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ET A MARLY

Le Château de la Malmaison, situé à i kil. de la station de Rueil, sur la g. de la route de Rueil à Saint-Germain, avait , depuis sa fondation , changé

bien souvent de propriétaires et était devenu une des plus belles villas des environs de Paris, lorsqu’il fut vendu, en 1782, comme, propriété nationale.

M. Lecouteux de Canteleu, qui fut depuis sénateur, l'acheta à cette époque; mais, en 1798, il la vendit à Joséphine Beauharnais, qui l'agrandit en l’embellissant. Après le divorce, Joséphine conserva la Malmaison, qu’elle continua d’habiter. En 1814, elle y reçut la visite des souverains alliés. Le 26 mai, elle y fit une promenade en bateau avec l’empereur Alexandre, sur l’étang de Saint-Cucufa. Le soir même une angine gangréneuse se déclara, et trois jours ajjrès elle rendait le dernier soupir.

Quand Napoléon eut abdiqué, après avoir perdu la bataille de Waterloo, il se retira à la Malmnison, qui, depuis la mort de Joséphine, appartenait à ses enfants, Eug’ ne et Hortense. Le 25 juin, il y adressa à son armée une proclamation que Fouché refusa d’insérer au Moniteur. Alors il chargea le duc de Rovigo d aller activer à Paris l’envoi des passe-ports et des ordres nécessaires à son départ ; mais sa pensée variait à chaque instant.

« Tantôt, dit M. Ach. de Vaulabelle, il démontrait la nécessité, pour la France et pour lui, de retirer son abdication, de ressaisir son épée; puis on l’entendait faire des plans de retraite et s’arranger une existence de profonde solitude et de repos....» Le 29, il se vit forcé de prendre un parti; les Prussiens s’avançaient sur la rive gauche de la Seine, entre Argenteuil et Chatou. A cinq heures et demie, le général Becker se présenta. « Sire, tout est prêt, » dit-il à Napoléon. L'Empereur venait de revêtir un costume de ville (un habit marron) ; il prit un chapeau rond posé sur un secrétaire, et, précédé du général, traversa le vestibule pour entrer dans le jardin.

Son attitude- semblait calme. En revanche, les soldats placés sur son passage pleuraient. Arrivé dans le pare, il s’arrêta, pressa dans ses bras

la reine Hortense, et embrassa chacune des personnes présentes. Toutes éclataient en sanglots. Lui-même, en ce moment, était profondément ému, et ce n’était qu’au prix de visibles efforts que sa contenance et sa voix restaient fermes. Après avoir fait quelques pas pour s’éloigner, il s’arrêta encore, et recommanda à tous le courage et l’union ; puis, attachant un long regard sur cette demeure qu’il quittait pour jamais, sur cette fille d’adoption, sur ces quelques soldats, humbles et fidèles compagnons qu’il ne devait plus revoir, il adressa, de la tête et de la main, un éternel adieu, et s’enfonça, à pas rapides, dans une des allées du parc, où l’attendait sa voiture.

Quelques jours après, les Anglais et les Prussiens pillaient et saccageaient la Malmaison.

Sous la Restauration, le prince Eugène fit revendre les terres que Joséphine avait ajoutées à l’ancien parc de M. Lecouteux. Les arbustes, les plantes rares, la galerie de tableaux. furent vendus ou transportés à Munich. En 1826, M. Haguermann acquit le château et le parc, qu’il conserva jusqu’à sa mort (1842) et qui, après avoir appartenu à la reine Christine, viennent d’être rachetés par l’empereur NapoléonlII. On montrait, dans le château: un billard orné de panoplies; la salle des maréchaux; la chambre à coucher de Joséphine; le grand salon, dont la cheminée en mosaïque est un cadeau du pape ; et, dans le parc : un petit pavillon oiï l’Empereur travaillait; la fontaine de Joséphine; le temple de l’Amour, décoré d’un Amour en marbre blanc, et une chapelle construite parla reine Christine.

Les terrains que Joséphine avait ajoutés au parc primitif, et qui en ont été détachés depuis, se sont divisés par lots et couverts d’habitations particulières.

