LOCATIONS DE FAUTEUILS ET DORMEUSES
Petit fauteuil, 8 jours 2 fr.
Id. 15 jours 4
Id. 1 mois 6
Id. Saison 15
Fauteuil-Dormeuse, 8 jours 3
Id. 15 jours 5
Id. 1 mois 8
Id. Saison 20
L’église de Villers (nef du xi* s., chœur du xiii*) est surmontée d’une tour carrée , à deux étages , offrant sur chaque face* des arcatures romanes qui reposent sur des colonnettes;, cette tour est terminée' par une corniche à dents de scie supportant une pyramide du xvi* s. Le chevet du chœur est percé d’une belle fenêtre à six baies et à meneaux entrelacés. Dans la nef se voit un assez bon tableau [la Vierge au scapulaire).
Le château de Villers, bâti sur une hauteur, au S. du bourg et à 3 kil. de la mer, est une magnifique résidence construite dans le style à la modo sous le règne de Louis Xlll, au milieu de belles pelouses d’où l’on aperçoit la pointe du Havre, Trouville, les hauteurs d’Hennequeville et la pointe la plus reculée des Vaches- Noires. 11 est précédé d’une superbe avenue d’épicéas gigantesques plantés sur quatre rangs. L’ensemble des constructions, avec ses toits aigus et ses pavillons élégants, offre un aspect monumental et pittoresque. — Le
château de Villers appartenait au siècle dernier au marquis de Brunoy, célèbre par ses excentricités qui ont inspiré à Léon Gozlan un de ses romans les plus intéressants.
A l’O., dans le bois du château, où l’on signale l 'osmunda regalis, fougère royale, se voient les traces d’une motte féodale défendue , du côté des terres, par un fossé en demi-lune.
Des fouilles ont mis à jour, sur le territoire de la commune de Villers, des briques romaines, des médailles d’or frappées à l’effigie des rois mérovingiens, des anneaux de pierre, des haches en bronze, des squelettes anciens, etc.
Après avoir laissé à dr. la route du Belvédère qui conduit à Houlgate, par Auberville, pour gravir une assez longue côte, entre deux murs de verdure, on domine à g. un charmant ravin et, en se retournant, on découvre la mer et le Havre.
De Villers à Beaumont, R. 72.
La route suivie par les voitures publiques ou particulières s’éloigne de la mer. On laisse à dr. Auberville (143 hab.) situé à plus de 100 met.
sur les pittoresques falaises qui s’étendent entre Villers et Beuzeval et portent le nom de Vaches- Noires (K. ci-dessous). L’église d’Auberville, peu intéressante, appartient aux xn*, xur, xv‘, xvic et xvu* s. Le manoir, situé sur le penchant de la falaise qui forme la limite de la vallée de Villers, se compose, dit M. de Caumont, d’un singulier assemblage de constructions mal reliées entre elles et inachevées.
De la terrasse qui le précède, on découvre un magnifique panorama. —
237 kil. Beuzeval (K. ci-dessous).
B. Par Caen.
265 kil. — Chemin de fer de Paris à Caen
(239 kil.). — Route de voitures de Caen
à Beuzeval (26 kil.); 2 départs par jour.
— Prix : 2 fr. 50 c. et 2 fr.
239 kil. de Paris à Caen (R. 50).
La route, à sa sortie de Caen, côtoie
DK PARIS A BEUZEVAL.
l’Orne et la triple rangée d’arbres du cours Caffarelli qui forme une des plus belles promenades de Caen.
241 kil. Cloppée, hameau de 100 habitants, dépendant de la commune de Mondeville. On monte, par une côte rapide, sur un plateau de 41 mèt. A dr. se montre Cuverville (134 hab.), dont le clocher ressemble de loin à une grosse tour. — Au point culminant a été élevé, à la bifurcation des routes de Ranville et de Cabourg, un petit obélisque, datant, comme la route, de 1826, et portant diverses inscriptions. Du pied de cet obélisque l’œil embrasse un beau panorama. Un peu plus loin, se voit à dr. le beau château de M. d’Argenton.
