‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 227 sur 499 · PORT-MARLY. — CHATOU · texte numérisé non relu

PORT-MARLY. — CHATOU

tuation. Son église, de construction moderne, se trouve à dr. sur la route de Marly-le-Roi. Une partie de ses habitants exploite des carrières de plâtre, et fabrique du blanc de Marly ou de la chaux.

On trouve à Port-Marly un omnibus qui dessert Marly-le-Roi (3kil., 20 c.). Cet omnibus suit la route de Saint-Germain à Versailles puis la bifurcation dedry qu'il quitte près de l'abreuvoir, pour monter à dr., par une avenue replantée le long de l’ancien mur du parc royal, jusqu’au haut du village (F. page 272).

A peine s’est -on éloigné de la station de Rueil que l’on aperçoit, à dr., le village de Chatou ; à g., la vue s’étend plus librement sur les charmants coteauxdeBougiyal, de Louveciennes et de Marly ; on franchit la Seine et une petite île, qui la divise en deux bras, un peu au-dessous du pont de la route de terre. *

15kil. Chatou (hôtel du Soleil-d'Or, me de Saint-Germain, 22; restaurant Rardou à la gare ; restaurants et auberges près du pont de la route de terre et dans l’île), v. de 1804 hab., situé sur la rive dr. de la Seine et relié à la station par deux belles avenues, communique avec la rive g.

de la Seine par un pont construit en 1812, coupé en 1815, pour arrêter la marche des alliés, et reconstruit depuis. Ce pont traverse deux bras de la Seine, à l’extrémité d'une grande île.

Le 26 février 1848, le pont du chemin de fer fut incendié en partie par une bande de brigands qui venaient de détruire la station de Rueil, et qui saccagèrent, en outre, la station de Chatou et les bâtiments du chemin de fer atmosphérique. La garde nationale ne fit pas son devoir, malgré l’exemple que lui donna l'adjoint du maire, M. Tranquard. Ces misérables appartenaient tous aux villages traversés autrefois par les

grandes routes. C’étaient des cultivateurs et de petits commerçants aisés, qui se vengeaient du préjudice que leur avait causé le chemin de fer. Le gouvernement provisoire s’empressa de faire juger ceux qui avaient été arrêtés le soir même par la garde nationale de Rueil. Les plus coupables furent condamnés à cinq années de travaux forcés ou de réclusion.

Chatou est pour les pécheurs ce qu’Asnières est pour les canotiers, leur lieu de prédilection , leur paradis. On n’y prend peut-être pas beaucoup de poissons, mais on y jette beaucoup de lignes.

L 'église de Chatou, presque entièrement remaniée, sauf le chœur du xme s., sans intelligence et sans goût, est bâtie à l’extrémité du village, au bord de la Seine. Du haut de la tour (du xii" s.), ornée d’arcatures à plein cintre, on découvre une belle vue sur la Seitie, Rueil, le Mcnt-Valérien , Carrières-Saint-Denis et le pont du chemin de fer de Paris à Rouen (H. 1), près de Bezons. On remarque, à l’intérieur de cette église :

deux anges en chêne massif; une ancienne statue de la Vierge ; un groupe en carton-pierre ( Notre-Dame des-Sept-Douleurs) donné par la reine Amélie ; un monument élevé à la mémoire du duc de Berri; et une pierre tombale portant la date de 1623.

Le château , dit de la Seigneurie.

construit par Bertin et appartenant à Mme Lacroix, est entouré d’un beau parc où se voit une grotte dont la voûte est supportée par 18 colonnes et au fond de laquelle jaillissent en cascade les eaux d’une source amenées de plus de 2 kil. Du haut de la terrasse qui précède la façade principale du château on découvre un bsau panorama.

Depuis l'établissement du chemin de fer, un grand nombre de maisons de campagne ont été bâties à Chatou, sur de vastes propriétés dépecées.

Parmi ces propriétés, on cite surtout celles qui ont appartenu au chance-

Digiti2

VjOi

lier Maupeou, à Mme de Crussol, à Casimir Périer, etc. Près du Vésinet, se trotmit la faisanderie, ancien rendez-vous de chasse qui, avant la Révolution, faisait partie de l’apanage du comte d’Artois. Cette villa, vendue, à la Révolution, comme bien national, appartient à M. Husson (beaux points de vue).

La fête patronale de Chatou se célèbre le jour de l’Assomption.

Une belle allée d’arbres, longeant la Seine qu’elle domine, relie Chatou à Croissy (10 min. environ), v. de 906 hab., situé sur la rive dr. de la Seine, en face de la Malmaison et des délicieux coteaux de Bougival. La petite église de Croissy, dont la tradition attribue la fondation à la reine Blanche, date du un* s. Elle se compose d’une seule nef en mauvais état, dont les colonnes ont été salies de hideuses peintures; sous le porche on lit à g.

et à dr. deux inscriptions sans intérêt. — Parmi les maisons de campagne on remarque : le château , bâti, en 17fo ou 1770, sur l’emplacement d’une habitation plus ancienne; —Colifichet, maison colossale que surmontent, en guise de paratonnerre, deux Cochinchinois gigantesques, et que fit bâtir le marquis d’Aligre; — le pavillon Henri IV ou pavillon Gabrielle, qui a appartenu au marquis d’Aligre, etc.

L’abbé Vertot, qui a été curé de Croissy en 1689, y a composé ses llévolutions de Portugal.

Croissy possède une école de charité desservie par des religieuses, et un hôpital qu’il doit à la munificence du marquis d’Aligre ; l’association rurale du Naz y a formé un bel établissement pour le lavage des laines de son troupeau de mérinos.