Four la description détaillée des environs de Rueil et de la Malmaisou,

[Route 46] la malmaison. — bougival.

Buzenval, Saint-Cucufa, etc., V. les Environs de Paris illustrés, ou les Guides de Paris à Saint-Germain et de Paris à Versailles, par A. Joanne ; Hachette et Cie.

En allant de Malmaison à Bougival on passe au pied du coteau qui porte la Jonchère, dont les débris forment plusieurs propriétés.

Bougival (restaurant de l’Union; Pascal-Souvent et Lambert Caudron, traiteurs ; — Hestaurant Durocher , dans l'ile ; — François, loueur de chevaux et de voitures, près du pont), b. de 2104 hab., est fort agréablement situé (4 kil. de la station de Rueil, 2 kil. de la Malmaison), sur la route de Paris à Saint-Germain, en partie le long de la rive g. de la Seine, en face de l’tle de la Chaussée, en partie au fond et sur la pente d’un petit vallon latéral. 11 doit son nom aui cavités qu’y forme l’exploitation de ses carrières de craie ou de pierre tendre : boi et bog signifiant, dit Lebœuf, des cavités. Sa partie la plus ancienne est le hameaq de la Chaussée, qui s’appelait autrefois Charlevanne. 11 eu est question dans un diplôme de Louis le Débonnaire. Du reste, son histoire n’offre aucun intérêt. En 1683, ses seigneurs vendirent leur terre à Louis XtV.

11 y a vingt ans, Bougival était peu fréquenté des Parisiens ; quelques paysagistes, attirés par la beauté des bords de la Seine et des environs, commencèrent à le faire connaître.

Une petite colonie de peintres vint, pendant la belle saison, s’y établir dans une auberge qu’elle faillit rendre célèbre, l’auberge de M. Souvent, sur le quai ; elle y trouva non-seulement un abri, mais un atelier et une nourriture saine et abondante, à des prix alors très-modérés. Aux artistes succédèrent les canotiers, et maintenant le chemin de fer amène chaque dimanche à Bougival un grand nombre de promeneurs.

Bougival possède des carrières Je

craie et des fabriques de chaux hydraulique et de blanc d’Espagne.

L’église (mon. hist.) s’élève à l’extrémité du village, dans une position pittoresque, sur une colline exposée à 10. On y arrive, de ce côté, par des escaliers. La façade en a été récemment restaurée. Le clocher et le chœur datent du xn* s. La chapelle de dr. contient des fonts baptismaux de la Renaissance. Signalons aussi un hôtel construit pour Gabrielle d’Estrées. M. Odilon Barrot, M. le docteur Ségalas, Mme Jameson, Mme Staub et M. Seydoux possèdent à Bougival de jolies maisons de campagne.

Un beau pont, inauguré en 1864, relie Bougival à Croissy et à Chatou (F. ci-dessous).

A 1 kil. 500 mèt. de Bougival, à g. de la route de Saint-Germain (1200 mèt. environ), se trouve le v. de Louveciennes (919 hab.), bâti à 125 mèt. d’altit., sur le penchant d’un coteau de la rive g. de la Seine. C’est un des plus charmants villages des environs de Paris. L’air y est sain :

de nombreuses sources l'arrosent : on y découvre des points de vue magnifiques sur la vallée de la Seine et le vallon de Bougival ; tous les chemins qui y aboutissent sont de délicieuses promenades. Au N. , on peut descendre au bord de la Seine; au S., le bois Brûlé offre d’agréables ombrages; à l’O., se dresse l’aqueduc de Marly ; à l'E. , s’étendent les belles châtaigneraies de la Celle-Saint-Cloud. Aussi, Louveciennes possède-t-il de nombreuses maisons de campagne.

Louveciennes est un village fort ancien. Au xi” s., on appelait Vons Lupicinus, la colline sur laquelle il est bâti. L’abbaye de Saint-Denis le possédait déjà en 862.