246 kil. Sainte-Honorine-la-Chardonnette, hameau de 160 hab., dé-
Ïiendant de la commune d’Hérouvilette. Le clocher de l’église de Sainte- Honorine (xvn* et xvin* s.) apparaît à peine au milieu des arbres, derrière le château ; mais on aperçoit celui de l’église d’Escoville, abrité à l’E. par le bois de Bavent. Le château d'Escoviile , rebâti au xvui* s. (tourelles du xv* ou xvr s.), est relié à la route par un chemin de grande communication qui, traversant les bois de Bavent et de Bures, descend au S. jusqu’à Troarn (7 kil.; R. 72).
249 kil. Ilérouvillelte, v. de 498 hab. (église du in* ou xiu* s., et du xv* s., le chœur, la nef), baigné dans sa partie basse par un petit ruisseau.
Dans le cimetière s'élève un if d’une grosseur remarquable. — On gravit une petite côte, au haut de laquelle l’attention est attirée sur la dr. par une vaste fabrique de tuyaux de drainage; puis, à Y Arbre-Martin, on croise la route d’Argences à Cahourg ( Y . ci-dessous, D). A dr. se détache un chemin conduisant à (1200 mèt.) Bavent , v. de 912 hab. L’église, récemment restaurée et agrandie, a conservé quelques parties romanes, notamment la nef. A l’E. de l’église s’élève le château de Bavent qui appartient à M. de Venois, et qui a rem-
placé un château plus ancien. « Ses* pavillons à toits élevés, ses lucarnes, ses cheminées, et les autres caractères qu’il présente, annoncent, dit M. de Caumont, la première moitié du xvn* s. » — Un peu plus loin, à g. de la route, se montre, au milieu des arbres, le château de Beneauville, plus ancien et plus remarquable que le précédent.
Ce bel édifice, aux toits élevés et aux cheminées élégantes, construit en briques et en pierres de taille (il appartient à M. le comte de Germiny), est précédé d’une avenue où se tient un marché hebdomadaire. Une chapelle est attenante au château. On aperçoit ensuite à dr., au delà du château de Louvigny, le clocher de l’église moderne de Petitville (184 hab.), dont le cimetière renferme une belle croix sculptée.
2ô7 kil. Varavüle ( auberge tenue par M. le Bâtard), v. de 297 hab., « fut, dit M, de Caumont, exposé, au ix* s., en raison de sa proximité de l’embouchure de la Dives, aux incursions des Normands. Quand les hommes du Nord eurent renoncé à leurs courses vagabondes, Harald, chef Danois, y fit une descente et s’y établit momentanément avec son armée, au x' s. » Wace, qui a publié un long récit de cet événement, précise en ces termes le lieu du débarquement de Harald :
« Soubz Varaville vint o sis nés soulement Là u Cives entre en mer assez près de
Bavent. »
« En 1060, le roi de France, qui avait traversé les comtés d’Exmes et de Bayeux, vint à Varaville où il passa la Dives avec une partie de son armée. Le reste des troupes, ayant été arrêté par le reflux de la mer, qui avait grossi la rivière, fut taillé en pièces par les Normands sur la chaussée de Varaville. Robert Wace donne sur cette bataille des détails fort curieux; il dit que le roi de France était monté sur la roule de Barbourg, d’où il observait avec douleur la dé-
îogle
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[ROUTE 73] VARAVILLE. — - DIVES. 411
route de son arrière-garde sans pouvoir la secourir. »
L'église de Varaville (chœur du xiii* s.), mal restaurée d’ailleurs, offre peu d’intérêt. Près de l’église, sur le bord de la route, est une motte de château; on suit encore facilement la trace des anciens fossés. Le château, surmonté de toits très-élevés et flanqué de deux pavillons, appartient au xvie ou au xvu* s.
Près de l’auberge de Varaville, la route de Cabourg et de Beuzeval se sépare sur la g. de l’ancienne route d’Honfleur, appelée chaussée de Varaville et bordée de hauts peupliers dont les longues files encadrent d’immenses herbages.
On longe, sur la chaussée de Cabourg, de vastes prairies où paissent de nombreux troupeaux de bœufs et où serpente la Divette qui va se jeter dans la Dives près du Bas-Cabourg.
On laisse à g. la route de Merville (3 kil.) , puis on passe devant de belles fermes, en deçà du Bas-Cabourg, et on ne tarde pas à apercevoir les dunes qui cachent la mer. Les regards sont attirés de loin par les collines d’Houlgate et de Beuzeval, et les châteaux de M. Poucher de Careil et de M. Du trône.
