I . La nouvelle route de Trouville conduira à la plage
DE PARIS A TROUVILLE
lieu des arbres (belle vue) jusqu’au point où elle croise celle de Touques à Honfleur, sur un vaste plateau couvert de pommiers et de vergers. On ne tarde pas à entrer dans la forêt de Touques ou de Saint-Gatien, qui, avant la Révolution, appartenait à la famille d’Orléans. Scindee depuis en plusieurs lots elle forme aujourd’hui un certain nombre de petites propriétés particulières. Quoique de nombreux défrichements l’aient singulièrement diminuée, elle a encore 28 à 29 kil. de tour et 8 à 10 kil, dans sa plus grande longueur. L’exploitation de ses belles futaies contribue pour beaucoup à la richesse du pays; ses magnifiques allées et ses taillis offrent de délicieuses et de fraîches promenades. Le botaniste pourra récolter dans cette forêt de nombreuses plantes rares, entre autres, l'impatiens noli langer e, ne me touchez pas, qui croit sous les aulnaies, près d'Engiesqueville et 1 ’epilobium spicatum, vulgairement nommée laurier de saint Antoine, qui s’élève avec majesté sur le bord de la route.
De nombreux souvenirs’historiques se rattachent à la forêt de Touques.
Louis IV, dit d'Outremer, y fut fait prisonnier par les Normands, vers l’an 947. Plus tard, Henri V, roi d’Angleterre, la donna au duc de Clarence.
Elle devint ensuite, comme nous l'avons dit plus haut, la propriété de la famille d’Orléans.
Un peu avant d’atteindre Saint- Gatien , on aperçoit, au carrefour Saint- Philibert, une statue encadrée de verdure, élevée par les bûcherons en l’honneur de Molre-Dame-des-Bois.
8 kil. Savit-Gatien, v. de 999 hab., situé à 500 mèt., sur la lisière de la forêt. L’église, en partie du xvi' s., n’offre pas d’intérêt. L’intérieur est actuellement (1866) en voie de restauration. Les environs sont charmant';.
Saint-Gatien communique au N. avec Honfleur (9 kil. ) et au S. avec Pontl’Êvêque (7 kil.),' par la route d’Honfleur à Caen (R. 72).
Après avoir traversé quelques cultures, la route, rentrant dans la forêt, s’engage dans de magnifiques avenues. Un peu plus loin, au delà d’une clairière, on longe à g. le petit bois de la Frémonderie ; à dr. se montre la belle vallée de la Calonne, formant comme une mer de verdure. On rejoint (15 kil. de la bifurcation) la route de Pont-l’Êvêque à Honfleur par (6 kil. 200 mèt.) Beuzeville.
15 kil. Saint-Benoit-d’Uébertot, v.
de 454 hab. L’église n’offre aucun intérêt architectural. Si l'on suit la route qui incline au N. E. entre deux haies, on yoit bientôt s’ouvrir à dr. une avenue conduisant au château de Mme Duhamel, jolie maison en briques entourée de jardins remarquablement entretenus et d’où l’on découvre une vue admirable (l’autorisation nécessaire pour la visiter est toujours gracieusement accordée, pourboire au jardinier). De cette ravissante habitation on descend en quelques minutes, à pied (la voiture suit la route), par un ravin pittoresque, au château de Sainl- André-d’ Hébertot (12 kil. de Trouville), v. de 719 hab. L’église est surmontée d’une belle tour romane. La nef et le chœur datent en partie de la période romane; mais les contreforts sont du xvi' s. On remarque, à g. du chœur, une curieuse chapelle.
Le cimetière renferme la tombe du chimiste Vauquelin (dalle en marbre blanc) en l’honneur duquel les habitants d'Hébertot ont élevé, en 1849, à l’embranchement des routes de Pont- Audemer et de Cormeilles, une colonne portant l’inscription suivante :