‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 167 sur 499 · MAGNY. — LE CHESNAY · texte numérisé non relu

MAGNY. — LE CHESNAY

était autrefois protégé par un château fort qu’Henri II brûla, en 1552, et dont il subsiste encore un fragment de tour et des débris de murailles enclavés dans une ferme qui couronne le sommet d’un coteau voisin.

[A g. se détache un chemin qui va rejoindre la route des Andelys à Etrépagny en passant par (1 kil. 500 mèt.) Forêt la-Folie, v. de 561 hab.]

20 kil. Movflaines, v. de 284 hab., au delà duquel on croise la route de Gisors à Gaillon (K. 26) près du moulin de Mouflaines (138 mèt.).

23 kil. Sainte- Marie-de-Vatimesnil.

25 kil. Vatime.mil (127 hab.).

29 kil. Étrépagny, ch.-l. de canton de 1663 hab., sur la Bonde, possédait encore, au xn* s., un manoir qui fut habité par Dagobert 1, Clovis II etBatilde, mère de Clotaire III. De hautes murailles d’enceinte, dont il ne reste pas de trace, l’entouraient autrefois.

V église , très-vaste, renferme quelques objets d’art, entre autres , dans une chapelle au S., une belle statue tumulaire du xiv* s. Sur la place voisine, se tient, tous les mardis, un marché important. Le théâtre et le prétoire de la justice de paix sont installes dans le local même de la halle.

[Voit, pour (10 kil.) Morgny, v. de 927 hab., par (7 kil.) Longchamps , v. de 576 hab., où se voient les ruines d’un château fort détruit au xv" s.]

On traverse le bois de la Hérannerie.

33 kil. Heudicourt, v. de 732 hab.

Le clocher carré, flanqué de contreforts, est la partie la plus ancienne de l'église. Le château, en briques, entouré de fossés, date de 1661.

35 kil. Sancourt, au delà duquel la route s’élève sur un plateau nu pour redescendre dans la vallée de la Levrière qui baigne à g. (500 mèt.) If atnneville, où l’on remarque un beau château à tourelles (xvi* s.).

Après avoir gravi les coteaux boisés qui bordent la Levrière à l’E., la

route parcourt un plateau élevi (173 mèt.) puis descend dans la vallée de l’Epte à (41 kil.) Bouchevilliers v. de 133 hab., franchit l’Epte et rejoint la route de Gisors à Gournay .

près du petit ham. de Comaillères.

Quand on a remonté pendant 500 mèt. la rive g. de l'Epte, on passe sur la rive dr. dominée par des bois et des coteaux pittoresques, puis on sort du départ, de l’Eure pour entrer dans celui de la Seine-Inférieure.

44 kil. Neufmarché, v. de 718hab., pittoresquement situé sur la rive dr.

de l’Epte. L'église, du style roman, a conservé un portail orné de curieuses sculptures mutilées. Neufmarché était jadis une place forte que défendait une forteresse redoutable construite en 1120 par Henri Ier, roi d’Angleterre, et dont il subsiste quelques débris. La maison d'école date de

A 1500 mèt. environ de Neufmarché, on laisse à dr. le hameau de Vardes qui possède des restes importants d’un château du xvm" s., autrefois entouré de fossés remplis d’eau. La route décrit un circuit vers l’E. pour se rapprocher de l’Epte dont elle s’éloigne près de Launay. Plus loin, se rapprochant de l’Epte, on entre dans Gournay par le faubourg de Paris.

51 kil. Gournay (hôt : du Nord, du Grand-Monaryue ) , V. de 3282 hab. , agréablement située dans la vallée de l’Epte, à 102 mèt., desservie par plusieurs routes, bien bâtie, entourée de jolis boulevards, était autrefois défendue par des murailles. Quatre portes, garnies de herses, y donnaient accès au xii" s. Le château, séparé de la ville par un pont dit pont Castel, avait trois portes; il était en outre défendu par de fortes murailles. Le château et les fortifications n’existent plus. De jolies promenades, en forme de boulevard, ont été établies sur les anciens remparts. Ces promenades, plantées d'arbres, portent le nom de grand et de petit boulevard. Au grand boulevard tient

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DE VERNON A GOÜRNAY.

un pavillon construit en 1778. Un pont, jeté sur l’Epte, vers le milieu du petit boulevard, porte le nom de pont des Planquettes. Un peu au-dessous de ce pont, l’Epte forme une jolie cascade appelée le Gouffre que Ion aperçoit très -bien du petit boulevard.

