HONFLEUR
Gonneville-sor-Touques, un vaisseau destiné à doubler le cap des Tempêtes. Paulmier revint, en 1 505, sans avoir, abordé aux Indes, mais après avoir visité peutêtre les terres australes, où l'avait guidé le vol des oiseaux. L’année suivante, le capitaine Denis débarqua sur les côtes du Brésil, au lieu appelé depuis Port des Français par les Portugais, et aborda ensuite à Terre-Neuve dont il prit possession au nom de la France.
Les guerres du xvi* s. détournèrent les marins d'Honlleur de leurs projets de découvertes.
En 1562, les calvinistes s'emparèrent de la ville d Honfleur après un siège en règle soutenu par les habitants du faubourg Saint-Léonard, retranchés dans le clocher de leur église qui fut en grande partie détruite. Chassés d’Honlleur par le duc d’Aumale, ils y rentrèrent en 1563 et gardèrent leur conquête pendant trois mois.
Les guerres de la Ligue et trois incendies ruinèrent à demi Honfleur (de 1590 à 15941, qui ne se releva un peu de ces désastres qu’après la paix de Vervins (1598). Ses marins, commençant leurs expéditions. fondèrent Québec et créèrent des comptoirs à Java, à Sumatra et à Achem. Ils se proposaient même de reprendre la route des Indes, lorsque leurs vaisseaux et leurs marins furent mis à contribution pour le siège de la Rochelle. Quand cette dernière ville se fut rendue, la Compagnie, fondée à Honfleur, transporta au Havre le siège de ses armements ; néanmoins les marins d’Honfleur allèrent encore créer, sur les côtes de Terre-Neuve, un établissement pour la pêche de la morue, et ils en retirèrent d’immenses profits.
La démolition des fortifications avait été commencée en 1664.
Duquesne, envoyé à Honfleur, en 1668, par Louis XIV, décida la création d'un bassin à flot terminé en 1684 et agrandi de 1720 à 1725 (le bassin actuel de l’Ouest); Louis XIV ordonna, en outre, la construction de vastes magasins pouvant servir d'entrepôt à 10 millions de kilogr. de sel destiné à la préparation du poisson. Dès lors Honfleur devint un port de pèche très-important. Mais la perte de 28 de ses navires, dont les Anglais s’emparèrent sans déclaration de guerre, les guerres d'Amérique, la prise de possession de Terre- Neuve par les Anglais et le développement du Havre déplacèrent son ancien commerce maritime qui se vit réduit au cabotage.
Napoléon Iar visita Honfleur après la paix d'Amiens et donna une certaine im-
pulsion à ses chantiers de construction ; mais le port resta négligé par les gouvernements qui se succédèrent jusqu’en 1837. L’avant port fut agrandi, sous la direction d’un habile ingénieur, M. Tostain, en 1848. Un trosième bassin à flot, construit par M. Tostain, fut livré à la navigation en 1860.
Un crédit de 715 ooo fr. fut ouvert, en 1860, pour l'amélioration du port. L’entrée du port est aujourd'hui protégée par deux longues jetées de pierre; il se compose de 3 bassins à flot accessibles, lors des hautes marées, aux navires tirant 6 mèt et présentant ensemble une superficie de 4 hect. fils peuvent recevoir 8o navires). Un nouveau crédit a été demandé, en 1864, par le Conseil général du Calvados, et les travaux du port d’Honfleur sont poursuivis avec activité. Les bassins se remplissent malheureusement de dépôts vaseux considérables; mais une drague à vapeur, employée depuis quelque temps au dévasement, a donné les meilleurs résultats.
Honfleur a vu naître Binot-Paulmier ( V. ci-dessus) et les amiraux Doublet, de Moitard et Hamelin.
L'église Sainte-Catherine, bâtie
en bois, dans le style flamboyant, maladroitement restaurée, enlaidie d’un péristyle grec ridicule, en plâtre, et séparée de sa tour par une rue marchande, se compose de deux grandes nefs parallèles et voûtées en berceau, dont l’une, plus ancienne que l’autre, peut dater des dernières années du xv* s. Des bas côtés flanquent ces deux nefs. Au-dessus du sanctuaire s'élève une tourelle carrée, terminée en dôme et surmontée d’une lanterne à jour. La tour , en bois, assise sur des soubassements en pierre, est étayée par des poutres recouvertes d’ardoises. On remarque, à l'intérieur, quelques vieilles statues, la série de panneaux de la Renaissance (xvi* s.) qui garnissent la tribune de l’orgue; un autels à grand retable, du temps de Louis XIV; et un tableau de Jordaëns ( Jésus au Jardin des Oliviers).
