‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 305 sur 499 · ROUTE 61] CORMEILLES. — IVRY-LA-BATAILLE · texte numérisé non relu

ROUTE 61] CORMEILLES. — IVRY-LA-BATAILLE

route de (2 kil.) Éprerille- en-Lieurin (590 hab.).

19 kil. Lieurey, v. de 2209 hab.

Le clocher massif, et presque sans ornement, de l’église, et l’extrémité O. de la nef remontent au xi* s.; le reste de l’édifice est beaucoup moins ancien. Lieurey possède des fabriques de toiles de coton, de rubans, de satins de laine, de damas pour meubles et nouveautés, etc.

La route , laissant à dr. le château de Lislebec, s'engage dans un vallon boisé qui débouche dans la vallée de la Calonne, près de Saint-Sylvestre de Cormeilles (556 hab.). On descend la rive dr. de la Calonne qui baigne à g. Saint-Pierre-de-Cormeüles (1013 hab.). L'église, qui date de l’époque de transition (fin du xur s.), offre , à l’intérieur , une série de panneaux sculptés de la Renaissance, représentant les douze Apôtres.

28 kil. Cormeilles, ch.-l. de cant.

de 1426 hab., bourg industriel et agricole, situé à 33 mèt., sur la rive dr. de la Calonne bordée d’usines et de riches herbages, est traversé par l’ancienne voie romaine de JVotu'omagus (Lisieux) à Juliobona (Lillebonne). Dès le xi* s., Cormeilles possédait un prieuré qui fut transformé en abbaye vers l’an 1060, et dont la juridiction s’étendait, au xm* s., sur un grand nombre de communes.

Cormeilles est relié par de bonnes routes à (17 kil.) Pont-Audemer, à — (18 kil.) Lisieux (R. 67) et à (18 kil. environ) Pont-l’Êvêque (R. 68).

DE BUEIL A DREUX

A. Par Anet.

26 kil. — Route de voitures. — Voitures de correspondancejusqu’à(l 1 kil.) Anet.

— Coupé, 1 fr. 30 c. ; intérieur, banquette et rotonde, t fr. 5 c.

Après avoir croisé le chemin de fer de Paris à Caen (R. 50) et franchi le

Rû de Radon , la route laisse à g. le château de Primard et traverse la vallée de l’Eure près de Garennes (648 hab.) où se voient encore des traces des retranchements du camp occupé par le duc de Mayenne, la veille de la bataille d’Ivry. Le lendemain de la bataille, un certain nombre de fuyards de l’armée des ligueurs s’étant réfùgiés dans le bois de Garennes qui s’étend au N. O. du village, près du hameau de Tourne -Boisset , y furent exterminés par les gens du pays.

On remonte jusqu’à Ivry la rive g.

de l’Eure bordée d’usines, de moulins et de larges prairies.

5 kil. îvry-la-Bataille , v. de 952 hab., a donné son nom à la bataille qu’Henri IV remporta, le 14 mai 1590, sur le duc de Mayenne, commandant l’armée de la Ligue. Une pyramide d’environ 17 mèt. de hauteur, entourée de grilles en fer, fut élevée sur le théâtre même de la bataille par le duc de Penthièvre, vers la fin du siècle dernier, pour perpétuer le souvenir de ce mémorable fait d’armes. Cette pyramide , détruite pendant la Révolution, a été réédifiée par Napoléon Ier, en 1809. Ivry était au moyen âge une place forte qui fut prise, en 1119, par Louis le Gros, en 1193, par Philippe Auguste, en 1418, par Talbot (on appelle encore Butte- Talbot une butte sur laquelle ôtait placée, dit-on, l’artillerie de l'armée anglaise), en 1424, par le duc de liedfort, en 1449, par le comte de Dunois, qui en fit démolir les fortifications.

Les restes de la forteresse d’Ivry sont encore considérables et bien conservés. De l 'abbaye d’Ivry, fondée vers 1071 , par le comte Roger d’Ivry, échanson de Guillaume le Conquérant, il subsiste quelques débris importants, notamment un curieux portail byzantin. L’ église du bourg, bâtie par Philibert Delorme, date du xvi*s.

