‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 307 sur 499 · ANET · texte numérisé non relu

ANET

trade de la tribune, sont chargées des chiffres de Diane et d'Henri , et de croissants surmontés de la couronne fermée.

« Une magnifique mosaïque de marbres de différentes couleurs, et symétrisée avec beaucoup de goût , forme, au milieu de l’espace que les avant-corps laissent vide, une rose de neuf pieds de diamètre; la dernière circonférence est un polygone de dixhuit côtés. De chacun des angles part une spirale allant de gauche adroite, et une autre allant de droite à gauche; il résulte de l’intersection de ces figures 216 losanges curvilignes, exécutés en marbre noir et blanc avec une justesse et une précision remarquables. La voûte, reproduisant le pavement du centre, est sculptée en caissons losanges dans chacun desquels est une tête d’ange. Partout, dans l’intérieur de ce petit monument, la pierre est restée apparente et sa nudité est à peine déguisée à l’aide de quelques sobres dorures.

« Huit figures de Renommées, tenant les unes, des palmes, les autres, des trompettes, décorent les tympans des arcs, et huit figures de chérubins portant les instruments de la Passion, sont disposées dans les compartiments des voûtes en berceau. Toutes ces magnifiques sculptures de Jean Goujon, auxquelles le temps n’a fait subir aucune altération sensible, ont été miraculeusement épargnées par la tourmente révolutionnaire ; elles sont empreintes du même caractère que les œils de bœuf du Louvre ; on ne peut y méconnaître le sentiment original de leur auteur. »

Près du château s'élève la chapelle sépulcrale, bâtie vers la fin du xvt* s. par Diane de Poitiers pour recevoir son tombeau. La façade, qui se présente sur la voie publique, « se compose, dit M. de la Quérière, de quatre pilastres et d’un entablement corinthiens, que surmontent un attique fort simple avec un amortissement composé d’une espèce d’autel outom-

beau accosté de deux femmes; [un ange est au sommet, à demi caché derrière le tombeau.

« Sur la porte d’entrée sont deux Renommées tenant, d’une main, une trompette, de l’autre, un livre ouvert et une table de la loi sur laquelle on avait écrit, pendant la Révolution :

Guerre et mort aux tyrans. On voit, aux pieds de l’une de ces Renommées, une tête de mort et un serpent, et aux pieds de l’autre un mouton. Aux deux côtés de la porte sont deux niches où se voient des statues de femmes ou d’enfants. »

Le tombeau, en marbre noir, de Diane de Poitiers (œuvres du sculpteur Boudin), vendu et mutilé à la Révolution, avait été restauré par

M. Al. Lenoir et placé au Musée des monuments français; il fut ensuite transporté dans le parc de fteuilly, car la famille d’Orléans l’avait réclamé comme héritière du duc de Penthiôvre.

L’église d’Anet appartient à trois époques distinctes (du x* ou xi' au xvi* s.). On y voit encore la pierre tumulaire de la duchesse du Maine, à l’entrée du sanctuaire. Les reliques de sainte Julitte sont renfermées dans une jolie châsse.

Anet possède un moulin à tan et trois moulins à farine.

A 1 kil. 1/2 d’Anet, sur la lisière

N. O. de la forêt de Dreux, près de la Vesgre, se trouve le village de Boncourt (313 hab.). Une vieille maison appelée le Manoir, a servi, dit-on, d'habitation aux seigneurs de Boncourt. L'église, construite sur un plan irrégulier, a subi de nombreuses modifications.

La route traverse du N. au S. la forêt de Dreux percée de nombreuses avenues et où s’assemblaient autrefois les Druides. La forêt de Dreux, primitivement appelée forêt de Crotais, fut pendant longtemps l’apanage des rois francs qui s’y livraient fréquemment aux exercices de la chasse, j Dans un des carrefours do cette forêt,

| qui porte le nom de pierre levée, se

DE BUEIL A DREUX

voit un peulven à moitié enfoui dans la terre. De nombreux vestiges de monuments druidiques ont été décou- \erts sur presque tous les points de la forêt.