L’église, consacrée à saint Martin, surmontée d’un atfreux petit clocher moderne, bâtie en partie au xur et au xive s., reconstruite en partie depuis à diverses époques, se compose d’une nef et do deux bas-côtés. Les

trois fenêtres de la rose ont été récemment restaurées et ornées de vitraux de couleurs. — L’autel consacré à sainte Geneviève est orn£ d’un tableau ( Sainte Geneviève) peint par Mme Lebrun. — Un édifice assez considérable, récemment construit sur la place à côté de l’église, contient la mairie et les deux -écoles.

Au sommet de la colline, près de la tour de l’aqueduc, se dresse un château qui a appartenu dans l’origine à Mme la princesse de Conti et qui a depuis changé souvent de propriétaire. — On a donné aussi le nom de château à la belle propriété dont la grille s’ouvre sur la place de l’église, et qui, après avoir appartenu au maréchal Magnan, vient d’être adjugée, sur enchère, à Mme Dierickz. Du reste, les belles propriétés sont nombreuses à Louveciennes. Nous citerons surtout celles qui appartiennent à M. Tavernier, ancien marchand de soieries, et à M. Werner (cette dernière offre de magnifiques ombrages), et enfin le château de Prunay, situé à mi-côte, près de la machine de Marly/Le pavillon, construit sous Louis XIV, par l’architecte Ledoux, pour Mme Dubarry, a été défiguré par des restaurations récentes. Sa belle terrasse à l’italienne a été remplacée par un affreux toit. Une seule de ses façades a conservé son portique.

C’est sur le territoire de Louveciennes, au hameau de Voisins (15 ou 20 min. de la machine de Marly), que commence l’aqueduc de Marly.

qui attire de si loin les regards des promeneurs, au sommet de la colline boisée qu'il couronne. Cet aqueduc, construit sous Louis XIV, pour porter à Versailles l’eau de la Seine, se compose de 36 arches ; il a 643 mèt. de longueur et 23 mèt. d’élévation. Il est construit en pierres brutes.

De Bougival, le chemin de fer américain, continuant à longer la Seine, gagne Marly-la-Machine, petit hameau situé sur la rive g. du fleuve, où fut établie, sous le règne de

Louis XIV, par le Liégeois Hennequin, une machine immense qui mettait en jeu 221 pompes et devait faire monter les eaux de la Seine à la hauteur de 154 mèt. sur l’aqueduc de Marly. Cette machine, qui avait coûté plus de 8 millions, commença à fonctionner en 1682. Comme son produit décroissait à mesure que les frais d’entretien augmentaient, elle fut remplacée, en 1826, par une machine à vapeur de la force de 60 chevaux, commencée en 1812. Cette deuxième machine a fait place depuis quelques années à une machine nouvelle exécutée d’après les plans de M. Dufrayer, et qui a six roues hydrauliques à aubes planes. Chaque roue (12 mèt. de diamètre) fait marcher 4 pompes (en tout 24 pompes, au lieu de 253 dans l’ancien appareil). « Chaque pompe refoule l’eau dans deux tuyaux parrallèles qui l’amènent à un réservoir d’air placé verticalement à la suite du corps de pompe, pour imprimer, par une pression intérieure constante de plusieurs atmosphères, une régularité suffisante à l’écoulement de l'eau dans les tuyaux ascensionnels.

Ces tuyaux sont installés à ciel ouvert le long du coteau de Marly ; ils arrivent au sommet et entrent sous terre pour aller de là rejoindre l’ancien aqueduc qu’ils suivent jusqu’aux réservoirs, d’où la pente conduit naturellement l’eau à Versailles.

« Chaque roue, attelée à 4 pompes horizontales, peut élever par heure un volume d’eau de 130000 litres; et, par conséquent, les six roues travaillant simultanément doivent fournir par heure 780 mèt. cubes d’eau {Gazette des Vaux). »

Peu de temps après avoir dépassé (à g.) le château de Prunay, on atteint, en suivant la rive g. de la Seine, le village de Port-Marly (531 hab.), situe à 1500 mèt. environ de la machine de Marly, 2 kil. de Louveciennes, 2 kil. 1/4 de Bougival,

1 kil. 3/4 de Saint-Germain. Port- Marly n’a de remarquable que sa si-

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