On franchit une seconde fois l’Eure et l’on passe du départ, de ce nom dans celui d’Eure-et-Loir.

11 kil. Anet, ch.-l. de c. de 1406

DE BUEIL A DREUX

hab. , situé entre l’Eure et la Vesgre, sur la lisière N. de la forêt d’Êvreux, dans la jolie vallée de l’Eure qui forme, en face d’Anet, plusieurs petites îles et arrose de magnifiques prairies.

Le premier seigneur cunnu d’Anet fut Urson (1034).

Après de nombreuses vicissitudes, la châtellenie vint en la possession de Louis de Brezé qui, le 29 mars 1514, épousa en secondes noces, à l’âge de 55 ans, Diane de Poitiers. Elle appartint ensuite au duc de Vendôme, qui en hérita de sa femme, à la princesse de Condé, à la duchesse du Maine, à Louis-Charles de Bourbon, à Louis XV qui en hérita du comte d'Eu, et qui la céda au duc de Penthièvre , le dernier seigneur.

Le château primitif d’Anet, transformé en forteresse, par Charles le Mauvais , démantelé par ordre de Charles V en 1378, ne se releva jamais de ses ruines.

Le château d’Anet, dont les débris sont classés parmi les monuments historiques, fut bâti en 1548 ou en 1552, sur les plans de Philibert Delorme, par Henri II, roi de France, pour Diane de Poitiers. Jean Goujon avait été chargé de l’exécution des sculptures, Jean Cousin, des peintures sur verre. Ce magnifique château se composait, dit M. ,de la Quérière ( Excursion au château d’Anet, 1862), d’un corps de logis principal, placé au fond d’une cour carrée, et accompagné de deux ailes en retour . d’équerre, qui se reliaient à d’autres bâtiments moins élevés formant un quatrième côté, au centre duquel était la grande porte d’entrée ’. » Vendu comme bien national en 1793 et indignement mutilé, il a changé souvent de propriétaire. La duchesse douairière d’Orléans, fille du duc de Penthièvre, le racheta en 1820 ; son

1. L’Annuaire d’Eure-et-Loir pour l’année 1862 contient une longue et intéressante monographie du château d’Anet, par M. Ed. Lefèvre.

fils, Louis-Philippe l,r, le vendit , en 1823, à M. Passy, receveur général de l'Eure, qui le laissa à sa fille, Mme Davillier. En 1840, M. Dibon, mari de Mme Davillier, le vendit au comte Adolphe de Caraman, qui le fit restaurer, mais qui fut plus tard obligé de le vendre à M. Moreau, agent de change, à Paris.

11 ne subsiste plus du célèbre château de la Renaissance que la porte d’entrée et ses dépendances, une aile et la chapelle. Le château proprement dit, ayant face au N. sur les jardins, au S. sur la cour , l’aile de l’E. , l’orangerie, le parc, les canaux et la fontaine de Diane, tout a disparu.

Cette admirable fontaine, en marbre blanc, chef-d’œuvre de Jean Goujon, orne du moins aujourd’hui une des salles du Louvre, et la décoration centrale de la façade du fond de la cour, haute de 22 mèt. et exécutée par Jean Goujon, se voit actuellement dans la cour du palais des Beaux-Arts, où elle a été transportée par les soins de feu Alexandre Lenoir.

On accède au château par un pont en pierre de taille que fit construire le duc de Vendôme et que supportent deux arches dont l’une est bouchée ; à dr. et à g. s’étendent les anciens fossés aujourd’hui à sec. Les murs sont tapissés de beaux espaliers.

A l’entrée s’élève encore l’ancien frontispice, construction monumentale, enrichiede marbres de différentes couleurs parmi lesquels le noir domine. Le centre en est occupé par une porte à deux battants, ornée de riches sculptures qui figurent des attributs de chasse et de pêche. Le heurtoir en est remarquable. L’entrée de la serrure , finement travaillée , est enrichie de divers dessins. Le tympan était autrefois décoré du célèbre bas-relief en bronze de Benvenuto Cellini aujourd’hui au Louvre, dans la salle de la Renaissance (la Nymphe de Fontainebleau, appuyée sur un chien et entourée de cerfs et de sangliers). Une belle archivolte supporte un massif eu

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