SAINT-GERMAIN-EN-LAYE
glaise de Saint-Germain. Jacques II y mourut en 1701, et Marie d'Este, sa seconde femme, en 1718.
Le palais de Saint-Germain, délaissé par Louis XV et Louis XVI, a subi de tristes transformations. 11 a servi d’école de cavalerie, sous l’Empire, de caserne sous la Restauration, et plus tard, de pénitentiaire; l’empereur Napoléon III en a fait un musée, et la restauration en est commencée (V. ci-dessous).
Édifices publics.
La vieille église s’étant écroulée en 1681, Louis XIV la fit reconstruire.
Louis XV ordonna qu’on en bâtit une plus grande; mais la première pierre ne fut posée qu’en 1766, et les travaux restèrent interrompus de 1790 jusqu’à 1825. Le portique de cette affreuse bâtisse, soutenu par six colonnes doriques, porte un fronton dont le tympan a été sculpté par M. Ramey fils. Autour de la nef et du chœur règne une ordonnance de vingt colonnes ioniques.
La chaire, faite d’abord pour la chapelle de Versailles, fut donnée par Louis XIV en 1681. Dans la première chapelle de droite est un mausolée , élevé, sous la reine Victoria , à la mémoire de Jacques II. On remarque surtout, à l’intérieur, des peintures à fresque (sur mortier frais) par M.
Amaury Duval.
De beaux quartiers de cavalerie bordent la route de Paris.
Le château de Saint-Germain, dont nous avons résumé l’histoire ci-dessus, subit en ce moment une restauration complète. Cette restauration, entreprise par la direction des bâtiments civils (Ministère de la maison de l’Empereur), coûtera environ 2 500 000 fr. et durera près de 10 ans. Elle est confiée à M. Eug. Millet.
L’habile architecte doit rétablir le château de Saint-Germain tel qu’il était sous François 1er. S’il conserve la grosse tour de Charles V telle qu’elle fut remaniée par François I", il fait démolir les pavillons d’angle construits sous Louis XIV et terminés vers 1 600. La belle chapelle de Saint- Louis, plus ancienne tjue }a Sainte-
Chapelle de Paris et remarquable par la disposition unique de ses fenêtres carrées, sera rétablie dans son état primitif. M. Millet a retrouvé la belle rose que le génie militaire avait fait boucher avec des moellons. Le château restauré de Saint-Germain est destiné à un musée d’antiquités nationales ( V . ci-dessous).
Il serait à désirer qu’on rétablît dans sa forme primitive l’ancien parterre qui n’est plus dans l’axe du château, et qu’on fît disparaître l’espèce de petite terrasse qui, de la place du château, empêche de voir l’extrémité de la grande terrasse.
Le château neuf. — Ce château, construit par Henri IV, n’était séparé du château vieux que par un espace d’environ 400 met- Des écrivains du temps nous ont conservé la description de ses merveilles, de ses terrasses, de ses grottes, de ses statues, de ses jeux hydrauliques, etc.
Il n’en reste plus aujourd’hui que quelques murs de terrasse et le pavillon Henri IV (mon. hist.) qui était autrefois la chapelle et où fut ondoyé Louis XIV (il forme actuellement une des salles du restaurant tenu par M. Collinet, V. ci-dessus).
Le musée de Saint - Germain, dont M. Rossignol a été nommé directeur, fondateur et conservateur , n’est pas seulement destiné à recueillir des objets gallo-romains , comme divers journaux l’ont dit et répété par erreur; il renfermera les types des objets d’art et d’industrie que chaque époque a produits depuis les temps préhistoriques les plus reculés jusu’aux Carlovingiens, et sera le musée es antiquités nationales, authentiquement constatées.
Il contiendra au besoin des coupes géologiques pour l’époque primitive, des cartes murales, des reproductions réduites des grands monuments caractéristiques de chaque époque, une section des fouilles, une section d’analogies, une collection de dessins originaux, des salles d’étudps, enfin
une bibliothèque qui ne se composera que de livres relatifs à l’archéologie.
