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attique décoré de deux niches aujourd'hui vides et à jour. Restauré en 1856 par la commission des monuments historiques, qui y a fait placer une horloge ordinaire, cet attique est surmonté d’un cerf avec quatre chiens en terre cuite peints en bronze.
« Cette décoration centrale, dit M.de la Quérière, est épaulée, de chaque côté, par un corps d’architecture d’ordre dorique, surmonté d’un attique, terminé en terrasse, et orné d’une élégante balustrade en pierre.
« De chaque côté , à des hauteurs, ou sur des plans différents, se voient encore des balustrades à jour couronnant d’autres parties en terrasse moins élevées, et qui complètent ce bel ensemble architectural.
« Du côté de la cour, l’ordonnance, quoique offrant plus de simplicité, n’est pas moins gracieuse. Les eaux des terrasses sont rejetées en dehors par des gargouilles en forme de vases richement sculptés. *>
A l’E. se voit une entrée latérale, plus simple, mais en ruine.
L’aile qui subsiste, et qui, récemment restaurée, constitue le château actuel, se compose d’un rez-de-chaussée et d’un étage décoré de pilastres ioniques (grand trophée au milieu du mur) et dont les lucarnes principales portent les chiffres enlacés de Diane et d’Henri IL Le vestibule est orné de débris de sculptures qui témoignent de l’ancienne splendeur du château.
a Là, dit M. Lefèvre , se développe le magnifique escalier construit sous Louis-Joseph de Vendôme (on voit son chiffre dans plusieurs endroits de la rampe de fer) et exécuté, d'après les dessins du sieur Desgaux, ^inspecteur des bâtiments du roi, par un maçon d’Anet, qui a fait goujonner toutes les pierres du palier pour en assurer la hardiesse; c’est une œuvre remarquable qui fait l’admiration des connaisseurs.
« Au premier étage, on voit l'appartement qu’occupait le duc de Ven-
dôme (Louis-Joseph), et dans lequel se trouve une frise délicate formée de trophées do guerre , analogues au grand trophée d’armes qui décore la façade, en souvenir du vainqueur de Cassano et de Villa-Viciosa. Cet appartement communique avec les terrasses qui couvrent la porte d’entrée.
Dans une des admirables tourelles, élevées aux angles du corps de bâtiments, sont établis des oratoires dont les fenêtres, à cintre surbaissé, sont garnies de vitraux de couleur qui atonent la lumière sans l'intercepter.
« L’ancienne salle des Gardes n’a rien conservé de sa décoration.
* L’hémicycle, qui séparait le château des bâtiments dits du Gouvernement, a été ouvert en 1843, sur les trois arceaux qui en formaient le fond ; le parc se trouve ainsi agréablement lié au petit jardin réservé , servant de passage pour se rendre de la porte d’entrée au Gouvernement. Ce dernier forme aujourd’hui la plus grande partie de l’habitation, et comprend la salle à manger et le salon de Diane, une des pièces les plus intéressantes du château. Elle est surtout remarquable par un ancien plafond , dont les sculptures, dorées et peintes, sont bien conservées. Les compartiments où elles se trouvent renfermées sont ornés des armes de France, de celles de Brézé, et de la duchesse de Valentinois. On y voit aussi , comme dans toutes les décor a tions du château, des D et des H entrelacés, et les croissants d’Henri II, combinés de toute manière. Dison toutefois que ce plafond n’occupait pas primitivement le local où on le voit aujourd’hui; il a été transporté du bâtiment principal, lorsque M.
duc de Vendôme fit construire le deux pavillons qui existent actuellement, et on Ta probablement tronqué pour l’adapter au nouveau site. 11 a été, depuis 1840, soigneusement restauré par les soins de M. de Çaraman.
Un parquet en bois rapportés, sur des dessins analogues, et des lambre-
DE BÜEIL A DREUX.
quins en tapisserie dans le même style, s’accordent avec le reste de l’ameublement pour justifier le titre de salon de Diane. Au-dessus de la cheminée, on remarque un ancien tableau représentant Diane nue, couchée au bord d’une fontaine, et accompagnée de son cerf et de ses chiens; ce tableau provient, dit-on, de la collection du cardinal Fesch.
« Le parc, restreint aujourd’hui à l’espace entouré par les eaux de la rivière d’Eure, mais dont le nivellement des terrasses, le tracé des allées, les plantations et divers autres embellissements, ont entièrement changé le pian, devenu celui d’un jardin anglais, a été dessiné par M. Bülher.
« Derrière la chapelle est une cour assez vaste qui s’appelait la cour des cuisines, et qu’entourent encore quelques bâtiments de service; on y arrive du dehors par la porte dite de Charles-le-Maurais.
« En sortant, par cette même porte, on passe sur le pont de pierre que la princesse de Condé fit construire (1718- 1723) en remplacement de l’ancien pont-levis; on se trouve sur la route d’Oulins, de Pacy, de Mantes, etc., et l’on arrive à la promenade de la Friche; c’est une pelouse de 4 hectares 50 ares de superficie, entourée d’allées de tilleuls formant berceau, dont l’usage avait été concédé au bourg d'Anet par le duc de Penthièvre, mais qui a été aliénée nationalement et achetée à vil prix par la commune, le 21 juin 1806. La jeunesse s’y rassemble encore pour danser dans le quinconce qui en occupe le centre, comme pour rappeler le temps où Florian, le gracieux auteur d 'Estelle et Némorin, célébrait par des vers, la bienfaisance un peu austère de M. le duc de Penthièvre succédant à la vie animée et même assez frivole de la duchesse du Maine.
« Sur la droite de la promenade communale existe toujours le Boulingrin déssiné par le Nôtre, et devenu propriété particulière, ainsi que le
vaste potager qui lui est contigu. Les bâtiments desécuries, déjà cités, sont encore debout en partie.
« Au delà du canal , à l’O. , un bois considérable , qui était percé d’allées bordées de charmilles, a été en grande partie converti en champs cultivés ou en prairies. »
La chapelle, en forme de rotonde, terminée en 1552 sur les dessins de Philibert Delorme, mutilée à la Restauration, vendue en 1798 (elle était enclavée dans l’aile E. du château), a été restaurée en 1840 par les soins du comte Adolphe de Caraman, comme le constate une inscription, et rendue au culte le 3 septembre 1851. On y a ajouté une façade, au milieu de laquelle se détache un beau médaillon en marbre blanc soutenu par deux anges, et représentant la sainte Vierge.
a La porte d’entrée de la chapelle et le seuil, dit encore M. Lefèvre, sont chargés de croissants et des chiffres D H (Diane et Henri II), sculptés en bois et relevés en or sur la porte ; ceux du seuil sont en marbre noir.
Les mêmes chiffres sont répétés à l’intérieur. Aux deux côtés sont deux petites portes par lesquelles on monte aux escaliers en pierre conduisant aux deux pyramides quadrangulaires qui accompagnent la rotonde de la chapelle. Cette rotonde, en pierre de taille de Vernon, comme les pyramides, est éclairée au sommet par une lanterne formée de colonnes d’ordre corinthien, et couronnée par un dôme que surmonte une très-belle croix en fer ouvragé.
« L’intérieur de la chapelle est un cercle d’environ 37 piedsde diamètre.
Quatre avant-corps, formés par autant d’arcades, représentent une croix grecque ; il en résulte quatre enfoncements dont deux renferment la cage des escaliers en pierre qui montent aux pyramides; les deux autres servent de sacristie et do tribune au-dessous de laquelle est la principale porte.
« Les portes de la tribune et de la sacristie, les clefs de voûte, la balus-