C. Par Londinières
41 kil. — Route de voitures.
La route s’élève par de nombreux lacets jusqu’à 180 met. sur le plateau que couvre la forêt du Heilet, et d’où elle descend dans la vallée de l’Eaulne. On laisse à g. Baillolet, et à dr. Clais , v. de 461 hab. (chapiteaux bizarres aux piliers du chœur de l’église ; curieuse pierre tombale).
13 kil. Fréauvtlle, v. de 273 hab., où l’on a découvert un graud nombre de pierres celtiques et des fragments de belle poterie rouge.
14 kil. Londinières, ch.-l. de cant.
de 1146 hab., joli bourg, traversé par plusieurs roules, et agréablement situé sur la rive dr. de l’Eaulne, dut jouer autrefois un rôle important, si l’on en juge par les débris de monuments dont le sol est partout jonché, débris qui ont enrichi les musées de Neufchâtel, de Dieppe, de Rouen, rie Caen et même de Paris. Londinières était traversé par une voie romaine allant de Dieppe à Beauvais. On a découvert, à plusieurs reprises, dans le bourg même ou dans les environs, des débris de toutes les époques.
Des fouilles, pratiquées sous la di-
rection de M. l’abbé Cochet, d’abord en 1847, puis en 1850, et enfin en 1852, ont fait découvrir près de quatre cents squelettes, îles deux sexes et de tout âge. « Les corps, dit M. l’abbé Cochet, étaient dans des fosses alignées N. et S., tandis qu’euxmèraes étaient orientés E. et O. La profondeur des fosses variait de 75 centimètres à 2 mèt. 11 y avait parfois plusieurs corps superposés ou placés côte à côte. Quelques-unes de ces fosses avaient été violées. Les corps étaient souvent enveloppés dans des matières noires qui ressemblaient à du charbon, ou plutôt à du bois consumé par le temps. Les vases étaient en terre et en verre seulement. Toujours ils étaient placés aux pieds des morts; rarement ils étaient plusieurs à la fois. La terre était grise, noire, rouge et blanche. Les vases noirs avaient reçu une couverte de graphite ou de plombagine; leur nombre s’est élevé jusqu’à 150. Les vases de terre ont à peine atteint le nombre de 10. Il y avait des ampoules et des coupes ; une de ces coupes était revêtue de filets de verre. » Les tombes renfermaient aussi des haches, des sabres, des couteaux rangés à la ceinture des squelettes, des ciseaux, des boucles d’oreilles, etc.
L’église de Londinières date en partie du xv' s. *>n y remarque une belle fenêtre à deux meneaux. Le chœur mérite surtout d’attirer l'attention.
La route, continuant à descendre la rive dr. de l’Eaulne. traverse les hameaux de Boisselel et de Béthencourt et laisse à g. ceux d'Épinay et de Boissay. Le portail de l’église de Boissay, autrefois église paroissiale, est surmonté d’un fronton de la Renaissance où Ton voit un buste de François I*r et deux salamandres.— On passe ensuite près des premières maisons de (19 kil.) Wanchy, v. de 724 hab., dont l’église, fort ancienne (porche de la Renaissance), offre de nombreuses traces d’architecture du xi* s.
DE NEUFCHÀTEL A DIEPPE.
21 kil. Douvrend, v. de 711 hab., aux environs duquel ont été trouvées des sépultures mérovingiennes.
Sur la dr., s’étend le bois de Farival. Sur la lisière de ce bois on aperçoit la ferme de ce nom, près du ham.
d’Auherville.
26 kil. Envermeu, ch.-l. decant. de 1343 hab., sur la rivedr. del’Eaulne, fut probablement, sous l’époque franque, un des points les plus importants de cette vallée. De l ancien château fort il ne subsiste plus qu’une motte désignée sous le nom de motte tin Cdtel, mais cette forteresse dut être puissante autrefois ; elle était encore occupée, au xi* s. , par de belliqueux seigneurs qui accompagnèrent Guillaume le Conquérant à la conquête de l’Angleterre.
En 1850, des ouvriers terrassiers, en travaillant à la route de Bolbec à Blangy, découvrirent, dans un champ appelé la tombe, de nombreux débris d’ossements humains. M. l’abbé Cochet a fait pratiquer dans ce champ et les terrains environnants plusieurs fouilles consécutives , notamment en 1851, 1852, 1853. 1854 et 1855. Le terrain a été exploré sur un espace de 80 mèt. rie long et de 40 met. de large ; il a fourni plus de 460 squelettes. Les squelettes d’hommes étaient accompagnés d’armes de diverses natures; ceux des femmes, de bagues, de colliers, de boucles d’oreilles, etc. Plusieurs de ces sépultures avaient été violées. « La direction générale des corps allait, dit M. l’abbé Cochet, à très-peu d'exception près, de 1 E. à l’O., mais l’orientation des pieds n’etait pas toujours la même. Presque tous les corps avaient été couchés sur le dos, la face vers le ciel. Quelques-uns seulement semblaient avoir été mis sur le côté, dans l’attitude du sommeil. Assez généralement les ossements étaient alignés régulièrement; cependant plusieurs paraissaient avoir été inhumés ployés ou assis. » Tous les tombeaux avaient été taillés dans la craie. Les
principaux objets trouvés dans les sépultures franques d’Envermeu consistent en vases de terre et de verre, de diverses formes, plateaux de cuivre, seaux ou baquets, haches, clefs en fer, en bronze, couteaux, sabres, ceinturons, boucles, plaques d’argent avec reliefs, ciseaux, chaînettes ou mailles de fer, bagues, bracelets en argent, en bronze ou en verre, styles en bronze ou en argent, fers de flèche. angons, médailles et monnaies franques, romaines ou gauloises, fibules ou broches, feuilles de vigne en émail cloisonné d’or, boutons émaillés, lances, colliers, boucles d’oreilles, défenses de sanglier, dents et mors de cheval, épingles à cheveux, etc.
On remarque aussi à Envermeu : de nombreuses traces d’établissements gallo-romains ; les restes du prieuré de Saint-Laurent, fondé en 1502; l’église Notre-Dame (xiv* s.), qui n’a pas été terminée, et dont les ornements intérieurs se font remarquer par leur délicatesse et leur élégance, et la chapelle Saint-GuiUain (xni* s.), au hameau de Brais.
29 kil. Bellenyrerillette, hameau dépendant de la commune de
30 kil. Bellengreville (426 hab.), village sur le territoire duquel se trouve le château de la Veauvaye, au hameau de ce nom.
On laisse à g. la forêt d’Arques et à dr. Sauchay (361 hab.), dont le hameau de Sauchay-le-Bas, que traverse la route, est une des dépendances. L'église de Sauchay, trop souvent remaniée, a conservé quelq ues parties d u xn* ou du xni« s. Le château est pittoresquement situé au milieu des arbres.
33 kil. Ancourt, v. de 485 hab., situé sur la rive g. de l’Eaulne. L'église, sans valeur architecturale, possède de très- belles verrières du xvx* s.
39 kil. Neuville, v. de 726 hab. (dans l’église, inscription du xvi* siècle).
La route d’Eu à Dieppe vient s’embrancher, à la sortie de Neuville, sur celle de Neufchàtel à Dieppe.
41 kil. Dieppe (K. 13).
[ROUTE 22] ENVERMEU. - ROUTE 20.