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ROUTE 13] DIEPPE. — COMMERCE, INDUSTRIE

ancien collège des Oratoriens, qui fut bâti en 1700, sur l’emplacement qu’elle occupait autrefois.

Signalons encore : la place du Marché ou place Royale, au centre de laquelle s’élève la statue de Duquesne, parDantan aîné, inaugurée le 22 septembre 1844 (Duquesne est représenté dans l’attitude du commandement, un pied sur un affût , la main gauche sur son épée, tenant dans sa main droite le porte-voix et paraissant provoquer les ennemis au combat); — le jardin anglais qui s’étend entre la ville et la plage, sur une longueur de plus d’un kil. : — les jetées, d’où l’on jouit d’un beau panorama; — et le cours Bourbon, qui longe le côte O. du bassin de retenue. Ce cours se compose de deux avenues de marronniers, d’acacias, de bouleaux et de peupliers de Virginie, parallèles aux bassins salés du parc aux huîtres et situées entre deux canaux d’eau douce pris aux cours réunis de la Béthune, de l’Arques et de l’Eaulne.

Port. — Commerce. — Industrie.

Le port, protégé par deux belles jetées, est le plus sûr et le plus profond de la Manche. La hauteur d’eau y est de 9 met. 50. dans les grandes marées d'équinoxe, soit 1 met. 8u de plus qu’au Havre. Ce port, le 5» des ports de France comme port de transit, peut recevoir des batiments de 1200 tonneaux et contenir 200 navires de 60 à 600 tonneaux et autant de bateaux pécheurs, dans deux bassins à flot, situés, l'un entre la ville et le faubourg du Pollet, l’autre à côte de la gare du chemin de fer. Un très-grand bassin de retenue, long de 1 200 mèt., et s’étendant au sud de la ville, dans la vallée d’Arques, reçoit les eaux de cette rivière et les déverse, à marce basse, dans l'avant-port, au moyen d’écluses de chasse. L'allongement du bassin de Bérigny, entrepris en 1863, sera terminé en 1866 ; la dépense est évaluée à 792235 fr. On continue aussi le curage du bassin à flot et la reconstruction du mur du quai, au fond du bassin Duquesne, pour l'installation d’une grue. Enfin, dans quelques années, le Retenue sera transformée en un immense bassin.

Le quartier maritime de Dieppe dépend de la préfecture maritime de Cherbourg et

fait partie du sous-arrondissement maritime du Havre; il comprend les communes littorales situées entre Saint-Aubin-sur- Mer (Seine- Inférieure) et Hautebut (Somme); il est divisé en trois syndicats : Dieppe, Berneval et le Tréport qui est aussi un sous-quartier.

En 1865, le mouvement de la grande navigation a été de 2216 navires jaugeant 528 413 tonneaux (importation, 42 ooo ooo, exportation, 29 800 000). Les objets qui constituent le commerce d'importation (22 à 25 millions par an)sont, dans l’ordre de leur importance : les laines, la houille, le riz en graines, le fer, la fonte, l’acier, le sucre brut, etc.

Les articles exportés sont, par rang d’importance : les poteries, les verres et cristaux, les tissus de soie, les graines à ensemencer, la mercerie, les perles fines, le papier, les cartons, les livres et gravures, les tissus de laine, les peaux préparées, les dentelles, les objets d'ivoirerie, etc.

L'établissement de la marée dans le port de Dieppe a lieu à 11 h. 8 min. Un fanal de marée se voit sur la jetée de l'O.; un autre est établi sur le cap d’Ailty (K. ci-dessous, p. i7o).

Le cabotage de Dieppe est très-animé; c’est son port qui fournit la plus grande partie de la maree de Paris. Les Dieppois se livrent surtout à la pèche de la morue, du hareng et du maquereau. C'est en hiver qu'a lieu la pêche du hareng; c’est au printemps que les pécheurs dieppois partent pour aller pécher la morue à Terre- Neuve.

Les principales industries de Dieppe sont : la dentellerie, l’ivoirerie, l’osserie, l’horlogerie, la corderie, la tonnellerie. La manufacture de dentelles occupe un grand nombre de femmes et de jeunes filles. Dieppe excelle dans le travail de l’ivoire. Ses ouvrages d lvolrerle sont de petits chefs-d’œuvre de goût, d’art et de patience. Les fabriques de mouvements d’horlogerie sont en voie de progrès.