262 kil. Cabourg (R. 74).
Après avoir franchi la Dives sur un vieux pont en bois d’une construction très-curieuse, on se dirige à TE. vers
263 kil. Dives (hôtel de Guillaume le Conquérant, tenu par M. le Rémois, bon; prix modérés, 5 ou 6 fr. par jour tout compris ; — petit hôtel de la Plage), b. de 656 hab., situé sur la rive dr. de la Dives, près de son embouchure dans la Manche, entre la Dives et les immenses prairies de la vallée d’Auge à l’O., la mer au N., et à l’E. une colline que couronnent ie château de M. Foucher de Careil, la colonne élevée en l’honneur de Guillaume le Conquérant, et un phare construit en 1866.
« L’emplacement que Dives occupait autrefois, a dit M. la Butte, se
reconnaît encore parfaitement aujourd’hui. Il était assez vaste et en rapport avec l’importance du port, où se rallia la flotte que Guillaume destinait à la conquête de l’Angleterre.
Toutes ces rues désertes qui s’étendent jusque dans les prairies étaient couvertes de maisons; là, où régnent le silence et la solitude, s’agitait une population active et industrieuse.
« Ce qui reste encore debout de l’ancien Dives présente je ne sais quel aspect morne et désolé ; en pénétrant dans son enceinte, on s’aperçoit de suite que toute vie, tout mouvement s’est retiré de ce vestige de cité. Les rues, les places, l’église, les halles, tout est dans de grandes proportions, tout indique, ce que l’histoire révèle d’ailleurs d’une manière certaine, que Dives avait autrefois une importante population, et qu’il vit de meilleurs jours. »
Le fait le plus important de l’histoire de Dives est l’embarquement dans son port de cette armée de Guillaume le Conquérant qui en partit pour aller conquérir l’Angleterre (67 000 hommes d’armes, 200 000 valets, ouvriers et pourvoyeurs). En voyant ce poil dans son état actuel, on ne se douterait guère que la flotte de Guillaume put y stationner en 1066; de bien grands changements ont dû s’opérer à l’embouchure de la Dives, car la mer s’est retirée à près de 2 kil., et de vastes prairies occupent l’emplacement de l’ancien port.
D’après les plans existants, la pointe de Cabourg se serait formée pendant les 19 années écouléesde 1790 à 1809.
« On doit penser, dit M. Marchegay, ingénieur en chef des ports maritimes du Calvados, qu’il s’est produit quelque grande tempête qui, en rebroussant et amoncelant les sables de l’embouchure, a créé pour ainsi dire d’un seul jet cette pointe, généralement considérée comme la seule sauvegarde du port de Dives, et même comme la condition sine qua non de son existence.
L’Église Notre-Dame (mon. hist.) appartient en grande partie aux xiv° et xv* s., sauf quelques restes du xi* s. Elle se compose d’une nef et de deux bas côtés ; les deux transsepts sont d’inégale grandeur; le clocher rappelle par son architecture le style anglais. La porte, qui occupe le centre de la façade occidentale, est ornée de moulures et de feuillages habilement découpés. Au N. et au S. s’ouvrent deux autres portes, qui offrent aussi quelques jolis détails de sculpture. La grande fenêtre du chevet se fait remarquer par l’élégance de son style.
Le jubé, qui séparait jadis la nef du chœur, et s’étendait même sur les bas côtés, a été détruit.
En entrant dans l’église de Dives on aperçoit, au-dessus de la principale porte, la liste des guerriers connus qui prirent part à l’expédition de Guillaume le Conquérant. Cette liste, gravée sur des tables de marbre, a été inaugurée le 17 août 1862, par les soins de M. de Caumont.
L’église de Dives possédait un grand Christ en bois merveilleusement sculpté, qui , trouvé, dit-on, dans la mer par (les pêcheurs, y avait été apporté en grande pompe. Selon la tradition, plusieurs croix avaient été faites pour recevoir l’image du fds de Dieu, mais elles étaient toutes trop petites. Depuis deux ans déjà le corps était étendu sur le maître-autel, lorsqu’un jour les mêmes pêcheurs ramenèrent sur le rivage avec leurs filets une croix de bois sur laquelle le Christ s'adapta parfaitement. Un tableau moderne, grossièrement peint, placé dans le transsept N., représente la découverte du Christ et de la Croix. Des inscriptions imprimées sur deux feuilles et suspendues dans des cadres, de chaque côté de l’autel, servent d’explication aux scènes peintes sur le tableau. — On remarque aussi, dans l’église de Dives, deux ou trois pierres tombales avec inscriptions et images gravées au trait, et quelques débris de vieux vitraux.
