DE ROUEN A FORGES-LES-EAUX. [ROUTE
petit cimetière d’où l’on découvre un splendide panorama. Le regard plane sur une immense étendue de prairies entourées de haies élevées, plantées de pommiers, etau milieu desquelles paissent de nombreux troupeaux de boeufs.
L’église n’offre du reste aucun intérêt architectural. Derrière se voient encore quelques vestiges d’une antique forteresse, au sommet d'une motte élevée d’où l’on jouit' d’un magnifique point de vue sur le Beauvaisis. De l’église de la Ferté on descend au hameau de Saint - Samson par un petit chemin qui aboutit au S. E. du cimetière, et qui rejoint la route d’Argueil, en face d'une motte (137 mèt.) qui s'appelle encore le Moniaux -Fourches , parce que c'était là qu’étaient dressées jadis les fourches patibulaires de la Ferté. — L’église de Saint-Samson , aujourd’hui simple chapelle (demander la clef au maire qui demeure sur le bord de la route, au centre du hameau), est gracieusement située au pied d'un coteau et sur le bord d’un petit ruisseau qui serpente devant la porte principale. Le portail et la nef datent du xnie s., mais le chœur ne remonte qu’au commencement du xvi". On remarque, à l’intérieur de ce petit édifice, profondément enfoncé dans le sol : les fonts baptismaux (8 colonuettes) ; plusieurs vieilles statues, entreautres celles de saintAntoine et de saint Eustachequi sont fort curieuses; un petit bas-relief, en pierre, qui parait très-ancien, et, dans le chœur, le tombeau d’Antoine Bovillon, vicaire do la paroisse, mort le 8 janvier lü‘23. — L’église est précédée à l’O.
d’un petit cimetière couvert de hautes herbes, de pierres tombales et de croix en bois ollrant de nombreuses inscriptions parmi lesquelles nous avons relevé la suivante :
« Ici repose le corps de Marie-Nicole Uoudet, née à Sigy, l'an 17U4, décédée à Saint-Sam -on, le vo novembre tsu3, alaut sur sa 7 o* année; elle fut boue épouse et bune mère de famille, ayant beaucoup de
naturel et d’amitié pour son prochin; elle est regretée de la famille et aussi des pauvres, car elle leurs fesait de fréquantes omîmes, toujours en l’honeur de J. S. C. et de ses membres. » (ici sont figurées deux mains dont l’une laisse tomber une pièce d’argent dans l'autre). « Ce qué j’ai dépencè je l’ai perdu; ce que j'avais je l’ai quitéà d’autres, mais ce que j’ai cloné est ancore à moi. »
Au delà de Saint-Samson, la route, inclinant au S. O. , descend à
9 kil. Argueil (hôt. de Rouen, sur la route), ch.-l. de c. de 500 hab, sur un petit affluent de l’Andelle, dominé à l'E. par le Mont -Sigy, au S. par le Moût -Sauveur (203 mèt.) tout couvert de bois, est bâti dans une charmante vallée qui offre de jolis points de vue et de belles promenades. Le château, entouré de belles pelouses, est précédé à l’E.
d’un parc magnifique. La façade principale, flanquée de deux tourelles terminées par une pyramide, est percée de grandes fenêtres à meneaux de pierre. L 'église, petit édifice moderne, sans intérêt architectural, renferme : le tombeau (chapelle des ionts, à dr. en entrant) de Marie-Élisabeth d’Auneuil, décédée le 20 novembre 1 808 ; deux grands tableaux en relief, sur bois; un bel autel en pierre, orné de sculptures et des verrières modernes. Au N. de l’église , s’étend une place au milieu de laquelle s’élève l’hôtel de ville dont le rez-dechaussée est occupé par la halle.
D’Argueil à Vascœuil, R. 3o.
Le chemin d’Argueil à Sigy longe pendant 2 ou 300 mèt. la rive dr. de la vallée, puis s’élève à dr. sur le flanc nu de la montagne de Sigy. On trouve, à mi-côie, un petit calvaire rustique d’où l’on peut monter au sommet de la montagne (184 mèt.) qui offre une très-belle vue sur les vallées d’Argueil et de Sigy dominées par d’épaisses forêts. De là, on descend à (2 kil. 500 mèt.) Sigy, v. de 720 hab., admirablement situé sur la rive dr. de
ARGUEIL. — SIGY.
l’Andelle, au milieu de vertes prairies entrecoupées de bouquets d’arbres.
De l’abbaye deSigy, fondée vers le milieu du xi* s. , par les seigneurs de la Ferté, il subsiste l’église, joli monument rural de la fin du xiT s., qui était it la fois église couventuelle et paroissiale. Le portail principal, orné de tores, appartient au style ogival primitif. A g. de la porte, dans une niche, se voit un Christ garrotté, en pierre, qui paraît très- ancien. Le vaisseau est très-simple, mais le chœur offre un magnifique spécimen de l’architecture du xuc s. Huit arceaux soutiennent la voûte dont la clef est ornée d'une peinture qui représente un écusson d'azur portant lion d'or et trois roses d'argent. On remarque, à l’intérieur de l'église: une pierre tombale avec ur.e inscription illisible, sous la grille du chœur; quelques chapiteaux sculptés; une rangée de 6 tètes fantastiques, de chaque côté de la nef; et, à dr. du maitre-autel, une très-curieuse statue équestre de saint Martin, avec un chapeau à larges bords et une perruque à la Louis XIV. — Au S. de l’église se voit un colombier qui passe pour avoir fait partie des constructions de l'ancienne abbaye. — M. l’abbé Cochet a découvert des sépultures franques sur plusieurs points du territoire deSigy, notamment dans le jardin, de l’école des filles et dans le cimetière actuel.
Sigy est relié à Forges par une jolie route qui remonte la vallée de l’Andelle dominée, de tous côtés, par des coteaux boisés; cette route passe par (3 kil.) Rouvray, y. de 336 hab.
Il reste encore une aile de l’ancien château de Rouvray dont l'étang et les fossés ont été comblés. Les bords de l’Andelle offrent partout de jolis paysages. On rejoint, près de l'établissement des eaux minérales, la route de Dieppe qui entre dans le bourg de Forges par une large rue, en pente, bordée de jolies maisons.
De Forges à Paris et à Dieppe, R. 14.