BERNAY
bernacle porte un enfant Jésus couché sur la paille de la crèche (marbre blanc), d’une exécution si remarquable, qu’on l’attribue au Puget. Le devant d'autel est décoré d’un bas-relief en bronze doré qui figure Jésus succombant sous le poids de la croix. Le sanctuaire est fermé par une jolie balustrade en marbre rouge. On remarque aussi dans l’église Sainte-Croix :
le dossier du banc d’œuvre et deux autels en marbre provenant, de l’abbaye du Bec; deux pierres tombales couchées sous l’orgue, avec des figures de grandeur naturelle, et des dessins de clochetons gravés au trait ; les six statues (niches délicatement sculptées) qui décorent la nef ; les boiseries de l’orgue; la chaire, dont trois panneaux du xvii* s. représentent des Évangélistes ; les verrières du chœur et des collatéraux, etc. Nous, devons signaler parmi ces vitraux ceux-*qui représentent : l’Entrée de Jésus à Jérusalem, l’Expulsion des voleurs du temple, la Scène du jardin des Oliviers, la Pêche miraculeuse, les Noces de Cana, Jésus et la femme adultère, la Parabole du mauvais riche, la Guérison du paralytique, les Élus et les Damnés, le Triomphe de Constantin, l’Invention delà vraie Croix, etc.
Quelques-uns de ces vitraux sont modernes et offrent, dans la partie inférieure, les portraits des donateurs.
L'église Notre-Dame-de-la-Cou* ture, située en dehors de la ville, à la g. du chemin de fer, sur le flanc d’un coteau appelé le Cours (c’est là que se tenait autrefois, pendant la semaine de la Passion, une très-importante foire aux chevaux qui existe encore aujourd’hui; V. ci-dessous), au milieu d’un cimetière semblable à un jardin, est un édifice remarquable du xv* s., surmonté d’une tour dont la flèche en bois, revêtue d’ardoises et accompagnée de tourelles peintes, fait un charmant effet dans le paysage. Le portail, encadré dans un cordon de fines sculptures, montre un large
tympan flamboyant et riche. Les consoles, suspendues dans les voussures de la porte, ont perdu leurs statues, détruites à la Révolution.
Les vantaux de la porte, en chêne sculpté (style ogival flamboyant), sont dignes d’attention. Du portail on descend, pour pénétrer dans l’église, un escalier en pierre de plusieurs marches. L'intérieur, long de 72 met., large de 22, est divisé en 3 nefs sans voûtes. La nef principale offre des piliers ronds, que joignent de3 arcades à nervures gracieuses; les collatéraux se réunissent derrière le chœur qui, ouvert sur trois de ses côtés, renferme 64 stalles en chêne sculpté, disposées sur un double rang et entourées d’une grille de fer à lances dorées. La nef et les collatéraux contiennent une série de tableaux médiocres, dont la plupart, signés Rater at, représentent les principaux traits de la vie de la Vierge. La chapelle de la Vierge (derrière le maître-autel), très-richement ornée, a été restaurée en 1858; ses fenêtres sont garnies de verrières très-brillantes. Quelques vitraux du xv* et du xvi* s., assez bien conservés, décorent la nef et les transsepts.
Parmi les verrières, on remarque particulièrement celles qui figurent , l’Ascension, la Résurrection, l'Entrée de Jésus à Jérusalem et le Couronnement de la Vierge, auquel assistent des papes, des cardinaux, des princes, des magistrats, des moines, des bourgeois, des paysans, etc.
Signalons enfin : une bellechâsseen bois sculpté, semblable à une cathédrale en miniature, dans la chapelle des Sept-Douleurs ; un joli chemin de croix en relief ; de nombreuses plaques de marbre couvertes d’inscriptions votives attestant des faveurs reçues par l’intercession de Notre- Dame de la Couture qui, au moyen âge, a été l’objet d’un pèlerinage important, etc. Suivant une tradition fort ancienne, un berger, menant paitre ses moutons, remarqua qu’un d’entre
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eux grattait la terre, près d’un buisson, avec une persistance singulière.
Il fouilla, et trouva une statue de la Vierge en bois. A cet endroit même, on construisit une chapelle qui, dans la suite, fut érigée en église paroissiale et appelée Notre-Dame-dela-Couture. Pour perpétuer la mémoire du miracle, les jeunes garçons de Bernay avaient formé une confrérie, et, chaque année, ils allaient prendre un mouton à la ferme de la Madeleine, le promenaient trois fois autour de la ville, et le mangeaient ensuite dans un joyeux festin.
Les bâtiments de l'ancienne abbaye, fondée par Judith de Bretagne, dont nous avons parlé plus haut, saccagée au xvi* s. par les calvinistes, reconstruite en 1628 par l’abbé Hennequin de Villenoix, renferment aujourd’hui : Yhôtel de ville, le tribunal, la sous-préfecture, les prisons, etc. « Bâtis en solides pierres de taille, ils appartiennent, dit M. de Caumont, à cette architecture pleine de noblesse, quoique moderne, dont frère Guillaume de la Tremblaye donna de si beaux spécimens aux abbayes de Caen et à bien d’autres monastères, et qu’on pourrait presque appeler architecture bénédictine. »
L’ancien réfectoire, actuellement salle du tribunal civil, offre de belles voûtes gothiques à nervures toriques, des pendentifs délicatement sculptés et de charmantes consoles formées de tètes d’anges, de draperies, de guirlandes, de cartouches, etc. L’abbatiale a conservé quelques ouvertures primitives. Ses deux façades, émaillées de briques et de pierres, forment un échiquier rouge et blanc et « révèlent à l’antiquaire, ajoute M. de Caumont, l’époque de la Renaissance. »
L’église de l’abbaye, transformée en halle au blé et aux toiles, présente encore quelques précieux débris de la première moitié du xi* s.
« 11 n’y a pour ainsi dire que le noyau de cette église qui appartienne