‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 249 sur 499 · BERNAY · texte numérisé non relu

BERNAY

à l’édifice primitif », dit A. Leprévost ; le sanctuaire, récemment détruit, était gothique ; le portail moderne est du goût le plus misérable ; enfin, les moines auxquels on avait reproché durement, dans le xvn' s. , l'inconvenance d’élever leur habitation au-dessus de celle de Dieu, remanièrent et exhaussèrent toute la partie supérieure de l’église pour faire cesser ce scandale.

Des fouilles, faites durant ces dernières années dans l'église abbatiale, ont mis à jour plusieurs squelettes dont quelques-uns n’avaient pas de cercueil ; l’un d’eux, déposé dans un cercueil de bois recouvert de chaux et de moellons, tenait d’une main une très-riche crosse en cuivre doré et ciselé, véritable merveille d’orfèvrerie du xv° s. La partie inférieure de la volute est ornée de 6 niches garnies de pinacles et dans lesquelles sont représentés un abbé, des apôtres, et des évangélistes.

Les vieilles constructions abondent à Bernay ; presque toutes les rues sont bordées de porches en bois, peu intéressants pour la plupart. La plus remarquable des maisons en bois de la ville est celle qui se trouve à l'angle des rues de l’Humanité et du Commerce. La façade qui regarde la rue de l’Humanité est décorée de jolies sculptures dans le goût de la Renaissance. Dans la rue do Lisieux se voient deux maisons du temps de François 1"'.

Mentionnons aussi : le college, qui occupe les bâtiments d’un ancien couvent ; — l'hospice, avantageusement situé à l’extrémité S. O. de la ville (126 lits) ; — la bibliothèque (2500 vol. environ); — la place de l’/tôlel de ville; — la place du Marché aux chevaux; — le boulevard Dubus, planté de très-beaux arbres.

L’hôtel que M. Le Metayer-Masselin vient de faire construire à Bernay mérite une mention spéciale.

Ce gracieux édifice, bâti sous la direction de M. Adolphe Bouveault,

prix deRome , présente, du côté de la cour, une élégante façade ornée de cariatides, par M. Aubé, de balustres en faïence, de grands vases bleus couronnant des terrasses et des pilastres, etc. On remarque, à l’intérieur : le pavage du vestibule et de la salle des bains; les belles peintures des plafonds; les panneaux de la salle à manger et les caissons du vestibule, œuvre de M. Xénophon Hellouin ; les lambris , parquets et plusieurs chambranles de cheminées en marbre provenant du château de Saint-Martin de Chesnaves. La façade, du côté du jardin, offre un charmant escalier ; une belle terrasse bordée d'élégants balustres, et un curieux fronton dont la sculpture sur bois figure la pierre. — L e jardin, dessiné à l'italienne , est orné d’un bassin à bordure en pierre ; un jet deau sort d’une vasque monumentale qui servait jadis (xm* s.) de font baptismal dans l'église de Ferrières- Saint-Hilaire.

Une plaque de marbre , avec une inscription commémorative, a été encastrée en 1863, par l’Association normande, sur la façade de la maison qui a vu naître Auguste Leprévost, auteur d’importants travaux historiques sur le département de l’Eure.

11 se tient, chaque année, àBernay, deux foires importantes : l’une, dite foire fleurie, commence le lundi de la Passion et dure 8 jours ; il s’y vend les plus beaux chevaux de la Normandie; l’autre, consacrée aux laines, se tient le 8 juillet. — L’tndustrie cotonnière comprend, dans l’arrond. de Bernay : la filature, la fabrication des toiles et des rubans.

La filature du coton y est représentée aujourd'hui par 28 établissements mis en activité par 850 chevaux de force hydraulique et 160 chevaux vapeur. Ces établissements renferment 170 000 broches occupant 2500 ouvriers. — La fabrication des rubans de filet de coton, quoique cette industrie soit récente dans l’arrondisse-

ment, a pris, dans ces dernières années, un développement considérable.