A la sortie de la forêt, la route franchit l’Eure et se rapproche du chemin de fer avec lequel elle court parallèlement jusqu’à

26 kil. Dreux (R. 93).

B. Par Croth et Marollly.

30 kil. — Route de voitures. — Voitures de

correspond, de Bueil à Marcilly (1 8 kil.).

et de Marcilly à Dreux (12 kil.)

De Dreux à (5 kil.) Ivry-la-Bataille (V. ci-dessus, A). — On remonte la rive g. de l’Eure.

9 kil. Êzy, v. de 1116 hab. Au hameau de Saint-Germain-la-Truite, près de la route, jaillit une fontaine abondante dont les eaux tombent dans un vaste réservoir et sur les bords de laquelle s’élève une chapelle dont la construction a donné lieu à la légende suivante.

« C’était dans les premiers siècles de la chrétienté en France, dit Mme Philippe- Lemaitre ( Bulletin monumental). A cette époque, des truites habitaient les froides eaux du réservoir souterrain de la fontaine de Saint-Germain. Il arriva que du temps de saint Germain, évêque de Paris, une de ces truites dévora la main d’une jeune fille, venue au réservoir pour y laver du linge. Peu de temps après cette aventure, saint Germain passant par Ézy, on lui amena la pauvre mutilée dont il opéra sur-le-champ la guérison. Aussitôt, la reconnaissance des chrétiens éleva, sur le bord même du réservoir et sous le patronage du saint évêque, la chapelle dont nous avons parlé. Bientôt la foule des pèlerins et des malades, qui se rendaient à la fontaine, ne tarda pas à nécessiter la construction de quelques bâtiments, et, par la suite, il s'y forma une petite communauté qui, plus tard , passa sous l’obédience de l’abbé d’Ivry. »

La chapelle , qui parait remonter au xiii* s. , n’offre aucun intérêt architectural. On y remarque cependant :

deux voûtes cintrées, une statuette en

bois représentant saint Germain , évêque de Paris, une statue en pierre, couverte de longs vêtements, regardée comme l’effigie de la jeune fille mutilée par la truite, et un tableau représentant la guérison de la jeune fille par saint Germain.

Tous les ans, le jour de la fête de saint Germain, de nombreux pèlerins se rendent processionnellement à la chapelle ; quelques-uns ont même conservé l’usage de plonger dans ses eaux les enfants faibles ou dartreux. — Les restes du prieuré ont été convertis en ferme.

On laisse, sur la rive dr. de l’Eure, le village de Saussay (348 hab.) où se voient les ruines d’une chapelle du xii* s., détruite en 1790, et celles d’une ancienne abbaye (appelée la Maison des Eaux) entourées de larges fossés qu’alimente l’Eure.

13 kil. Croth, v. de 487 hab., séparé par l’Eure de Saint-Hoch- Moussel, où l’on remarque la belle papeterie de MM. Firmin Didot et l’église de Saint-Roch, lieu de pèlerinage. — On passe près du pavillon de Sorel, puis on laisse à g. Sorel-Mousselet le château de Bradais. De l’ancienne forteresse de Sorel, mentionnée en 1073, il ne reste que des ruines. Le joli portail, qui a échappé à la destruction, a été construit par Marguerite de la Guesle, femme de Pierre Séguier, auquel Marie d’Albret, comtesse de Dreux, avait vendu le domaine de Sorel en 1549.

Les parties les plus anciennes de l’église sont du xiii0 s.

18 kil. Marcilly, v. de 676 hab., où se voient les ruines de l’abbaye du Breuil-Benoît fondée en 1137, peuplée par les moines des Vaux-de- Cernai , devenue la mère de l’abbaye de Notre-Dame-de-la-Trappe, vendue à la Révolution, démolie en partie, acquise en 1841 par M. le comte de Reiset, à qui elle doit d’importantes restaurations. En 1854, l’église, dont il ne restait que la nef, a été rendue au culte. Elle contient la châsse de saint Eutrope, riche sculpture en bois,

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