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SOUS LE RÉGNE DE CHARLES VII

Les Anglais perdirent

Un grand nombre de leurs guerriers Et furent ensuite forcés D’abandonner la Normandie Dont ils étaient maîtres Depuis 1417.

1 .'église de Formigny (mon. hist.) offre une nef romane (certaines parties ont été refaites) ; la porte occidentale est surmontée d’une statue équestre

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de Saint-Martin, assez remarquable (1601). Le chœur et la tour appartiennent au style ogival primitif.

A 3 kil. environ du Molay, à dr. de la route de Trévières (500 mèt.) , se trouve le v. de Saon (381 hab.).

L’église, en partie romane, renferme un tombeau remarquable dont la table porte les statues de Robert Davaynes et de Jeanne Daché, son épouse.

Le château de Gruchy, ancienne résidence de Robert Davaynes, est situé à 2 kil. de l’église.

La route de terre de Molay à Isigny dessert (6 kil. de la station) Bernesq (546 hab.) où se voit un très-joli château de la Renaissance garni de tours et entouré de fossés.

4 kil. plus loin, au delà de Bricqueville, dont l’ancien manoir a vu naître d’illustres gentilshommes, on trouve, sur la même route (10 kil.

env. de la station), Coîombières (556 bab.) dont le château est une des plus importantes constructions militaires de la féodalité. « 11 est bâti, dit M. de Caumont, à un niveau très-bas, au milieu des herbages de la riche vallée d’Aure; son enceinte carrée est entourée de fossés pleins d’eau. Le principal corps de logis occupe le côté N. Aux deux extrémités de ce bâtiment allongé s’élèvent deux tours rondes qui protègent les angles de la place; celle du N. O. renferme un appartement dont les décorations sont du xv* s. Sur le manteau de la cheminée se voit une guirlande de feuilles de choux frisés, dessinant une ogive en forme d’accolade. »

Lavoie ferrée franchit successivement la Siétte, un affluent de l’Esque, puis l’Esque elle-même, en laissant à g. Toumières (305 hab.), puis le château de l’Épinay et Cartignyl'Épinay (611 hab.). On côtoie les rivières du Crocet du Rieu; les paysages deviennent de plus en plus charmants.

2% kil. Lison. v. de 666 hab., si-

tué à près de 3 kil. de la station, est la patrie du trouvère Richard de Lison, auteur du Boman du Bénard.

Après avoir franchi le Rieu on laisse à g. (1 kil. de la station) l’embranchement de Saint- Lô (R. 52) et l’on suit la rive dr. de l’Elle jusqu’à son embouchure dans la Vire qui serpente plus à g., dans de vastes prairies, et communique avec la Taute par le canal de Vire et Taute.

Ce canal, qui joint le bain, de Pornibet , situé sur la g., à 1 kil. du chemin de fer, au ham. de Cap, a 11380 mèt. dé longueur et 1 mèt. 37 de pente. On aperçoit à g. le château de Neuilly, et à dr. le v. de ce nom (1078 hab.). Le château de Neuilly, bâti sur des prairies basses, servait dès le xi* s. de maison de campagne aux évêques de Bayeux qui s’y réfugiaient aussi en temps de guerre. Les murs, en briques, qui bordent la cour, paraissent dater de la fin du xvi* s.

L’église de Neuilly (chœur du xin's., nef romane remaniée au xm* s.) est flanquée à l’O. d’une tour moderne (quatre étages) qui attire les regards de loin à cause de sa situation pittoresque sur une des collines de la rive dr. de la Vire.

305 kil. Isigny (omnibus 50 c.; — • hôt. de la Grappe de Raisin), V. de 2305 hab., renommée par son beurre et ses pâturages, située à 4 kil. de la station , sur l’Aure-Inféricure qui va se jeter, en même temps que la Vire, dans les vastes g rêves du Grand- Vey, dont les bancs vaseux se montrent à la marée basse. On a assaini, sous la direction de M. Mosselman, une vaste étendue île ces lagunes qui, rendues à la culture, deviennent en peu" de temps d’une grande fertilité.

