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ROUTE 50] CAEN. — PROMENADES. — COMMERCE

Promenade*.

Les promenades de Caen jouissent d’une réputation méritée. Les Cours, plantés à la fin du xvn* s., encadrent, de trois côtés, une immense et magnifique prairie qui sert de champ de courses. Ces Cours, plantés d’ormes ou de magnifiques platanes, permettent à la vue de s’étendre au loin; ils sont reliés, par des boulevards et des promenades, à la place de la préfecture qu’ombragent des peupliers et des tilleuls; à la place du collège, toute bordée de beaux marronniers d’Inde; aux tilleuls qui longent la prison, et à ceux des fossés Saint-Julien. Des plantations nouvelles donnent un aspect riant aux docks et aux bassins du port. De chaque côté de l’Orne, deux promenades extra muros, sont bordées, d’un côté, par la rivière et de l’autre par des jardins et des maisons de campagne. Ces deux promenades portent, l’une le nom de cours Monlalivet, et l’autre celui de cours Caffarelit. Plantées de quatre rangées d’ormes, elles offrent de jolis points de vue sur les coteaux boisés de Mondeville, de Colombelles, d’Hérouville- Saint-Clair, et de vastes prairies bordées de saules.

11 y a trois ans, on a couvert le cours d’eau qui partait de la prairie et traversait la ville, et on a établi au-dessus un boulevard qui s’étend de la place de la Préfecture au bassin, en passant derrière l’abside de Saint-Pierre.

Les courses de Caen ont lieu, tous les ans, dans les premiers jours du mois d’août; elles durent 4 jours et attirent une foule immense de curieux qui remplissent, non-seulement les tribunes, mais les Cours qui bordent la prairie de trois côtés.

Le jardin des plantes, créé en 1736, très-agrandi depuis quelques années, forme aujourd’hui une des plus agréables promenades de la ville.

Il renferme près de 5000 plantes. Les serres chaudes et tempérées possèdent

des plantes rares. Le conservateur professe un cours d’horticulture, suivi par des jardiniers et des amateurs.

Gommeroe et Industrie.

Le mouvement du port de Caen a pris, dans ces dernières, années de notables accroissements. Près de 1000 navires y entrent et en sortent annuellement, sans parler du cabotage.

Caen importe une quantité considérable de bois de sapin, des engrais, du coton, du sel marin et du sel gemme, de la houille, de la fonte, des fers et aciers, des vins, des eaux-devie, du sucre raffiné, des poissons, des ouvrages en métaux, des peaux brutes, du café, des savons, de la résine, des futailles vides, etc.

Les principaux articles d’exportation sont les matériaux, les pierres ouvrées, les huiles de graines grasses, les tourteaux de graines oléagineuses, les grains et farines de froment, les grains et farines de seigle, les cornes, sabots et os de bétail , les fers et aciers, les machines et mécaniques, les fruits et graines à ensemencer, le fromage, le beurre et les œufs, les poteries, les verres et cristaux, les armes et ouvrages en métaux, etc.

Caen possède 4 chantiers pour constructions de navires (700000 fr. par an, navires de 450 tonneaux) , dont les produits sont beaucoup plus estimés que ceux des chantiers du midi.

Les autres branches d’industrie consistent : en scieries, fontes de deuxième fusion, épuration d’huiles, dentelles (article très-important) , bonneterie, papiers peints, etc.

Caen est en communication directe et quotidienne avec le Havre par un service de bateaux à vapeur, pour les voyageursetles marchandises.il existe aussi un service régulier entre Caen et Londres.

Excuriiona dan* le* environ* de Caen.

