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BEUZEVILLE

maniée, supprimée, mais entretenue par son propriétaire, domine, sur une motte élevée, l’emplacement de l’ancien château féodal, presque entièrement détruit, et Saint-Julien (église du xvi* s. contenant divers objets anciens et curieux). La voie ferrée s’élève, par une rampe continue, tantôt sur des remblais, tantôt dans des tranchées profondes. Après avoir franchi un petit ruisseau, qui se jette à dr.

dans la Calonne, on laisse à g. le village de Vieux-Bourg (173 hab.), pittoresquement situé sur le penchant d’un coteau boisé d’environ 140 mèt.

d’altitude. On découvre, à dr., une vue très-étendue sur la vallée de la Calonne, dans le fond de laquelle se montre le village des Authieux (506 hab.; deux églises, Sainl-Meuf et Saint-Nicolas, dont l’une est à moitié détruite; vieux logis appelé manoir de Brancas). La voie ferrée, s’éloignant ensuite de la rivière , décrit une longue courbe et continue à monter par une rampe de 9 millim. jusqu’au milieu du tunnel d’Hébertot, point culminant entre Pont-l’Évêque et Hunfleur. Avant d’entrer dans ce tunnel , long de 3000 mèt., et le troisième par rang d’importance de tous les tunnels de France, on aperçoit à g. le magnifique château de Saint-André d'Hébertot (R. 69, environs de Trouville). Une haute tranchée précède la station isolée de

220 kil. Quetlevüle, v. de 621 hab., situé à dr. du chemin de fer et à 2 kil. environ de la station à laquelle il donne son nom. L’église, de plusieurs époques, est surmontée d’une belle tour (xur ou xiv' s.) . — Le château du Mesnil-Cordelier, qui date du règne de Louis XIII, est à peu de distance au N.

[Voit, de corresp. pour (3 kil.) Beuzeville (omnibus, 30 c. sans bagages; 50 c. avec bagages ; — hôt. delà Poste, sur la place). Ce ch.-l. de cant. dê 2451 hab. se fait remarquer par sa propreté et ses jolies maisons qui eu-

cadrent une belle place où se voient un château d’eau, en briques, et une élégante petite halle en bois supportée par des piliers en fonte. L'église (style ogival du xni' s.), rebâtie en partie dans le style primitif, offre, outre quelques jolis détails d’architecture et de sculpture, des vitraux neufs représentant saint Bélier, saint Sébastien, sainte Marguerite et saint Jean-Baptiste.)

La voie ferrée descend, dans la direction du N., un vallon étroit et boisé, traverse le hameau de Saint-Martin, et, au delà du remblai de ce nom, passe dans une longue tranchée, profonde de 20 à 25 mèt. A dr. se montre Ablevtlle sur un coteau boisé, au pied duquel coule la Morelle, et, un peu plus loin, en face d'Équainville, les regards sont attirés sur la g. par le village d'Ablon (719 hab.), dont le château (xvm* s.) occupe une situation pittoresque. On commence à apercevoir la Seine, que la voie ferrée ne tarde pas à longer, et sur laquelle on découvre une belle vue. Le chemin de fer, décrivant une forte courbe, prend la direction de l'O. A l’embouchure de la Morelle se montre Fiquefleur (F. R. 44, fl.); on dépasse Saint- Sauveur dont on franchit la rivière sur un viaduc de quatre arches, puis on croise la route de terre avant d’atteindre le faubourg Saint-Léonard, où est située la gare de

233 kil. Honfleur (omnibus, 30 c.

sans bagages, 50 c. avec bagages; — hôt.: du Cheval-Blanc (recommandé); de la Paix; — des Armes de France: — loueur de voitures, if. Chasle, hôtel du Cheval-Blanc; — voitures pour Pont-Audemer ; — bateaux à vapeur pour Rouen et le Havre, Trouville et Caen), cb.-l. de c du Calvados, V. de 9553 hab., agréablement située sur la riVe g. de la Seine, prés de son embouchure, en face du Havre, sur la petite rivière la Claire, au fond d’une conque verdoyante, que le promontoire qui porte la chapelle de Notre-Dame-

de-6ràce abrite des vents violents du large (F. ci-dessous).

Vue, de la rivière ou des charmantes collines qui la dominent, et sur lesquelles elle s’étage en amphithéâtre, Honfleur présente un aspect pittoresque et riant. Son port est animé aux heures où la mer le remplit. L’intérieur de la ville ne répond pas tout à fait aux séduisantes promesses de l’extérieur; la symétrie, si fastidieuse quand elle ne laisse rien à désirer, y a trop souvent été violée; les rues sont étroites, tortueuses, parfois malpropres; toutefois les artistes y trouveront de curieuses maisons du moyen âge et de nombreux sujets d’études.

Les environs se distinguent par la beauté de leurs points de vue et la richesse de la végétation, qui descend des collines jusque sur les plages, malheureusement trop boueuses.

Fondée en 1066, simple bourgade jusqu’à la fin du xi* s., Honfleur avait acquis, en 12»4, l'importance d’une ville. L’architecture des débris de fortifications, parvenus jusqu'à nous, prouvent que leur construction eut lieu au xm* s.

Édouard III, roi d’Angletterre, prit, en 1346, la ville d’Honfleur, qu’il livra au pillage, et ce fut là qu'il s'embarqua après la conclusion du traité de Bretigny (1360). Battus sous les murs d’Honfleur, en 1387, les Anglais, en 14IS, reprirent cette ville après 36 jours de siège, et y laissèrent une garnison qui ne capitula qu'en 1449.

« En 1457, raconte M. Malassis, dans ]' Histoire des Villes de France, l'expédition particulière de la noblesse normande contre l'Angleterre mit à la voile dans le port d’Honfleur, événement qui clét pour cette ville une désastreuse période de guerre. La paix étendit peu à peu son commerce; ses marins devinrent célèbres par leurs connaissances nautiques et leur expérience de la mer. Les premières ameliorations faites au port datent de 1465 : on construisit un mur à parement, qui le rattachait à une jetee en bois et mettait les navires à couvert do l'action de la mer et des vents. Le Grand boulier en pilotage de la nier, livre publié en 1483, cite les mariniers d’Honfieur « parmi les maîtres experts de la mer. »

En 1603 partit d’Honfleur, sous le commandement de Bioot-Paulmier, sieur de

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