En face de Croissy commence une grande île, longue de près de 5 kil., qui s’étend j usqu au-dessous de Port- Marly.etqui s’appelle, d’après la carte de l’État-major, Vile de la Chaussée, Vile Gauthier et 171e de la Loge. On lui a donné aussi les noms d’Ile de Croissy ot d’Ile d'À ligre.

Un beau pont, inauguré en 1864, et situé à 15 min. de l'église de Croissy, relie Chatou et Croissy à Bougival. Une lie, dans laquelle se trouve le restaurant Durocher, le divise en deux parties. Ce pont aboutit à la rue qui monte à l’église de Bougival et à l’angle de laquelle a été établie la station du chemin de fer américain.

[Voit, de corresp. de Chatou paur:

— (2 kil.) Croissy (F. ci-dessus); — (6 kil.) Louveciennes; — et (8 kil.) Marly-le-Roi (F. ci-dessus).

Le bois du Vésinet , situé entre Chatou, Croissy et le Pecq, dans l’anse que forme la Seine , est traversé dans sa longueur par le chemin de fer de Saint-Germain. Sa superficie, d’après un relevé fait vers 1829, était, en bois, de 490 hect. 200 hect. en avaient été aliénés, quand l’Etat l’a cédé, par voie d’échange, à une compagnie, qui l’a dépecé.

17 kil. Le Vésinet, hameau de la commune du Pecq, a complètement changé d’aspect depuis quelques années. La so. iété qui a acheté le bois y a percé des rues que bordent déjà de nombreuses constructions. L 'église a été bâtie à dr. de la station, comme Saint-Eugène de Paris, en foute et en béton aggloméré. Devant la façade s’élève, au milieu d’un carrefour, une fontaine surmontée d’une statue.

Quatre tètes de lions lancent des gerbes d’eau qui retombent dans un bassin circulaire.

A g. de la station , s’ouvre une belle avenue, bordée de maisons de campagne et aboutissent à la grille de l'asile impérial du Vésinet réservé aux femmes convalescentes. Construit en pierres et en briques, par M. Eug. La val, architecte de l’Asile impérial de Vincennes , cet asile se compose d’un vaste bâtiment central, dont les deux ailes sont reliées par des galeries qui forment deux carrés.

Le corps de logis principal renferme, au rez-de-cliaussée , un vaste réfectoire; au premier une chapelle et

un promenoir; dans l’aile g. sont les pensionnaires. L’aile dr. est affectée aux offices, au logement du personnel administratif, etc. Ce vaste établissement est précédé d’une cour avec jardins et bosquets servant de promenoir aux convalescentes.

Un orph'linat agricole, formant une succursale de l’orphelinat de Varaigues (Dordogne), a été fondé au Vésinet au moyen de souscriptions recueillies par l’abbé Védey.

On peut faire d’agréables promenades dans le bois du Vésinet.

L’une des plus fréquentées est celle du lac supérieur (de larges avenues y conduisent), sur le bord duquel, à l’ombre d’un bouquet d’arbres, se donnent des concerts pendant l’été.

19 kil. Le Pecq, v. de 1601 hab., s’étend sur la pente d’une colline, entre la Seine et Saint-Germâin auquel il se rattache et dont il semble être un faubourg. Le Pecq existait déjà au vu* s., sous le nom d’Aupec (A Ipic vn, Alpecum). En 704, Childebert 111 donna cette terre à l’abbaye de Fontenelle ou de Saint- Wandrille (diocèse de Rouen, B. 37).

Au ix* s., son territoire fournissait annuellementau monastère 350 muids devin. Il reste encore une partie de ce vignoble, épargnée par les défrichements et les constructions. L’église, dédiée à saint Wandrille, a été rebâtie plusieurs fois. Celle qui existe a été reconstruite au milieu du xvni" s.

Les rues du Pecq sont tortueuses, en pente et mal bâties; cependant on y remarque de jolies maisons de campagne. Un pont de bois, construit en 1665, et renouvelé en 1775, franchissait la Seine vis-à-vis du village; le point où il aboutissait sur l’autre rive est encore signalé par un orme magnifique dit orme de Sully, le seul qui paraît avoir survécu à ceux que le ministre d'Henri IV avait fait planter. Ce pont, sur lequel les Prussiens franchirent la Seine en 1815, quelques heures après que Napoléon eut quitté la Malmaison, fut enlevé

par les glaces le 28 janvier 1830-, il est aujourd’hui remplacé par le beau pont construit en aval, vis-à-vis de la route de Paris à Saint-Germain, qui traverse la forêt du Vésinet.

[Voit, de corresp. pour Étang-la- Ville , v. de 378 hab., situé dans une jolie vallée qu’entoure la forêt de Marty. L’église conserve encore quelques chapiteaux qui datent des xme et xxii' s. Ou voit aussi à Étang-la- Ville un joli château moderne.]

La voie ferrée franchit la Seine sur un double pont séparé par un remblai de 16 mèt. élevé sur l’Ile de la Corbière. Au delà de ce pont commence un viaduc courbe, présentant une rampe inclinée de 35 millimètres par mètre, et composé de 20 arches dont la plus haute est à 23 mèt 50 au-dessus du sol. Un énorme remblai, qui succède au viaduc, conduit à un souterrain de 305 mèt. passant sous la terrasse de Saint-Germain.

Quand le convoi s’est arrêté dans la gare de Saint-Germain, les voyageurs doivent gravir un escalier qui monte sur la place du château. Au sortir du bâtiment où se distribuent les billets pour le départ, on trouve des voitures et des omnibus. Si l’on veut aller dans la ville , on laisse le château à g- Désire-t-on au contraire visiter d’abord la Terrasse et la Forêt, il faut tourner le dos à la ville et laisser le château à dr.

21 kil. Saint-Germain-en-Laye.

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