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ROUTE 50] CAEN. — L’UNIVERSITÉ

Eure, Manche, Orne, Sarthe, Seine- Inférieure.

L’instruction supérieure comprend :

une faculté de droit (1 doyen , 8 professeurs titulaires, 3 agrégés), une faculté des sciences (1 doyen, 4 professeurs et 3 préparateurs), une faculté des lettres (1 doyen et 4 professeurs), une école préparatoire de médecine et de pharmacie (1 directeur, 7 professeurs titulaires, 3 professeurs adjoints et 4 suppléants).

Les établissements d’instruction secondaire sont le lycée et l'école spéciale du commerce et de l’industrie.

Parmi les établissements d’instruction primaire, nous mentionnerons:

l’école normale, l'école primaire supérieure, les écoles primaires chrétiennes pour les garçons et les filles, une école pour l'enseignement agricole, une école d'hydrographie, une institution de sourds-muets des deux sexes, un cours de dessin, de sculpture, d'architectùre et un conservatoire de musique.

Les bâtiments de l’Université,

dont l’intendant Foucault posa la première pierre en 1701, ont été considérablement augmentés depuis, notamment sous le rectorat de l’abbé Daniel. Les statues en bronze de Malherbe, par Dantan aîné, et de Laplace, par Barre, décorent le devant de la façade principale.

Le Lycée , installé depuis 1804 dans les bâtiments de l’ancienne abbaye Saint-Étienne, est un des plus beaux de France. On y remarque : le parloir; les cloîtres; le réfectoire; les escaliers, dont un surtout d’une largeur et d’une hardiesse étonnantes; la salle des exercices; les dortoirs; les boiseries de la chapelle (ancienne salle capitulaire) et de la sacristie; enfin, quelques bonnes peintures.

Dans les dépendances du lycée se trouve un vieux bâtiment d’architecture ogivale connu sous le nom de salle des gardes.

L’école normale du département occupe un ancien 'bâtiment de l’ab-

baye construit au xiv* s. et qui remplaça le grand palais ou palais du Roi. La façade ogivale en a été restaurée avec goût.

Il reste encore quelques murailles de l’enceinte fortifiée de l’abbaye de Saint-Étienne (xiv* s.)

Sociétés savantes.

La ville de Caen compte 12 sociétés savantes: l 'Académie des sciences, arts et belles-lettres , qui date de 1652, réorganisée en 1800 (elle publie annuellement, depuis 1859, un volume de Mémoires) ; la Société d’agriculture et de commerce de Caen, créée en 1762, rétablie en 1801; la Société de médecine, instituée en 1798; la Société vétérinaire des départements du Calvados et de la Manche, fondée en 1829; la Société des Antiquaires de Normandie, fondée par l’abbé De La Rue, A. Leprévost, de Magneville, MM. Pattu, P. A..Lair, F.d. Lambert et de Caumont, qui en fut le secrétaire à l’origine, en 1823, et reconnue comme établissement d’utilité publique par un décret du 14 février 1855 (elle a déjà publié 25 volumes de mémoires et 3 volumes d’un Bulletin trimestriel, dont le secrétaire, M. A. Charma, a fait adopter le plan à la compagnie en 1860); la Société Linnéenne, fondée à la même époque et déclarée établissement d’utilité publique par décret du 2 avril 1863 (cette dernière a publié plusieurs volumes de mémoires intéressants) ; la Société centrale d' horticulture de Caen et du Calvados, instituée en 1835 et dont les expositions annuelles attirent de nombreux visiteurs ; l’Association normande, établie en 1832 par M. de Caumont ; la Société française d’archéologie pour la conservation des monuments historiques, dont la fondation (1834) est due aussi à M. de Caumont; la Société des beaux-arts de Caen, formée en 1855 ; la.Société philharmonique, qui date de 1828; la Société de Saint-Grégoire le Grand, fondée par M. Ameline, curé de Notre-Dame,

en 1857; la Société des courses de Caen, etc.

