E NEUFCHATEL A BLANGY
29 kil. — Route de voitures.
3 kil. Bifurcation des routes d’Aumale et de Blangy (R. 16).
La route traverse, au delà du hameau de la Broche, la lisière E. de la forêt de Menonval, puis laisse, à
1500 mèt. sur la g., les Étaux, et à dr. Saint-Germain-sur-Eaulne (272 hab.). L’église de Saint-Germain, reconstruite dans le style de la Renaissance, a conservé une porte romane ornée de zigzags. On remarque, à l’intérieur : les lambris en chêne du choeur,- ornés de grappes, de fleurs, de fruits, etc.; le plafond de la voûte offrant des caissons sculptés; la contre-table à colonnes élégantes du maître-autel, encadrant un tableau (la Naissance de Jésus ) attribué à Jouvenet, et le pavage du sanctuaire en marbre noir et blanc. Le château, sans valeur architecturale, est précédé d’une construction curieuse, en briques et en pierre (tourelles à chaque coin), qui lui sert d’entrée. — On aperçoit à g.
le hameau d 'Orival.
7 kil. Ménonval, y. de 250 hab.
(vestiges d’un vieux castel féodal), au delà duquel on franchit l’Eaulne à 108 mèt. — On croise (8 kil.) la route de Formerie à Londinières, à Vatierville (216 hab.), dont le clocher, en tuf (xu* s.), est un des plus intéressants du canton.
La route, qui offre une belle vue, monte rapidement, à 232 mèt. d’alt., sur les coteaux qui dominent la rive dr. de l’Eaulne, traverse un plateau assez étendu, et longe, sur la dr., près de Calengeville, la lisière O. de la basse forêt d’Eu jusqu’aux
13 kil. Essarts-Varimpré , v. de 310 hab. La petite église moderne attire, chaque année, le lundi de la Pentecôte, un grand nombre de pèlerins qui, pour se préserver ou se guérir des affections de la vue, viennent y invoquer une sainte larme, connue seulement dans cette région delà France. La commune desEssarts possède, sur son territoire, à Var impré , une verrerie assez importante.
Le maire actuel (1866) possède une belle collection de vases romains en terre et en verre.
A g. (15 kil. env.), se détache une route conduisant à (11 kil.) Londil niëres (R. 19) par (2 kil.) Bosc-Gejfroy
DE NEUFCHÂTEL A DIEPPE
(396 hab.; église de la fin du xvc s.; verrières modernes) et (5 kil.) Smermesnil (565 hab.; fonts baptismaux du xii* ou du xme s.; château).
On laisse à dr., en descendant dans la vallée de l’Yères (17 kil.), Villers, v. de 245 hab. , sur l’Yères, qui prend sa source au S. près de (2 kil:) Aubermesnil (432 hab.) . On aperçoit de la route le château de Villers, construit en 1829. Un autre château, dit de la Quesnoye , s’élève sur la commune de Villers. C’est une construction en briques, dans une situation pittoresque, avec une chapelle.
17 kil. Foucarmont, v.de717hab., agréablement situé sur les bords de l’Yères, doit remonter à une haute antiquité. On a découvert, en effet, en exécutant des travaux de nivellement, des restes de caves et de souterrains, des sépultures, des poteries rouges en terre de Samos, des meules à broyer en poudingue, des tuiles à rebord, des perles de verre, des monnaies des règnes d’Agrippa, de Constantin, etc. L'église, reconstruite en 1824, ancien lieu de sépulture des comtes et comtesses d’Eu, n’a aucune valeur architecturale, mais elle renerme un autel curieux, décoré d’élégantes sculptures, et une belle charpente de 1580. Au bas du bourg s’élève la chapelle de l’Épinette, assez jolie construction du style flamboyant. Les halles, bâties, dit-on, par le prince de Dombes, et agrandies en 1821, sont surmontées d'un étage affecté à la mairie et aune école de garçons. Il se tient à Foucarmont un marché très-important, le premier mardi de chaque mois.
A 1 kil. au-dessous de Foucarmont, s’élèvent les débris de l’antique abbaye de Foucarmont, fondée en 1130, détruite en 175)1, dont il ne reste plus que le moulin, un pressoir, les écuries, deux piliers et la salle de billard, transformée en cellier.
On descend la rive droite de l’Yères.
20 kil. Fallencourt, v. de 419 hab., situé près du point où la route in-
cline au N. E., pour se diriger sur Blangy. L’église date de la fin du xv* s. ou du commencement duxvi's.
On traverse, du S. O. au N. E., la haute forêt d’Eu et l’on descend, dans la vallée de la Bresle, à
29 kil. Blangy (R. 17).
DE NEUFCHATEL A DIEPPE
A. Par Saint-Valéry et Arques.
34 kil. — Route ^ie voitures.
Descendant la rive dr. de la Béthune, la route passe d’abord à (2 kil.) Aulages, hameau de80hab., dépendant de Saint-Marlin-l'Horlier (202 hab.) , situé sur la rive g. de la Béthune. Des débris de l’époque romaine ont été découverts dans le cimetière de Saint- Martin-l’Hortier. A dr. de la route se dressent des collines boisées formant une chaîne dont le point culminant (le signal du Hellet) atteint 212 mèt.
