ROUTE 42] LA BOUILLE
chent, dit M. J. Morlent; elles viennent tomber brusquement dans la Seine, et l’intervalle qu'elles laissent entre elles forme une infinité de vallées qui s’élargissent au sommet et se couvrent d’arbres et d’arbustes. » Le hameau de la Fontaine, situé sur le bord même de la Seine, au point où débouche un petit vallon , possède quelques débris d’un ancien édifice connu sous le nom de chapelle Sainte- Anne, et dont il subsiste une chambre renfermant une curieuse cheminée.
Les rochers servent d’habitation à un certain nombre de familles qui se sont établies dans des groltes creusées par la nature ou par la main des hommes.
I/une de ces roches, peu éloignée de Duclair, affecte les formes les plus fantastiques; connue dans le pays sous le nom de Chaise ou Chaire de Gargantua, elle a été l’objet de plusieurs poèmes légendaires.
La Seine baigne, à dr., Duclair (R. 43) où elle reçoit la rivière de Sainte-Austreberthe, au delà de l’embouchure de laquelle se montre, du même côté, le château du Taillis (R. 36). La forêt de Jumiéges se prolonge jusqu’au Mesnil-sous-J umiéges (R. 43). Presque en face du Mesnil se trouve Yville-sur-Seine (rive g.), v. de 453 hab., dont le château est adossé à un charmant coteau couvert de bois.
Le fleuve qui, à partir de Duclair, a coulé au S., décrit, avant de couler au N., une forte courbe à la Roche, à la base de charmantes collines boisées, dont l'une est couronnée par le château du Lendin qui jouit de délicieux points de vue.
Au delà du v. du Lendin (27 1 hab.), situé dans le départ, de l’Eure, la Seine longe la lisière E. de la vaste forêt de Bretonne qui s’élève en amphithéâtre, et que la Convention appela foret de VU ni té -Nationale.
Sur la rive dr. apparaissent, au milieu des peupliers qui les entourent, les belles ruines de Jumiéges (R. 43) ; plus loin se montrent Yainville (R. 36),
- VATTE VILLE. 249 '
et le Trait (636 hab.), sur la lisière O., de la forêt de ce nom (309 hect.). La Seine, qui s’élargit, forme à tous les angles de son cours des anses et des golfes. La marée s’y fait sentir avec force; elle soulève des vagues écumeuses qui se brisent contre les rives.
Au delà du bac de la Mailleraye et de Guerbaville (R. 45) , on laisse à g.
le v. de Notre - Dame -de- Dliquetuit (547 hab.), précédé d’un joli petit château et dont l’église (xie s.), remaniée au xvrc s., offre : un chœur orné d’une belle rosace ; une cuve baptismale du xn* s. et quelques peintures à fresque. Du même côté, mais un peu plus loin, en face du vallon de Saint-Wandrille, se montre Saint-Nicolas - de -Bliquetuit , v. de 416 hab. (église du xi* s., remaniée au xvnc).
Les coteaux de la rive dr., de plus en plus élevés, de plus en plus boisés, décrivent une courbe gracieuse au fond de laquelle se montre Caudebec (R. 37). La Seine offre, sur ce point, ses plus charmants et ses plus grandioses paysages ; mais elle y est souvent terrible, et les ravages incessants que la barre cause à ses rives, toujours menacées, ont nécessité la construction de fortes digues.
A peine a-t-on dépassé Caudebec qu’on aperçoit, à la base d’une colline boisée, la petite chapelle de Barre- Y-Va (R. 37), une délicieuse villa (la villa Roulleau), puis Villequier, son beau château et son admirable parc (R. 37). Sur la rive g. se trouve Vatteville, v. de 1041 hab., ancien fief du château de la Mailleraye, et dans les environs duquel ont été découverts de nombreux débris gallo-romains, tels que : restes de villas, hypocaustes, pavés, mosaïques, statues, etc.
L 'église, flanquée d’une grosse tour carrée et ornée de très-beaux vitraux bien conservés , renferme une jolie tribune de pierre (style de la Renaissance) adossée au portail. On remarque aussi à Vatteville une chapelle romane convertie en grange.
