‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 278 sur 499 · HISTOIRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE

d’une vaste machine qu'inventa, vers 1450, u n certain bourgeois de Cherbourg, nommé Jean Aubert, et qui servait à représenter, à l'aide d’un grand nombre de personnages mus par des roues, l'Assomption et le Couronnement de la sainte Vierge dans le ciel. Cette invention parut si merveilleuse que la machine, placée dans l'église, y fut conservée sous la surveillance de douze notables : tous les ans, le jour anniversaire du départ des Anglais, on l’exposait et on la faisait mouvoir en grande pompe devant le peuple. Cette parade religieuse et patriotique ne fut supprimée qu’en 1702, et la machine ellemême ne fut détruite qu'en 1789. »

Pendant tout le xvic s., Cherbourg ne fut le théâtre d’aucun événement intéressant; les guerres de religion elles-mêmes n’y eurent aucun retentissement; mais durant le xvii« s., la rivalité de la France et de l'Angleterre s’étant ranimée, l'année 1692 fut marquée par le désastre de la Hougue, qui se lie, par plus d un incident, à l’histoire de Cherbourg.

En 1686 Vauban fit démolir le donjon et les murailles de Cherbourg et la ville se trouva exposée sans défense aux attaques des Anglais qui s’en emparèrent, sans coup férir, en 1758, brûlèrent tous les vaisseaux qui étaient dans le port et détruisirent une jetée et l’écluse d'un bassin récemment creusé.

Vers la fin du xviii0 s., commencèrent réellement les grands travaux terminés aujourd'hui et qui font de Cherbourg le premier port militaire de France (F. cidessous).

Édifices religieux et civils.

L’église de la Sainte - Trinité,

bâtie vers 1450, est surmontée d’un clocher à deux pans. Les bas côtés sont soutenus par des contre-forts en arcs-boutants, que terminent des pointes ciselées dans le style du xv' s. L’intérieur est digne d’intérêt. On y remarque surtout : les pendentifs qui ornent les voûtes de la nef, du chœur, des chapelles et des bas côtés; la chaire sculptée par Armand Fréret, le Baptême de Jésus-Christ et une statue do la Vierge, par le même artiste ; les saintes femmes au tombeau du Christ, tableau attribué à G. Crayer et à Philippe de Champaigne. L’église de la Trinité a été récemment l’objet

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d’importantes restaurations qui n’ont point fait disparaître toutes les incohérences de son architecture.

L’église de Notre-Dame du Vœu , rebâtie récemment dans le style roman, faisait autrefois partie de l’abbaye du môme nom, fondée par Mathilde, reine d'Angleterre. L’une des salles de cette abbaye, convertie aujourd’hui en hôpital de la marine (elle doit prochainement disparaître ), était ornée d’une belle cheminée du xn° s.

qui a été transportée à l’hôtel de ville (salle de la bibliothèque).

L’église Saint-Clément , construite de 1850 à 1863, et le temple protestant ne méritent qu’une mention.

L hôtel de ville, situé sur la Place d’Armes (deux corps de bâtiments, le nouveau sur la rue de la Paix), en face d’un obélisque monolithe qui sert de fontaine (1817), n a aucune valeur architecturale , mais il renferme le musée et la bibliothèque.

Le musée, appelé musée Henri, du nom de son fondateur (1835), occupe le premier étage de l’hôtel de ville.

Il est ouvert tous les jours aux étrangers et le dimanche (de midi à 4 h.) au public. Nous ne signalerons ici que les tableaux les plus importants.

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