DE NEÜFCHÂTEL A AUMALE. [ROUTE
des coteaux boisés, occupe une position pittoresque ; ses maisons sont généralement mai bâties, mais ses environs offrent des sites gracieux.
Aumale parait remonter à une époque reculée. C'était, dès les temps les plus anciens, à n’en pas douter, une place forte, entourée de murs et de fossés. Au x* s., cette forteresse était déjà le cheflieu d'un comté d’une certaine importance. Cédé, en 988, par le comte de Flandre au duc de Normandie, il fut assiégé et pris par Guillaume le Roux en 1089. Depuis cette époque jusqu’au xvr s., l’histoire d’Aumale, ville florissante par son industrie, son commerce, ses privilèges communaux et défendue par son château, ne présente qu'un intérêt local; mais cette petite cité fut, pendant les guerres de la Ligue, le théâtre d’événements importants. Henri IV, qui faisait le siège de Rouen, ayant appris que le duc de Parme marchait vers la ville assiégée pour lui porter secours, courut à sa rencontre afin de lui barrer le passage. Une action s’étant engagée aux portes d’Aumale, Henri IV reçut une blessure grave au-dessous des reins et, traqué de toutes parts par ses ennemis, il ne dut son salut qu’au dévotlment du vicomte d’Aumale, capitaine de la ville (F. p. 193). Après avoir reçu les premiers soins qu'exigeait sa blessure, Henri IV partit pour Neufchâtel où le suivit son ^rmée; les Ligueurs, maîtres de la ville, y mirent tout à feu et à sang. A la suite de nombreuses vicissitudes, le comté d'Aumale entra, en 1452, dans la maison de Guise. En juillet 1546, Henri II l’érigea en duché en faveur de Claude I,r de Lorraine. La maison de Lorraine le posséda pendant deux siècles environ.
Anne de Lorraine, fille et unique héritière de Charles d'Aumale , ayant épousé, en 1618, Henri de Savoie, duc de Nemours, porta, à la mort de son père (1631), le duché dans la maison de Savoie- Nemours; mais, en 1686, Marie-Jeanne de Savoie le vendit au roi qui le donna à Louis-Auguste de Bourbon, prince légitimé de France et duc du Maine Le comte de Toulouse, frère et héritier du duc du Maine (1736), le transmit à son fils le duc de Penthièvre qui en était propriétaire à sa mort (1792,’. Confisqué à cette époque, il fut rendu, en 1814, à Mme la duchesse douairière d’Orléans, fille du duc de Pentliièvre, qui avait épousé, en 1769, le duc d’Orléans. Le titre de duc d'Aumale est porté aujourd'hui par le quatrième fils du
roi Louis-Philippe qui l’honore dans l’exil par ses travaux littéraires et par le noble emploi qu’il fait de sa fortune.
L’église Saint-Pierre et Saint- Paul (mon . hist.) , si mple chapelle dans l’origine, détruite par Charles le Téméraire en 1 742 , a été recommencée en 1508 et terminée en 1£10. On admire les proportions grandioses du chœur et des transsepts qui contrastent avec celles la nef trop étroite et trop basse. La tour en pierre ne manque pas d’élégance, mais on remarque surtout le portail du midi, œuvre délicate du xvi* s., décoré de charmantes sculptures. L’église a été, dans ces derniers temps, l’objet d’importantes restaura tions.L’abbayed’Aumale, fondée vers l’an 1000, ruinée par Philippe Auguste en 1196, rétablie au siècle suivant, en commande au xvi° s. (en 1680 elle eut pour abbé le poète Chaulieu), cédée plus tard aux réformés de Saint-Maur, fut abandonnée en 1790 par les cinq moines qui y restaient.
L’hôpital (il sert aussi d’hospice), fondé en 1694, par Louis-Auguste de Bourbon, prince souverain de Dombes, comte d’Eu, duc du Maine et d’Aumale, renferme 14 lits pour les malades et infirmes des deux sexes.
A l’hôpital est joint un orphelinat de jeunes filles dont le travail aide à soutenir l’établissement. Dans la salle du conseil se voient les portraits de saint Vincent de Paul, du duc de Penthièvre, de Mme la duchesse d’Orléans et du duc de Toulouse.
