EAU DE MER
6 cachets.
Bain sans linge.. 1 fr. 35 c. 7 fr. 50 c.
Bain complet.... 1 70 9 »
l . Le bain complet comprend : 1 fond de bain, 1 peignoir et 2 serviettes ou 4 serviettes sans peignoir.
Service des douches, 50 centimes.
Linge : — Serviette, 10 c., — Peignoir, 20 c., — Fond de bain, 20 c.
Environs de Dieppe.
Les environs de Dieppe offrent aux baigneurs un très-grand nombre de promenades et d’excursions intéressantes : nous leur indiquerons cidessous les principales. Quant aux touristes qui ne consacreront qu’une ou deux journées à Dieppe, ils ne devront pas manquer, après être monté sur les falaises qui dominent le château, d’aller au château d’Arques et au phare d’Ailly, par Caude-Côte et Varangeville.
Les falaises. — Caude-Côte. — Pourvût».
— Varangeville. — Phare d’AlUy. —
Manoir d’Ango. - Embouchure de la
SaAne.
12 kil. environ. — Route de voitures par Appeville et Hautot. — Chemin de grandecommunication en construction par Caude-Côte et Pourville. — A’. B. On peut aller par une route et revenir par l’autre.
Pour monter sur les falaises par le pluscourtchemin (10 à 15min.), il faut traverser le château. Du haut des falaises, on découvre une très-belle vue sur l’établissement des bains, la plage, la ville, son port et ses jetées, le Pollet, la longue ligne des côtes jusqu’au Tréport et une vaste étendue de mer. On peut de là aller rejoindre, à Caude-Côte, la route de voitures qui passe par le faubourg de la Barre.
Ce faubourg est le vieux Dieppe.
M. Féret y a découvert, en 1826, un cimetière gallo-romain, endeçàduquel on laisse à g. un ancien chemin appelé le Chemin - des - Fontaines , parce qu’il conduit aux sources qui alimentent la ville de Dieppe.
A 51 mèt. d’altitude, sur la falaise appelée Caude-Côte, entre le village de ce nom et la mer, s’élevait jadis une chapelle dédiée à saint Nicolas et détruite entièrement en 1841. De ce point, on découvre une belle vue sur la pleine mer, surtout au moment du
[ROUTE 13] CAUDE-CÔTE. —
coucher du soleil. Chateaubriand a dit souvent, dans ses causeries familières, qu’il aimait surtout Dieppe à cause de cet aspect exceptionnel du coucher du soleil à Caude-Côte.
De Caude-Cô*e on descend à Pourville où l’on traverse la Scie, près de son embouchure dans la mer, sur un pont en fonte nouvellement construit.
Le hameau de Pourville (4 kilomètres de Dieppe) ne se compose guère que d’une vingtaine de cabanes de pêcheurs, affaissées sous leur toit de chaume, au pied d’un coteau couvert d’ajoncs et de bruyères, mais la large entaille, produite par les eaux de la SJe, dans la chaîne des hautes falaises, offre un aspect assez curieux.
La rivière se perd dans une masse de galets qui la forcent à faire mille contours avant de pouvoir mêler ses eaux à celles de la mer. « Quelques douaniers seulement sont témoins de son agonie, car les cabanes d u hamea u se sont éloignées d’elle, ditM. l’abbé Cochet, tant elle est triste à voir à ses derniers moments. »
Des murs lézardés, des cintres brisés, des débris d’ogive et quelques piédestaux de statues renversées, voilà tout ce qui subsiste de l 'église de Pourville. M. l’abbé Cochet signale, sur la place publique, une jolie croix de pierre du xvi* s., qui était au cimetière et qu’il a fait restaurer.
Un petit établissement de bains a été fondé à Pourville en 1858.
De Pourville on gagne Varengeville en gravissant une côte d’où l’on jouit d’une fort belle vue sur la mer.
Varengeville (1040 hab.; 6 kil. de Dieppe par ce chemin inachevé en 1866), un des plus charmants villages du pays de Caux, est situé à 83 mèt., au milieu d’une plaine bien cultivée, percé de rues bordées de haies vives en guise de murailles, et ombragé par de jolies plantations. Entouré de vallons ou de gorges qui descendent jusqu’au bord de la mer et de dunes escarpées, il offre de magnifiques points de vue. Enfin, il
VARENGEVILLE.
possède des sources minérales qui ne furent pas toujours aussi délaissées qu’ellesle sont aujourd’hui. On y voit, en outre (à l’entrée du village, à g., en venant de Dieppe), les restes d’un somptueux manoir qu’habitait le célèbre Ango.
Au xvi' s,, a écrit P. J. Férel, en 1822, vivait à Dieppe un homme fameux par ses richesses. Ses vaisseaux naviguaient de toute part. 11 fit la guerre pour son compte ; il la fit aussi contre les ennemis de l’Etat. Ce favori de la fortune que l’on peut comparer, sous plus d’un rapport, à Jacques Cœur, se nommait Jean Ango. Il n'eut pas, comme le ministre des finances de Charles VII, à lutter contre les écueils de la cour; mais il n’en fut pas plus heureux. Il obtint, plus d’une fois, des marques de distinction de la part de François Iw qu’il avait reçu à Dieppe, lorsque ce prince y était venu.