Établissements de bienfaisance.

L’hôtel-Dieu, établi dans les bâtiments de l’ancienne abbaye aux Dames, peut être placé au premier rang des établissements de ce genre. A l’E., s’étend un vaste parc qui se prolonge jusqu’à la rue de la Masse. — L’hôpital Saint-Louis, fondé par Henri d’Orléans, duc de Longueville, gouverneur et bailli de Caen, en 1655, renferme près de 700 lits. — L’asile des Petites-Sœurs des pauvres , fondé en 1856, près de l’église de Vaucelles, possède une jolie petite église (style du xm* s).— Le Bon-Sauveur, fondé en 1731, par Anne Leroi, est aujourd’hui une maison d’aliénés des deux sexes. Il comprend , en outre : une école pour les sourds-muets, deux pensionnats pour l’éducation des jeunes demoiselles et un asile gratuit pour les sourdes-muettes pauvres qui veulent y rester une fois qu’elles ont achevé leur éducation.

Maisons historiques.

Nous signalerons: — la maison où naquit Malherbe en 1555, rebâtie par lui en 1588, à l’angle gauche des rues de l’Odon et de Notre-Dame ; — la maison de P. Daniel Huet, située à g., dans la cour du Grand-Manoir (on découvrit dans cette maison, en 1824, la correspondance de l'illustre évêque d’Avranches, avec un grand nombre d’hommes célèbres du siècle de Louis XIV); — la maison de Samuel Bochart, rue Neuve-Saint-Jean, 17 (on montre encore le cabinet où il composa ses principaux ouvrages) ; — la maison de Segrais, rue de Langannerie, 7 ; — l 'emplacement de la maison où Charlotte Corday séjourna chez sa tante, rue Saint-Jean, 148; — la chambre à coucher de Louis XVI, rue du Havre, n“ 5, conservant de l’époque une belle cheminée, la boiserie de la glace et la coupe de l’alcôve ornées de délicates

scu[ptures (style Louis XV) ; — l 'ancien hôtel de l’Intendance, rue des Carmes, n° 44, où séjournèrent les Girondins réfugiés à Caen, après le 31 mai 1793; — la maison où naquit le général De Caen, rue Caponière, n" 6 ; et la maison de Malfildtre, rue Saint-Jean, 209.

Maisons anciennes on curieuses.

L’hôtel de Valois ou d'Écoville (place Saint-Pierre), bâti en 1538, par Nicolas le Valois, seigneur d’Écoville, forme aujourd'hui l’hôtel de la Bourse.

Il comprend trois corps de logis du xvi' s., disposés autour d’une cour carrée. Le côté qui fait face à la place est décoré d’un ordre composite à la mode au xv* s. Le deuxième corps de logis est divisé en trois pavillons dont l’un, celui du milieu, offre une belle fenêtre en lucarne décorée d'arcades, de colonnes et d’entablements. L’entrée principale s’ouvre à dr. de ce pavillon et donne accès à un escalier remarquable par son élégance. Le troisième corps de logis, qui forme le côté droit de la cour, présente de charmantes sculptures et de riches ornements de toute sorte. On remarque, au bas des trumeaux des fenêtres, les statues de David tenant la tête de Goliath et de Judith tenant celle d'Holopherne.

L’ancienne cour des Halles, connue aussi sous le nom de Cour de la Monnaie, renferme de curieux vestiges d’anciens édifices dont les deux principaux sont V Hôtel d’Étienne Duval et l’ancien hôtel des Monnaies, ainsi nommé, parce que la chambre des monnaies y fut transférée dans le courant du xvii' s. — M. de Gaumont décrit en ces termes l’hôtel d’Étienne Duval de Mondrainville : « trois grandes arcades, séparées par quatre colonnes d’ordre composite, forment le rez-de-chaussée primitif, subdivisé à une époque postérieure par un plancher faisant entresol. La façade se complète, au-dessus de ces trois arcades, par un attique percé de petites fenêtres jumelles. On monte à cet at-

Digiti.