On reconnaît à peine aujourd’hui l’emplacement de l’ancien château d’Aumale, détruit au xvi* s., reconstruit en partie au xvn*, -et détruit depuis. Signalons aussi ; l'hôtel de ville, dont les vastes bâtiments modernes entourent une tour carrée ; le prétoire, ancien édifice situé sur la place des Marchés, près delà halle, et au-dessous duquel de sombres souterrains servaient jadis de prison ; le collège, reconstruit il y a cinq ans après un incendie, sur l’emplacement de
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l’ancien couvent des pénitents (jolie chapelle neuve) ; — une salle d'asile, récemment fondée par l’administration municipale, et les ruines de l’abbaye, bâtie en 1 101 et reconstruite au xin* s.
Les portes d’Auchy et de la Longue- Rue ont été détruites récemment.
Près de l’emplacement qu’occupait cette dernière, se voit, à l’entrée d’un pont jeté sur la Bresle, une pyramide érigée en l’bonneurde Jeanne Leclerc, qui, d’après la tradition, aurait abaissé le pont-levis devant Henri IV blessé et sur le point de tomber au pouvoir des Ligueurs. M. Semichon, auteur d’une longue histoire d’Aumale , trop détaillée, établit, d’après des documents authentiques, que le roi dut son salut à Jean le Cauchois, capitaine de la ville. « Henri arriva à cette porte criant : « Sauve la fortune de la France. » Aussitôt M. le Cauchois fit baisser le pont-levis; le roi était sauvé, il traversa la ville. M. le Cauchois conduisit le roi dans un bois situé au S. O. de la ville, appelé autrefois le bois Quatre-Sals , aujourd’hui de Bretagne, sur une montagne qui domine la vallée. Là il fut pansé de sa blessure qui n’était pas profonde, parce que la balle avait rencontré l’arçon; il partit de suite pour Neufchâtel. »
Les principales promenades d’Aumale sont le Grand-Mail et le Petit- Mail. Le Grand-Mail, dépendance du bois d’Aumale, est situé sur une colline élevée, au delà de l’emplacement de l’ancien château. De cette promenade on découvre de jolis points de vue. La promenade du Petit-Mail, plantée de grands arbres, occupe l’emplacement d’un ancien fossé; elle sert aujourd’hui aux exercices du jeu de paume. Les bois de la Garenne au S., de Robin et de Beaucousin au N., peuvent être aussi le but de charmantes excursions.
En 1755, dom Malou, religieux de l’abbaye d’Aumale, se promennntdans la vaste prairie qui borne la ville au N., découvrit, sous une baie, deux petites sources d'eaux minérales dont le
docteur Marteau reconnut et prouva bientôt l’efficacité. Le duc de Penthièvre fit creuser, pour recevoir ces eaux, un bassin de près de 20 mèt. de long sur 5 de large. Les eaux d’Aumale, acidulées et ferrugineuses, sont surtout efficaces dans le traitement des maladies chroniques. Le voisinage des fontaines offre de jolies promenades et de gracieux paysages: mais, malgré la beauté du site et l’efficacité incontestable des eaux, l’établissement est peu fréquenté.
Quelques antiquités romaines et franques ont été découvertes dans la plaine de Dijeon.
Aumale possède des fabriques de draps et des tanneries. 11 s’y fait un commerce important de céréales, de fourrages et de bestiaux.
D’Aumale a Eu, R. 17; — à Amiens, R. 20.
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43 kil. — Route de voitures.
D'Aumale à Eu la route descend la vallée de la Bresle en se tenant constamment sur la rive g. de cette rivière, bordée d'usines et de moulins1. Les coteaux qui forment la vallée de la Bresle sont presque partout couverts de bois.
1 kil. Satnte-Marguerüe , v. de 523 hab. , au N. duquel s’étend le bois de Boilel. Au delà de Rivery (2 kil.) et de Marescot (4 kil.), on laisse à 2 kil., sur la g., le v. d ’Ellecourt (268 hab.), situé dans un petit vallon où coule la Méline, qui vient se jeter dans la Bresle, en face de Guémicourt, v. de 36 hab., appartenant au départ, de la Somme, que la Bresle sépare de celui de la Seine-Inférieure. A g. s’étend le grand bois de Runneval, faisant face au bois des Sablières qui couronne les coteaux de la rive dr.,
l.Il y a aussi, sur la rivedr., une route que nous décrirons ci-dessous.