Nos chroniqueurs rapportent unanimement, qu’un de ses navires marchands ayant été maltraité par les Portugais jaloux, Ango arme une escadre montée de 800 hommes, qui, d’après ses ordres, va ravager les bords du Tage. Le roi de Portugal députa vers le roi de France pour s'informer de la cause de ces hostilités, et le monarque adressa l’envoyé au fier Ango, pour en recevoir les explications que demandait cette puissance rivale.
« Le roi l’avait nommé capitaine de la ville et du château. Le malheureux Ango, aveuglé par la prospérité, affecta les manières d’un despote; des gardes veillaient sans cesse à sa porte ; ses concitoyens ne pouvaient plus l’aborder sans essuyer les plus rebutants mépris : il se permit même un jour des voies de fait contre un des officiers de l’Amirauté. Une ligue se forma contre lui. Peut-être se vengea-t-on d’un moment d’erreur par l’injustice.
On suscita à Ango plusieurs affaires fâcheuses.... François I,r, son protecteur, et qu’il appelait ordinairement son Bon maître, n’était plus. Ango fut condamné à restituer des sommes
DE PARIS A DIEPPE
énormes. Tout l'édifice de sa fortune s’écroula. Il n’eut plus d’ami ; il en cherchait en vain près de lui lorsque Dieu l’appela dans un monde meilleur.
Ce que les écrivains du temps disent de l’architecture et des ornements de cet hôtel , fait regretter vivement qu’il n’ait pas été conservé. Mais sa maison de campagne à VarengevtUe, près de Dieppe, offre encore de beaux restes du style de cette époque (xvi* s.).
M. Langlois , artiste des plus distingués, en a parlé dans la préface de son livre intitulé : Description historique des maisons de Rouen. C’était là que l’infortuné s’était retiré lors de ses persécutions : là, comme à Saint-Fargeau, seigneurie de Jacques Cœur, l'esprit peut se livrer à de sévères réflexions. » Le manoir d’Ango, aujourd'hui simple corps de ferme, quoiqu’il ne soit plus ce qu’il était encore en 1822, a conservé : des granges, des bergeries , un colombier et des murs d’enceinte qui attestent sa splendeur passée. Les fossés seuls, aujourd’hui comblés, rappellent une demeure féodale ; quant aux autres restes de constructions, ils indiquent que le manoir d’Ango n’était que la villa d’un négociant, assise au milieu de la verdure et des champs et non sur un roc ou des bastions.
« Rien à mon avis, dit M. l’abbé Cochet, n’est plus curieux que ce carré de bâtiments formés par la maison d’Ango et ses dépendances, que cette cour partagée par un pavage, débris de l’opulence, et édifiée d’un colombier, reste d’un privilège seigneurial et d’un art très avance. C’est avec le plus grand plaisir que l'on parcourt cette enceinte et que l’on éfudie les détails de chaque construction : les portes , les fenêtres, les tourelles , les colonnes, les pilastres, les chapiteaux, les toits et les cheminées ont une physionomie si curieuse , si étrange , si originale, et si pleine de goût tout a la fois que l’on ne sait lequel admirer le plus, ou de la puissance qui a commandé ou de l’art qui a exécuté. »
Une fresque, datée de 1544, de plusieurs mètres de superficie, a été mise au jour en 1857, dans une galerie du rez-de-chaussée; elle représente Moïse élevant le serpent d’airain.
L’église, dont quelques parties remontent aux xme et xvi* s., est admirablement située, en vue de la mer, sur le bord d’une falaise taillée à pic et dont la base est sans cesse rongée par l’Océan; aussi, selon une tradition du pays, elle aurait été portée là par saint" Valéry , apôtre de ces contrées. Cette église , souvent frappée par la foudre et détruite en partie par la tempête, a été décorée, à l’intérieur, en 1863, par le curé et les paroissiens.
Le phare d’Ailly n’est qu’à 2 kil.
de l’église de Varengeville; on s’y rend en suivant le bord de la falaise. Ce phare, élevé sur le cap des roches, est le but de nombreuses promenades.
Les voitures doivent suivre , pendant 8 kil. environ, la route du Havre, qui fait un grand détour, et qui est beaucoup moins pittoresque et plus longue que la route de la côte. Le phare, construit en 1775, s’élève sur les bords avancés d’une falaise qui s’éboule chaque année et menace le monument d’une destruction inévitable.
La tour quadrangulaire est surmontée d’une plate-forme ronde, au sommet de laquelle sont placés des réverbères à éclipse qui projettent leur clarté à plus de dix lieues en mer. Ces réverbères, mis en mouvement par un rouage d’horlogerie, suivent une impulsion circulaire comme la meule d’un moulin, en sorte qu’il y a des alternatives de lumière et d’obscurité.
On y découvre une belle vue.
Le phare d’Ailly est séparé de Sainte- Marguerite (1500 m.) , v. de 427 h., par une lande de bruyères sauvages et stériles, ancienne prairie, maintenant abandonnée, depuis qu’elle est devenue bien communal. Le touriste qui voyait, il y a quelques années, c’est-à dire avant la construction de la buse actuelle, en traversant ces bruyères : la
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