‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 267 sur 499 · ROUTE 51] BAYEUX. — LA CATHÉDRALE · texte numérisé non relu

ROUTE 51] BAYEUX. — LA CATHÉDRALE

ferme qui certainement a été un fief noble et qui annonce également le style Louis XIII. » On aperçoit, à g., près du chemin de fer, Condé-sur- Seulle , v. de 267 hab., dont la belle fontaine (à dr.) faisait tourner autrefois 3 moulins (joli château moderne).

269 kil. Bayeux ( Omnibus , 30 c.

le jour et 40 c. la nuit; — hôt. du Luxembourg), V. triste et inanimée (9483 hab.), ancienne capitale du Bessin, aujourd’hui ch.-l. de souspréfecture du départ, du Calvados, siège d’un évêché, située à 1 kil. de la station qu’une route neuve relie à la ville, et sur la pente de deux collines, au bord de la petite rivière d’Aure,est traversée dans toute sa longueur par la route de terre de Caen à Cherbourg. Ses maisons, basses et généralement mal bâties, ont, dit M. A. Guilbert, a plutôt un air de vétusté que d’antiquité. » Bayeux doit cependant de notables embellissements à la municipalité actuelle qui a élargi plusieurs rues, revêtu de quais une partie des bords de l’Aure, reconstruit l’hôtel-Dieu et fondé une bibliothèque publique.

Bayeux, Y Augustodorus et la cietfas Viducassium des Romains, qui en avaient fait un établissement considérable (on voit encore des vestiges de l'enceinte romaine dans la rue Larcher et prés de la place au Bois), devint plus tard la capitale d'une partie de la deuxième Lyonnaise.

Elle résista victorieusement, dès le ni* s., 4 l’invasion des Saxons. Convertie, dans le iv» s., au christianisme, par saint Exupère ou saint Spire, qui fonda l’évèché de Bayeux, elle obéit à des comtes particuliers, jusqu’au ix« s., époque à laquelle les Normands de Rollon la prirent d’assaut. Celui-ci, devenu duc de Normandie, après avoir fait sa paix avec le roi de France, donna Bayeux à Bolhon, l’un de ses soldats, qui reconstruisit la ville. Sous le successeur de Rollon, Bayeux fut souvent la résidence des ducs de Normandie qui l’agrandirent et l'ornèrent. L’un d’eux, Richard I**, y bâtit (9«o) un' château, ruiné seulement à la lin du xvm* s.; une belle cathédrale y avait aussi été construite; mais ie partage de la succession de Guillaume ie Conquérant |

FR. NORMANDIE

ayant fait éclater la guerre entre ses fils, Bayeux fut prise et brûlée par l’un d’eux, Henri d’Angleterre, en 1 106, et on ne put safiver de l’incendie que le trésor de la cathédrale et la célébré tapisserie de la reine Matliilde. Le roi de France aida les habitantsà rebâtir leur ville; mais, en 1346, les troupes de Philippe, frère de Charles le Mauvais, la brûlèrent pour la troisième fois : si elle se releva une fois encore, ce fut pour retomber, en 1417, sous la domination des Anglais qui la possédèrent jusqu’au milieu du xv* s. Charles VII la reprit en 1450 et elle resta définitivement française. Ensanglantée par les troubles de la Réforme et de la Ligue, Bayeux ne retrouva sa tranquillité qu’en 1590, après s’être soumise à Henri IV. — En 1771, la suppression, par Louis XV, du parlement de Rouen, dota Bayeux d’une cour suprême. La Révolution fut sanglante et dévastatrice à Bayeux. Dix des anciennes églises furent détruites, et la cathédrale servit de temple à la Raison.

Bayeux a vu naître les deux Chartier et le maréchal de Coigny.

La cathédrale (mon. hlst.), fondée on ne sait en quelle année, incendiée en 1046, rebâtie, puis consacrée en 1077, en présence de Guillaume le Conquérant, de la reine Mathilde et de ses deux fils , incendiée de nouveau en 1106, reconstruite presque aussitôt, continuée et remaniée jusqu’au xvm* s., offre, par conséquent, des échantillons de tous les styles, mais l’ensemble en est original et imposant; les flèches de sa façade, la tour de l’horloge, les clochetons aigus, placés aux deux côtés de l’abside, lui donnent une physionomie tout à fait particulière. La restauration en est commencée.

