; — Trocai, rue de la Barre, 45.
— Voitures de remises. — Rue de l’Épée, 8.
Voitures publiques pour : — Abbeville, à 3 h. 30 min. du soir ; — Eu, à 6 h. 10 min. du matin , quai Henri IV, 21; —
— Enverme u, à I h. 45 min. et à 2 h. 45 min. du soir, rue Vauquelin, 4 et Arcades de la Bourse ; — Neufchatel , rue de l’Épée, 58; — Saint-Valery-en-Caiir, à 4 h. du soir, les lundi, mercredi et samedi de chaque semaine, rue de la Barre, 115.
Bateaux a vapeur pour Londres par Newhaven, quai Henri IV; service journalier toute l’année; service double pendant l’été; lr* cl. 25 fr.; 2* cl. 17 fr. 50 c.;
— aller et retour, lre cl. 37 fr. 5o c.; 2e cl. 26 fr. 25 c. — Les billets d’aller et retour sont valables pendant un mois. — S’adresser, quai des Paquebots, 93 et 95.
Situation. — Aspect général.
Dieppe, V. de 20187 hab. , ch.-l.
d’arrond., siège d’une sous-préfecture et d’un tribunal de l” instance, quartier maritime du sous-arrond. du Havre, est située à l’embouchure de la rivière d’Arques, sur la Manche, entre deux rangs de collines crayeuses, qui forment à dr. et à g. de hautes falaises blanches. Les eaux du port la divisent en deux parties : à 10. , Dieppe proprement dite; à l’E. , le faubourg du Pollet, qui communique avec la ville par un pont tournant s’ouvrant à chaque marée pour donner passage aux navires, et dont les habitants sont presque tous marins ou pêcheurs. Un autre faubourg, celui de la Barre, est construit sur les pentes d’une des collines qui dominent Dieppe au S. O.
Dieppe, rebâtie entièrement après le bombardement de 1094, est une ville neuve. Les rues, larges et bien aérées, sont bordées de maisons sans style construites en briques pour la plupart, et ornées de balcons. Elle offre un aspect animé, mais, malgré les louables efforts de l’administration municipale, elle manque trop souvent de propreté, et on y respire parfois des odeurs désagréables. Le beau temps lui est utile pour qu’elle
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DK PARIS A DIEPPE.
puisse plaire, surtout au premier aspect. Du reste, les étrangers y vivent presque constamment sur la plage et à l’établissement des bains.
Direction.
Rien de plus facile pour un touriste qui veut visiter Dieppe un peu à la hâte que de s’y orienter. Au sortir du débarcadère, il suivra le quai Duquesne, puis le quai Henri IV, pour gagner la jetée de l’ouest, d’où il reviendra par la plage à l’établissement des bains. De l’établissement il montera par le château (on peut le traverser) sur la falaise d’où il découvrira une belle vue d’ensemble. En redescendant au port, il entrera dans l’église Saint-Jacques, le seul monument vraiment digne d’une visite.
N. B. Les touristes qui n’accorderont qu’une seule journée à Dieppe ne devront pas manquer d’aller au château et à la forêt d’Arques ou au phare d’Ailly ( V. ci-dessous : Excursions aux environs de Dieppe).
Histoire.
Si Dieppe n’est point la Juliobona des anciens, ni aucune autre cité de la Table Théodosienne, le sol qui l'avoisine (les débris antiques que l'on y trouve en abondance, l'attestent suffisamment) n’en a pas moins été couvert d’établissements considérables, et la civilisation romaine, dit l'auteur de l'histoire de Dieppe ( Villes de France), a régné sur ce rivage. Les Barbares détruisirent probablement ces établissements; tout ce qu'on sait ensuite c'est que, dès l’année 1030 (une charte en fait foi), il y avait non-seulement un bourg, mais un port du nom de Dieppe. Suivant la tradition, Charlemagne, voulant protéger la baie du Mont-de-Caux, contre les tentatives hardies des aventuriers du Nord, avait fait construire, sur ce point, un château, vers 780, et ceindre de murailles un groupe assez nombreux d’habitations de pêcheurs, connu d’abord sous le nom de Berthecille. Telle aurait été l'origine de Dieppe dont les premiers accroissements sont peu connus.
Vers l'an 1195, Philippe Auguste, dans se» querelles contre Richard Cœur de Lion, fondit sur Dieppe, à l'improviste, la sacca-
gea, emmena les habitants en captivité et brûla leurs vaisseaux. Un siècle après, Dieppe, qui s’était relevée de ses cendres, passa, avec la Normandie, sous la domination de la France. Elle perdit à ce changement, car son port ne servit plus de trait d’union entre la Normandie et l'Angleterre. Philippe de Valois, ayant besoin de marins pour accomplir ses projets d’invasion en Angleterre, recruta une partie de sa flotte dans le port de Dieppe même. Au retour de l'audacieuse mais heureuse entreprise qui fut dirigée sur Southampton, les Dieppois eurent une bonne part du butin ; en outre, des lettres patentes supprimèrent, en leur faveur, le droit de gabelle et leur accordèrent un grand nombre d’exemptions fiscales. La ville, fortifiée à dater de cette époque, prit un accroissement considérable. De marins cêtiers, les Dieppois devinrent tout à coup navigateurs de long cours, grâce aux immunités que leur accorda Charles V. On vit, en effet, en 1364, des vaisseaux marchands partir de Dieppe et faire voile, pour la première fois, vers la terre des épices et de l’ivoire. « Après avoir pénétré dans l’océan Atlantique, jusqu’à la hauteur du Cap-Vert, dit M. *** ( Villes de France'}, ils arrivèrent dans la Guinée et y donnèrent le nom de Petit- Dieppe à un lieu auquel il resta longtemps, malgré les colonies portugaises et hollandaises qui depuis s'y établirent. »
De nouvelles immunités, accordées par Charles V aux Dieppois, en récompense des services qu’ils avaient rendus au royaume dans le combat naval livré devant la Rochelle (1372), ouvrirent à la cité, avec le mouvement commercial d’outremer, une nouvelle phase de richesses à laquelle mirent fin les calamités de la longue guerre que la France eut à soutenir contre les Anglais. On éleva, du cêté de la mer, une muraille de 1400 pas de longueur flanquée de fortes tours et de portes saillantes; on érigea un phare à l’entrée du port, défendu par une forte tour construite à peu de distance et nommée la Tour-au / - Crabes. Dieppe, à la fin du xiv* s., était divisée en trois quartiers : le quartier du Moulin-à-Venl, au N. E.; celui du Moulinà-Eau, au S. E.; et celui du Port (aujourd’hui celui des Bains), à l’O. C’est aussi à cette époque que fut commencée l’église Saint-Jacques ( V. page 162).
Après la perte de la bataille d’Azincourt, Dieppe fit retour (1420) à la couronne d’Angleterre, mais elle fut traitée en rebelle par ses anciens maîtres, parce qu’elle était restée fermement dévouée à la for-