‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 137 sur 499 · ROUTE 13] DIEPPE. — ÉGLISES. — CHÂTEAU · texte numérisé non relu

ROUTE 13] DIEPPE. — ÉGLISES. — CHÂTEAU

mention particulière. La chapelle de la Vierge ou du Rosaire est décorée de six niches d’une grande beauté; la pierre est découpée avec une' extrême délicatesse : les socles sont ornés de bas-reliefs représentant les 15 tableaux du Rosaire. Ces bas-reliefs sont malheureusement mutilés. On y voit aussi de belles verrières (1853- 1855), sorties des ateliers de M. Lusson de Paris et données par la Société du Rosaire. Au fond, la Mort et le Couronnement de la Vierge; au N., la Prise de la Bastille du Pollet par Louis XI, encore dauphin, en 1443, et la Procession de Louis XI, pour accomplir un vœu fait- pendant la bataille; au S., la Fût'on de Pie V, le jour de la bataille de Lépante, et le Triomphe de don Juan d’Autriche à Rome. Deux plaques de marbre ont été consacrées, derrière le chœur, l’une à la mémoire de Jean Ango, armateur de Dieppe, bienfaiteur de l’église , inhumé dans la chapelle Saint-Ives, en 1551, et l’autre, à la mémoire de Richard Simon, prêtre de l’Oratoire (1638-1*12). A dr. et à g. de la chapelle de la Vierge, sont deux autres chapelles intéressantes.

Celle de dr. offre une belle colonne cannelée et une charmante voûte historiée. On remarque, dans celle de dr.: une jolie frise, un murornementé dans le style de la Renaissance et une belle porte conduisant à la sacristie.

La chapelle de Notre-JJame-de- Bon- Secours, située dans le bas côté g., compte trois arcades et se compose des anciennes chapelles de Saint-Louis et de Sainte-Barbe. On y voit : trois balustrades en pierre , assez belles ; des peintures ; des dorures et un petit vaisseau suspendu par les marins, en ex voto.

La chapelle du Saint- Sépulcre (1612), située dans le collatéral de droite, possède une admirable balustrade de clôture, restaurée par la Société de la Bonne-Mort.

Le buffet de l’orgue, placé au-dessus du grand portail, est en bois de chêne

sculpté et date de 1675. La sacristie (l’ancienne chapelle d’Ango) contient un élégant retable en pierre (Renaissance) et Voratoire du vieux roi de la Mer, dont M. l’abbé Cochet aretrouvé, en 1859, le caveau sépulcral, caché sous une dalle de marbre bleu, mais vide des restes mortels qui lui avaient été confiés.

Les quarante stalles de chêne, sculptées dans le style du xv* s., en 1855, proviennent toutes d’un seul chêne d’une forêt du Hainaut, acheté 2000 fr. par M. Leroy , menuisier sculpteur à Rouen.

Le monument, consacré au trésor, décoré à l’extérieur avec beaucoup de magnificence (dais, niches, dentelles, arabesques, statuettes semées avec profusion), renferme un bel escalier en bois de chêne sculpté dans le style de la Renaissance , et plusieurs tableaux représentant des Scènes de mœurs empruntées aux Indiens.

Signalons aussi : V église moderne du Pollet, en briques, une des plus affreuses de la Normandie, qui contient une fresque d’un artiste dieppois, M. Mélicourt-Lefebvre ; le temple protestant, rue de la Barre (l’église protestante de Dieppe est le chef-lieu du consistoire ayant pour ressort l’arrondissement de Dieppe, quatre cantons de l’arrondissement de Neufchâtel et un canton de l’arrondissement d’Yvetot) et l 'église onglaisv épiscopale, rue de la Barre.

Édifices civils; curiosités, promenades.

Le château (mon. hist.) , classé comme poste militaire, a été bâti en 1433 par les communes du pays de Caux révoltées contre les Anglais, sur le sommet de la colline qui s’élève immédiatement au-dessus de l’établissement des bains. Il domine tout à la fois la vallée, la ville et la mer. Les restaurations dont il a été l’objet lui ont fait perdre son caractère primitif ; toutefois, sa position et ses tours lui donnent encore un aspect pittoresque; il sert aujourd’hui de caserne.