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DE ROUEN AU HAVRE
A l’extrémité de la forêt de Bretonne, sur la rive g., les regards sont attirés par le v. d’it'xt'er (208 liab.) dont on aperçoit la vieille église romane surmontée d’un beau clocher roman, et par Vieux-Port (278 liab.), où l'on remarque une jolie petite chapelle ombragée par un if gigantesque.
Sur la rive dr., à 3 kil. environ de la digue, s’étend une ligne de coteaux boisés que domine l’élégant clocher de Norville (723 hab.), classé parmi les monuments historiques. Ce clocher, un vies plus beaux de l’arrondissement du Havre, paraît dater de la fin du xve s. C’est un corps carré, en pierre, élevé sur la croisée de l’église. « La tour, dit M. l’abbé Cochet, est percée de quatre ogives à deux compartiments avec remplissage de flammes. Une balustrade de quatrefeuilles aigus entoure le sommet. Les contre-forts qui soutiennent les angles sont terminés par des clochetons malheureusement mutilés par les vents.
Des arcs-boutants jaillissent de leur sein et vont soutenir la pyramide octogone dont la base est à jour. Cette base aérienne est d’un très-bel effet. » Le reste de l’église paraît dater de la même époque que le clocher. La porte méridionale est encadrée par une belle ogive garnie de crochets. Le portail principal offre d’élégants contreforts et des niches vides décorées de socles et de dais finement sculptés. Ou remarque l’élégance de la voûte de la nef, « qui parait suspendue en l’air, » dit M. l’abbé Cochet.
A 2 kil. de Norville, du même côté, se trouvent Saint- Maurice -tf L'Ielan (341 hab.) et Petit-Ville (370 hab.).
Saint-Maurice d'Etelan possède les restes d’une ancienne église abandonnée au xvi* s., et une église du xv", dans laquelle on remarque : le joli reliquaire de saint Maurice (de nombreux pèlerins visitent cette église; ls invoquent surtout saint Maurice pour les douleurs rhumatismales); les verrières et les ogives du chœur; le tabernacle du maître-autel, décoré de
colonnes torses de la fin du xvu* s., et le pavage de la nef, composé de plusieurs pierres Lombales. — Le château d’Élelan (xv* s.) mérite la visite des artistes. On remarque surtout, à l'extérieur, de curieuses gargouilles, en pierre, portant le collier de l’oidre de Saint-Michel et de belles lucarnes ogivales rappelant, suivant M. l’abbé Cochet, celles du château de Blois, du palais de justice de Rouen, ou de 1 hôtel de ville de Louvain. — La chapelle du château, bel édifico de la fin du xv' s. ou du commencement du xvr, offre : d'élégants contre-forts; des vitraux remarquables; un curieux pavage en terre cuite, composé de petits carrés couverts d’armoiries; un joli bénitier orné de fines dentelures de pierre; des lambris en bois de chêne, séparés par des contre-forts à pinacle, et couronnés par des dais finement sculptés; des fresques sur les murs de l’abside; des statues et des groupes en pierre, etc.
Au delà de Vieux-Port, la Seine canalisée coule au N. 0., et l’on aperçoit, sur sa rive g., la ville de Quillebœuf (R. 47). Souvent , lorsque la mer est basse, et la marée faible, les navires s’arrêtent entre Villequier et Quillebœuf, pour attendre le revif, c’est-à-dire une haute marée. Les pilotes de Villequier conduisent jusqu’à Quillebœuf les navires qui remontent.
Les pilotes de Quillebœuf, divisés en deux classes, les maîtres et les aspirants, sont chargés de conduire au Havre et de ramener à Quillebœuf les navires qui remontent ou descendent la Seine. Quand on est arrivé à la hauteur de Quillebœuf, on voit se dérouler devant soi un immense horizon borné, de chaque côté, par une chaîne de collines boisées.
A 10. de Quillebœuf s’étend une immense plaine marécageuse appelée Maris-Vernier et dans laquelle se montre le village de ce nom (544 liai).). Plusieurs essais ont été tentés pour assainir cette vaste étendue de marais, qui forme un demi-cercle, depuis la