De 1060 à la Révolution, Gournay a été gouverné par vingt-sept seigneurs, dont le premier fut Renaud de Gournay, contemporain de Rollon, et le dernier Charles III, François-Frédéric de Montmorency-Luxembourg , maréchal de France. Gournay a soutenu plusieurs sièges, notamment en 1162, en 1174, en 1202, époque à laquelle la ville fut prise par Philippe Auguste, en 1589 (prise et pillage de la ville par les Ligueurs) et en 1591.

L’église Saint-Hildevert, monument historique du xiu* s., mérite la visite des archéologues. Le tympan du portail principal est orné (l’un bas-relief qui se développe au-dessus delà statue de saint Hildevert placée au fronton. Ce portail, récemment restauré, est flanqué de deux clochers carrés qui manquent d’élégance. A l’intérieur, la nef est séparée des bas côtés par des colonnes à chapiteaux curieusement sculptés (figures grotesques, végétations, oiseaux, cônes, entrelacs, animaux parmi lesquels plusieurs griffons, zigzags, etc.). Le chœur, orné de 30 à 50 stalles, est carrelé en pavés blancs et noirs. On peut signaler aussi, dans cet édifice : plusieurs bonnes peintures; un retable en forme de triptyque (le fond est une Mater dolorosa, les volets représentent une Descente de croix et une Assomption) ', une chaire en bois et les fonts baptismaux.

Sur la place du Marché s’élève une fontaine monumentale composée d'une pyramide reposant sur une base carrée (1780). — La dalle au beurre a été construite de 1821 à 1825. — On remarque enfin à Gournay quelques maisons en bois de la Renaissance, ornées de frises sculptées. — La pe-

tite bibliothèque publique de la ville compte 1500 vol. environ.

Les fromages et le beurre de Gournay sont justement renommés.

A 1 kil. environ de Gournay, sur la route de Paris, est la fontaine minérale de Jouvence. Une longue allée , plantée d'arbres séculaires, conduit à un petit pavillon. Les eaux sont ferrugineuses carbonatées. — A peu de distance de la fontaine, s’étend le bois de la Garenne entrecoupé de nombreuses allées et offrant aux promeneurs des paysages variés.

De Gournay à Rouen, R. 30 ; — à Paris, R. 14; — à Dieppe, R. 14.

Bxourslon 4 Saint-Germer.

La route de Gournay à Coudray-Saint- Germer dessert (7 kit. 500 mèt.) Saint- Germer, mais ce trajet n'offre rien d'attrayant; il vaut mieux, si l'on veut aller visiter Saint-Germer, prendre un chemin de grande communication qui côtoie la vallée de l’Epte jusqu'à 4 kil. de Gournay et 2 kil. environ de Saint-Germer.-

Saint-Germer, v. de 1053 hab., situé dans une fertile vallée et dominé par des hauteurs d’où l’on découvre une belle vue, a dû son importance et sa célébrité à une abbaye de Bénédictins, fondée en 650 par saint Germer, brûlée en 851 par les Normands, et rebâtie en 1036 par Drogon, évêque de Beauvais. L'église fut construite au commencement du xn* s. La Sainte-Chapelle date de 1259. Vers l’an 1380, les deux tours • et le portail de l’église furent rasés par la garnison de Beauvais. L’abbaye tomba en commende en 1536, et, en 1644 ', un des abbés commendataires établit dans l'abbatiale un collège pour les gentilshommes pauvres de la contrée, l a chapelle, l’église, l’abbatiale, une partie des bâtiments claustraux, quelques pans des murs d’enceinte, flanqués de tourelles, existent encore.

l. L’abbé Prévost, auteur de Manon Lescaut, a été abbe de Saint-Germer.

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