Saint-Léonard date du xvn* s.,\ l’exception deson beau portail (xvi*s.), au-dessus duquel s'ouvre une rose de la même époque, et de sa tour octogonale en pierre (xvm* s.).
de paris a trouville. [ROUTE 69]
On remarque, à l’intérieur de Saint- Léonard, un beau lutrin, en cuivre jaune, représentant un aigle qui tient un serpent dans ses serres. Ce pupitre, exécuté à Villedieu, en 1791, atteste le goût des fondeurs de cette localité à la fin du xviii* s. ^ L’ancienne église Suint —Ltienne (nef du xv' s. , chœur du xvi') sert aujourd’hui d’entrepôt.
Nous signalerons aussi : quelques maisons du xvf s., notamment dans la rue Basse et près de l’ancien bassin . les restes d’une porte et d’un château fort qui paraissent dater du règne d’Henri IV, au centre de la ville , près du port ; — Y hôtel de n lie (bourse et tribunal de commerce), édifice moderne sans style et sans intérêt ; — le cours d’Orléans, qui forme une assez jolie promenade, et V avenue de Caen, qui mérite une mention spéciale.
Cette avenue, plantée d’arbres séculaires, s’élève, par une pente assez roide, avant d’atteindre le plateau d’Êquemauville et présente un aspect imposant; elle a 3 kil. de longueur. De son extrémité, l’œil embrasse, en ligne droite, la vue du port et de la mer. C’est une entrée majestueuse et qui serait digne d’une grande ville; malheureusement, comme nous lavons déjà dit, l’intérieur d’Honfteur ne répond pas à cet aspect séduisant.
Le mouvement commercial uu port d’Honfleur, qui s’est considérablement développé depuis le traité de commerce et l’ouverture du chemin de fer, a atteint, en 1864, le chiffre de 300000 tonneaux et les recettes de la douane se sont élevées à environ 1 800000 fr. Les importations et les exportations ont principalement pour objet les bois de toutes sortes, les houilles, les pierres à bâtir, le cidre, les graines, le sucre raffiné, les sels, les graines oléagineuses, les métaux, les marbres, etc. Honfleur est e centre d’un commerce considérable d’exportation d’œufs, volailles, légumes et fruits pour 1 Angleterre.
Les chantiers d’Honfieur jouissent
depuis longtemps d’une réputation méritée; ce sont eux qui fournissent la plus grande partie des navires de long cours de 400 à 1200 tonneaux de jaugeage, qu’arme le Havre.
Honfleur possède en outre : une belle et importante scierie mécanique; une immense raffinerie de sucre ; des fabriques de biscuit pour la marine; des corderies; des tanneries ; des brasseries ; des fonderies de cuivre, etc.
Des bateaux à vapeur font, à chaque marée, des services réguliers entre Honfleur, Trouville et le Havre.
Excursion à la chapelle de Notre-Dame • de-Grâce.
Pour monter à la Côte-de-Grâce (promenade très-recommandée, 20 min. environ) il faut passer devant l’église Sainte-Catherine, prendre la première rue à dr. et suivre la route de Trouville jusqu’à ce que Ton trouve à g. un chemin ombragé par lequel on monte à la chapelle. Il n est pas rare de voir des pèlerins gravir sur les genoux cette côte caillouteuse. La chapelle Notre -Dame -de -Grâce (hôt. : de la Renaissance; — du Havre ; Observatoire Restaurant, —marchands de chapelets), but de nombreux pèlerinages, est cachée au milieu d’ormes séculaires qui ombragent une magnifique pelouse. Robert le Magnifique, père de Guillaume le Conquérant, fut, dit-on, le premier fondateur de cet édifice ; mais le monument qu’il fit construire sous l’empire d'un vœu (surpris par une violente tempête, il jura, s’il échappait, a la mort, d’élever trois temples en l’honneur de la Vierge), disparut au milieu d’un éboulement et la chapelle actuelle ne fut bâtie qu’en 1606. Elle n’offre aucun intérêt architectural.
La statue de la Vierge, placée à g., dans le chœur, est l’objet d’une grande vénération, comme l’attestent les nombreux ex voto qui tapissent les murs de la chapelle.
Du sommet du plateau de Grâce