PAR LA ROUTE DE TERRE
87 kil. — Route de voitures.
L^l route de terre sort de Rouen par l'avenue du Mnnt-lliboudet et après avoir, au delà de l’embouchure de la rivière de Cailly, laissé à dr.
Bapeaume (R. 1), gravit la longue côte de Canteleu (R. 1), du haut de laquelle on découvre une magnifique vue. On traverse ensuite la forêt de Roumare pour descendre dans la vallée de la Seine à
12 kil. Saint -Martin-de- Roschervitle, v. de 880 hab., qui a conservé de magnifiques restes (l’église et la salle capitulaire) de l’abbaye de Saint- Georges de Boscherville, fondée au xu* s., par Guillaume de Tancarville. L’église, qui est intacte, et dont le portail a conservé sa blancheur primitive, fut bâtie par Raoul de Tancarville, comme le constate l’inscription suivante, gravée sur une plaque de marbre, par les soins de la Société française d'archéologie:
« Par la pieuse munificence de Raoul de Tancarville, grand chambellan de Guillaume II, dit le Conquérant, duc de Normandie, cette église a été construite entre les années lor.o et U>66. Laus Deo. Pax vivis. Rcquies defunctis. »
Au-dessus de cette épitaphe se voit l’écusson des Tancarville.
On remarque, à l’extérieur, le portail dont la porte circulaire est ornée de moulures en zigzags, et surmontée de deux rangs de fenêtres à plein cintre. De chaque côté du portail, se d resse une tou r carrée que couronne un campanile; les fenêtres laissent entre-
DE ROUEN AU HAVRE
voir l'arcade ogivale dans sa naissance. Au-dessus des transsepts, s’élève une tour, dont la base forme lanterne au centre de la croisée, et dont la flèche octogonale, en charpente, a 27 mèt.
de hauteur. A l’intérieur de l’édifice on remarque avec intérêt : les absides circulaires; la voûte de la nef; le chœur (restauré il y a quelques années) ; les deux tribunes qui terminent les transsepts et les curieux médaillons qui en décorent les balustrades ; les peintures murales (xii* et xvn* s.) , bien conservées, du transsept méridional, et quelques sculptures, dignes d’une sérieuse visite. Cette belle église a 66 mèt.
90 c. de longueur, sur 19 mèt. 49 c.
de largeur ; elle se compose de trois nefs parallèles, de la même longueur, et de deux plus courtes. La voûte de la nef paraît avoir été remaniée au xm‘ s.
Les murs de l’église laissent voir, au N., à mi-hauteur des arcades, les corbeaux qui soutenaient le cloître primitif. Le cloître du xv° s. a conservé quelques piliers.
La salle capitulaire, monument historique, est ornée d’une charmante corniche qui règne tout autour; les peintures des voûtes et des arceaux sont dans un bon état de conservation.
A l’entrée de cette salle, trois arcades, délicatement sculptées, sont supportéea par des colonnes dont les chapiteaux sont chargés de groupes de sculptures figurant des scènes de l’Ancien Testament. Les restes des bâtiments claustraux datent du règne de Louis XIV.
De l’ancien clos des moines, àl’E.
de l'église, on découvre une belle vue sur l’ensemble des constructions de l’abbaye et sur la vallée.
La route longe la rive dr. de la Seine, au pied de coteaux boisés qui portent le château de Belley et le village A'Uénouville.
20 kil. Duclair (hôt. : de Rouen; — des Trois Piliers, propre), ch.-l. de cant. de 1802 hab., petit port de relâche, agréablement situé
sur la rive dr. de la Seine, près de l’embouchure de l’Austreberthe, est composé d’une longue ligne de maisons, dont les blanches façades ont vue sur le quai. Ces maisons s’appuient à des falaises blanchâtres qui, pour la plupart, affectent des formes étranges. Les aloses de la Seine, aux environs de Duclair, sont recherchées des gourmets.
L’église offre, à l’extérieur, un joli portail de la Renaissance, un chevet droit, à trois pignons, des premières années du xive s., et un clocher roman adossé au chœur et reposant sur des faisceaux de colonnes romanes. A l’intérieur (3 nefs ogivales) , on remarque quelques statues, parmi lesquelles celle de la Vierge, attire surtout l’attention; une tombe du xvii* s., un fragment de bénitier de la Renaissance, creusé dans uu chapiteau corinthien, des vitraux et des bas-reliefs de la fin du xvc s.; des colonnes antiques ornées de curieux chapiteaux de marbre, provenant, sans doute, de quelque édifice galloromain. Le plus beau de ces chapiteaux (1 mèt. 80 c. ou 2 mèt 10 c.
de hauteur, 33 c. de diamètre) surmonte un fût de marbre rouge.
Sur la côte de Duclair, où se trouve aujourd’hui le cimetière, et que l’on désigne sous le nom de Catel, se voient les traces d’un Castellum romain ou d’un Castrum établi par les Francs.
— Des ouvriers terrassiers ont découvert, en 1864, près du bourg, uu soldat franc enseveli avec ses armes.
De Duclair à Barentin, R. 36.
A3 kil. de Duclair, près du château du Taillis, la route, coupant presque en droite ligne l'extrémité N. de la vaste péninsule que forme la Seine, laisse à g. deux chemins qui conduisent par Yainville (R. 36) à (3 kil.) Jumiéges (petite auberge peu approvisionnée) v. de 1602 hab., trèsagréablement situé près de la rive g.
du fleuve.
Jumiéges doit son origine au mo-