Elle occupe 5000 métiers et près de 10 000 ouvriers. Elle livre à la consommation française et étrangère pour 5 500 000 fr. de tissus ayant de 3 à 60 millim. de largeur, représentant une longueur totale d’environ 320 millions de mètres. — Bernay compte actuellement 4 filatures de laine contenant ensemble 13 200 broches et occupant 120 ouvriers environ. Nous devons signaler aussi : l’industrie linière, plusieurs minoteries, des moulins à huile, des tanneries, des scieries mécaniques, des papeteries, des fonderies de fonte, des ferronneries, des verreries, des briqueteries, etc. •

[Voit, de corresp. pour : — (26 kil.) Pont-Audemer (R. 67) ; — (41 kil.) Gacé (R. 66.)]

De Bernay à Argentan, par Gacé, R. 66.

Au delà de la station de Bernay, on passe dans un petit tunnel au sortir duquel se montrent à dr. et à g.

de jolies maisons de campagne. La voie s’élève, par une rampe assez rapide, tantôt dans des tranchées, tantôt sur des remblais, à travers des terrains accidentés. On laisse sur la g.

(2 kil.) le château et le v. de Caorches (230 hab.), à dr. (3 kil.) Sainl- Martin-du-Tilleul (195 hab.) , (1 kil.) Plainville (274 hab.), àg. (1500 mèt.) Saint - Victor- de -Chrétienville (421 hab.), puis, après avoir dépassé un joli château en briques et en pierres, on longe les maisons de Saint-Mardsde-Fresne.

173 kil. Saint-Mards-Orbec. — On n’aperçoit que quatre ou cinq maisons aux abords de la station.

Saint-Germain-la-Campagncfi\i\].; omnibus, 30 c.) , v. de 1214 hab., possède encore une partie bien conservée de la chaussée romaine de Lisieux à Condé-sur-Iton. L’église, en partie moderne, offre un chœur ogival orné de beaux vitraux.

Orbec (Omnibus 50 c.) V. de 3266

hab. , ch.-l. de c. du Calvados, située à 10 kil. de la station, dans la riante vallée do l’Orbiquet, possède encore un certain nombre d’hitels du xvn* et xvin* s., qui ont appartenu aux magistrats du bailliage dont elle était le siège. Onyvoitaussi quelques maisons semblables à celles de Lisieux (F. p.

298). — L 'église date du xv' s. La porte méridionale , décorée de délicates sculptures, s’ouvre sous un clocher massif qui remonte en grande partie au xvi* s. On remarque, à l’intérieur, quelques belles verrières et le retable du maître-autel, à colonnes torses, entourées de feuillages. — L'hôtel-Dieu , dont la belle façade ogivale en briques est digne d’attention, est dominé par un intéressant beffroi. Un curieux épi couronne le chœur de la chapelle, qui offre, à l’intérieur : des débris de verrières, des clefs de voûte garnies de sculptures, des consoles et des dais gothiques supportant des statuettes peintes ou dorées.

Sur le coteau qui domine la ville à l’E. se voient encore les ruines d'un ancien château qui avait deux enceintesydont la plus rapprochée d’Orbec est entourée de fossés.

La rivière d'Orbec prend sa source à 4 kil. environ de la ville, sur le territoire de la c. de la Folletière (286 hab.). Ses eaux, remarquables par leur limpidité, sourdent du pied d’un coteau à base crayeuse et font tourner un moulin à quelques pas de leur source. Cette rivière est alimentée aussi par le ruisseau de Friardel qui baigne les débri3 de l’ancien prieuré de ce nom.

Un peu au delà de la station de Saint-Mards, la voie ferrée, passant du départ, de l’Eure dans celui du Calvados, descend dans un joli vallon qui devient peu à peu une belle vallée de prairies et de vergers, animée par de nombreuses usines, et qu’elle suit jusqu’à Lisieux. On laisse à dr. le château de Saint-Paul-de-Courtonne, le

bus 50 c.) V. de 3266 I teàü de

tm raiSMfa or. ie Saint- P a ul-dr- Courton i

Page 1