5 kil. JUesnières,\. de 832 hab., possède un beau château de la Renaissance (fin du xv« s.) autrefois entouré de larges fossés remplis d’eau, et transformé, depuis 1829, en un pensionnat et en un établissement industriel.
La grande grille est flanquée de deux petits pavi lions à couvertu re d’ardoise. Aux quatre angles principaux se dressent quatre tourelles dont on remarque surtout la ceinture de mâchicoulis : les fenêtres des combles sont accompagnées de colonnes. La cour, précédée d’un bel escalier de vingt-cinq marches, est ornée de bustes et de bas-reliefs mythologiques. La jolie chapelle du château appartient au style de la Renaissance (statues).
A 9 kil. de Neufchâtel, près du hameau de Burettes, on croise une route venant de Londinières et desservant (1 kil. sur la g.) ie village de Bures (454 hab.), agréablement situé sur la rive g. de la Béthune et traversé par une rue large et propre. Ce village dut être autrefois un bourg
MESNIÊRES. — BURES.
important ; suivant M. l’abbé Decorde, il possédait anciennement un manoir royal où les ducs de Normandie entretenaient des chapelains. L’église est intéressante. Le portail (xn* ou xin* s.) offre des colonnettes dont les chapiteaux sont ornés de feuilles de vigne, de chêne, etc. Le clocher, qui surmonte le chœur et que termine une flèche octogone haute de 60 met., est supporté par quatre gros piliers entourés de petites colonnes dont les chapiteaux sont finement sculptés.
Dans le transsept, à g. (chapelle de la Vierge), se voient : un squelette en bois; un sépulcre (xvi's.) composé de neuf personnages, sans compter le Christ, et un bas-relief ( V Assomption de la sainte F«erge)qui paraît remonter au xvi* s.
« De chaque côté du chœur, dit M. l’abbé Decorde, curé de Bures, se trouve un pilier à demi saillant, masqué par cinq colonnettes détachées aux trois quarts. De ces piliers parlent des cordons qui vont traverser la voûte en ligne droite, tandis que d’autres forment des arceaux en se croisant, et le tout selon le style ogival. Auprès du pilier gauche se trouve l'inscription suivante, tracée en caractères du temps :
f ANNO : AB : INCARNATIONS : DNI :
m : c : lx : vui : dedicata : est :
hæc : eccl’ia : a : rotrodo : rotom :
ARCH1EP0 : xi : kl : julii : in : honore : BRATi : stephan :
PTHOM : ET : SCT : ANIANI : EPI1 :
et : confbssor’ :
a L’an 1 168, depuis l’incarnation du Seigneur, cette église a été consacrée, le onzième joui des calendes de juillet, par Rotrou, archevêque de Rouen, sous l’invocation de saint Étienne, premier martyr, et de saint Agnan, évêque et confesseur. » Signalons encore : les cinq fenêtres du chœur, entourées d’un tore et surmontées de roses; la statue de saint Étienne, qui paraît remonter à l’époque de la construction de l’église, et les fonts bap-
tismaux, en pierre (xiv* s.), ornés de sculptures et surmontés d’une belle pyramide en bois.
Il ne reste aucun vestige de l’ancienne forteresse dont le nom figure dans des chartes du xi* s. et qui soutint plusieurs sièges au moyen âge.
Près de l’église, se voit une maison du xv° s., ornée de nombreuses sculptures et de petites statues. « La partie rentrante du premier étage, dit encore M. l’abbé Decorde, est chargée de moulures, et forme une large et magnifique corniche. Au premier étage, on remarque deux belles cheminées enpierre ', à colonnes, avec un piédestal et de jolis chapiteaux représentant : des enfants nus ; des figures ailées ; un ange exterminateur tenant un glaive d’une main et une espèce de bouclier de l’autre, etc. Ces magnifiques chapiteaux sont séparés de l’entablement des cheminées par deux écussons sans ai moi ries ; cet entablement forme, en quelque sorte, une grande corniche de deux pieds de hauteur, composée de doucines, gorges, filets, etc. Au milieu s’élèvent deux boudins se réunissant en accolade, et supportant un grand écusson qui a été gratté; cet écusson est surmonté d’une couronne brisée. ® Suivant la tradition, cette maison était celle du capitaine Desmarets, qui, plusieurs fois, dans la 2* moitié du xv*s., repoussa les Anglais de Dieppe, Fécamp et autres villes de la Normandie. — Une maison voisine, en briques, paraît remonter à la fin du xv* s. ou au commencement du xvr.
A 3 kil. de Bures, sur la lisière O du bois de Locus, se trouve le village du Mesnil-Follemprise (275 hab.) dont la petite église est, chaque année, le jour de la fête de saint Onuphre, le but d’un pèlerinage; on y apporte les enfants qui commencent à marcher trop tard. On y voit aussi une chapelle (xvi* s.) transformée en grange
t. Des copies en plâtre de ces cheminées décorent le musée de NeuTchâtel.