Tous ces objets, dit M. Rossignol, ne seront pas confusément exposés ; le château qui doit les contenir a été divisé par salles, dont la destination est telle que le visiteur entrera dans la salle consacrée aux monuments les plus antiques, et. qu'en passant d'une salle dans la suivante, il quittera une période pour visiter celle qui la suit immédiatement. 11 descendra ainsi le cours des âges jusqu’aux limites prescrites, visitant les civilisations dans l’ordre de leur avènement, comme on lit feuille par feuille les annales d'un peuple.
Les cinq ou six premières pièces, qui doivent être livrées dans le courant du mois de juin 1866, seront garnies des objets qui leur sont destinés et ouvertes au public vers la fin de l’année 1866, mais certainement pour la grande exposition de 1S67.
Ces cinq premières salles contiendront les documents les plus reculés:
ceux où les hommes, encore enfants, mais enfants robustes, cherchent, dans la pierre la plus dure, des armes pour se défendre contre tous leurs ennemis, les hommes et les animaux — hercules au berceau étouffant des monstres.
Actuellement (mai 1866) la salle des fêtes de Louis XIV et d’Henri IV, transformée en magasin, contient 50 vitrines pleines, où toutes les époques sont déjà, représentées ; les donations de M. Boucher de Perthes, qui représentent la période la plus reculée, l’âge de la pierre , occupent une large place dans la vaste pièce qui sera la première visitée, avec la donation aussi importante de MM. Lartet et Cristy, dont le monde savant connaît déjà les travaux relatifs aux cavernes et à la paléontologie contemporaine des objets d'industrie trouvés dans ces sombres réduits. Ces objets remplissent la première pièce.
La seconde et la troisième offriront des hypogées et des dolmens. La quatrième et la cinquième des monuments
celtiques, deux dolmens, des turnuli avec pierre et bronze ; la sixième contiendra des objets provenant des lumuli de l’époque de fer, tirés d’Alais, de Meloisey, de Créancey, de Saint-Étienne en Champagne, etc.
Le parterre, qui a trois grilles sur la ville et deux sur la forêt, a été replanté en partie en 1674, sur les dessins de Le Nôtre et modifié en 1750, puis en 1846 ; 3 hectares de la forêt convertis en jardin anglais y ont été ajoutés. Des quinconces de tilleuls, encadrés par quatre avenues de marronniers, offrent d’agréables ombrages.
La terrasse de Saint-Germain est uue des plus magnifiques promenades qui eiistent en Europe pour l’étendue du parcours et du point de vue.
Elle fut construite par Le Nôtre en 1672. Elle a 2400 met. de longueur et 30 mèt. de largeur. Soutenue par un mur élevé, avec cordon et tablette de pierre, elle s’étend depuis le pavillon d'Henri IV jusqu’à un large bastion sur lequel s’ouvre la grille Royale, qui mène dans la forêt. Elle a été plantée d’une ligne de tilleuls en 1745. On y découvre un vaste panorama depuis le château de Maisons, sur la gauche .jusqu’à l’aqueduc de Marly , sur les hauteurs de Louveciennes, à droite; comprenant :
une immense plaine arrosée par la Seine; la forêt du Vésinet; une multitude de villages; le mont Valérien; Montmartre, et, à l’horizon lointain, les coteaux de Montmorency et la flèche de Saint-Denis. De l’extrémité de la terrasse on aperçoit l’Arc de Triomphe et le dôme des Invalides.
La forêt de Saint-Germain s’étend sur un espace entouré, comme une sorte de presqu’île, à l’E., au N. et à 10., par un des méandres de la Seine, qui ne la laisse ouverte que dans la portion comprise entre Saint- Germain et Poissy. Sa superficie est de près de 4400 hectares. Ses routes et ses allées sont régulièrement percées. On a évalué leur longueur à