FR. NORMANDIE
D’AUMALE A EU
et qui a pour prolongement les bois de ['Abbaye et du Larris. Sur la lisière de ce dernier, près de la rivière, se montre le v. de Saint-Germain (232 hab.), dont l’église renferme d’anciens tombeaux classés parmi les monuments historiques.
8 kil. Vieux-Rouen, v. de 560 hab., où vint mourir saint Germain.
10 kil. Bouafles, v. de 1 1 5 hab.
11 kil. Uodeng-au-Bosc, 431 hab. Les premiers seigneurs de ce village accompagnèrent Godefroi de Bouillon en Palestine.
2 kil. plus loin, on croise un chemin qui franchit la Bresle et conduit à (1 kil. env.) Sénarpont (559 hab.j, dont le beau château domine la vallée.
13 kil. 1/2. Guimerville, ham. de 107 hab., possède encore une des portes d’entrée d’un ancien manoir et une petite église (autrefois paroissiale) renfermant des débris de beaux vitraux peints et le tombeau de damoiselle Anlhoinette de Biancourt de Seile, que visitent, le jour de la Trinité, un grand nombre de pèlerins.
La route, s’éloignant ensuite de la rivière, laisse à g. (i kil.) , sur un petit aftluent de la Bresle, Pierrecourt (829 hab.) chapelle Saint-Aubin, but de pèlerinage ; bons tableaux dans l’église) et à dr. Nesle-Normandeuse (402 hab.), situé sur un bras de la Bresle, à l’extrémité de la haute forêt d'Eu, que sillonnent en tous sens de nombreuses routes. Dans Yéglise, bâtie en 1676, on remarque : la balustrade en tonte et en fer, ornée de dorures, qui forme la clôture du chœur ; un bon tableau, l 'Assomption de ta Vierge; plusieurs jolis fragments de sculptures, etc. La ferme de Fontaine, que l’on ne tarde pas à apercevoir sur le bord de la Bresle, était autrefois une riche habitation seigneuriale construite probablement au xvi* s. Elle a conservé deux tours avec mâchicoulis.
On croise la route de Rouen à Abbeville, en rentrant .4
22 kil. Blangy, ch.-l de cant. de 1699 hab., situe sur la rive g. de la
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Bresle, dont les eaux, dérivées au moyen de petits canaux, traversent le bourg en tous sens. Cette petite ville était autrefois entourée de fossés et de murailles flanquées de tourelles dont il ne subsiste aucun vestige.
L'église Notre-Dame, bâtie au xiv" s., à l’extrémité de la ville, a été reconstruite en partie vers le milieu du xv u 8 s. Le portail principal, en réparation, est décoré d’élégantes colonnettes et de tores. L’édifice se compose, à l’intérieur, d’une nef principale qu’éclairent des fenêtres ogivales et de deux bas côtés terminés par une chapelle.
La chapelle de droite, celle du Saint- Sépulcre, contient un groupe (cinq personnages) représentant l'Enserelissement du Christ. Le? chapelles des transsepts possèdent des autels et des lambris en chêne sculpté, délicatement travaillés. On remarque aussi, à g. du sanctuaire, un tableau (le Christ en croix ) donné par Louis-Philippe, qui visita Blangy en 1831.
L’hospice, fondé en 1695, par Mlle de Montpensier, est vaste, bien approprié et entouré d’un jardin que baigne un bras de la Bresle.
Sur un pointde la commune, nommé la Planche-du-Lieutenant, ont été découverts, en 1859, des débris d'une métairie romaine. En outre, des terrassements, opérés sur un autre point appelé le Camp-Comtois, ont mis à jour, en 1862, plusieurs sépultures mérovingiennes.
Blangy, séparé par la Bresle du v.
de Boutlencourt (679 hab.) dont l’ancien couvent des Cordeliers a été converti en ferme, possède une manufacture de produits chimiques, plusieurs tanneries, des clouteries et une brasserie au milieu de laquelle jaillit un puits artésien percé en l.°46. 11 s’y tient trois foires importantes par an.
et trois marchés par semaine.
De Blangy à Neufchâtel, R. 18.
A 2 kil. de Blangy, on passe devant le château de Hottineaux, très-bien situe sur les bords de la