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DE BOLBEC A LILLEBONNE

8 kil. — Route de voitures. — Voit, de corresp. — 3 départs par jour. — Prix unique, 80 c.

La route descend la rive g. de la rivière de Bolbec, 'à la base d’une chaîne de coteaux boisés, entrecoupés de petits vallons, d’un aspect pittoresque. — On traverse (2 kil.) Gruchet-le-Valasse, v. industriel de 1463 hab. Les bâtiments modernes de l’abbaye de Valasse ou abbaye du Vœu, de” l’ordre de Cîteaux (hommes) , ont été transformés en usine ; on y remarque seulement une petite tourelle du xiv* ou du xv” s., entièrement recouverte de lierre. Cette abbaye, fondée en 1156, fut saccagée par les Calvinistes en 1562 et supprimée à la Révolution. Au delà du Val-Horrible, on passe au ham. du Becquet, puis on rejoint l’ancienne route d’Yvetot.

8 kil. Lillebonne (hût. du Commerce), V. de 5126 hab., pittoresquement située dans la jolie vallée de la rivière de Bolbec, à 5 kil. de la Seine, au pied de coteaux bo sés, était autrefois la capitale des Calètes (pays de Caux). Quelques auteurs ont prétendu que César la détruisit complètement et qu’Auguste, l’ayant fait rebâtir, la nomma Juliobona, .en l’honneur de sa file Julie. «A Sequana « fluvio tenent Caletæ quorum civi- * tas Juliobona » écrivait Ptolémée au a” s. (à la Seine, commence le pays des Calètes, dont la capitale est Juliobona) , « Pour retrouver le nom de Lillebonne, à partir du géographe Ptolémée, il faut, dit M. Deville (Voir sa notice sur Lillebonne, Bulletin monumental, 23“ vol.), franchir deux siècles et demi et descendre à l'Itinéraire dit d’Antonin, dont l’auteur écrivait dans la seconde moitié du iv” s. A défaut des historiens, force est de recourir aux géographes. La carte de Peutinger (années de J. C.

379-395) montre la position et le nom de Lillebonne ; ce nom disparaît quelques années après dans les notices géographiques des Gaules, publiées sous Honorius. » Les barbares ravagèrent Lillebonne, puis Constantin III (M. Deville l’a démontré par l’étude des ruines du théâtre qu’il a fouillées et étudiées pendant 10 années) fortifia ce qui restait de la ville détruite avec les débris de ses monuments publics. A dater de ce moment, elle ne fut plus qu’un simple castellum presque abandonné en 737, jusqu'au jour où Guillaume le Conquérant y fit élever un château fort, dans la grande salle duquel il dévoila, pour la première fois, aux barons normands, son projet de conquérir l’Angleterre.

Lillebonne était le point de départ de nombreuses voies romaines dont on retrouve encore les traces. Ces voies allaient : de Lillebonne à Harfleur ; à Rouen ; à Paris par Caudebec; à Ëvreux; à Dreux; à Eu;

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