Le port d’Isigny peut recevoir des navires de 200 tonneaux. U exporte en Angleterre pour environ 2 millions île francs de beurre salé par an. Les beurres frais, fabriqués d’une façon toute particulière, sont expédiés à Paris où ils sont très-connus

I8IQNY. — MÀISY.

et très-rachercliés. Le commerce d’Isigny, qui s’accroît chaque année, comprend aussi les bestiaux, la cire jaune, les graines de trèfle, les bêtes à laine, le duvet d’oies, etc.

Viglise d’Isigny, composée : d’un chœur terminé par un chevet droit le long duquel est appliquée une chapelle seigneuriale; d’un transsept et d'une nef garnie de bas-côtés, date en partie du xm*s. Le transsept nord se fait remarquer par des chapiteaux fort élégants et deux arcades délicatement accolées formant des niches d'autel; le tout parait être du xtv' s.; la nef date de plusieurs époques. La tour, sauf le dernier étage, doit être du xiv*.

Un château assez considérable, construit au siècle dernier, est devenu l 'hôtel de ville , dont la cour forme une place régulière.

[Voit, de corresp. pour (là kil.) Grand-Camp (v. ci-dessous).]

[Excursion à Maisy, par Osmanville, la Cambe et Jucoville-d’Isigny. — Après avoir suivi pendant 2 kil. la route de terre d’Isigny à Bayeux, on trouve Osmanville (647 hab.), dont V église, en grande paitie romane, offre une abside semi-circulaire, avec fenêtres cintrées à colonnes. Sur le haut d’une colline, dominant la vallée de l’Aure et de la Vire, se voit un petit fort qui remonte probablement au moyen Age. Des tuiles romaines et des vases en pierre ont été découverts dans le voisinage

1. D’Osmanville part au N. une route qui conduit directement à (7 kil.) Maisy. Cette route laisse à g. (2 kil ) Snint-Clemerit, village où venait aboutir le passage à gué de la Vire qui partait du Grand- Wey, comme le constate ce passage de Robert Wace (il s’agit du duc Guillaume, en 1047) :

« Passa de nuit li guez de Vire A grant poor et a grant ire Al mostier clina Saint-Clément Et preia Dex escordement.

Presque en face de l'église, est un manoir du règne de Louis XIV. — Plus loin, i» dr.,

A 5 kil. d'Osmanville , sur la même route, est le v. de la Cambe (890 hab.) . Véglise renferme, outre plusieurs inscriptions tumulaires, le tombeau de l’abbé le François, conseiller au parlement. Ce tombeau, récemment restauré, et surmonté d’une statue mutilée, offre un grand intérêt. -

On quitte, à la Cambe, la route de Bayeux pour prendre à g. un chemin conduisant à Maisy et à la mer par (9 kil. d lsigny) le ham. de Jucoville, qui possède un beau château et une olie chapelle seigneuriale composée d’une nef rectangulaire et d'un sanctuaire à pans coupés. Des contre-forts, couronnés par d’élégants clochetons, se font remarquer à l’extérieur. L’intérieur renferme une charmante crédence délicatement sculptée. Le château est moderne. Des traces de voie romaine et des médailles antiques ont été découvertes à Jucoville.

On laisse à dr. une route conduisant à (2 kil.) Criequeville , v. de 425 hab., dont V église (hideuse sacristie) est, au dire de M.de Caumont, une des plus intéressantes de l’arrondissement de Bayeux. « Le chœur (xnr s.) modèle à étudier, type à reproduire, »

contient de belles châsses du xiu* s.

La tour et le portail O. de la nef sont du xiv' s. Criequeville a conservé deux anciens manoirs.

14 kil. Maisy, v. de 497 hab.,

22 mèt. d’altit. Le chœur de l’église est du xiii* s ; la tour, une des plus remarquables et des plus hautes de la contrée, date du xiv" s. A l’E. de l’église s’élève le château de la Tonnellerie construit sous le règne de Louis XIV. Maisy est célèbre par la descente qu’y firent, en 844, les Norvégiens commandés par Bier, surnommé Côte de Fer. A lltil . au N. de Maisy se trouvelev.de Grand-Camp (1529 liab.), au N. duquel s’étendent

se trouve Cardonrille ; puis, on voit à g., Fontenay et Ueffoise, dont 1 eglise, du xinc »., est bien conservée, et dont le château , inhabité , date du régne de Louis XIV.