Une des tours qui dominent la mer renferme des appartements lambrissés.

Une porte, ouvrant sur le fossé du chAteau, donne entrée dans un souterrain qui soutient, au-dessus de ses voûtas, le faubourg de la Barre et toute la masse d’une haute montagne.

Le souterrain renferme des conduits d’eau qui viennent alimenter la ville, après un parcours de 3 kil. C’est un travail du xvt* s. , non moins hardi que les plus Jiardis tunnels de nos chemins de fer.

N. B. On peut traverser le château pour aller se promener sur les falaises.

L’hôtel de ville est un édifice moderne, élevé sur l'ancienne résidence des jésuites, fort simple, mais admirablement situé. Au-dessus de ses bureaux et de ses salles municipales a été installée la bibliothèque, qui renferme 8000 volumes d’oeuvres classiques, de voyages maritimes, d’ouvrages d’hydrographie et de cartes publiées par le Dépôt de la marine, de quelques chroniques manuscrites sauvées des ravages de la guerre et de la Révolution. On peut y visiter : quatre dessins représentant de antiquités romaines, des fragments des bombes anglo-hollandaises, lancées par l’amiral Barklay, les 22, 23 et 24 juillet 1694, et deux plans en relief, par M. Amédée Féret, représentant l’enceinte antique de la cité de Limes, et la villa romaine de Sainte- Marguerite-sur-Mer.

Le musée, créé en 1863, possède :

plusieurs antiquités provenant d’Arques, entre autres, quatre carreaux émaillés en terre cuite (xv ou xvi's.) , seuls restes connus du pavage primitif de l’église ; de nombreux objets antiques découverts et collectionnés par M. Féret (poteries gauloises, et romaines, anneaux, fibules, fragments de vases, statuettes en terre cuite, médailles gauloises et romaines, etc.) ; et plusieurs tableaux provenant de la collection Campana. Une école gra-

tuite de dessin et de modelage a été ajoutée au Musée. La ville se propose de fonder une école des Beaux-Arts.

Le bel hospice-hôpital , récemment construit, dans la rue Napoléon III, derrière les bassins, est desservi par douze religieuses ou sœurs de l’ordre de Saint-Augustin.

Une école d’apprentissage pour la dentelle et la couture, fondée en 1826, rue Lemoyne, 6, compte 20 à 30 pensionnaires et 450 externes. En 1853, on y a ouvert un atelier, où 45 jeunes filles, appartenant en général à des familles de marins , sont formées à la fabrication et au ramendage des filets. Une belle salle d’asile y a été annexée. L'école d’apprentissage distribue chaque année environ 20 000 fr. de salaires.

Le théâtre f 18*26), situé sur la place de la Comédie, est ouvert toute l’année. On y joue, pendant l'été, le grand opéra et l’opéra-comique, et, pendant l’hiver, le drame , le vaudeville et la comédie. L’aménagement intérieur est satisfaisant.

Dans la rue des Minimes, la dernière maison à dr., lorsqu’on sort de la ville pour aller au chemin de fer, est celle où descendit et séjourna, en 1803, Napoléon, premier consul.

A dr. de l’Hôtel de ville et au fond d’une grande et jolie cour, on voit une maison en briques jaunes et à persiennes vertes, nommée la maison Quenouille , ainsi désignée du nom de son propriétaire. Elle fut la résidence favorite de Mme la duchesse de Berry, pendant les dernières années de la Restauration. On avait joint, par une galerie au rez-de-chaussée, la maison Quenouille à l’hôtel de ville, où la duchesse faisait ses réceptions d’arrivée et parfois aussi quelques autres réceptions officielles.

La maison d’Ango, où l’hospitalité la plus fastueuse fut offerte en 1530 au roi François l", qui l’accepta, fut incendiée pendant le bombardement de 1694. Ses restes sont devenus le collège communal de la ville.

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