VjC

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tique et à l’entresol par un escalier en vis, dans une tourelle carrée faisant retour d’équerre à cette façade :

une lanterne en dôme couronne cet escalier. 'Enfin, le milieu du monument est couronné par une riche lucarne. Les dés du piédestal des colonnes présentent, sur leur face principale, des bas-reliefs dégradés par le temps, maisoû s'aperçoivent les quatre cavaliers du chap. vi de l’Apocalypse.

A l’extrémité de la façade opposée à l'escalier, l’humidité ronge les débris d’un grand médaillon où l'on entrevoit des nuées, une étoile, des rayons et ces lettres sculptées en relief à l’entour :

DVXIVTA .... QVÆ PERPETVA.

Sur la frise de la grande corniche de l'attique on lit encore, à l'aide d’une longue vue, l'inscription suivante :

« De sudore quieset de mœrore voluptas.

Ne vitam silentioprætereant.

Quid optes aut quid fugias. »

L'Hôtel des Monnaies, qui formait probablement une dépendance de l’hôtel Duval, est une fort jolie construction où l’on remarque surtout deux tourelles, dont l’une, décorée de deux médaillons, est surmontée d'une lanterne légère, terminée par une petite statue , d’un travail achevé. Au bas de l'encorbellement on lit cette inscription: Ccclum non solum. Plus haut, on lit dans un cartouche : Ne vilain silentio prætereant, inscription que nous avons remarquée déjà audessus de la corniche de la maison d’Etienne Duval.

L’hôtel de Than , situé dans la rue Saint-Jean, est un beau spécimen de l’architecture du xvi* s.

Restauré, il y a quelques années, cet édifice offre des fenêtres à frontons aigus, garnis de pinacles, et des médaillons sculptés, notamment sur la façade principale précédée d’un portique de construction récente. L’angle N. du pignon est décoré d’une figure

qui regarde l’hôtel de Valois dans une attitude peu respectueuse. '« Voici, dit M. Trébutien, l’origine que lui attribue la tradition populaire. Les hôtels de Than et de Valois furent bâtis en même temps. L’architecte de l'hôtel de Than, devancé ou surpassé par l’autre dans son œuvre , se vengea par cette étrange insulte. »

De l’ancien palais, que les évêques de Bayeux possédaient à Caen, il subsiste quelques parties du xiv° s. enclavées aujourd’hui dans l’enclos de la communauté de la Charité.

L’ancien hôtel d’Aubigny, rue Saint- Jean, 100, défiguré et mutilé par des restaurations modernes, conserve encore, du côté de la cour, quelques vestiges de sa première splendeur.

L'hôtel de Beuvron (rue Saint-Jean, 214), ancien collège dirigé par des religieux de l'abbaye de Barbery, date de la seconde moitié du xvi' s.

L’hôtel de Loraille (rue de Geôle), ancien couvent des religieuses Bénédictines, fut bâti par Thomas de Loraille, bailli de Caen, en 1468. On remarque quelques curieux débris d’architecture dans la partie occupée par les frères des écoles chrétiennes.

L’hôtel de Colomb y (6, rue des Cordeliers) , construit sous le règne de Louis XIII, ofTre une jolie tourelle en encorbellement.

Signalons encore : — les restes intéressants de l’ancien collège du Mont qui remonte au xiv* s. (rue de la Préfecture) ; — la maison en bois , dite des Quatrans (rue de Geôle, 31), habitée de 1380àl390parJeanQuatrans, tabellion de Caen; — une maison en pierre et en bois (rue Saint- Jean, 19), paraissant dater du xvi« s. ; — une maison du xve s. (rue Saint-Jean, 37, dans la cour), décorée d’ornements très - délicats ; — une maison en bois du xv* s. (rue Saint-Jean , 94) , avec étages en encorbellement; — les restes d’un manoir du xvr s.,autrefoisrue des Capucins, 42, aujourd’hui dans la cour du musée de la Société des antiquaires.