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les roches de ce nom. Grand -Camp, possède un petit phare, un établissement de bains de mer et un château de peu d'importance.]

On franchit la Vire bordée de chaque côté de vastes prairies. La rivière, assez large sur ce point, est traversée par un pont construit d’après le modèle de celui de l’Orne, à l’entrée de la prairie de Caen.

Sa portée est de 40 mèt. Le tablier s’élève à peine à 1 mèt. audessus des plus grandes crues ; mais 2 arches de 3 mèt. d’ouverture ont été ménagées dans les culées pour faciliter l'écoulement des eaux. A 2 kil. au-dessous se trouve le pont de la route de poste, appelé pontdu Vey , parce qu'il est situé près du ham. de ce nom.

En entrant dans le départ, de la Manche, au delà de la Vire, on longe des prairies basses, anciens marais remplis de mauvaises herbes et transformés en riches pâturages par un travail opiniâtre et intelligent. Puis, on passe bientôt de la vallée de la Vire dans celle de la Taute, rivière que la voie ferrée franchit près de Saint-Hilaire- Petit-Ville (386 hab.).

313 kil. Carentan (hôt. delà Place) , ch.-l. decant.,V. de 311Ghab., est située au milieu de vastes prairies marécageuses, arrosées par la Taute canalisée, par le canal de la Taute à la Sèves, et par celui du Plessis, qui va des mines de houille du Plessis au pont de Beaupté, où la Sèves commence à devenir navigable, et qui a 4700 mèt. de longueur.

La ville de Carentan, dont l’histoire, toute militaire, offre peu d'intérêt, a eu le malheur d’être fortifiée ; aussi at-elle soutenii, à son grand détriment, plusieurs sièges, dont le dernier date de 1574. Édouard 111 la livra aux flammes en 1346, quelques jours seulement avant la bataille de Crécv. En 1679, un violent incendie y détruisit plus de cinq cents maisons. Pendant la minorité de saint Louis, Blanche de

Castille l’avait fait entourer d’une enceinte de fossés et de murailles ; Montgomery, en 1574, fit relever ses fortifications qui ont été définitivement rasées il y a quelques années.

Le château fort, autrefois beaucoup plus important, intéressera les amateurs curieux d’étudier l'architecture militaire des xii* et xiv“ s Le donjon a été démoli en 1800. — Le collège, voisin de la gare, occupe un ancien couvent de femmes, qui avait été longtemps une caserne de gendarmerie.

L’église , monument historique , fondée en 1466, par Guillaume de Cérisay, appartient en grande partie au style ogival de la troisième époque. La tour, flanquée d’élégantes tourelles, de clochetons à jour et d’une balustrade délicatement sculptée, est terminée par une belle flèche pyramidale, du plus gracieux effet.

A 2 kil. de Carentan, le fort dit fort des Ponts-d'Ouce , bâti en plein marais, défend tout le Cotentin.

Le petit port de Carentan reçoit annuellement environ 140 navires (7400 tonnes) à rentrée, et 130 navires (6990 tonnes) à la sortie. Le cabotage comprend, année moyenne, 75 navires (3317 tonnes) à l’entrée, et 90 navires (1384 tonnes) à la sortie.

Ce port communique avec la mer au moyen d’une écluse placée au confluent des rivières d’Aure et de Taute; dans les fortes marées, il y remonte des navires de 200 tonneaux. Carentan communique avec Saint-Lô et Vire par le canal de la Vire.

[Voit, de corresp. pour: (34 kil.) Coutances, par(l 8 kil.) Périers (R.87)].

De Carentan à Saint-Lô, R. 86 ; — à Coutances, R. 87.

La voie ferrée traverse un canal inachevé que Napoléon Ier voulait faire creuser afin d’éviter aux navires le péril et l’ennui de doubler les deux caps de la Hougue et de la Hague. Les travaux, interrompus en 1812, n’ont jamais été repris. Un peu

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