ROUTE 46] SAINT-GERMAIN.— LA TERRASSE.— LA FORÊT
380 lieues. A l’exception de quelques mares disséminées, le sol est sec et en grande partie sablonneux. On ne trouve sur ce plateau uniforme que quelques mamelons un peu plus élevés. François I" contribua à l’embellissement de cette forêt. Louis XIV l’agrandit, la fit percer de nouvelles routes de chasse; puis il retira aux communes riveraines, en les dédommageant, le droit d’y faire paître leurs bestiaux. En 1737, on démolit les murs dont François J'r avait entouré un parc réservé autour du château, et les matériaux servirent à la construction du mur de clôture qui longe la terrasse. Ou acheva, en 1806, de clore la forêt, du côté de Poissy et de Confians. La place de capitaine des chasses de Saint-Germain fut toujours occupée par des personnages de la première qualité : des Montmorency, des Saint-Simon, des Richelieu; par le maréchal de Noailles, avec survivance pour le duc d’Ayen, son fils, etc. On comprend ainsi comment il se fait qu’on retrouve ces noms sur divers points de la forêt.
Parmi les routes principales de la forêt, nous signalerons d’abord celle de Saint-Germain à Poissy, et la belle avenue, bordée de contre-allées, avec quatre rangées d’arbres, qui , faisant face au château, va en ligne droite aux Loges. Un peu avant d’arriver aux Loges, une autre belle route (la route de Pontoise) se détache de cette avenue à dr., et, par l 'étoile du chêne Saint-Fiacre, gagne le Pavillon et la croix de Noailles; de là, elle se continue à travers la forêt dans le sens de sa longueur, en passant à la Croix de Saint-Simon, posée en 1745; à la station du chemin de fer dite de Confians (R. 1), et à la Croix du Maine, érigée en 1709 en l’honneur du fils légitimé de Louis XIV. Une autre grande roule (de Poissy à Maisons) traverse la forêt diagonalement dans le sens de sa largeur , en passant à Yétoile des Amaiones, a la croix de Berry (du nom d’un habitant
de Poissy qui fut assassiné en cet endroit eu 1540) et à la croix de Noailles, dont il a été parié ci-dessus. Enfin, nous indiquerons une avenue, la plus droite et la plug longue de la forêt, qui la traverse dans toute sa longueur et conduit de Saint-Germain au pavillon de la Muette. Elle part de l’étoile des Neuf routes. On s’y rendra plus facilement aujourd’hui en entrant dans la forêt par la grille du jardin anglais, et en prenant l’allée qui, s’ouvrant en face, mène à l'étoile du Houx. De là on traverse successivement les étoiles de la Porte verte, du Féi , de la Patte d'oie, de la croix de Berry, déjà nommée, du Lude, du Chêne capitaine, le chemin de fer de Rouen iR. 1), et on atteint l’étoile où est situé le pavillon de la Muette (R. I). Cette route se prolonge encore au delà pour aller aboutir au mur de clôture, non loin de la Seine, du côté de Confians.
Les promenades, du reste, se renferment ordinairement dans la limite du chemin de fer de Rouen, et plus communément dans un rayon bien plus restreint encore : dans la partie de la forêt bornée par l’avenue des Loges à l’O., la croix de Noailles au N., le château du Val et la terrasse à l’E. La portion qui s’étend entre l’avenue des Loges et la route de Poissy est moins fréquentée. 11 y a quelques années encore, des mares infectes rendaient très-désagréables les abords de la forêt dans le voisinage de Saint-Germain. L’administration a enfin fait disparaître cette cause d’i salubrité dont devait se ressentir le quartierneuf élevé sur l’ancien-parc de Noailles.
Les arbres les plus communs dans la forêt sont : les chênes, les charmes, les ormes et les châtaigniers. En général, ils ne restent sains que jusqu’à 70 ou 90 ans. On ne trouve donc pas ici de ces vieilles futaies qui sont une des beautés de Fontainebleau. Quelques arbres isolés, placés la plupart à des étoiles, ont seuls une apparence séculaire : parmi les plus beaux, nous