Dives a conservé quelques vieilles maisons; la plus intéressante est un édifice d’assez grande dimension, qui paraît dater du xvn* s., et qui renferme une remarquable cheminée du règne de Louis XIV ornée d’écussons accolés.
Quelques parties de l’hôtellerie de Guillaume le Conquérant pourraient remonter au xvi* s. On y montre encore la chambre qu’habita Mme de Sévigné (Mme de Sévigné a daté plusieurs de ses lettres de Dives) et dont quelques meubles, notamment un fauteuil orné de belles sculptures, ont été conservés. M. le Rémois, propriétaire de cette hôtellerie, possède une intéressante collection de coquillages et de fossiles.
Les halles en bois sont curieuses à cause de leur ancienneté.
Dives, comme nous l’avons dit plus haut, est dominé à l’E. et au N. E.
par une colline dont le sommet atteint 105 mèt. au-dessus du niveau de la mer. On gravit cette colline en suivant la route de Pont-l’Evêque jusqu’au point où vient s’embrancher sur la g. une petite route neuve conduisant au château moderne de M. Foucherde Careil (sentiers qui abrègent). Du haut de ce belvédère naturel on découvre:
la mer, les jetées et les phares du Havre, le prieuré du Plessis-Grimoult , les plaines élevées de Campandré, les montagnes des environs de Vire, Falaise et son donjon, et, beaucoup plus près, Ouistreham, l’embouchure de l’Orne, une partie des cantons de Douvres et de Dozulé, Cabourg et sa belle plage, les magnifiques prairies qui bordent la Dives près de son embouchure, le bourg de Dives, Beuzeval, Houlgate, etc.
Au-dessous de la belle résidence d’été de M. Foucher de Careil, et sur un terrain concédé par ce riche propriétaire, se dresse une colonne monumentale due au ciseau de M. Le Batard, sculpteur à Caen, érigée en 1861, par les soins et aux frais de M. de Caumont, sur le bord de la fa-
[Route 73] dives. 413
laise, en face du point qu’occupait le port présumé de Dives, au moment où l’armée de Guillaume fit voile pour l’Angleterre. Le monument, qui se compose d’un cylindre monolithe reposant sur une base triangulaire, porte les inscriptions suivantes :
Au souvenir
Du plus grand événement Historique des annales Normandes, le départ Du duc Guillaume Le Bâtard pour la Conquête de l’Angleterre en 1066.
Pendant un mois la flotte Du duc Guillaume stationna Dans le port de Dives et Son armée, composée de Cinquante mille hommes.
Campa dans le voisinage,
Avant de mettre à la voile.
Un sentier, qui passe devant la colonne et suit la crête de la falaise, descend à (5 min.; 10 min. pour monter) Beuzeval ( V . ci-dessous).*
Les environs de Dives offrent aux touristes des sites variés et pittoresques, aux botanistes un grand nombre de plantes intéressantes; le géologue, de son côté, pourra recueillir, dans les falaises en argile d’Oxford , qui bordent la plage sablonneuse, entre Dives et Villers, de nombreux et curieux fossiles.
On sort de Dives par une belle avenue de peupliers bordée de jardins, de prairies et de chalets, et, après avoir laissé à g. la caserne des Douaniers et le petit port qui ne reçoit guère que quelques barques de pêcheurs (on y trouve des bateaux pour traverser la rivière si l’on veut aller à Cabourg) , on franchit ce que l’on appelait autrefois le Mauvais Pas. D’un côté, en effet, la route était continuellement battue par les flots et môme couverte dans les grandes marées, et de l’autre se détachaient fréquemment de la falaise des blocs de pierre ou des amas de terre qui menaçaient d’ensevelir les passants.
La route, aujourd’hui protégée par une forte digue, est à une distance rassurante de la falaise. On aperçoit bientôt à dr. l’auberge de Notre-Damede-la-Garde , la seule maison dont se composait le nouveau Beuzeval, il y a 25 ans à peine.
265 kil. Beuzeval (K. ci-dessous, D).