Dieppe compte : plusieurs filatures de coton ; des fabriques de diverses sortes de papiers pour emballage ; des ateliers pour le tissage du coion et du lin ; des scieries à vapeur, alimentées par les bois du Nord, qu'apportent des navires suédois et norvégiens , et une manufacture de tabac* qui mérite une mention spéciale. Cette manufacture prend tous les ans une extension considérable. Près de 1100 personnes y sont occupées constamment. Elle fabrique en moyenne 1 million de kilogr. de tabacs par an. Son entrepôt de tabacs

DE PARIS A DIEPPE

en feuilles, qui sert aussi de magasin de transit, est le plus considérable de toute la France.

Les parcs aux huîtres. — Les huîtres sont parquées dans des bassins d'eau de mer situés le long de la grande Retenue, dont les eaux balayent le port à marée basse, et à peu de distance du chemin de fer. Les parcs ont 1 à i mèt. de profondeur et sont établis d'après divers systèmes. Chaque parc ou bassin contient environ 250 ooo huitres apportées presque toutes de Saint-Vaast. Dieppe expédie aujourd'hui ses cloyères jusqu’en Italie où elles arrivent saines et savoureuses.

Les bains de mer.

Pendant la saison des bains de mer, toute la vie de Dieppe se trouve à certaines heures concentrée, pour les étrangers, sur la plage et dans l’établissement des bains. Cunstalons-le toutefois avec un vif regret, de tous les bains de mer du littoral de la Normandie, Dieppe est, après Trouville, celui où la manie de la toilette bête a fait le plus de victimes. Les gens d’esprit y séjournent pourtant volontiers, si ce n’est pour s’y amuser du spectacle que leur donnent incessamment un trop grand nombre de femmes ridicules, du moins pour y contempler une belle mer, y faire d'agréables excursions dans de charmantes vallées ou dans une magnifique forêt, y jouir enfin de toutes les distractions du monde, concerts, bals, spectacles, etc., que leur offre une administration intelligente et habile.

« La plage de Dieppe qui , hier encore, était un pré aux vaches, est maintenant, dit M. l’abbé Cochet, un pare boisé qui fait les délices des Dieppois etl’admiration des étrangers.

Mais, comment ne pas regretter de voir ces bosquets confiés à des bûcherons en guise de jardiniers-paysagistes? Tous les deux ans, hélas!

la cognée se promène dans ces massifs et les fauche jusqu’à terre, si bien que ce jardin ressemble un peu à une école de sylviculture.

« Ajoutons aussi, qu’en 1853, on eut le tort de démolir trois tours

rondes qui peuplaient le rivage. Ces tours, construites en 1744, servirent de batteries pendantla guerre deSept- Ans et de poudrière pendant la Révolution. Les casemates et les embrasures des rez-de-chaussée, à l’épreuve de la bombe, étaient une construction remarquable et curieuse de ce tempslà ; assurément elles n’étaient pas belles au dehors, mais elles avaient plus de cent ans et elles donnaient un cachet à la plage, qui n’en a plus et qui reste nue comme une steppe.

« Nous doutons que l’Angleterre, qui compte trente tours rondes comme les nôtres, à l’entrée de la baie de l’avensey, consentît à les démolir aussi lestement. Là on respecte les vieur souvenirs. A Dieppe les trois tours ont été vendues, au seul regret de l'antiquaire, pour 5 fr. chacune.

C’était pour dire qu’on ne les donnait pas. Pauvres tours! Nous serons probablement leur seul Jérémie 1 « C’est ainsi que tout disparaît chez nous. Aussi, la ville a un aspect de nouveauté qui dessèche l’âme.

Vous ne voyez même plus un pan de ces vieux murs de quatre mètres d'épaisseur qui fermaient la ville vers la mer; les anciennes portes sont tombées ou s’en vont tous les jours. En 1843, on a démoli la porte de Sailly et, en 1856, celle d’Estoutteville : en 1848, on a enlevé la butte du Moulinà-Ventet, en 1841 ,1a Tour-aux-Crabes; en 1850, on a vendu la porte du portd’Ouest qui peut être démolie d’un jour à l’autre , puisqu’elle est propriété particulière. Alors donc que resterat-il? les bains. En effet Dieppe ne vit que pour eux et par eux. »

Les bains de mer de Dieppe, utilisés, dans l’origine, contre l hydrophobie, ne datent que des premières années de ce siècle. En 1812, M.deParis y fonda, entre les canons qui hérissaient la plage, un petit établissement qui n’attira qu’un nombre restreint de baigneurs. En 1813, la reine Hortense s’y fit construire un petit pavillon. Toutefois, la foule ne com-

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