Aux portes de la ville (1 kil.), à l’extrémité du faubourg Saint-Gilles, se voient les ruines d’un édifice sin-

gulier, bâti par Gérard de Nollent, sous le règne de Louis XII , dans un beau site, au bord de l’eau, en face d’une charmante prairie. On le désigne aujourd’hui sous le nom de Maison des gendarmes. Un mur crénelé et deux tours à plate-forme avec des fenêtres grillées lui donnent l'apparence d’un manoir fortifié. Divers ornements, tels que : arabesques, armoiries, médaillons offrant en relief des figures d’hommes et de femmes, décorent la façade. Le nom de maison des gendarmes lui vient de deux statues en pierre, placées sur la plate-forme de la tour, représentant des hommes d’armes dans une attitude menaçante.

A 2 kil. de Caen, sur la route de terre de Paris à Cherbourg, est la prison de Beaulieu, maison centrale de détention (800 détenus environ), qui couvre l’emplacement d’une ancienne léproserie fondée en 1160, par Henri II, et dont il ne reste pas de trace. La prison présente un carré régulier, d’un aspect sévère, dont le centre est occupé par d’autres bâtiments disposés en croix, de manière à former quatre cours. Ses fossés bordent la route. Près de la maison de détention, sur le bord de la route, se voit une petite église romane dont la porte latérale a son archivolte garnie d’étoiles. .

La prison de Beaulieu est située sur le territoire de Saint-Germainla-Blanche-Herbe (269 liab.) , où l’on voit aussi les ruines de l’abbaye d’Ardenne, de l’ordre de Prémontré , fondée vers l’an 1121. L’entrée se compose de deux portes , l’une cintrée, l’autre en ogive, qui peuvent dater de la fin du xm' ou du xiv* s. Un bâtiment, orné de colonnes cylindriques, sert aujourd’hui de grange.

Les bâtiments claustraux ont été détruits. De l’église, assez élevée, il ne reste plus qu’une nef flanquée aux angles de quatre escaliers en tourelles. Kilo a été bâtie pendant les xm' ou xiv* s. La façade est surtout remarquable. La porte du milieu est

[Route 50]

surmontée d’une belle rosace du style ogival flamboyant. Les deux entrées sont élégantes.

On peut visiter aussi aux environs de Caen : Mondeville (3 kil., route charmante et très- fréquentée en été), v.

de 992 hab. , où l’on voit une église intéressante des xm* et xv* s. ; — (5 kil.) Saint-Contest , v. de 840 hab.

(jolie église romano-gothique, mon.

hist., avec fenêtres cintrées dont l’archivolte, ornée de zigzags, est portée sur des colonnettes; bel autel du xvii* s. décoré de colonnes torses; mur du chevet orné d’élégantes arcatures); — (6 kil.) Lomigny, v. de 564 hab., où l’on peut se rendre, soit en barque, soit par un sentier qui longe la rive g. de l’Orne, soit par la route (frais ombrages; belles prairies ; guinguettes très-fréquentées les dimanches et fêtes; château duxvn*s., entouré d’un parc magnifique; sites charmants dans les environs) ; — (6kil.) Allemagne, v. de 1030 hab. (on y va en suivant la route d’Harcourt ou en remontant l’Orne en barque), bâti sur le haut d’un coteau crayeux au pied duquel coule la rivière et d’où l’on découvre un vaste horizon (belles carrières de pierres de taille dites carreau d’Allemagne ; découverte de nombreux fossiles dans le sein des carrières; ruines d’une église du xiii* s.); — (6 kil.) Ifs, v. de 736 hab., situé au S. de Caen , au milieu de la plaine, et à dr. de la route de Falaise (église de plusieurs époques; porte latérale romane, à voussures multiples; élégante tour, romane jusqu’à la moitié de sa hauteur, et ogivale dans le haut; au N. E. d’ifs, au hameau de Bras, se voient quelques restes du manoir de M. de Bras, seigneur de Bourgueville);— et (7 kil.) Fontaine-Étoupefnur, v. de 628 hab., dont l’église présente une façade assez curieuse duxii* s. Le château, un des plus intéressants de l’arrondissement de Caen, date des règnes de Louis XI ou de Louis XII. L’ancienne entrée (pavillon d’un effet pittores-

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