où l’un de ses anciens directeurs, M. Tonnet, alors préfet du Calvados, l’a fait transporter; — une maison en pierre, du xv* s. (rue Écuyère, 42), dont la porte est ornée de sculptures ; — une maison en bois (rue Saint- Pierre, 52), du xv* s., dont les poutres offrent de jolies sculptures ; — une maison en bois, de la même époque (même rue, 54), avec figures de saints et petits médaillons; — une maison en pierre, du xvi* s. (rue de Geôle, 17) ; — deux maisons en bois contiguës (rue du Montoir- Poissonnerie, 10-12) ; — une maison en pierre, du xvi* s. (Haute-Rue-Saint-Gilles, 9), etc.

riaoei. — Statues.

La place royale prit son nom actuel lorsqu’elle fut ornée, en 1685, d’une statue de Louis XIV, renversée en 1792 par des émissaires du club des Jacobins. La statue en bronze que l'on y voit aujourd’hui est une œuvre médiocre de M. Petitot fils, sculpteur de mérite. La place royale est entourée d’une balustrade de pierre et d’une rangée de tilleuls.

La place Saint-Sauveur, de forme triangulaire, portait, il n’y a pas longtemps encore, le nom de place du Pilori, parce qu’elle était réservée aux exécutions des criminels qui subissent aujourd’hui la peine capitale sur la promenade Saint-Julien. II se tient, sur cette place, un marché important le lundi et le vendredi de chaque semaine.

La place du Marché au bois a conservé son nom primitif, bien qu’il ne s’y vende aujourd'hui que de la volaille. C’est sur cette place que s’élevait autrefois la halle au pain, abattue dans les premières années du xvi* s.

Les autres places sont : la place d' Armes, de forme triangulaire, bordée par le quai Saint-Pierre, le quai de Juillet et la rue du Port; la place de la Comédie; la place de la Préfecture; la place de la Reine Mathilde; la place Saint-Martin; la place Saint-Pierre , transformée en

square en 1862 et la place Dauphine, bordée, d’un côté, par les vastes bâtiments de la caserne de Vaucelles dans la cour de laquelle se voient encore deux tours et quelques restes des anciennes fortifications de la ville.

Signalons aussi les deux belles statues en bronze de Malherbe et de Laplace qui s’élèvent devant la façade de la Faculté de droit.

Ponti. — Quais. — Port.

Le pont de Vaucelles, qui relie la ville avec le faubourg de Vaucelles, a remplacé, en 1825, un autre pont construit en 1530, par le duc de Ferrare.

Le pont actuel, bâti en granit de la Hougue, a coûté près de 400 000 fr.

Il y a quatre ans environ, un pont en fer a été jeté sur l'Orne, un peu au-dessous du pont de Vaucelles.

Les quais principaux sont : le quai de la Londe et le quai Saint-Pierre, qui bordent le bassin ; le quai de juillet et le quai des Abattoirs, sur lequel se voient de nombreuses grues destinéesàl’embarquementdespierres de Caen et de ses environs.

Le port se compose aujourd’hui de la partie de la rivière d'Orne , comprise entre le pont de Vaucelles et le Rond-Point, et d’un bassin qui borde la rue des Quais, du côté de la ville. La première partie offre un développement de 600 met. ; les navires y sont à sec, dans les basses marées. Le bassin, terminé en 1848, après 10 ans de travaux, a 570 mèt. de longueur et 50 mèt. de largeur. Sa profondeur est de 4 mèt. 75 c. Il peut contenir environ 80 navires dont les plus forts jaugent plus de 300& tonneaux. Il est relie à l’avant port d’Ouistreham par un canal long de 14 kil. et profond de 4 mèt., qui doit être creusé à 5 mèt. ; la passe de ce canal est indiquée, le jour, par 2 bouées, la nuit, par deux feux, l’un placé dans le clocher d’Ouistreham, l’autre près de la redoute de ce village.

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