Avant de l’examiner en détail, constatons ses dimensions. Elle a la forme d’une croix latine; sa longueur est de 102 mèt.; sa hauteur, de la base à la voûte, est d'un peu plus de 23 mèt. Le chœur et la nef (10 mèt.

de largeur), sont flanqués de collatéraux, d'une largeur de 6 mèt., autour desquels rayonnent 22 chapelles de 5 mèt. de profondeur. Le transsept est long de 37 mèt., large de 11 et haut de 25.

DE PARIS A CHERBOURG

La façade principale, celle de l’O., a conservé ses deux tours romanes ue couronnent deux flèches pyraïqiales, bâties au xn* s. et hautes de 75 mèt. — La tour du midi porte, à 3 mèt. env. du sol, l’inscription suivante, qui fut composée au sujet d’Isabelle do Douvres» maîtresse de Robert, comte de Glocester, et sœur de Thomas, archevêque d’Yorck:

La vieille femtae à maître Jacques Trépassa le beau jour de Pâques.

Pour la fourrer ici dedans,

En ce temps de réjouissance.

Il nous fallut, malgré nos dents, Tronquer un repas d'importance;

One ne le pûmes achever,

Dont deuil plus cuisant nous opile Que si nous avions vu crever Toutes les vieilles de la ville.

La porte centrale, mutilée en 1766, offre encore quelques restes do moulures; elle était primitivement divisée en deux parties par un trumeau en piqrre portant une magnifique statue de la vierge; les cintres étaient ornés de bas-reliefs figurant des sujets de l’ancien Testament. Dans le tympan de la porte placée à droite de la grande entrée, on distingue la Résurrection des morts et le Jugement dernier; du côté gauche ont été représentées différentes scènes de la vie de Jésus- Christ. — Les deux façades du transsept sont postérieures au corps de l’édifice. Le transsept, qui faisait face à l’ancien évêché et qui est percé d’une fenêtre rayonnante, date de la deuxième moitié du xiv* s. Le transsept S., qui fait face à l'évêché actuel, paraît un peu postérieur. Son portail date du xive s. Les bas-reliefs du tympan, malheureusement mutilés, rappellent l’histoire de saint Thomas de Cantorbéry. Ce portail offre deux magnifiques portes (xiv° s.), en bois de châtaignier, ornées de ferrures fleurdelisées et bardées de clous dont les têtes ont 25 millimèt. de largeur. — Le portail du Doyenné servait d’entrée au doyen, le jour de sa réception. 11 ne s’ouvrait plus pour

lui, dans la suite, que pour livrer passage à son corps, après sa mort. — La tour centrale, fondée au xu* s., rebâtie au xm*, continuée au xiv*, construite en grande partie dans le style ogival de la dernière époque (1479), avait été surmontée, au siècle dernier (1714-1715), d’une lanterne d’ordre dorique, par l’architecte Moussard.

Par suite de ces constructions successives, faites d’ailleurs en matériaux peu résistants, des écrasements si graves se sont manifestés dans les quatre points d’appui, sous l’énorme charge qu’ils avaient à porter, qu’il a fallu cintrer les quatre arcs doubleaux, étayer les piliers et démolir les parties supérieures. Cette tour est de forme octogonale. Sa base est assise sur une plate-forme carrée entourée d’une belle galerie qui domine de 10 mèt. la toiture de l’édifice et que surmontent douze clochetorft ornés de figures chimériques et allégoriques.

Les angles de la plate-forme offrent des niches dans lesquelles ont été sculptés des groupes do personnages de grandeur naturelle, figurant des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament ( sainte Anne apprenant à lire d la sainte Vierge ; le roi David tenant une banderole sur laquelle on lit quelques mots de ses psaumes; le prophète Jérémie ; Salomon; la Vierge tenant l'enfant Jésus dans ses bras; Abraham, etc.). Do cette galerie partent deux beaux escaliers (à l’E. et à l’O.) en spirale (aux angles, lions debout tenant des écussons aux armes de Normandie) montant h deux plates-formes entourées de balustrades et ornées comme les escaliers, de lions debout. Plus haut (15 met.), se voient, aux angles du dôme, des anges aux ailes déployées portant des écussons aux armes de M. de Harcourt, patriarche de Jérusalem.

La partie supérieure est actuellement (1866) eu voie de reconstruction. Du haut de la tour (le gardien de la cathédrale y conduit quatre personnes à la fois pour 50 c. par

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