DE NEÜFCHÂTEL A DIEPPE. [ROUTE 19
et dépendant d’une maison de la même époque, dont les cheminées offrent des sculptures grossières représentant des chasses.
Quand on a laissé à g. la route de Bures, on continue à longer la base de collines boisées.
11 kil. Usmoy, hameau de 197 hab., dépendant de la commune de Saint- Valery-sous-Bures. Le clocher et le portail de l’église peuvent remonter au xi* s. L’archivolte du portail est remarquable. La nef offre de jolies clefs de voûte ; la fenêtre du chevet est surmontée d’une belle rosace. Les piliers qui supportent le clocher sont ornés de chapiteaux variés.
12 kil. 500 met. Saint-Valery-sous- Bures, v. de 526 hab. L’église (xvi's.), souvent mutilée, ne sert plus au culte. Dans le cimetière se voit une colonne de croix, en grès (3 mèt. de hauteur) , ornée de sculptures finement travaillées et datant de 1550. — Mainlru, ham. de 109 hab., situé sur la rive g. de la Béthune, à 800 mèt.
de Saint-Valéry, dont il est une dépendance, offre, sur son territoire, un corps de ferme qui date de 1602 et dont les bâtiments sont dignes d’attention.
Au delà d’Épinay, on laisse, sur la rive g. de la Béthune, le bois de Dimont et le village de Ricarville (256 hab.) dont l 'église, du xni* s. (côté N. de la nef et portail O.) et du xvin*s., renferme des fonts baptismaux du xiu's. et un tableau (l’Assomption), copie d’un maître, donné par les anciens seigneurs.
15 kil. Sainl-Vaast-d’ Êquiqueville (529 hab.). On aperçoit à g. Freullevi lie (510 hab ), sur la lisière O. du bois de Pimont. Adr.,sur une colline (162 mèt. d’élévation), >e trouve le village de Saint- Jacques-d' Aliermont (304 hab.).
19 kil. Mevlers, v. de 464 hab., où un puits de plus de 300 mèt. fut ouvert de 1796 à 1806 pour trouver une couche de houille qui n'existait pas.
22 kil. Dampierre, v. de 352 hab.,
dominé par des collines boisées (château de Sénerpont).
A 1200 mèt. de Dampierre se détache, sur la dr., une route conduisant à (3 kil.) Saint-Nicolas-d’Aliermont (F. ci-dessous).
24 kil. Saint- Aubin-le-C au f, v. de 625 hab. , à la sortie duquel se voit un château qui n’a jamais été terminé. Le fronton porte la date de 1752. — La route côtoie la lisière O.
de la forêt d’Arques.
28 kil. Arques (R. 13).
34 kil. Dieppe (R. 13).
B. Par Croixdalle.
38 kil. — Route de voitures.
On suit, pendant 5 kil. environ, la route de Neufchâtel à Dieppe par Londinières (F. ci-dessous, C.), puis on traverse la forêt du Rellet qui a près de 10 kil. du N. O. au S. E. Au delà du Signal de Hellet (215 mèt ), on croise la route de Londinières à Bures.
13 kil. Croixdalle, v. de 407 hab.(197 mèt.), situé sur le plateau de 25 kil., qui s'étend entre les vallées de l’Eaulne et de la Béthune, si étroit qu’il n’a, en certains points, que 1000 mèt. de largeur. Une grande rue (la route que nous décrivons) parcourt ce curieux plateau sur presque toute sa longueur; elle est bordée de maisons, d’ateliers, de fermes, depuis Croixdalle jusqu’à Saint-Nicolas.
15 kil. 500 mèt. Sainte-Agathe , v. de 333 hab. L’église (xui* s.) possède une jolie piscine à double lancette, couronnée, dit M. l’abbé Decorde, par un quatre-feuilles découpé à jour, et des fonts baptismaux de la Renaissance.
20 kil. N otre-Dame-d' Aliermont, v.
de 523 hab.— On laisse à dr. un chemin qui va rejoindre, à Envermeu (3 kil. sur la dr.), la route de Neufchâtel à Dieppe par Londinières (F. ci-dessous, C.).
26 kil. Saint-Nicolas-d’Aliermont, v. de 1950 habitants agriculteurs et industriels, situé près de la forêt d’Arques Autrefois les évêques de
[R. 19] ST-NIGOLAS D’ALIERMONT. — LOND1NIÈRES. 199
Rouen y possédaient un magnifique manoir, aujourd’hui complètement détruit. L 'église (xin* et xvi* s.) offre un chœur remarquable et un grand nombre d’inscriptions obituaires. Les deux tiers des habitants de la commune de Saint-Nicolas-d’Aliermont s’occupent d'horlogerie et surtout de chronométrie. Les ateliers (1 million 200 000 fr. par an ; 150 000 kilog. de cuivre employés; salaire moyen de 3 fr. pour les ouvriers et de 1 fr. 50 c. pour les ouvrières) méritent une visite.
On traverse une partie de la forêt d’ Arques et l’on rejoint, à Archelles, la route de Neufchâtel à Dieppe par Bures (7. ci-dessus, A).
32 kil. Arques (R. 13).
38 kil. Dieppe (R. 13).